Vis-à-vis homme-femme

La place de la femme est-elle la mutation majeure de nos sociétés ?

Au début du XXème siècle, les femmes étaient encore des épouses, des maîtresses, des mères ou des filles, avec quelques exceptions. Les progrès technologiques et l’accès au monde professionnel ont donné de l’autonomie aux femmes. Les faits devancent l’évolution culturelle des mentalités. Si la transformation est encore balbutiante chez nos dirigeants, elle est en revanche manifeste dans toutes les autres sphères de la société occidentale où, nous, les femmes, pouvons étudier, travailler et devenir financièrement indépendantes. Mais ailleurs, des femmes n’ont encore aucun droit. Nous avons aussi acquis le contrôle de notre corps et de notre fertilité grâce aux méthodes de contraception. De plus, les lois nous protègent plus, voire, souvent, nous favorisent en cas de divorce. Est-ce que cette indépendance des femmes, bien qu’encore incomplète, ne métamorphose pas la position des hommes dans la société ? Au début du siècle précédent, l’homme savait que sa femme resterait probablement à ses côtés jusqu’à sa mort. De nos jours, aucun contrat de mariage n’est plus gravé dans la pierre.

L’homme se trouve mis en face de ses besoins et envies.

Dans nos sociétés, est-ce plus simple pour une femme ou pour un homme de s’affirmer dans sa singularité ? Quelles sont nos images stéréotypées ? Que demandons-nous à la femme, être une femme intelligente pour le boulot, sexy pour son chéri, soignée et apprêtée pour la société, mère attentive, douce et organisée pour ses enfants, cultivée pour les conversations sociales, et une bombe au lit, bref, Wonder Woman ? Comment les femmes choisissent-elles leurs priorités ? Dans quel but ? Que demandons-nous aux hommes, être virils, intelligents, efficaces, pourvoyeurs financiers, protecteurs, inébranlables ? Comment les hommes se développent-ils ? Choisissent-ils leurs priorités ? Subissent-ils le modèle de devenir la moitié d’eux-mêmes : virils, durs et efficaces et coupés de leurs sentiments ?

Que cherche celui qui peut s’acheter tout ce qu’il veut au monde ?

Nos sociétés ont créé des inégalités abyssales et inédites dans l’Histoire de l’Humanité. A ce point surgissent les questions essentielles. Quel est le sens de notre action ?

Cherchons-nous toujours plus de pouvoir, plus de richesse, plus d’influence au détriment des individus qui peu à peu deviennent des ressources humaines dont les conditions de vie risquent de se détériorer de plus en plus ? Cherchons-nous une plénitude profonde dans laquelle nous intégrons notre félicité au développement de l’Humanité ? Choisissons-nous de vivre en notre entier avec tête, cœur et corps ?

Riche ou ultra riche, nous pouvons continuer à courir tête baissée vers toujours plus d’influence et un compte en banque toujours mieux garni, mais à quoi nous mène cette compétition ? Posséder cinquante, cent ou deux cents milliards de dollars fait-il une différence dans notre vie réelle ou est-ce juste une vue de l’esprit ? Être riche dans ces proportions donne clairement du pouvoir sur le monde mais quelles sont les retombées concrètes dans notre vie personnelle ? Objectivement, cette fortune donne de bien lourdes responsabilités ou, avec un point de vue négatif, de capacités de domination du monde. Sommes-nous avalé par un système économique qui nous propulse en avant toujours plus vite et plus loin ? Sommes-nous happé dans un système qui nous a dépassé ? Choisissons-nous ces inégalités consciemment ? Voulons-nous nous arrêter un moment et nous interroger sur notre quête profonde, quels sont nos souhaits les plus intimes ? Avoir un impact sur le monde ? Laisser notre nom dans les livres d’Histoire ? Inventer de nouvelles solutions ? Construire un monde meilleur ? Nous sentir développé dans notre entier ?

Les hommes veulent-ils prendre soin de leurs sentiments ?

Comme tous les hommes de tous les siècles, avons-nous envie d’être nous-même, d’aimer et d’être aimé ? Sommes-nous avide de pouvoir et de domination ? Avons-nous envie de renouer avec notre humanité empathique ? Puisqu’en occident la femme n’est plus notre obligée, notre regard sur la femme évolue-t-il ? La femme passe-t-elle du statut d’objet de plaisir, ménagère, nourrice et éducatrice des enfants, stimulatrice intellectuelle ou faire-valoir au statut d’être humain indépendant à rencontrer ? Progressivement notre rapport homme-femme se modifie-t-il ? Grâce à la science, l’homme peut désormais faire un bébé tout seul avec des ovules et une mère porteuse. Pouvons-nous imaginer un avenir dans lequel le rôle géniteur de la femme disparaîtrait ou préférons-nous penser que les enfants seront de plus en plus le fruit de la rencontre intime d’un homme et d’une femme qui s’aiment ? Réciproquement, la femme qui devient indépendante compte de moins en moins sur l’homme pour assurer son avenir. Homme ou femme, qu’attendons-nous de l’autre ? Que voulons-nous offrir à l’autre ? Quel type de relation souhaitons-nous créer ? Que valorisons-nous chez l’autre ? Qu’espérons-nous que notre partenaire valorise et apprécie chez nous ?

Beaucoup d’hommes ont-ils une aspiration profonde à l’authenticité, l’élégance et la sincérité ?

Dans le film de Bertrand Tavernier « La princesse de Montpensier », Marie fait l’objet de toutes les convoitises et éveille les sentiments amoureux des hommes qui la rencontre.

Lors d’un repas, les hommes débattent entre eux sur qui est un homme de sentiment et qui est un homme d’impulsion pour conclure que même l’homme d’impulsion reste fidèle à ses sentiments et à son cœur qui ne l’a jamais trompé. Dans l’histoire, le duc de Guise renonce à une femme par amour pour Marie qui est déjà mariée, mais quelques années plus tard, quand elle lui propose de divorcer pour le rejoindre, il choisit pourtant une autre femme. Ces échanges nous rappellent la complexité des sentiments amoureux, réciproques ou non, qui n’ont pas toujours l’air de se manifester au bon moment.

Comme homme, avons-nous l’impression que les sentiments ne sont pas notre domaine ? Avons-nous une vie sentimentale très stéréotypée ? Quelle approche avons-nous de l’autre dans le couple, fonctionnalité, légèreté, responsabilité droite ou délicieuse ou autre ? Lorsque nous sommes dans un couple durable, approchons-nous d’autres partenaires affectifs ou sexuels en consommation ou en domination comme un dangereux gamin qui se croit le roi du monde, victime de nos pulsions, esclave de nos besoins sexuels fondamentaux ? En parlons-nous avec notre moitié ? Chérissons-nous les émotions passionnelles et passagères ? Gérons-nous nos émotions et sentiments avec distance, comme des personnes fortes et indépendantes ? Restons-nous engagé dans un mariage de raison ou d’apparence ?

Dans le film, Marie de Montpensier est présentée comme une belle femme, ce qui attire le regard des hommes. Cependant nous ressentons que ce qui séduit les hommes, aussi désuet que cela puisse paraître, est sa pureté : son choix d’être fidèle à son mari, sa soif d’apprendre, sa capacité d’émerveillement, sa candeur apparente. Qu’est-ce qui nous charme chez une femme avec qui nous avons envie d’une relation sérieuse ?