Nos émotions, nos guides

Nos émotions sont des messagers de nos besoins profonds qui nous appellent en criant.
Comment les écoutons-nous, que nous racontent-elles ? Comment réagissons-nous face à nos émotions ? Nos émotions négatives, plutôt que de nous martyriser, peuvent-elles juste bougrement nous em**der tout en nous aidant à reconnaître notre mal-être et changer la situation ? Pouvons-nous favoriser nos émotions positives pour nous sentir mieux?

La conscience et l’assertivité nous apportent la paix.
L’anxiété, la peur, la colère ou la tristesse peuvent amener la sidération. Toutes les théories complotistes naissent probablement de ce sentiment personnel d’incompréhension, de frustration et d’injustice, voire de victimisation, et de notre besoin d’y trouver un sens.

Nous posons souvent à l’extérieur de nous les influences négatives au lieu de regarder notre responsabilité dans ce qui nous arrive.

Bien sûr, les circonstances extérieures influencent notre vie, pourtant c’est nous qui décidons ce que nous acceptons et ce que nous refusons. Il existe des situations dans lesquelles une victime est abusée contre mon gré, et sous l’effet de la confusion, elle perd son libre arbitre. Peut-elle prendre conscience et demander de l’aide pour échapper à l’emprise d’une personne toxique ? Pourquoi elle et pas quelqu’un d’autre ? Veut-elle comprendre comment ses blessures intimes permettent à un abuseur de la harponner ? Arrivons-nous à nous respecter et nous faire respecter en respectant les autres ? Prenons-nous conscience de nos émotions pour prendre du recul et trouver une réponse satisfaisante à nos besoins et prendre notre part de responsabilité dans ce qui nous arrive ?

J’ai été dans des situations où j’aurai voulu en vouloir à la terre entière, tant je me sentais en décalage avec ce que je voulais vivre, avec les critères de la société, avec ma vision de la vie et de l’amour. Tant dans la globalité de ma vie à certains moments, que dans des relations particulières avec des gens très chers à d’autres moments. Accepter de regarder que je lis les évènements à la lumière de mes croyances et mes expériences, mes manques et mes peurs de manquer et que je favorise ainsi les situations dans lesquelles je me retrouve est d’un inconfort inégalable : je suis responsable de là où je me trouve! C’est même parfois insoutenable à accepter, je n’essaie donc pas de me culpabiliser, ça n’aurait aucun intérêt, j’essaie de découvrir quelles sont mes croyances limitantes, quelles sont mes manques d’expérience, pour reprendre plus consciemment les rennes de ma vie. Surtout, le but n’est pas d’ajouter du stress au stress, c’est plutôt de voir ma réalité en miroir, voir ce qui se passe dans ma tête, pour apprendre à ma tête à gérer différemment mes réactions, pour trouver plus de ressources internes, pour mieux me projeter et faire un virage, en ouvrant des pistes réalistes qui me donnent envie et sont accessibles, pour choisir de progresser pas à pas. Accepter que ma culture, mes références, mes expériences, mes influences me font, parfois, prendre de mauvaises décisions pour voir les situations sous un autre angle et comprendre que je pourrais agir autrement et prendre d’autres décisions.

Attention, je mets un bémol important, je ne voudrais pas ignorer l’injustice de notre monde inéquitable, je parle des opportunités qui m’ont été présentées et que j’aurais pu développer plus. Il reste important de noter que des jeunes filles qui ont grandi dans la caste des intouchables en Inde ou dans une banlieue pauvre d’un pays occidental n’ont pas les mêmes opportunités, au départ, que la fille du chef d’une grande entreprise. Un biais cognitif dit que nous voulons croire que le monde est juste alors que les faits nous indiquent clairement qu’il est injuste et si nous voulons créer un monde plus humain et plus juste, alors, nous avons besoin de regarder la réalité factuellement

J’ai toujours entendu dire qu’il serait préférable de se retrouver seul.e, face à soi même, à la fin d’une relation intime ou en quittant un groupe d’appartenance très soutenant, pour se retrouver soi-même et comprendre ses fonctionnements en dehors d’un ou de plusieurs autres. Facile à dire, compliqué à assumer… souvent nous préférons compter sur les autres pour combler nos peurs de manquer, notre solitude, ou nous pensons que l’autre ou les autres sont le problème. Pourtant, quand nous nous retrouvons de façon cyclique dans le même genre de situation, il y a un moment où nous pouvons nous interroger, pourquoi? Pourquoi je réussis, ou pourquoi je déraille, pourquoi la relation s’épanouit ou pourquoi la relation se détériore, quelle est ma part?
Quand j’ai démarré un premier job à 600 km de chez mes parents, personne ne me connaissait ni d’Eve, ni d’Adam, personne n’avait entendu parler de ma famille et je n’en parlais pas, j’ai donc transmis par mes paroles, mes comportements, mes attitudes, mes tenues vestimentaires, mes activités qui j’étais, seule. Et je me rappelle d’un collègue qui m’a fait une réflexion sur mon passé de « jeune fille de bonne famille ». Je ne m’étais jamais considérée comme telle, même si je venais d’une famille dans laquelle mes parents avaient fait des études supérieures et mes frères et sœurs également. Ce jour-là, je me suis interrogée « Pourquoi et comment ai-je transmis cette image? »

Communiquer au fur-et-à-mesure peut éviter qu’un détail devienne un monstre.
Une source de tension peut venir du fait que nos intérêts et nos besoins inassouvis diffèrent de ceux de nos voisins. Typiquement, quand mon voisin du dessous est venu me dire qu’il déménageait car mes bruits de pas l’indisposaient alors que j’étais discrète, j’ai senti la colère me monter au nez, il devait lui-même être en rage. Y-a-t-il un méchant et un gentil dans cette histoire ? Nous sommes tous les deux restés très calmes et très courtois, nous nous sommes écoutés et je reste sur un sentiment neutre, sans agressivité.

Comment calmons-nous nos émotions pour mieux prendre en main les rennes de nos réactions ?
Comment nos émotions, reconnues ou refoulées, guident-elles une grande partie de nos vies ? Notre monde, particulièrement les médias, la publicité et la culture les connaissent en détail et impliquent nos émotions ou jouent avec elles pour nous faire vibrer ou nous attirer. Quand nos émotions prennent le dessus sans réserve, laissons-nous déborder par elles, perdons-nous notre logique ?
L’idée de me coltiner une tâche administrative me stresse. Il suffit qu’un grain de sable vienne enrayer la machine quand je veux payer mes factures sur internet, je remets au lendemain pour oublier mon stress et j’ignore ma facture pour finir par la payer en retard. Je viens de payer mes factures, après une semaine de report pour des problèmes de connexion informatique, je sens instantanément un poids en moins et la fatigue s’envole. Nous rappeler de cet état de « l’après » peut nous aider à faire ce que nous devons faire quand nous sommes encore dans « l’avant » pour déjouer nos émotions inhibitrices.
Il existe des techniques pour se calmer en 5 à 10 minutes, attention et conscience, respiration comme la respiration en carré ou en rectangle, pensée positive, visualisation, relaxation, méditation, acceptation, mouvements du corps, occupation, ressenti d’une émotion que nous nommons. Utilisons-nous des techniques pour nous calmer ?

Quelle envie avons-nous d’aller mieux ?
J’ai suivi, peu après la naissance d’Oli, un cycle de méditation pleine conscience[i] qui a transformé mon cerveau pour le meilleur. Aucun effet exceptionnel à court terme, ma vie a changé graduellement. Voyant mon évolution, plusieurs de mes proches ont suivi mes pas sans obtenir les mêmes effets. J’y vois deux explications. D’abord, leurs thérapeutes, en mélangeant plusieurs techniques, ont certainement perdu une part de la pureté du processus cognitif proposé. Ensuite, j’ai suivi ce cycle après de longues recherches pour arrêter les anti-dépresseurs et trouver une sortie naturelle et durable à une dépression post-partum. Quand je suis entrée dans ce cycle, j’étais déjà investie émotionnellement dans un lent processus d’évolution et j’ai trouvé la méthode qui me convenait à ce moment de ma vie. S’il me semble que cet outil est particulièrement intéressant, ce n’est pas un outil qui m’a fait sortir de mon marasme, il m’a soutenue dans ma volonté de m’en sortir.
Quelle est notre envie profonde de nous transformer ? Voulons-nous trouver les motivations essentielles qui nous donnent de l’élan ? Pour échapper à leurs blessures d’amour et leur manque de confiance en elles bien caché, certaines personnes deviennent manipulatrices pour garder le contrôle et asseoir leur pouvoir, est-ce une raison pour laquelle notre monde s’est construit sur la domination ? Voulons-nous et pouvons-nous nous transformer pour devenir plus heureux ? Quand nous osons nous remettre en cause pour trouver un équilibre heureux, nous pouvons découvrir des relations harmonieuses qui changent notre univers et pouvons ainsi changer le monde. Est-ce vrai pour les pervers narcissiques ? Leur développement affectif est défaillant, peuvent-ils évoluer ?

Pour qui voulons-nous aller mieux ?
C’est pour mes enfants que j’ai décidé de sortir de ce marasme de manque d’amour. Ils ont toujours été mon moteur, je voulais leur donner mon meilleur. Mon amour pour eux m’a donné l’élan pour aller visiter ces cavernes intérieures et les éclairer pour ma croissance vers la maturité.
Pour qui avons-nous envie d’être le meilleur de nous-même ? Que sommes-nous prêt à entreprendre pour refermer nos cicatrices émotionnelles et changer ?

Des thérapeutes peuvent nous aider à libérer nos douleurs émotionnelles.
Nous pouvons leur parler de nos difficultés relationnelles présentes qui apparaissent dans nos relations intimes, amicales, sociales et professionnelles. Parler de nos émotions bloquantes à un thérapeute qui les entend, les reçois, nous aide à les nommer, à les apprivoiser, à les évacuer, peut nous permettre de mieux les comprendre pour les laisser s’envoler.
Beaucoup de gens commencent une ou deux séances, voire un an de thérapie, arrivent là où ça fait mal, et au lieu de regarder enfin leur blessure profonde et leur douleur avec amour et bienveillance pour les soigner, ils arrêtent la thérapie, c’est une situation banale. C’est dommage. Il existe aussi des thérapies psychocorporelles ou liées aux neurosciences, peut-être que cela leur conviendrait mieux. Avons-nous envie de consulter un thérapeute pour explorer nos souterrains ? Seul, en couple, en famille ? Avons-nous conscience que le but est de comprendre ce qui fait mal pour réduire ou annuler le poids d’une mauvaise expérience du passé, pour se sentir plus vivant et conscient au présent ?
Il existe aussi des thérapeutes qui sont des charlatans, d’autres qui sont des médecins, qui s’intéressent à la médication sans empathie réelle pour la souffrance de leurs patients. Je vous l’ai dit, j’avais des émotions débordantes, elles sont toujours aussi foisonnantes, mais aujourd’hui, j’ai appris à mieux les reconnaître, à les aimer, à les vivre, et j’ai trouvé plus de sérénité et de stabilité émotionnelle.

Mes émotions, c’est la fête foraine. Avant, dès que je voyais un manège, je montais dedans et parfois je n’arrivais pas à sortir du manège, alors j’étais partie pour dix tours d’affilée. Sortie comme si je venais de faire un tour dans une machine à laver le linge et parfois en très mauvaise posture pendant ces tours à gogo. J’étais surprise par chaque manège. Dans certains manèges j’avais peur, dans d’autres, je riais, j’allais aussi dans un restaurant, ou je m’arrêtais autour d’un lac. Aujourd’hui, je connais les manèges, je choisis beaucoup plus quand j’y fais mon tour, et après un tour, si cela me suffit, je quitte le manège, parfois même, je vois le manège, ça me donne un souvenir de mon dernier tour, ça me donne même une émotion, mais je décide que j’y viendrai plus tard. En repassant devant le manège, un peu plus tard, je peux me dire « Ah oui, celui-là, je vais y faire un tour, par exemple, pour sortir la peur dans le train fantôme. Plutôt que d’entrer dans le manège dès que je passe à côté, maintenant je me dis, « Tout à l’heure ou demain, j’irai faire un tour dans le train fantôme, mais maintenant, je préfère aller à la pêche aux canards ». Je peux vous assurer que ma vie s’est embellie. Alors j’ai toujours les loopings, ascenseurs en chute libre, trains splash, mais j’achète le ticket quand je passe devant et j’arrive la plupart du temps à y venir au moment qui me convient. Alors si je suis en train de manger une barbe à papa, j’en profite jusqu’au bout! Et si je viens de manger une plaque de chocolat, je n’entre pas sur le toboggan géant le plus dangereux du monde!

Pour tenter d’apprivoiser mes émotions, j’ai rencontré de nombreux thérapeutes, médecins psychiatre, psychothérapeutes, médecins alternatives, techniques énergétiques, très peu m’ont vraiment aidée. Parmi les purs médecins, j’en ai rencontré plusieurs dans le confort de leur siège, auréolés de leur cursus universitaire, de « sachants » qui, au fond, n’ont aucune idée de ce qui se passe dans mon cerveau, qui mettent des beaux noms sur des « pathologies », si ça va mieux c’est grâce à eux, si ça ne va va, c’est la pathologie. Aucune implication personnelle. Des mots de reconnaissance et d’empathie sans aucune implication émotionnelle : des gens qui m’ont coût cher, que j’ai écouté mais qui ne m’ont pris dans ma souffrance, des médicaments qui m’ont aidée, mais des séances inutiles et déprimantes car elles me laissaient sans espoir de trouver la porte de sortie, pour j’eux, j’avais une pathologie, et il en était ainsi, il fallait attendre qu’elle disparaisse, ce qui arriverait avec le temps. J’ai rencontré un médecin, avec qui j’ai suivi le cycle de méditation pleine conscience pour les déprimés, elle restait distante émotionnellement, mais la technique m’a aidée. J’ai rencontré des thérapeutes qui me racontaient leur vie quand je parlais de la mienne, d’autres qui menaient des discussions de comptoir, d’autres qui m’expliquaient des choses en me parlant d’autres patients ou d’autres exemples de maladie, d’autres qui transféraient leurs soucis avec leurs enfants sur moi et voulaient me venir en aide comme si j’étais leur fille, d’autres qui me parlaient d’émotions avec leur mental, d’autres qui me disaient ce que je devais faire et les décisions que je devais prendre, d’autres qui étaient dans leurs croyances ésotériques destinées à me soigner comme par miracle, ils ne m’ont pas beaucoup aidée non plus. J’ai vu un médecin qui avait une approche cognitive, je devais imaginer que les choses étaient autrement que ce qu’elles étaient, il ne devait pas être bon, j’étais incapable de changer le cours de mes ruminations. J’ai rencontré, comme jeune adulte, un thérapeute en hypnose ericksonienne, me faisant faire du « rêve éveillé », cela m’a aidé, car j’ai mieux compris les figures importantes pour moi. Je n’avais pas envie de raconter ma vie, creuser mon enfance, juste comme un exercice de style soi-disant miraculeux, la psychanalyse ne m’a jamais attirée. J’ai rencontré une thérapeute qui me faisait parler de mes impasses relationnelles actuelles, et qui m’aidait à comprendre pourquoi je réagissais mal dans une situation, en revenant parfois à mon enfance, et en me demandant comment je pourrais réagir autrement. Je la sentais concernée par ma souffrance, par ma douleur à ne pas savoir quoi faire de mes méandres, elle m’a beaucoup aidée.
Et j’ai lu des livres qui m’ont expliqué des techniques. En général, je démarrais, je prenais une ou deux idées et je laissais tomber. Mais, ça me faisait faire un pas. Globalement, j’ai l’impression que j’ai avancé, d’abord, quand je me sentais impliquée et responsable de ma guérison ou de ma gestion de ma vie et de mes émotions. Et quand je me suis faite aidée, les seuls qui m’aient aidée à vraiment avancer sont les rares thérapeutes qui suivaient eux-mêmes une psychothérapie, étaient supervisés dans leur pratique et s’impliquaient émotionnellement. Quand je pense à ces très rares thérapeutes, je me dis qu’ils avaient envie que j’aille mieux. Et désormais, je n’irai plus voir un thérapeute si en sortant, je me dis que je suis juste un de ses patients, qui lui permet d’avoir une vie confortable. Quant aux médecins, leurs médications peuvent être nécessaires mais je ne compte pas sur eux pour m’aider à avancer.
Ces derniers temps, je m’intéresse aux hormones, aux neurosciences, aux pensées , aux visualisations positives, j’y vois une promesse formidable d’aide pour aller bien, elles m’aident déjà, mais je garde à l’esprit que si je veux aller bien, je dois me sentir responsable. Quand je comprends comment fonctionne mon cerveau, comment fonctionne mon corps, cela m’aide à choisir des actions qui vont m’aider à aller bien. Avec ces nouvelles connaissances, l’approche des manèges évolue. C’est très étonnant. Disons que j’ai eu une expérience traumatisante du grand 8 avec ses montagnes russes et ses loopings. Dès que je passe devant, je me sens mal, je n’arrive pas à rester dans l’allée, je vais y faire un tour, je n’arrive pas à sortir et je fais dix tours à la suite et j’en ressors prête à vomir et complètement groggy. Avec les thérapies « neuro », ils vont m’aider à sortir de cet aspirateur qui me contrôle. Ils vont avoir plusieurs approches possibles, je n’ai pas encore beaucoup approfondi, je vais donc expliquer avec ce que j’ai compris à ce jour. Une première possibilité est de me dire de repenser à mon dernier tour et de me rappeler les périodes du parcours que j’ai aimé, de me focaliser dessus et d’associer ce manège à ces bonnes émotions. Le but est d’associer une émotion positive à ce manège. Ca peut être aussi de me rappeler de la fois où j’étais sur ce manège avec mon cher et tendre, collée à lui, sentant la chaleur de son corps, et avec un sentiment amoureux grisant, avec cette approche, cela m’aide à voir comme les loopings et les peurs m’ont permis de me rapprocher de mon cher et tendre et de ne garder que le sentiment chaleureux et de lien. On pourrait aussi me demander d’admirer le paysage quand je suis en haut et de garder cette « photo » dans le cerveau, pour associer ce manège à la beauté. On pourrait me demander de passer à côté du manège en pensant  » C’est bien que ce manège existe, il donne de belles sensations, mais je ne veux pas y aller maintenant » en prenant de la distance par rapport à l’expérience de ce manège. On pourrait même me faire imaginer un tour sur ce grand 8 dans lequel je ris, je crie avec plaisir et je m’amuse comme une folle, juste une imagination de mon esprit, et faire croire à mon cerveau que c’est une vraie expérience vécue, et la prochaine fois que je passerai devant ce manège, je ressentirai des émotions de plaisir.
Ce que je comprends de plus en plus, c’est que nous faisons advenir ce que nous pensons. Donc, si le médecin ou thérapeute, ou si moi, sommes persuadés qu’il n’y a rien à faire, alors mes chances de guérison sont très faibles. En revanche, si le thérapeute est persuadé qu’il peut m’aider, et si moi-même, je suis déterminée à aller mieux, alors, mes chances de guérison sont très importantes.


[i] Pleine conscience par Jon Kabat-Zinn – Wikipédia

Emotions et société

Notre incapacité actuelle à vivre avec nos émotions crée un vrai problème de société.
Quand nous nous laissons déborder par nos peurs, à titre individuel et collectif, nous constatons des émeutes, des saccages, du terrorisme, de la violence. L’actuel manque d’accès à nos propres émotions entraîne aussi les problèmes de santé mentale qui augmentent peu à peu et deviennent un problème de santé publique prédominent. L’OMS définit la santé mentale comme « un état de complet bien-être physique, mental et social qui ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. » Voici quelques autres situations courantes, seraient-elles aussi des symptômes de notre manque d’accès à nos émotions ?

Nos émotions personnelles conscientisées peuvent-elles permettre de trouver plus de sérénité dans la société ?
Une personne qui s’écharpe avec tout le monde dans la vie personnelle et interpersonnelle peut-elle trouver des solutions apaisantes pour une organisation humaine ? Si les responsables de nos sociétés savaient mieux gérer leur vie sexuelle, émotionnelle, sentimentale et familiale, nos sociétés tourneraient-elles mieux ? Cherchons-nous, pour nous guider, des gens parfaits, ou des gens qui se remettent en cause et qui deviennent de plus en plus humains ? Si la vie des groupes humains est l’assemblage de nos vies humaines personnelles, n’est-il pas indispensable de savoir gérer nos émotions à titre individuel avant de prendre des responsabilités sociétales ?

Violence intrafamiliale funeste dans tous les milieux sociaux.
Le confinement a tristement fait apparaître des histoires de violence domestique, psychique ou physique. Nous sentons-nous concerné par nos voisins, familles ou amis pour leur venir en aide ? Réalisons-nous quand ils sont victimes d’abus qui, souvent, ne peuvent pas s’exprimer librement et dont le cerveau sous emprise est en état de confusion totale ? Si nous dénonçons le tapage nocturne de nos voisins, voulons-nous aussi dénoncer ces situations auprès des autorités ?

Harcèlement physique et moral.
Dans le monde professionnel, nous avons entendu parler de harcèlement moral ou de suicide d’employés pressurisés. De nombreuses personnes se sentent pressées comme des citrons au boulot. Avons-nous envie d’apprendre à gérer nos émotions plutôt que de générer de telles violences ou d’en rester les témoins consentants par notre silence ?
Parmi ces êtres soumis à leurs émotions bridées ou débordantes sont les prédateurs sexuels inconscients, coupés d’une part plus ou moins importante de leur ressenti et de leur humanité qui prétendent parfois que les femmes sont consentantes face à leurs pratiques dévastatrices. C’est un problème de société majeur dont on commence enfin à parler dans les médias. Toutes ces femmes abusées et abîmées au plus profond de leur être ont droit à la vie, elles peuvent s’en sortir en parlant avec des personnes formées et des thérapeutes ou même des proches, elles ont droit à un avenir heureux et libre, je leur ai écrit un poème :

Prédateur
A toi le malheureux
Toi qui as choisi le peu
Trop peu de toi
Trop de dégâts
Je voudrais que tu saches
Les coupes de ta hache

L’éblouissant d’une flamme
Tu as utilisé le corps d’une femme
Tu l’as traité comme un objet
Pour tes besoins incontrôlés
Pour t’assurer de ta puissance
Tu as creusé sa béance

Mon amie s’est faite violée
Courageuse, elle a enfanté
Mais sache que jamais de ses jours
Elle n’a retrouvé l’amour
Elle se bat pour s’en sortir
Tu as volé son avenir

Ma voisine est une grand-mère
A treize ans, abusée en hiver
Aujourd’hui encore
Quand elle évoque son sort
Elle a honte de le dire
Tente de garder le sourire

Un jeu qui t’a fait rire
Ton doigt a détruit son empire
Elle n’a jamais su après
De sa vie se lier
Envolée la déesse
De ce corps en détresse

Toi le prédateur
Tu as instillé la peur
Ces femmes n’ont pas parlé
Victimes ensorcelées
Nymphes anéanties
Ignorantes de leurs cris

Femmes touchées
Choisissez de parler
Pour tuer la confusion
Qui éteint votre raison
Belles dames éternelles
Tentez de retrouver votre sel

Prédateurs, arrêtez vos actes insensés
Femmes, apprenez à vous protéger
Homme ou femme, ton corps t’appartient
C’est le temple de ton bien
Tu peux en prendre soin
Respecte tes besoins

Guerres.
Qui veut les conflits armés, les citoyens ou quelques dirigeants, plus ou moins coupés de leurs émotions, qui cherchent à prendre le pouvoir sur les peuples ? Ces dernières années, Elodie est allée tous les ans voir sa famille en Syrie, en passant par Beyrouth. Elle m’a raconté comme la vie est difficile, pas à cause des bombes, mais à cause des conséquences économiques de la guerre. Encore une famille de la Terre, rien de plus, rien de moins. Ces familles ne cherchent-elles pas la paix elles aussi ? Comment prenons-nous soin des êtres humains et des familles à travers le monde ?

Radicalisation religieuse.
Mon ancienne cheffe Ayline, turque, vit maintenant en Allemagne, elle est dévastée de voir comme son pays est meurtri par le gouvernement actuel. Elle me dit comme il ne représente pas sa nation. Est-ce que leur dirigeant cherche le bien commun ?

Polygamie.
Côme était mon grand copain pendant une colonie de vacances. Envoyé par son père depuis la Guinée. Il me parlait de ces vingt-trois frères et sœurs avec humour, sans en connaître beaucoup, son père était polygame. Entre nous, quelle horreur pour les femmes, et dire que c’est encore légal aujourd’hui dans de nombreux pays ! Sommes-nous poly-quoi-que-ça-soit ? Avons-nous déjà eu une relation avec un poly-quoi-que-ça-soit ? Etions-nous heureux ? Côme me disait « J’imagine que je divorcerai deux ou trois fois dans ma vie. » Je trouvais cela d’une tristesse à mourir. Moi je me suis toujours dit « Je ne divorcerai jamais, mais nul ne connait l’avenir. » Il a divorcé, moi aussi. Quand je repense à son histoire familiale, forcément, je comprends son malaise face à la relation de couple. Tant qu’il ne laissait pas son histoire à sa place, dans le passé nourrissant mais non invasif, il avait du mal à se détacher de ces références qui ne lui convenaient pas dans sa vie d’homme. Il ne trouvait pas la paix.
Nous avons besoin de conscience et de reconnaître nos émotions pour nous en libérer, nous reconnaître dans nos différences, laisser au passé ce qui lui appartient et construire la paix.
J’ai entendu parler de Cynthia, qui faisait partie d’un harem somptueux en terres arabes. Elle a réussi à s’enfuir. Elle est devenue vendeuse de chaussures à Paris et s’est installée dans un petit appartement. Elle n’a jamais regretté son choix. Plus de faste, certes, mais la liberté et le droit à disposer d’elle-même, à être reconnue comme une personne à part entière. Pour rien au monde, elle ne voudrait retourner là-bas. Comment pouvons-nous encore accepter de telles pratiques au XXIème siècle ? Les hommes prouvent peut-être leur fortune, leur puissance et gavent leur sexe, mais sont-ils heureux, entiers, où est leur humanité ?

Sectarisme communautaire.
Une copine serbe de Londres a rencontré un jeune allemand d’origine turque. La magie a opéré, leurs cœurs ont chaviré, ils sont tombés très amoureux, ont fait crac-crac et la belle est tombée enceinte. Deux jeunes gens intelligents, éduqués, et promis à un bel avenir. Jusque-là, nous avons des petites étoiles dans les yeux. C’est malheureusement sans compter l’origine turque de Mermet. Sa communauté lui a interdit cette relation, ce mariage, et la reconnaissance de paternité de cet enfant. Comment la vie, dans la subtilité de ses émotions, est-elle honorée dans une telle situation ? Trois vies ont été altérées, pourquoi ? Nous nous sentons coincés dans nos histoires, dans nos groupes d’appartenance, nous avons l’impression de ne pas avoir le choix, est-ce la réalité ?Voulons-nous continuer à imposer les vues de notre communauté à tous ses membres sans égard à nos humanités ?

Violences engendrées par l’ignorance ou une pensée culturelle, sans aucune rencontre de l’autre.
Lorsque j’avais dix-sept ans, j’ai eu la chance de recevoir une bourse de voyage attribuée à des jeunes prêts à partir seul étudier le sujet de leur choix durant plus d’un mois. Le but était de nous aider à devenir autonome, prendre confiance en nous, nous ouvrir aux autres et apprendre à nous engager. Des qualités pour nous préparer à devenir des adultes responsables dans la vie. Grâce à la dynamique pétaradante de mon amie Paola, j’ai monté mon dossier en une semaine. Elle avait vécu un an aux Etats-Unis, un échange avec Donald qui avait pris sa place en France pendant la même période. La femme de ménage de sa famille américaine était Amish, elle s’était bien entendue avec elle.
Elle m’a dit « Claire, je veux aller au Mexique avec une bourse de voyage, j’ai envie de partager ce type d’expérience avec toi, tu pourrais aller chez Kathy, elle est Amish, je la connais, je suis sûre qu’elle acceptera de te recevoir. Ça serait trop cool, je t’aide à faire le dossier, t’es partante ? »
Quelques mois plus tard, je m’envolais pour six semaines dans une famille Amish aux Etats-Unis. Premier voyage en avion pour découvrir le monde du passé : quel anachronisme ! C’est la « mère Américaine »de Paola, Amy, qui est venue m’accueillir à l’aéroport de Brooks Fields. Elle était prof de français. Elle m’a demandé si j’acceptais de venir dans sa classe pour que ses élèves me posent des questions sur la France. J’ai aimé l’expérience qui m’a pourtant déstabilisée. Dans leurs questions, la France et l’Europe étaient le même pays. Ils ne savaient pas situer Paris sur une carte. Je me sentais dépitée. Je me disais : « Mais ils ne sont jamais sortis de chez eux ! » Cinq ans plus tard, lors d’un long périple en Afrique noire, de Cape Town à Zanzibar, je me suis rendu compte que je réagissais exactement comme eux vis-à-vis de l’Afrique noire ! Il est tellement simple de juger l’autre sans regarder nos propres insuffisances !

Il est tellement facile de voir la paille dans l’œil du voisin et oublier la poutre dans le nôtre.

Les Amish vivent en communautés et mènent une vie simple. Ils m’ont accueillie avec gentillesse et délicatesse. Ils m’ont intégrée à leur vie comme une nièce. J’ai partagé leur quotidien avec plaisir. A cause de leur lecture de la Bible, ils refusent le progrès technique : pas de voiture, pas d’électricité. Mais, basé sur cette Bible, ils adoptent aussi des comportements sectaires, et tout membre de la communauté qui choisit une autre vie est excommunié, sans droit de visite aux siens. Comment pouvons-nous prendre des décisions si inhumaines sous prétexte de Dieu ?
Ils cultivent leurs champs comme mon arrière-grand-père l’aurait fait, se nourrissent essentiellement du produit de leur agriculture traditionnelle et exercent des métiers artisanaux. J’ai préparé les légumes qu’ils mettent en conserve pour l’année. Ils s’informent beaucoup, par les journaux papiers. J’ai voyagé dans leur buggy, les voitures à cheval, pour aller au culte du dimanche.
Ils s’habillent comme leurs ancêtres qui sont arrivés aux Etats-Unis il y a trois cent ans. Lors de mon séjour, la famille a été invitée à un mariage dans l’Etat voisin. Une amie non-amish, nous y a emmenés en voiture, mon but était de vivre comme eux, découvrir leur vie de l’intérieur, je portais donc leur robe fermée par des épingles et leur petit chapeau blanc : l’apparence de la parfaite jeune fille Amish sortie d’un livre d’histoire.
En route, nous nous sommes arrêtés sur une aire d’autoroute moderne des temps modernes avec des adolescents modernes qui voyageaient. Je me rappellerai toujours de ce regard inquisiteur et parfois agressif de certains d’entre eux. J’étais glacée. J’avais envie de leur crier « Eh les gars, je suis comme vous ! J’ai juste enfilé une robe un peu rétro ! »

Désignation de bouc-émissaires.
Quand je me remémore cet épisode, le sentiment me bouleverse encore. Le plus effroyable, c’est de réaliser que dans d’autres circonstances, cette peur de l’inconnu et ces messages assassins se transforment en harcèlement qui deviennent des violences psychologiquement ou physiquement mortelles, qui engendrent des suicides, des meurtres et des génocides. Cela fait des morts. C’est déraisonnable et terrifiant.
Ne sommes-nous pas tous fondamentalement les mêmes ? Est-ce qu’un vêtement, une religion ou une nationalité change notre être profond ? Non. Quand nous n’avons pas rencontré quelqu’un personnellement, comment pouvons-nous lui faire payer le fait d’être juif, chrétien ou musulman ou celui d’être Éthiopien, Chinois ou Rom ? Essayons-nous de nous soulager de notre propre misère personnelle en désignant une victime innocente ? Est-ce une solution adulte ? Sommes-nous prêt à regarder en face nos propres limites pour les dépasser plutôt que de désigner un coupable ou s’acharner sur une victime arbitraire qui n’a rien à voir dans notre histoire ?


Désigner un bouc-émissaire responsable de nos problèmes amène-t-il une vraie solution ?

Non. En réalité, nous les accentuons. Que gagnons-nous à déprécier l’autre ? Au plus l’illusion que maîtrisons un bout d’une situation qui nous échappe totalement… en perdant toute capacité à prendre notre destin en main, en fuyant nos propres émotions et responsabilités face à nos propres problèmes.
Pour le groupe social, ethnique ou religieux qui est, ou se sent, victime, le seul moyen de ne plus l’être est certainement de refuser toute interaction qui le place en victime, refuser de se ressentir victime et de se tenir debout envers et contre tout, avec assertivité et le plus paisiblement possible. Evidemment, l’injustice provoquera des colères malgré tout. Celui qui nous désigne comme bouc émissaire n’est pas prêt à changer, c’est donc à nous de changer l’équilibre du système. Quand nous réagissons avec assertivité, c’est-à-dire en nous exprimant et en défendant nos droits sans empiéter sur ceux des autres, souvent, d’autres le voient et viennent nous soutenir.

Discrimination raciale.
Ondine a épousé un français d’origine africaine. Elle s’appelle désormais Ondine Ousmane. Ils auraient bien appelé leur fille Inaya. Mais elle pensait à son avenir dans notre France raciste et elle a dit à son cher et tendre : « Tu sais, elle porte déjà ton nom, si en plus elle porte un prénom sénégalais, son CV ne passera pas quand elle cherchera du travail. » Ils l’ont appelé Sandra. Triste, insupportable et pourtant commun. Pourquoi pouvons-nous encore être aussi étroits d’esprit ? Peur de la part des recruteurs, recherche de certitude illusoire sur les candidats, pression managériale ? Son époux s’est installé à son compte, épicier puis livreur. Aliou n’avait pas d’éducation supérieure mais un grand cœur, de l’énergie, de la volonté. J’adorais son thiéré bassi salté, il était maître dans cet art culinaire. Pouvait-il trouver un emploi salarié ? Discriminons-nous des gens car nous ne les connaissons pas assez et recherchons une sécurité en partie illusoire ?

Le problème, c’est que certains incompétents et paresseux vont jouer sur cette corde de la discrimination pour expliquer leur parcours pourri. Dans toutes les situations, il y a des profiteurs. Certains vont jouer les victimes alors qu’ils n’ont rien pris en main.
Aux Etats-Unis, cette discrimination est flagrante envers « les noirs ». Vous rappelez-vous de Tamir Rice, un garçon noir de douze ans de Cleveland, abattu en novembre 2014 par un policier blanc parce qu’il brandissait un jouet représentant un pistolet ? Ce policier n’a pas été poursuivi par la justice. J’en ai été si chamboulée que je lui ai dédié ce poème qui ne parle pas de sa vie, mais que sa mort m’a inspirée.

Gamin
Moi, j’suis qu’un gamin isolé
A la maison j’suis pas aidé
Mon père est loin, ma mère partie travailler
Pas d’sœur, pas d’frère pour jouer
Dans l’quartier, c’est pas tout rose
Parfois, j’voudrais fuir pour faire une pause
Ici, les deals, les vols, les cons, ça s’arrose
Soit tu restes un fantôme, soit tu t’imposes
Moi, j’suis qu’un gamin isolé
A la maison j’suis pas aidé
Pas d’vélo, pas d’bus, à l’école, j’y vais à pied
Et j’sais pas bien pourquoi je veux leur prouver
Que dans c’panier d’crabes on peut exister
Vivre en vrai, quitter l’quartier, sans l’renier
J’veux leur montrer à tous ces abrutis
Auxquels je tiens et dont je fais partie
Qu’y a mieux à faire, que d’être tous rôtis
Qu’y a un chemin pour trouver la sortie
Et tous les jours, je sors, j’observe, je joue
Aujourd’hui au parc avec mon nouveau joujou
Un super revolver
Cadeau d’anniversaire
Pistolet à air comprimé, je l’tiens entre les mains
Il est trop cool, le rêve de tous les copains
Mais c’est quoi ces crétins qui débarquent ?
Deux grands pantins armés dans le parc
Comme si j’étais le pire des criminels
J’suis leur cible, mais qu’est-ce qu’ils ont dans la cervelle ?
Qu’est-ce qui s’passe dans les rues d’ce pays ?
J’suis qu’un gamin, j’veux d’une vie qui existe
Moins merdique que celle de tous ces défoncés
J’m’accroche, je bosse, j’veux y arriver
Même si j’suis seul et isolé
Et j’me fais tuer par un policier armé
De l’au-delà, je crie à l’injustice
De quoi j’suis l’sacrifice ?

Comment pouvons-nous accepter le racisme, en général, dans nos pays aux populations bigarrées ?
Réfléchissons-nous personnellement pour aboutir à des opinions racistes ou suivons-nous les idéologies de notre groupe d’appartenance ? Quelles blessures personnelles nous empêchent de rencontrer l’autre, différent ? Sommes-nous guidé uniquement par nos peurs en oubliant toutes les autres émotions ?
Par ailleurs, nous parlons encore de race humaine alors que, depuis le milieu du XXème siècle, des études scientifiques, fondées sur la génétique, ont montré que ce concept était incorrect. Caractériser les différents sous-groupes géographiques de l’espèce humaine n’a pas de sens car la diversité génétique est beaucoup plus importante entre les individus d’une même population qu’entre groupes différents.

Sommes-nous prêt à nous changer nous-même pour changer le monde ?
Malgré notre capacité d’adaptation impressionnante à un environnement toxique et cruel, aspirons-nous à la justice, l’harmonie et la paix ? Pourquoi devenons-nous impitoyable ? Avons-nous envie de nous sentir humain et vivant ?
Est-ce que nous nous coupons de nos sentiments pour ne pas ressentir nos blessures d’amour ? Ça serait alors une réaction de survie inadaptée, nous choisirions de perpétrer la barbarie au lieu de nous soigner.

Si nous reconnaissions mieux nos émotions, nos peurs particulièrement, nous pourrions réduire les discriminations d’un côté et les privilèges de l’autre, nous pourrions commencer à reconnaître la vraie valeur des gens. Que les incompétents soient reconnus comme tels et que les compétents soient appréciés, promus et payés à la hauteur de leur service. Nos vies professionnelles et personnelles évolueraient avec plus de sérénité. Nous profiterions mieux de nos vies de famille.

Pensons-nous que la maîtrise de nos émotions pourrait devenir une clé de l’avenir de nos sociétés ? Utiliser nos émotions comme des indicateurs de nos propres besoins pourrait-il nous permettre d’agir plus en adéquation avec nos élans naturels plutôt qu’en réaction à des stimuli extérieurs ? En faisant de nos émotions nos alliées, trouverions-nous mieux le bonheur ?