Intelligence collective

L’intelligence collective permet des prises de position qui favorisent le bien commun. Cette fable indienne nous fait intuitivement comprendre les ressorts de l’intelligence collective bien pratiquée.

Chacun détient une part de la vérité. Fable.
Un jour de grand soleil, six aveugles originaires de l’Hindoustan, instruits et curieux, désiraient, pour la première fois, rencontrer un éléphant afin de compléter leur savoir. Le premier s’approcha de l’éléphant et, alors qu’il glissait contre son flanc vaste et robuste, il s’exclama : « Dieu me bénisse, un éléphant est comme un mur ! » Le deuxième, tâtant une défense s’écria « Oh ! Oh ! Rond, lisse et pointu ! Selon moi, l’éléphant ressemble à une lance ! » Le troisième dit : « Pour moi, l’éléphant est comme un serpent ». Et ainsi de suite.
A la fin, les six aveugles discutèrent longtemps et passionnément, tombant chacun dans un excès ou un autre, insistant sur ce qu’il croyait exact. Un sage qui passait par-là les interroge : « Qu’est-ce vous agite tant ? ». Ils expliquent. Le sage répond alors avec un petit sourire : « Vous avez tous dit vrai ! Si chacun de vous décrit l’éléphant si différemment, c’est parce que chacun a touché une partie de l’animal très différente ! L’éléphant à réellement les traits que vous avez tous décrits. » « Ooooooh ! » s’exclama chacun. Et la discussion s’arrêta net. Ils furent tous heureux d’avoir dit la réalité, car chacun détenait une part de vérité.
Cela nous rappelle que notre propre point de vue est toujours limité et partiel face à la réalité globale et donc d’admettre que les autres détiennent, eux aussi, une part de vérité. Cela permet de créer un respect mutuel les uns envers les autres. La vérité n’apparaît donc qu’après une réflexion collective traitée en collaboration et en confiance. Pouvons-nous faire confiance à quelqu’un même si nos points de vue et propositions de solutions sont divergents ? Sur quoi repose notre confiance ? Un crédit sur l’honnêteté de l’autre avec assez de scepticisme pour tenter de discerner toute intention abusive de notre interlocuteur ? Une intention positive et bienveillante acquise au fil de nos interactions ? Le partage d’avis divergents permet de questionner les orientations choisies et d’ajuster leur direction en fonction du mieux-être global de la communauté humaine impactée.

Outils d’intelligence collective.
La publication de Peter Senge, Béatrice Arnaud et Alain Gauthier intitulé « La cinquième discipline, levier des organisations apprenantes[i] » propose des outils concrets pour nous aider à changer le monde grâce à l’intelligence collective. La première publication de cet ouvrage date de 1990 et s’intéresse aux traitements systémiques des hommes et des organisations.
Par sa nature, cet ouvrage montre comment fonctionne l’intelligence collective efficace : des gens, localement, ont rassemblé les recherches de centaines d’autres personnes qui avaient travaillé localement sur le même sujet et ont diffusé l’information dans leurs réseaux et aujourd’hui, je trouve cette information qui va m’aider à approfondir ma vision et à informer d’autres personnes qui pourront l’utiliser localement. L’important dans cet échange n’est pas tant, qui a inventé un concept, qui a écrit un livre, qui a diffusé l’information, quoi que reconnaître les contributions individuelles et collectives est toujours important et valorisant, je remercie donc tous les acteurs de cette chaîne humaine vertueuse qui a permis l’existence de cet écrit. Voici l’élan qu’ils mentionnent.

Magie d’être reliés dans une aventure qui nous dépasse.
Des profils diversifiés dans les équipes permettent d’élargir notre vision du projet par l’addition des idées et les évolutions apportées grâce aux échanges pour observer, analyser et collecter les informations et les idées, les comparer, les trier, en générer de nouvelles et synthétiser.
Le bon fonctionnement repose sur un besoin impérieux de conscience personnelle, pour que nous soyons capables de remettre en cause nos idées géniales avec humilité, afin de trouver les meilleures solutions en adéquation avec le problème global à résoudre.
Une telle organisation nous donne un sentiment d’appartenance à quelque chose de plus grand que nous, nous nous sentons reliés et embarqués dans une aventure qui vient nous chercher au plus profond de nous et qui nous dépasse, avec une vision beaucoup plus globale. Les gens qui ont vécu ce type d’expérience la qualifient souvent comme un moment exceptionnel de leur vie. Nous nous sentons responsables de ce qui nous arrive. Nous changeons d’état d’esprit. Dans l’organisation apprenante, le vrai apprentissage est au cœur de ce qui fait de nous des êtres humains. Nous modifions notre manière de voir et notre rapport au monde et devenons capables de faire ce qui nous semblait impossible avant. Nous entrons dans un processus de génération de la vie et augmentons notre capacité à créer. Quelques-uns de leurs conseils :
– Arrêter de chercher l’ennemi, il n’existe pas.
– Prendre ses décisions avec discernement.
– Penser global et envisager l’avenir sur le long terme.
– Apprendre à ralentir pour mieux constater les évolutions lentes qui sont parfois les pires menaces.
– Elargir la vision de l’expérience individuelle ou collective pour apprendre à gérer une situation en la contextualisant dans son écosystème global.
– Reconnaître ses doutes et son ignorance face aux sujets complexes, embarrassants ou menaçants.

Voulons-nous transformer notre monde et optimiser son fonctionnement ?
Voulons-nous créer des synergies et échanger des informations afin de permettre à notre écosystème mondial de retrouver un équilibre qui nourrisse la vie de tous ?

[i] La cinquième discipline – Peter Senge – Librairie Eyrolles – 2015