Gouvernances

Dans ce schéma, les entités reprendraient une taille humaine et seraient organisées en un système fédéral dans lequel les gouvernances seraient au service des territoires. Les gouvernances seraient prises en charge par des gens de terrain dont « gouverner » ne serait pas le seul métier. En plus d’être plus ajustée à la population, une telle organisation favoriserait la diversité et le débat constructif et serait plus adaptée aux cultures et environnements locaux. Les gouvernances fonctionneraient avec cet esprit de progression individuelle sur un socle de coopération.

Rôle.
Le rôle principal des gouvernances serait d’avoir une vue globale, favoriser les collaborations et protéger ceux qu’elles représentent. Chaque entité reliée à cette structure mondiale serait reconnue par le label Bo. Les gouvernances territoriales, nationales et internationales valideraient les décisions prises par les territoires ou les Etats répondant aux exigences Bo et pourraient légiférer certains aspects pour accélérer une évolution des pratiques et une protection des individus et de la planète.
Les gouvernances donneraient des impulsions, fédéreraient les initiatives et les énergies, favoriseraient les synergies, protégeraient les territoires, les citoyens et la planète, réguleraient les pratiques, faciliteraient les échanges, optimiseraient les efforts pour maintenir la paix et assureraient la cohérence éthique, économiquement pérenne, équitable et humaine de l’ensemble. Les gouvernances seraient également en charge de la vérification des comptes.

Personne ne s’installe pas au sommet d’une montagne, chacun y passe.
Le jour où j’ai atteint le sommet du Kilimandjaro en Tanzanie, j’ai compris que les sommets ne sont faits que pour passer. Est-ce que ça ne devrait pas être similaire dans la gouvernance de nos sociétés ?
Chaque personne est toujours influencée par ses croyances, ses rencontres, ses conseillers et ses tréfonds intimes. Pour favoriser des gouvernances qui servent le bien commun, il semblerait donc nécessaire de pondérer le poids d’une personne isolée pour diriger. De plus, un seul homme ne peut clairement pas maîtriser tous les sujets d’une structure qui représente un grand nombre d’êtres humains.

Représentativité.
Les gouvernances seraient composées de plusieurs personnes dont les genres, les origines ou les vies seraient représentatives des communautés réelles. Selon la taille de l’organisation représentée, les gouvernances pourraient être duales ou collégiales pour permettre un dialogue et une prise de recul avant chaque décision importante. Dans une gouvernance duale, avec un homme et une femme, complémentaires, équilibreraient les qualités combatives et les qualités tendres. Selon la structure d’une entité, sa gouvernance serait élue ou nommée. Les votes ou les nominations se feraient de concert avec les pairs du futur responsable, issus du domaine ou d’autres horizons, et les personnes qui seraient sous sa protection.

Ces gouvernants n’auraient cependant pas droit de décision sur tous les sujets. Pour les sujets techniques par exemple, les représentants principaux seraient les gens de terrain pour dialoguer et prendre les décisions avec leurs pairs. Les gouvernances macro seraient parfois présentes à titre consultatif pour apporter la vision globale si nécessaire.

Les décisions seraient souvent prises de façon collégiale.
L’objectif des décideurs aux avis divergents serait d’être capable de trouver ensemble la solution qui semble la plus juste pour le bien commun, pour favoriser l’ensemble des individus concernés en respectant ceux de la planète. Plus la gouvernance représenterait de personnes, plus les décisions seraient prises de façon collégiale.
Les décisions prises au niveau local seraient favorisées pour les sujets locaux. Un conseil de territoires accepterait et validerait les choix locaux pour permettre une collaboration avec des pratiques équitables entre les territoires.
Tandis que chaque territoire, chaque Etat connaîtrait parfaitement son tissu local et proposerait ou validerait des orientations environnemento-socio-économiques prioritaires à développer ou des causes à financer à son niveau, ils seraient tous reliés par une entité faitière au niveau régional puis international.
Nous mettrions en place des garde-fous sérieux pour s’assurer qu’une gouvernance supra-territoriale reste représentative de tous ceux qu’elle représente et ne puisse devenir l’outil de pouvoir d’un seul homme ou un seul territoire.

Le vrai pouvoir de décision et de pression s’appuie sur le pouvoir économique.
Les richesses seraient donc mieux réparties entre nations et entre citoyens. Pour fonctionner efficacement, non seulement les gouvernances de territoires s’assureraient un revenu, mais les gouvernances faitières pourraient également être responsables de leurs centres de profit.

Certaines industries pourraient être dirigées au niveau national, régional ou international, pour créer du revenu et apporter un pouvoir économique à chaque niveau de gouvernance. Dans ce cas-là, il existerait des garde-fous efficaces pour assurer que la gouvernance soit reconnue par les peuples et représentative, au service des nations et des citoyens. Par exemple, l’industrie de la grosse construction pourrait être conduite au niveau national, l’industrie pharmaceutique ou les moyens de transport collectifs au niveau local, national ou régional comme l’Europe selon les connections dont elle s’occuperait. Les appareils connectés informatiques pourraient être gérés à un niveau interrégional, association d’une région développée et une région en développement par exemple.

La gouvernance mondiale pourrait diriger les industries à portée mondiale : ressources et matières premières issues de la planète comme métal, minerais ou énergies fossiles, qu’elle remplacerait peu à peu par des ressources renouvelables, ou une part de l’aérospatial. Ces gouvernances supra-territoriales pourraient aussi être en partie financées par l’impôt sur les gouvernances plus locales qui marqueraient concrètement leur volonté de participer à la construction de ce monde de paix et d’équité.

Jamais un poste ne pourrait être attribué à vie.
Comme dans le corps humain, à tous les niveaux de gouvernance, certains membres seraient présents sur des périodes plus ou moins longues. Avec le développement économique des régions pauvres jusqu’ici, la gouvernance mondiale soutiendrait des choix de gouvernances nationales respectueuse des peuples pour leur assurer le droit à disposer d’eux-mêmes. Elle encouragerait le développement des démocraties pour évincer les leaders despotiques et autoritaires. De nouvelles idées émergeraient pour éviter que des dirigeants démocratiques se trouvent sur un siège éjectable en fonction du réseau qu’ils soutiennent. Des points de contrôle seraient mis en place pour éviter les dérives actuelles qui permettent à un réseau, par le lobbying, les menaces ou les scandales, d’infléchir sur les décisions des gouvernants qui n’ont souvent plus de marge de manœuvre réelle pour voter en leur âme et conscience.

Dans cette organisation, l’ensemble de la collectivité déciderait de conserver ou non ses chefs selon qu’elle reconnaîtrait leur valeur ajoutée et la qualité de leur vision à long terme.

Les affaires seraient réparties en fonction de leur impact local, national ou international.

Les sujets à portée mondiale tels que le respect de la dignité humaine et des droits de l’homme, l’exploration spatiale, les infrastructures de communication et télécommunication internationale, le réchauffement climatique ou les océans seraient toujours traités par les territoires à leur niveau, par différentes régions pour garder la stimulation d’équipes aux approches différentes mais sur un socle de collaboration car il s’agit de sujets universels et protégés par la gouvernance mondiale.

Les infrastructures économiques et techniques appartiendraient aux territoires, régions ou au monde.
Les gouvernances pourraient valider les développements en accord aux exigences Bo, à leur niveau. Les spécialistes de la branche seraient responsables de l’exploitation des ports, aéroports, réseaux ferroviaires et routiers et autres infrastructures mais aucun territoire ou Etat ne pourrait bloquer ou monétiser pour son propre compte une voie de communication ou de télécommunication validée pour le trafic international.

Schéma.
J’aurais pu tenter de réaliser un schéma, ou plutôt une représentation en 3D et en couleurs, pour permettre de visualiser ce modèle, mais ce modèle n’existe pas encore, il a besoin d’être discuté et construit. De plus, un schéma hâtif en 2D aurait la noble volonté de l’exposer simplement, mais la triste conséquence de le réduire alors qu’il n’est pas encore né. Dans notre organisation actuelle, nous constatons déjà les douloureuses conséquences d’un schéma simpliste à dessiner facilement sur un tableau ou une feuille de papier. Il rassure mais il est si limitant par rapport à la complexité de nos interactions qu’il crée une société inadaptée à nos besoins humains et vivants et nous emmène vers l’injustice et le chaos.