Echelle locale

Voici un pêlemêle de mes idées, elles sont à éliminer, faire évoluer ou prendre en compte… à vous de choisir… quelles seraient vos idées? Ce monde rechercherait la transparence pour soutenir l’éthique. Nos sociétés valoriseraient l’honnêteté et le courage du juste, par exemple, les lanceurs d’alerte seraient protégés, accompagnés et valorisés.

Nous favoriserions la mixité intergénérationnelle[i], interculturelle et interreligieuse.

Des tiers-lieux permettraient aux citoyens de se côtoyer plus naturellement dans leurs quartiers et de se sentir membres connus dans leur communauté locale. Ces groupes de voisinage seraient représentatifs de la vie dans toutes ces étapes avec des enfants, des jeunes, des étudiants, des travailleurs, des parents au foyers, des handicapés, des malades, des personnes aidantes ou des personnes âgées. Tous les parents qui le souhaiteraient pourraient participer à des groupes de formation et de parole sur la parentalité.

L’école nous apprendrait à devenir conscient et à penser plus globalement.
Nous enseignerions notamment la philosophie dès un très jeune âge. Les enfants apprendraient à apprendre. En plus de lire, écrire et compter, ils apprendraient également des compétences pour faire face à la vie concrète : investir et gérer ses finances, comprendre le monde professionnel et ses interactions, connaître les autres. L’art et le dessin apprendrait à observer, rêver et ressentir. Les repas scolaires et le sport apprendraient à se sentir responsable de sa bonne santé physique et du bon fonctionnement de son cerveau. Les mathématiques et les sciences apprendraient la logique, l’analyse et la synthèse. La langue apprendrait à réfléchir, débattre, argumenter et revenir aux faits. Les travaux manuels, à trouver des solutions qui fonctionnent dans la réalité. Le contact avec la nature à rester humain et se recentrer sur l’essentiel. Les techniques de communication, à gérer ses relations et ses émotions. Humour, méditation et gratitude seraient également enseignés pour donner un sens et un liant à l’ensemble et rappeler que nous sommes des êtres vivants.
Les enfants apprendraient à comprendre comment ils fonctionnent pour développer leurs compétences personnelles.

Apprendre par le jeu et l’exploration serait la normalité pour les plus jeunes.
Il existerait un tronc commun de connaissances et compétences à acquérir qui seraient évaluées, mais les contenus détaillés seraient adaptés au territoire. Les écoles auraient des objectifs de résultats mais choisiraient leurs méthodes. Les activités manuelles, musicales, artistiques, sportives ou jeux de société seraient intégrés dans les processus d’apprentissage avec des objectifs pédagogiques clairs comme apprendre à créer des règles, fonctionner en équipe, gérer la frustration, se dépasser et s’ancrer dans des valeurs humaines.

Apprendre à utiliser son cerveau.
A l’école, tous les enfants apprendraient comment fonctionne leur cerveau. Comment les émotions, générées par les hormones, les aident à apprendre ou au contraire, les bloquent. Ils apprendraient comment faire fonctionner leur cerveau pour le meilleur, comment transformer une expérience négative et bloquante en un souvenir positif et émotionnellement positif pour avancer avec enthousiasme dans leurs apprentissages. Evidemment, les enseignants auraient appris touts ces techniques, et auraient appris que tout individu apprends mieux lorsqu’il est bourré d’ocytocine et de dopamine, hormones créées par le lien affectif et la gratification. Ainsi, la vieille école qui dit qu’il faut être strict, intransigeant, dur et donner des mauvais points disparaitrait. La gratification est liée aussi à la satisfaction de réussir, aider les élèves ne serait donc en rien une question d’être « gentil et hyper flexible ». Chaque enseignant trouverait son style, mais ce qui est sûr, c’est que le sentiment qui guiderait les enseignants serait l’empathie, l’envie de faire progresser les élèves, et les profs apprendraient à revenir à ce noble sentiment après des scènes traumatisantes avec des enfants qu’ils n’auraient pas réussi à gérer. En bref, nous connaissons aujourd’hui ce qui motive notre cerveau à agir, nous savons dans quelles situations le cerveau humain apprend le mieux, nous savons comment remplacer un souvenir négatif par une image positive et énergétisante… et toutes ces connaissances seraient enseignées à l’école, à chaque enfant.

Donner confiance en eux aux enfants.
L’objectif serait de permettre aux enfants de développer leur potentiel et leur intelligence en prenant confiance en eux. Les enfants apprendraient à s’accepter sans jugement dans l’instant présent. Les connaissances sur développement de l’enfant seraient intégrées dans les enseignements. Par exemple, il est aujourd’hui reconnu qu’un prof impliqué affectivement avec ses élèves les motive et augmente leurs résultats[ii].  Les enseignants les plus recherchés par les parents puis par les étudiants obtiendraient un bonus de fin d’année.

L’instruction à tous les niveaux serait gratuite ou aurait un coût symbolique.
Les étudiants méritants seraient admis dans l’enseignement supérieur sans critère financier. Seraient-ils accompagnés par la collectivité pour faire un prêt qui les engage assez pour prendre leurs études au sérieux mais pas trop pour ne pas leur mettre une corde au cou à l’obtention de leur diplôme ? Seraient-ils parrainés par des anciens élèves ? Les territoires qui formeraient et ceux qui embaucheraient les jeunes auraient des accords pour équilibrer les frais de formation avec équité.

Religions.
Les religions et philosophies de vie apprendraient à leurs brebis à vivre l’amour humain dans le respect et la dignité, comme première pierre à l’accès à l’amour divin.

Justice.
La justice serait basée sur l’éthique avec l’objectif de permettre aux êtres humains de vivre dignement plutôt que sur la morale qui juge ce qui est bien ou mal. Ainsi, plutôt que de trancher pour savoir si le mariage homosexuel, l’avortement, la gestation pour autrui, les enfants nés par insémination artificielle sont bien ou mal, possibles ou non, la justice admettrait que ces pratiques existent car elles répondent aux besoins de certains individus et elle légifèrerait pour encadrer ces évènements et protéger ces individus en leur permettant d’avoir une vie digne dans leurs choix. Dans l’éthique existe aussi le refus de certaines pratiques comme, par exemple, l’interdiction de fabriquer des clones humains pour faire tourner une usine.

Découvertes dans l’univers.
Toute découverte dans l’univers ne pourrait en aucun cas devenir la propriété d’un territoire terrestre. L’humanité pourrait s’intégrer à sa manière dans un territoire extra-terrestre exploré mais elle arrêterait de se positionner en conquérant tout puissant qui exploite tout et toute ressource jusqu’à la folie déséquilibrée qu’elle a atteint sur notre Terre en 2021.

Des groupes officiels prendraient en charge les personnes addictes et leurs réseaux fournisseurs.
Plutôt que de laisser les réseaux criminels se développer pour répondre aux besoins addictifs des gens, des groupes officiels fourniraient eux-mêmes ces malheureux : drogue et prostitution en particulier.
Grâce à cette mesure, ils pourraient aider les personnes dépendantes à sortir de leur addiction. La prostitution pourrait-elle disparaître ? On dit que c’est le plus vieux métier du monde. Sans idéologie, mais ancré dans le respect de la dignité humaine, pensons-nous au sort de ces femmes ou hommes qui sont utilisés comme des outils ? Evidemment, nos sociétés ne pourront jamais accepter la pédophilie qui nuit gravement au développement de l’enfant. En revanche, en gérant nous-mêmes la prostitution, pourrions-nous permettre à ces personnes de travailler dans des conditions sanitaires et psychologiques dignes ? Pourrions-nous les aider à s’orienter vers un métier plus gratifiant ? A partir du moment où nos sociétés s’accepteraient avec leurs limites en prenant en charge leur côté sombre, avec le label B°, réduirions-nous la nuisance des réseaux criminels ? Ne cherchons pas la polémique ou la bien-pensance, essayons de proposer des solutions pour permettre à une triste réalité humaine d’être mieux encadrée pour la dignité des victimes.

Les prestations de services sociétaux seraient mutualisées et optimisées.
Nous mettrions en place un fonctionnement qui évite la gratuité systématique qui rend les gens irresponsables et le trop payant qui exclut les populations défavorisées. Chaque individu épargnerait-il pour sa retraite et pour le chômage avec des obligations légales d’un minimum à verser ? « Un régime universel de santé est un moyen efficace et rentable de fournir à la population un système d’assurance-maladie de qualité » nous dit Barack Obama. Le régime de santé universel permettrait-il à chacun de se soigner en engageant des frais symboliques avec connaissance du vrai coût engendré, en fonction de l’acte ? Les soins recommandés mais non indispensables auraient-ils des tarifs forfaitaires ?
Les gens prendraient des assurances santé mutualistes en choisissant leurs options, des assurances « confort + » permettraient à ceux qui le souhaitent d’accéder à des conditions matérielles privilégiées pour leurs séjours médicaux. Le but serait de rendre les gens responsables de leurs propres dépenses de santé avec un accès aux soins égalitaire mais sans redondances inutiles et sans gâchis. Les honoraires des médecins et personnels de santé seraient balisés mais une collectivité pourrait accepter des dépassements d’honoraires pour un médecin qu’elle voudrait absolument garder sur son territoire.

Un revenu universel permettrait d’éradiquer la pauvreté.
De nombreux économistes expliquent que nous sommes capables d’éradiquer la pauvreté. Dans son livre « Utopies Réalistes », Rutger Bregman envisage un monde qui éradique la pauvreté et crée un revenu universel. Il simplifierait grandement des tonnes de paperasses, permettrait aux individus de grandir en dignité et à nos sociétés d’éradiquer la grande pauvreté insupportable de nos pairs. Adieu la complexité administrative et la violence psychologique pour prouver que nous sommes en incapacité de subvenir à nos besoins, pour savoir si nous avons droit ou non à un logement, une indemnité ou une compensation : chaque individu, sans critère d’âge, de statut marital et familial, de santé, de fortune recevrait un revenu qui lui assure le minimum pour vivre dignement : toit, alimentation, santé, éducation. Ce minimum donnerait aux personnes l’accès à leurs capacités et l’énergie de les déployer.

Les revenus de l’activité économique seraient mieux répartis.
Ils privilégieraient les revenus du travail aux revenus des capitaux et prendraient en compte les citoyens les plus vulnérables. Les revenus d’une activité seraient répartis plus équitablement, chaque travailleur gagnerait plus et pourrait, lui-même, participer financièrement à la vie en société. Dans le sport par exemple, tous les joueurs professionnels et coachs recevraient des salaires plus équilibrés les uns par rapport aux autres. Dans le monde de la culture, tous les intervenants recevraient également un salaire qui met en valeur leur créativité ou leur technicité et leur permet de vivre confortablement, en relation avec leur implication et leur valeur ajoutée et sans précarité de l’emploi. Nous chercherions l’optimisation du travail en apportant assez de sécurité aux travailleurs. Nous gagnerions plus, la vie nous coûterait apparemment plus cher, nous ne deviendrions peut-être pas plus riches, mais nous serions plus fiers et responsables. Toute personne qui travaille à plein temps serait assurée d’avoir une vie digne.

Le montant des rémunérations pourrait être validé par les salariés et les pairs d’un travailleur ou d’un manager.
Des grilles de salaires seraient-elles suggérées ? La rémunération serait-elle, pour tous, la combinaison d’un salaire fixe + importante prime au résultat de l’équipe + bonus personnel et/ou actionnariat ? Pourrait-elle prendre en compte la valeur ajoutée par le travailleur, sa capacité d’innovation, ses responsabilités, le risque qu’il fait prendre à l’entreprise en fonction de la qualité de son travail, par exemple un agent de maintenance pourrait voir sa rémunération varier en fonction du nombre d’arrêts machines ? Les primes et les bonus n’auraient pas la fonction de valider l’atteinte d’objectifs stressants comme une épée de Damoclès mais de valoriser et de reconnaître le travail accompli avec implication, collaboration, justesse et résultat. La liste des rémunérations serait-elle publique ? Des territoires et leurs citoyens accepteraient-ils d’offrir des salaires énormes aux meilleurs pour les garder ?

Alliances concrètes entre riches et défavorisés.
Des alliances pragmatiques relieraient les territoires défavorisés aux territoires riches pour optimiser le développement équitable. Les Etats et territoires d’une nation seraient intégrés à des alliances Bo qui associent des territoires développés et des territoires en développement ou des réserves naturelles. Les plus riches investiraient, pas uniquement des capitaux, mais avec une alliance concrète, dans les structures humaines et économiques du territoire à développer pour lui permettre de devenir peu à peu autonome dans le respect de sa propre culture.

Sommes-nous prêts à nous focaliser sur ce que nous avons à gagner dans le changement plutôt que de rester paralysés dans la peur de ce que nous avons à perdre ?
Si l’Histoire de l’Humanité est ramenée à une année, Homo Sapiens a pointé son nez le 31 Décembre à 23h54 et l’ère industrielle a vécu une seconde en créant de belles avancées techniques tout en dégradant notre planète. Voulons-nous trouver un modèle plus pérenne et plus humain ? Liang m’a souvent dit « La non-décision est une décision que tu payes souvent deux fois plus cher après. » Voulons-nous prendre une décision claire dès maintenant ?

[i] La solidarité intergénérationnelle sur le terrain – Pourquoi ? Avec qui ? Comment ? – Dominique Thierry – Editions-harmattan.fr  -2019
[ii] Quand les profs aiment les élèves – Mael Virat – Éditions Odile Jacob – 2019