La peur du changement

En tant qu’architecte d’intérieur, mes projets m’ont toujours confrontée à la résistance au changement, je l’ai observée partout, dans toutes les entreprises, pourtant tous les projets avaient un objectif d’amélioration des conditions de travail pour l’ensemble.

Emotionnellement et structurellement chacun sait ce qu’il perd, mais ignore ce qu’il va gagner.
J’aime beaucoup l’exemple de Raphaële Granger que j’ai trouvé sur internet. Elle écrit que face à la nouveauté, l’homme est réticent car il veut s’assurer que son nouvel équilibre satisfera ses besoins et son bien-être. Il préfèrerait que son environnement professionnel quotidien reste comme il est. Elle compare cette situation à l’enfant qui abandonne les petites roulettes de son vélo : il a peur de tomber dès qu’il s’installe sur sa bicyclette à deux roues. Les repères changent, il doit entrer dans le monde des grands. Non seulement, il doit faire confiance à son bolide, mais surtout, il doit croire en sa capacité à trouver l’équilibre sur son deux-roues.

Nouvelles sensations, quelques hésitations, des chutes, puis l’équilibre tant espéré arrive comme par magie. Il entre dans un nouveau monde avec de nouveaux défis et un nouvel horizon, heureux d’avoir essayé et dépassé ses peurs. Pourquoi certains s’aventurent avec détermination alors que d’autres tergiversent ? D’où leur vient l’élan pour qu’ils finissent tous par rouler comme des princes et y prennent goût ? Quelle motivation leur a permis de surmonter leurs craintes ? Cet exemple illustre bien le phénomène de résistance au changement : peur, bref déséquilibre, manque de vision, sentiment d’abandon et de solitude, perte de repères, incrédulité sur le succès. 

Mon passage impactait les individus et le collectif, engageant une réaction émotionnelle, perturbant les alliances et la cohésion de groupe, mais également l’organisation du travail, souvent avec des transformations de la hiérarchie. Ces agencements étaient destinés à répondre aux enjeux des nouvelles façons de travailler pour favoriser l’innovation en encourageant la stimulation de l’intelligence collaborative respectueuse de l’intelligence individuelle. Et en effet, après un temps d’adaptation, les retours des utilisateurs étaient positifs.

Comment réinsuffler la vie dans notre écosystème socio-économique ? Voulons-nous trouver des solutions respectueuses de la contribution de chacun au développement des êtres humains et de la vie sur Terre ? Le biologiste Lewis Thomas nous dit que dans la nature « les gentils durent plus longtemps ». Nous savons aussi que l’évolution la plus sensationnelle de la vie est liée à une relation de prédation poussée à l’extrême, au niveau collectif, qui s’est transformée en symbiose et a permis l’apparition des organismes multicellulaires. Sommes-nous prêts à entrer en symbiose ?

Organisation sociétale et financière

Dans ce modèle, les capitaux, moyens de production et biens immobiliers appartiendraient majoritairement aux territoires et seraient loués aux particuliers et aux organisations. Dans cette configuration, les territoires recevraient le montant des loyers. Ce revenu tomberait avant que quiconque ait commencé à payer des impôts, serait-ce possible ? La location généralisée n’aurait évidemment de sens que si la propriété était collectivement privée et bien répartie entre tous les territoires et citoyens. De nos jours, l’accès à la propriété est un gage d’enrichissement, d’autant plus lorsque nous achetons un bien à titre de rendement locatif, et qu’au final, nous faisons acheter notre bien par le locataire.

Propriété et capitaux.
Nous ne parlerions plus ni de propriété privée, ni de bien public mais de propriété individuelle ou collectivement privée.  Une collectivité précise, gérée par une gouvernance représentative de la population, se sentirait responsable de biens précis, et la nébuleuse du collectif en forme de sac fourre-tout se réduirait. Les capitaux seraient répartis sur l’ensemble des individus et chacun détiendrait une part du bien collectif de son territoire. Serait-ce possible ? Aujourd’hui, une personne devient réellement riche grâce à ses capitaux et non grâce à son travail, peut-être que cette option permettrait de rééquilibrer les sources de revenus, pour que l’ensemble des travails bénéficient du rendement des capitaux et que la différence de richesse s’acquière grâce au travail et à la valeur ajoutée directe d’une personne.

Cependant les titres privés servent les intérêts privés et favorisent donc la motivation personnelle. Dans le cadre de ce système démocratique, les titres appartiendraient-ils aux entités démocratiques en actionnaire majoritaire ? Les particuliers miseraient-ils sur les titres auxquels ils croient, pour leurs valeurs financières, humaines et démocratiques, détiendraient-ils systématiquement des titres de l’organisation pour le centre de profit pour lequel ils travaillent ? Cela permettrait-il de faire évoluer notre monde économique actuel, en partie déconnecté de nos valeurs démocratiques car il exclut une part des citoyens et en exploite d’autres, dans un fonctionnement qui soutient réellement les démocraties ?

Les biens immobiliers appartiendraient-ils en totalité aux territoires qui loueraient ces biens aux citoyens et entreprises ? Quels seraient les avantages ? Les territoires pourraient mieux gérer leur parc immobilier avec une vision de long terme, en finir avec les villes fantômes ou les bâtisses abandonnées et délabrées. Des lois cadres permettraient aux territoires de récupérer les propriétés restées vacantes pendant un laps de temps déterminé. La seule différence dans la location par rapport à l’achat, si le propriétaire est la collectivité est que le prix n’augmente qu’en fonction de l’offre et la demande avec une possibilité de régulation des loyers corrélée au réel pouvoir d’achat des citoyens. Il deviendrait peu probable que les territoires imposent des hausses de loyer insupportables pour des logements de centre-ville comme à Berlin. La collectivité choisirait comment développer l’urbanisation, construire du bâti durable, aménager le territoire pour la vie avec une gestion durable. La gestion de l’amélioration systématique du bâti comme la transition énergétique s’en trouverait facilitée. Grâce à la propriété territoriale, les littoraux, rives des lacs et autres merveilles naturelles pourraient aussi redevenir des biens communs.

Les territoires pourraient mieux gérer la mixité sociale et culturelle des quartiers et recréer de vrais écosystèmes humains riches et diversifiés. Les gens se côtoieraient et se connaîtraient, ils se sentiraient des racines communes liées à leur environnement de vie.

Nous pourrions louer un bien pour un an, vingt ans ou cent ans pour transmettre le bail à nos enfants.
La propriété individuelle deviendrait ainsi, non plus un capital, mais un droit d’usage. Nous ne chercherions plus à posséder mais à jouir de nos biens et de la vie. Un particulier ou une entreprise pourraient toujours faire construire le bâtiment de leur rêve dans le respect des normes d’urbanisme avec l’aval et une partie des capitaux du territoire. Le complément des capitaux, apporté par l’heureux élu, équivaudrait à un nombre d’années de location prépayées. Ainsi, les baux évolueraient et le sentiment d’être chez soi existerait toujours comme c’est le cas en Grande-Bretagne avec la « Leasehold property ». L’achat de propriété est en réalité un bail de quelques dizaines d’années à 999 ans.
Dans cette configuration, l’acheteur possède les murs de son appartement et le propriétaire loue ceux de la copropriété et du terrain par le biais d’une taxe annuelle. Le territoire posséderait désormais tous les murs, mais les baux resteraient transmissibles. Puisque tous les logements appartiendraient au territoire, quitter un logement quand la famille s’agrandit ou pour une évolution professionnelle serait très simple, déplacer un occupant qui ne paie pas son loyer dans un logement adapté à sa capacité de paiement aussi. De plus, les territoires choisiraient les solutions immobilières les plus adaptées à leurs besoins, différents à New-York, Pékin, Delhi, Sydney, Rio de Janeiro ou Zanzibar car l’activité humaine y est très différente.

Propriété et bien commun.
Est-ce que la propriété privée est aujourd’hui un terreau de spéculation ? La plupart des gens font des prêts, s’ils ne paient pas de loyer à leur propriétaire, ils en paient un à leur banque, nous payons en moyenne 70% de la valeur du bien en loyer par les intérêts bancaires. Nous établirions des règles de location qui permettent le long terme et qui autorisent le locataire à faire des travaux chez lui avec le droit de rendre le bien dans un autre état que celui dans lequel il l’a reçu, du moment qu’il reste propre, aux normes et en bon état.

Si tous les biens appartenaient à la collectivité, seraient-ils mieux gérés pour optimiser la santé de l’écosystème global plutôt que pour maximiser les capitaux de fonds personnels ou collectifs ? Quand j’en parle à Vincent, il me dit que les gens s’occupent mieux de leurs biens propres que de ceux de la collectivité. Si nous sommes chez nous, et plus en sécurité car le bien est salubre et le bâtiment maintenu par la collectivité, prendrions-nous bien soin de nos biens immobiliers ?

Le modèle existe déjà.
En Suisse, le port de Bâles appartient à la collectivité qui loue son port à une société privée. Si les collectivités sont propriétaires, elles peuvent prendre des décisions positives pour la communauté entière. Bien sûr dans ce cas, les décisions quant aux propriétés ne peuvent pas être prises par un individu unique qui pourrait favoriser son propre réseau. Encore une fois, cela ne peut fonctionner qu’avec éthique et vision collaborative et sans doute avec l’aide d’algorithmes qui nous permettent d’éviter les biais humains ou la corruption dans le monde de la construction. Comment les choix architecturaux respectent nos cultures locales ? Voulons-nous entrer dans une uniformisation mondiale qui ferait qu’on ne différencierait plus Tripoli d’Osaka tant l’urbanisation est similaire ? Cette concentration des citoyens dans les villes est-elle une nécessité, qu’apporte-t-elle ?

L’urbanisation rend-elle les pauvres plus heureux et mieux soignés ?
C’est l’avis de la Chine. En janvier 2020, nous apprenons qu’à Lhassa, le taux d’urbanisation de la région autonome du Tibet, dans le sud-ouest de la Chine, a atteint 32%, avec plus de 1,07 million de personnes vivant dans les villes et les bourgs. Ces pauvres bougres sont-ils vraiment mieux que dans leur campagne ? Avec le télétravail et le développement d’une économie plus locale et respectueuse de notre écosystème, est-ce qu’il conviendrait d’envisager la ruralisation d’une part de nos populations ?

Endettement des villes.
Combien de villes sont endettées à cause de programmes immobiliers qui n’étaient pas forcément nécessaires ? Quels intérêts privés ont bénéficié de ces programmes de construction ?

Le but n’est pas de construire ou d’arrêter de construire, mais de choisir un développement pérenne pour l’environnement et les finances de la collectivité. Aujourd’hui, est-ce que les aides sociales au logement sont privilégiées sur la construction de logements sociaux ? A chaque fois, nous devrions-nous poser la question pour identifier la dynamique, et les bénéficiaires à long terme des choix politiques. Dans l’aide au logement, l’argent retourne souvent à des propriétaires privés et aucun nouveau logement social ne sort de terre, qui est gagnant, qui est perdant ?

Propriété de l’entreprise.
Le risque entrepreneurial serait partagé par le territoire qui cherche à se développer et l’entrepreneur qui est prêt à se lancer dans une nouvelle aventure. Les terres agricoles, baux commerciaux et moyens de production seraient ainsi loués, ce qui élargirait les possibilités d’entreprenariat à l’ensemble des citoyens. Les banques locales soutiendraient les projets locaux pour un développement durable.

Cette crise sanitaire fait apparaître comme des entrepreneurs peuvent être mis en faillite à cause de situations qu’ils ne pouvaient pas prévoir et qui impacte tout le territoire. Un restaurateur, patron, voit son activité stoppée, ne peut recevoir le chômage en tant que patron et son capital perd de la valeur, indépendamment de sa volonté. De nos jours, il arrive aussi qu’un agriculteur ou un entrepreneur qui divorce soit contraint à faire faillite pour donner sa part à son conjoint. Ces situations, hyper stressantes personnellement, dans laquelle la vie personnelle d’un individu impacte la vie professionnelle de ses collaborateurs disparaîtrait. Une chaîne de production pourrait être partagée par deux sociétés ou louée pour une période pour tester un nouveau concept.

Biens de consommation.
La location deviendrait également la norme pour tout bien de consommation qui peut s’y prêter pour les particuliers et les professionnels. Elle permettrait le retour des biens usagés pour le recyclage des matières premières en respectant le principe de l’économie circulaire. Avec la location, les commerçants auraient alors intérêt à faire durer les biens de consommation le plus longtemps possible et dans notre marché tiré par la demande, l’obsolescence programmée et la tendance du « prêt à jeter » disparaitrait naturellement et les mentalités y verraient un manque de bon sens et d’éthique si grand qu’elles ne voudraient même pas les considérer.

Par ricochet, la justice deviendrait-elle plus équitable ? 
Avec la propriété aux collectivités, dans l’intérêt du bien commun, les procès qui en eux-mêmes sont une perte totale de temps, d’énergie et d’argent se recentreraient sur la justice pour le bien commun. La justice reprendrait sa place de protéger contre la criminalité et favoriser la paix. Aurions-nous moins besoin de triturer les entrailles des gens et des projets soi-disant honnêtes et qui en réalité servent des intérêts privés ?

Notre système favoriserait la méritocratie.
Avec l’avènement de l’ère industrielle et des grandes fortunes, à diverses époques, des hommes d’affaires au succès retentissant ont choisi de verser leur héritage à des œuvres caritatives car ils considéraient qu’une telle fortune n’aiderait pas leurs enfants à vivre leur vie. D’ailleurs, des études montrent que les héritiers sont moins heureux que les personnes qui s’enrichissent grâce à leur travail.

Dans notre système, les dés de la méritocratie sont faussés, dans notre société matérialiste, nous pouvons atteindre un niveau émérite dans un domaine qui n’est pas mis en valeur et rester désargenté, ou être ultra-riche sans avoir levé le petit doigt, par naissance ou par mariage. C’est la conséquence de l’héritage capitaliste qui met en valeur l’argent au lieu de mettre en valeur l’effort, la réussite personnelle et la contribution apportée à la société.

Dans un couple, les biens personnels seraient partagés au fur-et-à mesure, en cas de séparation, seule la garde des enfants serait à considérer car la répartition des biens serait déjà évaluée.

Dans les films, nous voyons des héritiers dans des mariages arrangés pour des alliances patrimoniales ou commerciales, ou utilisés en monnaie d’échange ou objets de transaction. Est-ce vrai dans la réalité ? N’ont-ils pas envie de choisir librement leur chéri.e pour la vie ? Si les héritiers des quelques plus grandes fortunes du monde se mariaient entre eux, leur fortune pourrait devenir colossale, que se passerait-il si cette fortune tombait dans des mains malfaisantes ?

L’héritage, particulièrement pour les grandes fortunes, inspiré par les choix de ces grands philanthropes, reviendrait aux territoires, avec une part restreinte pour les enfants et ayants droits de la personne disparue, pour des solutions qui nourrissent la vie des héritiers dans un respect du bien commun. Avec une révision des modèles d’héritage, les plus riches pourraient-ils se libérer du fardeau d’être séduit pour leur avoir plutôt que pour leur être ? Dans son testament, la personne pourrait choisir, en partie ou en totalité, à quelles entités collectives elle lègue son héritage, pour financer les causes qui lui sont chères. Et les parents, plutôt que de favoriser l’avenir de leurs enfants dans un monde difficile, participeraient à l’édification d’un monde stimulant pour leurs enfants.

Aujourd’hui, nous considérons qu’une personne facilement remplaçable car peu qualifiée, ne mérite pas forcément un salaire digne! Pourquoi? Est-ce qu’une personne qui travaille à plein temps ne devrait pas être capable de vivre dignement car la société trouverait cela normal? Des scientifiques ont étudié le besoin d’honnêteté des êtres humains. Il s’avère que naturellement nous avons de l’aversion à voler 10 000 € à une seule personne car l’injustice est flagrante, en revanche, voler 10 € à 1000 personnes ne nous dérange pas, très rares sont les gens qui refusent un tel accord implicite pour en tirer les bénéfices, et sans doute que tout le monde sur terre accepterait de voler 1€ à 10000 personnes si on leur disait qu’il suffit d’appuyer sur un bouton. Voler 1€, nous sentons-nous coupable, pour si peu, ça n’est pas bien grave, non? La malhonnêteté passe sans nous laisser le moindre sentiment de culpabilité. Vu sous cet angle, nous comprenons comment, dans le monde du travail et des capitaux, ceux qui reçoivent les plus grosses sommes se sentent tout à fait à l’aise avec le fait de récolter le bénéfice du travail de tous de façon disproportionnée et inéquitable. C’est une raison qui justifie amplement le besoin de repenser aux structures de nos organisations pour quitter notre modèle pyramidal et trouver des solutions plus horizontales, plus participatives et profondément plus équitables.

Forme et place du numérique.
Le grand déclencheur de cette possibilité d’évolution est évidemment l’arrivée des ordinateurs, d’internet, des objets connectés et de toute l’infrastructure matérielle qui permet ces échanges. Leur place prépondérante au cœur d’une nouvelle organisation fait prendre conscience à quel point ils deviennent le réseau neuronal, sanguin et lymphatique de cette nouvelle structure. Les données numériques sont le premier marché mondial, bien plus important que celui du pétrole. Elles deviennent avec l’énergie, les communications et télécommunications, l’alimentation, la santé, l’éducation et la défense les moyens primordiaux tactiques et stratégiques de nos organisations humaines. C’est la raison pour laquelle, tous ces éléments seraient gérés comme toutes les autres infrastructures territoriales, labellisés Bo, et intégrés à la vision du territoire dans son développement à long terme, validés par celui-ci.

Sites de mise en relation. Les sites de recherche et de mise en relation nécessaires à l’activité humaine appartiendraient aux collectivités. Au début d’internet, deux types de recherche sur internet étaient possibles, les moteurs robotisés et les annuaires humains. Nous développerions une plateforme collective labellisée B°, avec un moteur de recherche Byoom qui combine les tris humains et les tris robotisés.

Grâce au tri humain, nous pourrions tracer les sites, savoir qui les a créés, fait évoluer et valider. Tout écart aux exigences Bo de la part d’un contributeur l’éliminerait, ou le sanctionnerait. D’autres plateformes permettraient les mises en relation nécessaires à la vie en société. Le réseau mondial fédérerait toutes les plateformes locales, nationales et régionales. Bboom pour la vente en ligne. Bbeep comme réseau social. Bgood pour toutes les initiatives solidaires Bo. Broom pour toutes les visioconférences. Et d’autres pour la location de chambre chez l’habitant, chambres d’hôtels, vente de produits d’occasion, service de voiturage, service à la personne et autres.

Nous utiliserions l’intelligence artificielle pour nous aider à éviter les déraillements humains et soutenir la démocratie à tous les niveaux. L’intelligence artificielle et ses bases données, aujourd’hui développées essentiellement par des hommes, sont devenues sexistes. Internet démultiplie la rapidité de transmission d’informations constructives, ou violentes ou mensongères sans vérification de la véracité des propos, ce qui déstabilise en partie nos démocraties. Ces biais seraient minimisés pour profiter de la capacité extraordinaire des machines en réduisant au maximum les biais humains au lieu d’avoir peur de l’intelligence artificielle, au lieu de l’utiliser à l’insu des individus pour les traquer, les influencer et les rendre dépendants.

Les retombées financières de notre activité numérique seraient mieux réparties. Avons-nous réalisé le modèle économique du plus grand moteur de recherche actuel ? Nous l’utilisons car il nous donne accès à toutes les informations que nous lui fournissons sans rémunération de notre travail. Certes, il offre des services nécessaires qui représentent un travail, mais nous le nourrissons gratuitement de contenus et les entreprises qui paient, pour avoir un bon référencement ou en achetant des liens sponsorisés, pour être visibles, répercutent ce coût sur leurs produits. Nous offrons donc le contenu et payons la publicité qui se reporte sur nos achats.

Est-ce un modèle équitable ? Pouvons-nous mieux rémunérer les créateurs de contenu et proposer des résultats de recherche démocratiques ou devrions-nous choisir un autre moteur de recherche ? Ces grands vecteurs d’information, de communication, de mise en relation et de vente pourraient-ils être organisés pour que les créateurs de contenu dont les pages sont visionnées soient rémunérés ?

Existerait-il encore des liens payants qui, in fine, augmentent le prix final des produits sans leur apporter de valeur ajoutée ? Byoom aurait-il de la publicité ? Si oui, sous quelle forme ? Les sites pairaient-ils un abonnement aux plateformes B° en fonction de leur chiffre d’affaire ? Les plateformes recevraient-elles leur revenu par un prélèvement sur chaque transaction ? Les revenus de nos recherches pourraient-ils revenir aux créateurs de contenus plutôt qu’aux moteurs de recherche, pour que les journaux, par exemple, reçoivent de nouveau le revenu publicitaire qu’ils engendrent grâce à leur travail d’investigation et de rédaction ? Un système de points gagnés ou de monnaie interne à l’ensemble pour débiter ou créditer les utilisateurs pour acheter et vendre des produits et services pourrait-il fonctionner ?

Les plateformes de recherche mettraient en avant les commerces et entreprises locales. Les moteurs de recherche évolueraient. Au début des grands moteurs de recherche, je n’étais pas satisfaite des résultats à mes requêtes, au lieu de redistribuer toutes les informations, je trouvais qu’il réduisait les réponses à très peu de sites. Je pensais qu’un robot ne pourrait jamais donner des réponses à mes requêtes aussi précises qu’un être humain. A mes heures perdues, j’ai imaginé un moteur de recherche qui pourrait me donner des réponses plus pertinentes. Ce que j’adorais au début, c’était la découverte aléatoire de milliers de sujets par les liens que je faisais d’un site à l’autre. Je tombais sur des univers qui m’étaient totalement étrangers. J’étais comme un enfant dans un magasin de bonbons. Cette ouverture me paraît cependant de plus en plus limitée car les moteurs utilisent notre historique de recherche et d’activité sur internet pour nous proposer des sites et publicités sur les sujets qui nous intéressent. Peu à peu, chacun s’enferme dans sa sphère d’intérêt et au lieu de nous ouvrir, nous nous cloisonnons chacun dans notre monde.

Trouvons-nous facilement des idées de sortie à faire près de chez nous avec les enfants, seul ou en couple ? Est-il facile de trouver des suggestions, des informations, des propositions d’évènements tout proches de chez nous ? Quels types de sorties sont-elles proposées, des activités payantes, des manifestations sociales gratuites ou des activités dans la nature ? Il existe bien des sites qui rassemblent des idées mais c’est très confus, très diffus, très sectorisé.

Comment un robot mondial de tri d’informations peut répondre avec précision à mes questions locales ? Lorsque j’ai voulu offrir une voiture radio-télécommandée à mon fils, je n’ai pas réussi à trouver où je pourrais aller à proximité de chez moi dans un magasin physique qui en vendrait, j’ai fini par faire un achat sur internet à l’autre bout de la France. Ça m’a contrariée, j’avais envie de rencontrer un vendeur qui donne des conseils techniques et empathiques, pas un gars qui veut qu’on dépense le plus possible dans sa boutique. Je voulais pouvoir revenir en magasin pour le service après-vente, j’étais certaine que ça me servirait à un moment ou un autre. J’en aurai eu besoin. Le jour où la voiture a eu un accident, elle est rentrée au placard et n’en est plus jamais sortie. J’en suis encore dépitée.

Nous trouverions facilement les adresses des boutiques locales. Nous aurions le choix de faire une recherche par le moteur ou à travers l’annuaire, ce qui nous permettrait d’atteindre des sujets de niche par la logique. C’est ainsi que nous obtiendrions les adresses des magasins qui vendent le produit que nous recherchons et assurent leur réparation. Nous trouverions très simplement des adresses de clubs sportifs, des noms de professeur de guitare ou baby-sitter près de chez nous, des associations dans lesquelles devenir bénévoles, des artisans locaux, le nom et l’adresse des institutions dans lesquelles nous devons faire des démarches. Pour offrir un jouet à mon fils, l’arborescence m’aiderait à affiner ma recherche : proximité géographique du magasin, âge de l’enfant, type de jeu, tranche de prix et autres catégories. Pour une sortie, je chercherais aussi en fonction de la localité puis j’aurais des catégories : profil du groupe concerné – couple, famille, célibataire – date, type de sortie – évènements, ateliers, visite de musée, loisirs payants, balade à thème dans la nature et ainsi de suite.

Techniquement, les sites internet seraient complétés de balises renseignées par les spécialistes de tri humain comme, amabilité des interlocuteurs ou commerçants, réactivité, adresse physique, qualité du conseil, décor et environnement, parité homme-femme, représentativité des minorités au sein de l’entité, ambiance et autres critères, adaptés à l’activité présentée sur le site, note clients de 1 à 5, note Bo de 1 à 5 des entreprises avec détails sur l’obtention de la note consultable sur internet.

Dans Byoom, un petit site très percutant sur un domaine dans une aire géographique donnée apparaitrait dans les premiers résultats de recherche. Actuellement, les moteurs de recherche favorisent les sites internet les plus grands, les plus riches, les plus forts et les plus visités. Le référencement d’un site resterait plus stable et moins fragile face à un changement d’algorithme. Dans l’annuaire nous aurions des catégories qui regroupent les sites de même type, par exemple, chanteurs, cordonniers, CV classés, tout pour le vélo, industrie chimique, tout.

Toute notre organisation marchande actuelle évoluerait elle aussi.
Grâce à l’usage de Bboom, nos commerces de centre-ville seraient très dynamiques, proposant des produits locaux à la vente directe, devenant des vitrines pour tous les produits importés ou venant de loin. « Au petit paradis » un commerce de vêtements aurait ainsi un seul exemplaire de pantalon par taille, chaque taille avec une couleur différente pour que ses clients puissent voir et essayer puis pour acheter, sur place, ils passeraient la commande, via Bboom, directement à la marque Beefree et seraient livrés à domicile ou dans un centre de livraison proche de chez eux et ouvert 24/7 qui fonctionnerait comme des consignes avec accès par code personnel et unique. En commandant sur Byoom, nous serions assurés de la provenance officielle du produit en toute authenticité. Seul le fabricant vendrait ses produits via son site.

Les échoppes en ville deviendraient donc des vitrines et des centres d’essayage. Au moment de notre achat, nous pourrions donner notre avis en ligne sur notre expérience dans le magasin. Ainsi les commerçants plus méritants recevraient de meilleures revues en plus grand nombre et les revues deviendraient plus utiles pour choisir nos magasins en fonction de leur cadre, leur amabilité, leur mérite, de la qualité de leurs conseils et de leur service. La boutique profiterait d’une logistique simplifiée, une drastique réduction des stocks et un allégement des inventaires. La boutique serait rémunérée pour son travail de conseil. Certains magasins décideraient d’avoir quelques articles en magasin et les vendre un peu plus cher, ça serait un choix commercial et non plus une contrainte. Les prix des articles et les promotions seraient directement gérés par les fabricants.

Grâce aux échanges électroniques, toutes les transactions seraient tracées de la commande au paiement à la livraison en intégrant dès l’achat en ligne les questions de TVA ou autres éléments financiers. De même, chaque objet transporté serait suivi. Les transporteurs seraient labellisés Bo. Ainsi les cargaisons n’auraient pas besoin d’être systématiquement vérifiées à la douane dès à présent qu’il s’agisse d’un transport Bo. Chaque acteur de l’entreprise serait responsable de s’assurer que le chargement correspond bien à ce qu’il déclare transporter. Lors d’un contrôle aléatoire, s’il s’avérait que le contenu transporté ne corresponde pas à la déclaration, toute l’entreprise serait blâmée, voire interdite. Le recrutement se ferait donc beaucoup plus exigeant pour s’assurer que personne dans la chaîne ne permettra le transport de substances ou objets illicites.

Des algorithmes efficaces d’aide à la décision mailleraient toute la société.
Lorsqu’un marché, un appartement ou une place d’école seraient attribués, ils proposeraient des décisions qui prennent en compte les besoins humains de lien avec des personnes qui nous sont familières autant que les recettes et les coûts ou les conflits d’intérêts potentiels dans leur globalité pour la société. Les algorithmes resteraient des outils et toute décision finale resterait prise par une personne ou un groupe de personnes.

Gouvernances

Dans ce schéma, les entités reprendraient une taille humaine et seraient organisées en un système fédéral dans lequel les gouvernances seraient au service des territoires. Les gouvernances seraient prises en charge par des gens de terrain dont « gouverner » ne serait pas le seul métier. En plus d’être plus ajustée à la population, une telle organisation favoriserait la diversité et le débat constructif et serait plus adaptée aux cultures et environnements locaux. Les gouvernances fonctionneraient avec cet esprit de progression individuelle sur un socle de coopération.

Rôle.
Le rôle principal des gouvernances serait d’avoir une vue globale, favoriser les collaborations et protéger ceux qu’elles représentent. Chaque entité reliée à cette structure mondiale serait reconnue par le label Bo. Les gouvernances territoriales, nationales et internationales valideraient les décisions prises par les territoires ou les Etats répondant aux exigences Bo et pourraient légiférer certains aspects pour accélérer une évolution des pratiques et une protection des individus et de la planète.
Les gouvernances donneraient des impulsions, fédéreraient les initiatives et les énergies, favoriseraient les synergies, protégeraient les territoires, les citoyens et la planète, réguleraient les pratiques, faciliteraient les échanges, optimiseraient les efforts pour maintenir la paix et assureraient la cohérence éthique, économiquement pérenne, équitable et humaine de l’ensemble. Les gouvernances seraient également en charge de la vérification des comptes.

Personne ne s’installe pas au sommet d’une montagne, chacun y passe.
Le jour où j’ai atteint le sommet du Kilimandjaro en Tanzanie, j’ai compris que les sommets ne sont faits que pour passer. Est-ce que ça ne devrait pas être similaire dans la gouvernance de nos sociétés ?
Chaque personne est toujours influencée par ses croyances, ses rencontres, ses conseillers et ses tréfonds intimes. Pour favoriser des gouvernances qui servent le bien commun, il semblerait donc nécessaire de pondérer le poids d’une personne isolée pour diriger. De plus, un seul homme ne peut clairement pas maîtriser tous les sujets d’une structure qui représente un grand nombre d’êtres humains.

Représentativité.
Les gouvernances seraient composées de plusieurs personnes dont les genres, les origines ou les vies seraient représentatives des communautés réelles. Selon la taille de l’organisation représentée, les gouvernances pourraient être duales ou collégiales pour permettre un dialogue et une prise de recul avant chaque décision importante. Dans une gouvernance duale, avec un homme et une femme, complémentaires, équilibreraient les qualités combatives et les qualités tendres. Selon la structure d’une entité, sa gouvernance serait élue ou nommée. Les votes ou les nominations se feraient de concert avec les pairs du futur responsable, issus du domaine ou d’autres horizons, et les personnes qui seraient sous sa protection.

Ces gouvernants n’auraient cependant pas droit de décision sur tous les sujets. Pour les sujets techniques par exemple, les représentants principaux seraient les gens de terrain pour dialoguer et prendre les décisions avec leurs pairs. Les gouvernances macro seraient parfois présentes à titre consultatif pour apporter la vision globale si nécessaire.

Les décisions seraient souvent prises de façon collégiale.
L’objectif des décideurs aux avis divergents serait d’être capable de trouver ensemble la solution qui semble la plus juste pour le bien commun, pour favoriser l’ensemble des individus concernés en respectant ceux de la planète. Plus la gouvernance représenterait de personnes, plus les décisions seraient prises de façon collégiale.
Les décisions prises au niveau local seraient favorisées pour les sujets locaux. Un conseil de territoires accepterait et validerait les choix locaux pour permettre une collaboration avec des pratiques équitables entre les territoires.
Tandis que chaque territoire, chaque Etat connaîtrait parfaitement son tissu local et proposerait ou validerait des orientations environnemento-socio-économiques prioritaires à développer ou des causes à financer à son niveau, ils seraient tous reliés par une entité faitière au niveau régional puis international.
Nous mettrions en place des garde-fous sérieux pour s’assurer qu’une gouvernance supra-territoriale reste représentative de tous ceux qu’elle représente et ne puisse devenir l’outil de pouvoir d’un seul homme ou un seul territoire.

Le vrai pouvoir de décision et de pression s’appuie sur le pouvoir économique.
Les richesses seraient donc mieux réparties entre nations et entre citoyens. Pour fonctionner efficacement, non seulement les gouvernances de territoires s’assureraient un revenu, mais les gouvernances faitières pourraient également être responsables de leurs centres de profit.

Certaines industries pourraient être dirigées au niveau national, régional ou international, pour créer du revenu et apporter un pouvoir économique à chaque niveau de gouvernance. Dans ce cas-là, il existerait des garde-fous efficaces pour assurer que la gouvernance soit reconnue par les peuples et représentative, au service des nations et des citoyens. Par exemple, l’industrie de la grosse construction pourrait être conduite au niveau national, l’industrie pharmaceutique ou les moyens de transport collectifs au niveau local, national ou régional comme l’Europe selon les connections dont elle s’occuperait. Les appareils connectés informatiques pourraient être gérés à un niveau interrégional, association d’une région développée et une région en développement par exemple.

La gouvernance mondiale pourrait diriger les industries à portée mondiale : ressources et matières premières issues de la planète comme métal, minerais ou énergies fossiles, qu’elle remplacerait peu à peu par des ressources renouvelables, ou une part de l’aérospatial. Ces gouvernances supra-territoriales pourraient aussi être en partie financées par l’impôt sur les gouvernances plus locales qui marqueraient concrètement leur volonté de participer à la construction de ce monde de paix et d’équité.

Jamais un poste ne pourrait être attribué à vie.
Comme dans le corps humain, à tous les niveaux de gouvernance, certains membres seraient présents sur des périodes plus ou moins longues. Avec le développement économique des régions pauvres jusqu’ici, la gouvernance mondiale soutiendrait des choix de gouvernances nationales respectueuse des peuples pour leur assurer le droit à disposer d’eux-mêmes. Elle encouragerait le développement des démocraties pour évincer les leaders despotiques et autoritaires. De nouvelles idées émergeraient pour éviter que des dirigeants démocratiques se trouvent sur un siège éjectable en fonction du réseau qu’ils soutiennent. Des points de contrôle seraient mis en place pour éviter les dérives actuelles qui permettent à un réseau, par le lobbying, les menaces ou les scandales, d’infléchir sur les décisions des gouvernants qui n’ont souvent plus de marge de manœuvre réelle pour voter en leur âme et conscience.

Dans cette organisation, l’ensemble de la collectivité déciderait de conserver ou non ses chefs selon qu’elle reconnaîtrait leur valeur ajoutée et la qualité de leur vision à long terme.

Les affaires seraient réparties en fonction de leur impact local, national ou international.

Les sujets à portée mondiale tels que le respect de la dignité humaine et des droits de l’homme, l’exploration spatiale, les infrastructures de communication et télécommunication internationale, le réchauffement climatique ou les océans seraient toujours traités par les territoires à leur niveau, par différentes régions pour garder la stimulation d’équipes aux approches différentes mais sur un socle de collaboration car il s’agit de sujets universels et protégés par la gouvernance mondiale.

Les infrastructures économiques et techniques appartiendraient aux territoires, régions ou au monde.
Les gouvernances pourraient valider les développements en accord aux exigences Bo, à leur niveau. Les spécialistes de la branche seraient responsables de l’exploitation des ports, aéroports, réseaux ferroviaires et routiers et autres infrastructures mais aucun territoire ou Etat ne pourrait bloquer ou monétiser pour son propre compte une voie de communication ou de télécommunication validée pour le trafic international.

Schéma.
J’aurais pu tenter de réaliser un schéma, ou plutôt une représentation en 3D et en couleurs, pour permettre de visualiser ce modèle, mais ce modèle n’existe pas encore, il a besoin d’être discuté et construit. De plus, un schéma hâtif en 2D aurait la noble volonté de l’exposer simplement, mais la triste conséquence de le réduire alors qu’il n’est pas encore né. Dans notre organisation actuelle, nous constatons déjà les douloureuses conséquences d’un schéma simpliste à dessiner facilement sur un tableau ou une feuille de papier. Il rassure mais il est si limitant par rapport à la complexité de nos interactions qu’il crée une société inadaptée à nos besoins humains et vivants et nous emmène vers l’injustice et le chaos.

Echelle locale

Voici un pêlemêle de mes idées, elles sont à éliminer, faire évoluer ou prendre en compte… à vous de choisir… quelles seraient vos idées? Ce monde rechercherait la transparence pour soutenir l’éthique. Nos sociétés valoriseraient l’honnêteté et le courage du juste, par exemple, les lanceurs d’alerte seraient protégés, accompagnés et valorisés.

Nous favoriserions la mixité intergénérationnelle[i], interculturelle et interreligieuse.

Des tiers-lieux permettraient aux citoyens de se côtoyer plus naturellement dans leurs quartiers et de se sentir membres connus dans leur communauté locale. Ces groupes de voisinage seraient représentatifs de la vie dans toutes ces étapes avec des enfants, des jeunes, des étudiants, des travailleurs, des parents au foyers, des handicapés, des malades, des personnes aidantes ou des personnes âgées. Tous les parents qui le souhaiteraient pourraient participer à des groupes de formation et de parole sur la parentalité.

L’école nous apprendrait à devenir conscient et à penser plus globalement.
Nous enseignerions notamment la philosophie dès un très jeune âge. Les enfants apprendraient à apprendre. En plus de lire, écrire et compter, ils apprendraient également des compétences pour faire face à la vie concrète : investir et gérer ses finances, comprendre le monde professionnel et ses interactions, connaître les autres. L’art et le dessin apprendrait à observer, rêver et ressentir. Les repas scolaires et le sport apprendraient à se sentir responsable de sa bonne santé physique et du bon fonctionnement de son cerveau. Les mathématiques et les sciences apprendraient la logique, l’analyse et la synthèse. La langue apprendrait à réfléchir, débattre, argumenter et revenir aux faits. Les travaux manuels, à trouver des solutions qui fonctionnent dans la réalité. Le contact avec la nature à rester humain et se recentrer sur l’essentiel. Les techniques de communication, à gérer ses relations et ses émotions. Humour, méditation et gratitude seraient également enseignés pour donner un sens et un liant à l’ensemble et rappeler que nous sommes des êtres vivants.
Les enfants apprendraient à comprendre comment ils fonctionnent pour développer leurs compétences personnelles.

Apprendre par le jeu et l’exploration serait la normalité pour les plus jeunes.
Il existerait un tronc commun de connaissances et compétences à acquérir qui seraient évaluées, mais les contenus détaillés seraient adaptés au territoire. Les écoles auraient des objectifs de résultats mais choisiraient leurs méthodes. Les activités manuelles, musicales, artistiques, sportives ou jeux de société seraient intégrés dans les processus d’apprentissage avec des objectifs pédagogiques clairs comme apprendre à créer des règles, fonctionner en équipe, gérer la frustration, se dépasser et s’ancrer dans des valeurs humaines.

Apprendre à utiliser son cerveau.
A l’école, tous les enfants apprendraient comment fonctionne leur cerveau. Comment les émotions, générées par les hormones, les aident à apprendre ou au contraire, les bloquent. Ils apprendraient comment faire fonctionner leur cerveau pour le meilleur, comment transformer une expérience négative et bloquante en un souvenir positif et émotionnellement positif pour avancer avec enthousiasme dans leurs apprentissages. Evidemment, les enseignants auraient appris touts ces techniques, et auraient appris que tout individu apprends mieux lorsqu’il est bourré d’ocytocine et de dopamine, hormones créées par le lien affectif et la gratification. Ainsi, la vieille école qui dit qu’il faut être strict, intransigeant, dur et donner des mauvais points disparaitrait. La gratification est liée aussi à la satisfaction de réussir, aider les élèves ne serait donc en rien une question d’être « gentil et hyper flexible ». Chaque enseignant trouverait son style, mais ce qui est sûr, c’est que le sentiment qui guiderait les enseignants serait l’empathie, l’envie de faire progresser les élèves, et les profs apprendraient à revenir à ce noble sentiment après des scènes traumatisantes avec des enfants qu’ils n’auraient pas réussi à gérer. En bref, nous connaissons aujourd’hui ce qui motive notre cerveau à agir, nous savons dans quelles situations le cerveau humain apprend le mieux, nous savons comment remplacer un souvenir négatif par une image positive et énergétisante… et toutes ces connaissances seraient enseignées à l’école, à chaque enfant.

Donner confiance en eux aux enfants.
L’objectif serait de permettre aux enfants de développer leur potentiel et leur intelligence en prenant confiance en eux. Les enfants apprendraient à s’accepter sans jugement dans l’instant présent. Les connaissances sur développement de l’enfant seraient intégrées dans les enseignements. Par exemple, il est aujourd’hui reconnu qu’un prof impliqué affectivement avec ses élèves les motive et augmente leurs résultats[ii].  Les enseignants les plus recherchés par les parents puis par les étudiants obtiendraient un bonus de fin d’année.

L’instruction à tous les niveaux serait gratuite ou aurait un coût symbolique.
Les étudiants méritants seraient admis dans l’enseignement supérieur sans critère financier. Seraient-ils accompagnés par la collectivité pour faire un prêt qui les engage assez pour prendre leurs études au sérieux mais pas trop pour ne pas leur mettre une corde au cou à l’obtention de leur diplôme ? Seraient-ils parrainés par des anciens élèves ? Les territoires qui formeraient et ceux qui embaucheraient les jeunes auraient des accords pour équilibrer les frais de formation avec équité.

Religions.
Les religions et philosophies de vie apprendraient à leurs brebis à vivre l’amour humain dans le respect et la dignité, comme première pierre à l’accès à l’amour divin.

Justice.
La justice serait basée sur l’éthique avec l’objectif de permettre aux êtres humains de vivre dignement plutôt que sur la morale qui juge ce qui est bien ou mal. Ainsi, plutôt que de trancher pour savoir si le mariage homosexuel, l’avortement, la gestation pour autrui, les enfants nés par insémination artificielle sont bien ou mal, possibles ou non, la justice admettrait que ces pratiques existent car elles répondent aux besoins de certains individus et elle légifèrerait pour encadrer ces évènements et protéger ces individus en leur permettant d’avoir une vie digne dans leurs choix. Dans l’éthique existe aussi le refus de certaines pratiques comme, par exemple, l’interdiction de fabriquer des clones humains pour faire tourner une usine.

Découvertes dans l’univers.
Toute découverte dans l’univers ne pourrait en aucun cas devenir la propriété d’un territoire terrestre. L’humanité pourrait s’intégrer à sa manière dans un territoire extra-terrestre exploré mais elle arrêterait de se positionner en conquérant tout puissant qui exploite tout et toute ressource jusqu’à la folie déséquilibrée qu’elle a atteint sur notre Terre en 2021.

Des groupes officiels prendraient en charge les personnes addictes et leurs réseaux fournisseurs.
Plutôt que de laisser les réseaux criminels se développer pour répondre aux besoins addictifs des gens, des groupes officiels fourniraient eux-mêmes ces malheureux : drogue et prostitution en particulier.
Grâce à cette mesure, ils pourraient aider les personnes dépendantes à sortir de leur addiction. La prostitution pourrait-elle disparaître ? On dit que c’est le plus vieux métier du monde. Sans idéologie, mais ancré dans le respect de la dignité humaine, pensons-nous au sort de ces femmes ou hommes qui sont utilisés comme des outils ? Evidemment, nos sociétés ne pourront jamais accepter la pédophilie qui nuit gravement au développement de l’enfant. En revanche, en gérant nous-mêmes la prostitution, pourrions-nous permettre à ces personnes de travailler dans des conditions sanitaires et psychologiques dignes ? Pourrions-nous les aider à s’orienter vers un métier plus gratifiant ? A partir du moment où nos sociétés s’accepteraient avec leurs limites en prenant en charge leur côté sombre, avec le label B°, réduirions-nous la nuisance des réseaux criminels ? Ne cherchons pas la polémique ou la bien-pensance, essayons de proposer des solutions pour permettre à une triste réalité humaine d’être mieux encadrée pour la dignité des victimes.

Les prestations de services sociétaux seraient mutualisées et optimisées.
Nous mettrions en place un fonctionnement qui évite la gratuité systématique qui rend les gens irresponsables et le trop payant qui exclut les populations défavorisées. Chaque individu épargnerait-il pour sa retraite et pour le chômage avec des obligations légales d’un minimum à verser ? « Un régime universel de santé est un moyen efficace et rentable de fournir à la population un système d’assurance-maladie de qualité » nous dit Barack Obama. Le régime de santé universel permettrait-il à chacun de se soigner en engageant des frais symboliques avec connaissance du vrai coût engendré, en fonction de l’acte ? Les soins recommandés mais non indispensables auraient-ils des tarifs forfaitaires ?
Les gens prendraient des assurances santé mutualistes en choisissant leurs options, des assurances « confort + » permettraient à ceux qui le souhaitent d’accéder à des conditions matérielles privilégiées pour leurs séjours médicaux. Le but serait de rendre les gens responsables de leurs propres dépenses de santé avec un accès aux soins égalitaire mais sans redondances inutiles et sans gâchis. Les honoraires des médecins et personnels de santé seraient balisés mais une collectivité pourrait accepter des dépassements d’honoraires pour un médecin qu’elle voudrait absolument garder sur son territoire.

Un revenu universel permettrait d’éradiquer la pauvreté.
De nombreux économistes expliquent que nous sommes capables d’éradiquer la pauvreté. Dans son livre « Utopies Réalistes », Rutger Bregman envisage un monde qui éradique la pauvreté et crée un revenu universel. Il simplifierait grandement des tonnes de paperasses, permettrait aux individus de grandir en dignité et à nos sociétés d’éradiquer la grande pauvreté insupportable de nos pairs. Adieu la complexité administrative et la violence psychologique pour prouver que nous sommes en incapacité de subvenir à nos besoins, pour savoir si nous avons droit ou non à un logement, une indemnité ou une compensation : chaque individu, sans critère d’âge, de statut marital et familial, de santé, de fortune recevrait un revenu qui lui assure le minimum pour vivre dignement : toit, alimentation, santé, éducation. Ce minimum donnerait aux personnes l’accès à leurs capacités et l’énergie de les déployer.

Les revenus de l’activité économique seraient mieux répartis.
Ils privilégieraient les revenus du travail aux revenus des capitaux et prendraient en compte les citoyens les plus vulnérables. Les revenus d’une activité seraient répartis plus équitablement, chaque travailleur gagnerait plus et pourrait, lui-même, participer financièrement à la vie en société. Dans le sport par exemple, tous les joueurs professionnels et coachs recevraient des salaires plus équilibrés les uns par rapport aux autres. Dans le monde de la culture, tous les intervenants recevraient également un salaire qui met en valeur leur créativité ou leur technicité et leur permet de vivre confortablement, en relation avec leur implication et leur valeur ajoutée et sans précarité de l’emploi. Nous chercherions l’optimisation du travail en apportant assez de sécurité aux travailleurs. Nous gagnerions plus, la vie nous coûterait apparemment plus cher, nous ne deviendrions peut-être pas plus riches, mais nous serions plus fiers et responsables. Toute personne qui travaille à plein temps serait assurée d’avoir une vie digne.

Le montant des rémunérations pourrait être validé par les salariés et les pairs d’un travailleur ou d’un manager.
Des grilles de salaires seraient-elles suggérées ? La rémunération serait-elle, pour tous, la combinaison d’un salaire fixe + importante prime au résultat de l’équipe + bonus personnel et/ou actionnariat ? Pourrait-elle prendre en compte la valeur ajoutée par le travailleur, sa capacité d’innovation, ses responsabilités, le risque qu’il fait prendre à l’entreprise en fonction de la qualité de son travail, par exemple un agent de maintenance pourrait voir sa rémunération varier en fonction du nombre d’arrêts machines ? Les primes et les bonus n’auraient pas la fonction de valider l’atteinte d’objectifs stressants comme une épée de Damoclès mais de valoriser et de reconnaître le travail accompli avec implication, collaboration, justesse et résultat. La liste des rémunérations serait-elle publique ? Des territoires et leurs citoyens accepteraient-ils d’offrir des salaires énormes aux meilleurs pour les garder ?

Alliances concrètes entre riches et défavorisés.
Des alliances pragmatiques relieraient les territoires défavorisés aux territoires riches pour optimiser le développement équitable. Les Etats et territoires d’une nation seraient intégrés à des alliances Bo qui associent des territoires développés et des territoires en développement ou des réserves naturelles. Les plus riches investiraient, pas uniquement des capitaux, mais avec une alliance concrète, dans les structures humaines et économiques du territoire à développer pour lui permettre de devenir peu à peu autonome dans le respect de sa propre culture.

Sommes-nous prêts à nous focaliser sur ce que nous avons à gagner dans le changement plutôt que de rester paralysés dans la peur de ce que nous avons à perdre ?
Si l’Histoire de l’Humanité est ramenée à une année, Homo Sapiens a pointé son nez le 31 Décembre à 23h54 et l’ère industrielle a vécu une seconde en créant de belles avancées techniques tout en dégradant notre planète. Voulons-nous trouver un modèle plus pérenne et plus humain ? Liang m’a souvent dit « La non-décision est une décision que tu payes souvent deux fois plus cher après. » Voulons-nous prendre une décision claire dès maintenant ?

[i] La solidarité intergénérationnelle sur le terrain – Pourquoi ? Avec qui ? Comment ? – Dominique Thierry – Editions-harmattan.fr  -2019
[ii] Quand les profs aiment les élèves – Mael Virat – Éditions Odile Jacob – 2019

Echelle mondiale

Aujourd’hui, cherchons-nous à pousser l’instauration de démocraties dans tous les pays ? Est-ce la bonne solution pour un développement économique durable et palpable pour les citoyens ?

La bonne santé économique pour favoriser la liberté et la responsabilité d’expression.
Notre système serait basé sur des alliances de collaboration pragmatiques entre régions riches et régions en développement d’un pays ou du monde. Les territoires riches apporteraient leurs connaissances et leur soutien et offriraient soutiendrait l’accès à l’éducation supérieure aux élèves les plus prometteurs des territoires en développement avec lesquels ils sont liés et favoriseraient les échanges commerciaux et des travailleurs en les formant avant qu’ils retournent développer leur territoire d’origine.
Notre premier objectif serait d’éradiquer la pauvreté et la surnatalité pour éduquer les enfants et réduire la violence, dans l’objectif de stopper les conflits armés et respecter les droits de l’homme partout dans le monde. Toutes les opinions seraient de nouveau autorisées, toutes les religions seraient respectées, exprimées dans le respect de l’autre. Le monde serait organisé de telle sorte que les gens moteurs par leur intelligence, leur créativité ou leur force d’action restent répartis sur l’ensemble des territoires.

Débat démocratique.
Les démocraties, conscientes de l’importance du dialogue contradictoire, financeraient tout collectif, quelles que soient ses opinions, mêmes extrêmes. Ainsi, la démocratie pourrait canaliser les groupes, labellisés B°, pour que la diffusion de leur message reste démocratique : soutien de la liberté de chaque individu et respect de la dignité humaine. Refus de la violence et de l’incitation à la haine.

Appartenance.
Regardons notre modèle social de base, la famille. Pouvons-nous le transposer en un modèle qui s’adapte à l’échelle d’un territoire ? Chaque membre du territoire, au-delà de ses réseaux d’appartenance transversaux, pourrait-il se sentir membre d’une communauté territoriale ? Chaque individu pourrait-il se sentir investi dans une compétition sur un socle de coopération pour un territoire, solidaire et protégé, comme un membre d’une famille.
Dans une famille classique équilibrée, soit un parent gagne de l’argent et l’autre s’occupe du foyer et des enfants, soit les deux génèrent du revenu et se partagent les responsabilités et les dépenses. Le budget est unique et commun ou séparé en concertation. Le parent au foyer ne demande pas un budget ponctionné sur la fortune de l’autre, la fortune appartient à la famille et si le père, selon le modèle le plus répandu à l’heure actuelle, assure les recettes, la mère gère l’éducation, la santé, l’alimentation et l’organisation familiale. Les dépenses sont partagées. De même, dans une entreprise, certaines fonctions génèrent les recettes, d’autres représentent des coûts. Pour payer les factures, les services concernés utilisent la trésorerie de l’entreprise.
Aujourd’hui, une économie a deux vitesses se développe : les riches ont accès à un logement, une éducation, une alimentation et des soins de santé de qualité et souvent chers et les autres, largement plus nombreux, doivent se débrouiller dans un environnement défavorable. Dans notre société, les recettes appartiennent au monde économique, alors que les coûts de santé, protection, éducation ou justice appartiennent aux Etats qui font appel à l’impôt pour recevoir des recettes. C’est comme si le service comptabilité devait demander un budget au service commercial pour payer les factures de l’entreprise.

De vraies opportunités offertes à chaque individu.
Inspiré de la gestion d’une famille ou d’une entreprise, un territoire, conduit comme partie d’une nation, partie d’une région, partie du monde, recevrait lui-même les recettes et gèrerait lui-même les coûts pour établir le plus d’équité possible entre les différents citoyens et offrir à chacun de vraies chances de pouvoir réellement choisir la vie qu’il souhaite? En plus de permettre une distribution plus équitable de la richesse mondiale, nationale ou territoriale, un tel système rendrait le monde plus agréable à vivre pour tous.

Dans cette structure, la séparation d’un secteur privé et d’un service public disparaitrait.
Notre organisation sociétale peut progresser. Il existerait le monde dans lequel les gens vivent et travaillent. Un territoire génèrerait des recettes, paierait ses factures et mettrait en place des stratégies pour équilibrer son budget. Quand je suis chez moi, tout me semble propre, puis le jour où je reçois un visiteur, soudain, je vois tout ce que je dois nettoyer, mes yeux voient ce à quoi ils s’étaient habitués. C’est l’impression que j’ai en regardant notre société, celle de m’être habituée au capitalisme libéral actuel : je le considérais comme fatalement la moins mauvaise solution, la pandémie m’a fait prendre conscience à quel point il génère des inégalités et abîme la planète et j’envisage soudain un autre modèle.
Dans ce système fédéral, chaque nation, selon sa taille, serait subdivisée en plusieurs territoires. Les décisions seraient prises au niveau des entreprises, associations et organisations locales des territoires et non plus par des têtes pensantes, qui, par leur position, ne peuvent prendre en compte la réalité multiple de la vie réelle des gens dans des environnements très diversifiés.

La société pourrait-elle être gérée avec de grands centres de profit ?
Je propose des idées, qu’en pensez-vous? A éliminer, faire évoluer, compléter… ?
Nous considérerions alors les recettes et les coûts liés à toute une chaîne d’activité interdépendantes de façon plus globale dans une économie solidaire systémique. Dans cette organisation, la santé de la planète serait un sujet transversal qui concerne absolument toutes les filières. Voici quelques idées destinées à ouvrir la réflexion.
Structures humaines. Elles seraient les remplaçantes des ressources humaines de nos entreprises, nous considérerions le nombre des naissances, la jeunesse, l’éducation, la formation en adéquation au marché du travail, l’emploi, l’impact économique et social du rythme de vie, la vie sociale solidaire et l’impact de l’interdépendance entre vie familiale et vie professionnelle sur les enfants et la santé, les taux de criminalité, l’intégration des malades, handicapés et des personnes âgées ou la prise en considération des différences culturelles pour favoriser la diversité dans une unité territoriale qui dépasse les clivages communautaires. Et d’autres sujets encore. Elles seraient garantes de la sphère culture & croyances du territoire. Elle détiendrait les grands médias qui sont facteurs majeurs d’influence de nos pensées et visions de la société.

Service santé. Il veillerait à un équilibre équitable entre les recettes et les coûts liés à la santé en s’assurant que chaque citoyen ait accès à un niveau de soin minimum digne. Le droit à la santé serait considéré comme un droit inaliénable pour tous. Il serait en charge de s’intéresser aux facteurs collatéraux majeurs d’impact sur la santé des personnes, sommeil, stress, maladies, accidents, alimentation, sport, gestion des émotions ou addictions par exemple. Ce service serait garant de s’intéresser à toutes les causes qui ont un effet sur la santé des êtres humains, incluant l’environnement naturel et construit, pour restreindre ou interdire les pratiques négatives et permettre le développement de nouvelles solutions dans tous les secteurs de la société.

Service juridique. Il aiderait les entreprises et organisations dans leurs démarches, défendrait ses citoyens et ses entreprises, ses organisations et son écosystème naturel dans des conflits internes au territoire ou impliquant d’autres territoires. Il aurait la vue globale sur les désordres sociétaux et dirigerait des campagnes de prévention et d’éducation pour réduire la violence et la criminalité. Il légifèrerait sur les questions locales, à partir de pratiques souvent existantes ou émergentes, et collaboreraient avec les autres territoires pour les lois nationales ou internationales. Il organiserait les forces de l’ordre, la défense et la justice. Les polices d’assurances, les clauses que l’on signe pour l’utilisation d’un site internet ou un objet seraient faciles à comprendre, destinées à nous informer et nous aider à un faire un choix éclairé en adéquation avec nos moyens et nos besoins. Le but du droit serait de protéger organisations et personnes pour la paix et l’équité sur l’ensemble du territoire.

Service qualité. Il veillerait au développement de l’économie solidaire systémique du territoire incluant les équilibres de nos écosystèmes naturels. Il serait garant du pôle de recherche fondamentale et appliquée tous secteurs confondus. En mutualisant la recherche, les différentes filières pourraient profiter davantage des découvertes pour en trouver des applications comme des technologies plus propres, plus saines, plus rentables et pourraient se développer plus rapidement. Des royalties seraient versées aux équipes dont les découvertes sont utilisées. La recherche deviendrait alors un centre de profit rentable.

Production. Elle serait garante de l’adéquation entre les besoins du territoire et ses moyens de production pour aider à ajuster l’offre à la demande en proposant ce qui devrait être produit sur place, importé ou exporté. Il serait garant d’ajuster l’offre logistique à la demande dans le respect de nos écosystèmes naturels. Il serait également en charge de veiller à ce que l’activité économique respecte la biodiversité, la qualité des eaux, des mers, de l’air et des sols.

Marketing et communication. Ils seraient en charge de bien connaître les demandes des citoyens, associations et entreprises du territoire, et d’engager des campagnes d’information.

Service technique. Il aurait la vue d’ensemble de l’aménagement du territoire et du développement immobilier. Il veillerait à la cohérence des règles d’urbanisme qui respectent les besoins sociaux, environnementaux, techniques et culturels des bâtiments locaux dans un paysage territorial et national en restant ouvert à l’innovation et l’avant-gardisme. Il serait responsable de veiller à la mise en œuvre des avancées énergétiques et écologiques du bâti.

Service informatique et nouvelles technologies. Il s’occuperait du lien du territoire au réseau international B°. Autoroutes de l’information, internet, moteurs de recherche, grands sites de réseaux sociaux, câbles qui véhiculent les informations, serveurs et serveurs-racines appartiendraient à une unité territoriale, nationale ou régionale, partie indépendante reliée aux autres en un grand réseau international. Il serait garant de l’innovation software et hardware du territoire. Il veillerait à la mise en valeur des acteurs économiques locaux sur internet, soutiendrait la sécurité informatique de tous les acteurs individuels, associatifs et entrepreneuriaux, régulerait les contenus sur internet, s’assurerait que les données collectées sur le profil et l’activité d’une personne, d’une société ou de toute entité leur appartiennent afin qu’ils puissent décider de donner, vendre ou garder leurs données personnelles avec conscience.

Service économique et financier. Il animerait et légifèrerait le réseau des banques, assurances, caisses chômage et retraite, territoriales et autres institutions financières, toutes coopératives ou mutualistes. Ces organismes indépendants locaux seraient membres de réseaux territoriaux, nationaux ou internationaux pour favoriser les synergies.
Pour éviter la spéculation sur le cours des devises, il existerait des monnaies locales, territoriales, et/ou nationales et/ou régionales labellisées Bo et une monnaie internationale pour les échanges internationaux. Aujourd’hui, pour protéger leur économie locale des fluctuations non reliées à l’activité économique réelle, mais à la spéculation, des associations sans but lucratif de l’économie circulaire créent des monnaies complémentaires. En France, les monnaies locales sont reconnues légalement dans la loi Économie Sociale et Solidaire, un rapport de la mission « Monnaies Locales Complémentaires[i] » s’y intéresse déjà en Avril 2015. Ces monnaies sont convertibles en euros et d’un usage légal pour tout adhérent à l’association organisant leur émission et leur circulation. L’usage de cryptomonnaies sécurisées, nominatives et labellisées Bo pourrait permettre de tracer les transactions électroniquement.  Ce service guiderait et conseillerait les acteurs économiques qui veulent s’installer en considérant les besoins du territoire : entrepreneurs, commerçants, artisans, agriculteurs, professions libérales, restaurateurs et autres.

[i] Mission d’étude sur les monnaies locales complémentaires et les systèmes d’échange locaux Economie.gouv.fr – 2015  

Service commercial et vente.
Il démarcherait les prospects au niveau local, national ou international pour vendre les idées et produits d’appellation contrôlée ou uniques à leur territoire pour permettre la récolte des redevances. Il serait responsable de soutenir des entreprises indépendantes reliées en réseaux pour faciliter les alliances avec d’autres territoires régionaux, nationaux ou internationaux pour l’acquisition de matières premières ou produits importés et pour l’exportation, en respectant une économie solidaire systémique, en étroite collaboration avec le service production.  Il serait responsable d’adapter les flux de l’offre à celle de la demande pour éliminer les redondances dans un coin et les déserts dans un autre.

Le territoire s’organiserait également de façon transversale.
Les filières devraient s’assurer un fonctionnement en économie solidaire systémique : tous les acteurs qui génèrent des recettes ou des coûts dans la filière alimentaire seraient interdépendants pour leur budget, incluant l’aménagement du territoire agricole, l’agriculture, l’écologie liée à la production agricole, l’immobilier agricole, les coopératives alimentaires, les transformateurs, la logistique, les distributeurs et le recyclage et les autres.

La filière santé regrouperait l’immobilier santé, les fabricants de matériel médical, les laboratoires et l’industrie pharmaceutique, les cliniques et hôpitaux, les médecins et acteurs de médecine douce et traditionnelle, la logistique, les distributeurs et tous les acteurs de la filière.
Il existerait différentes filières comme énergie, sport, culture, mode, biens de consommation courants, cosmétique et bien-être, transports et d’autres. Dans mon rêve le plus fou, l’industrie de l’armement finirait par disparaître car nous refuserions tout conflit armé.
Nous aurions mis en place un système qui empêche un Etat d’entrer en conflit armé, qui empêche un putsch ou une guérilla. Pour aboutir à cet état de paix, nous réduirions peu à peu nos armements. La filière armement et militaire intégrerait la gestion des réfugiés ainsi que la santé psychologique et physique des êtres humains touchés par les conflits.

Economie de marché, tirée par la demande

Pour une économie qui réponde plus à nos besoins réels, j’ai imaginé une économie de marché tirée par la demande. Aujourd’hui, nous sommes dans une économie de marché tirée par l’offre : les entreprises proposent des produits et s’ils nous intéressent ou si publicité et marketing arrivent à nous convaincre que nous en avons besoin, nous les achetons. En remettant la pyramide à l’endroit, posée sur une large base qui s’exprime plutôt que sur un étroit sommet décisionnaire, nous pourrions créer une économie de marché tirée par la demande : les marchés formuleraient leurs besoins, avec l’aide de visionnaires, créatifs, scientifiques, ingénieurs ou artistes et entrepreneurs pour développer de nouveaux produits qui satisfont de réels besoins identifiés dans la population des territoires. Les territoires choisiraient leur production dans le cadre d’une économie éthique, durable, circulaire, solidaire et responsable. Je ne m’y connais pas particulièrement en économie, c’est la réflexion d’une mère de famille avec une vie professionnelle dans divers univers. Plutôt que de jouer avec des concepts, voici un exemple imaginaire.

Exemple de marque imaginaire.
Nous sommes tous rassurés par le nom d’une marque que nous connaissons car nous le relions à la qualité, à des valeurs, à l’évasion ou à l’innovation par exemple. Imaginons une marque de biscuits Kissyu, adorée par petits et grands, réputée dans le monde entier. La recette de ces biscuits a été inventée par Mme Yummy qui a créé de nombreuses autres recettes, toutes destinées à être fabriquées par des artisans. Mme Yummy veut participer à l’avènement d’un monde qui respecte nos écosystèmes humains et naturels et fixe des exigences d’éthique et de qualité parmi lesquels : commerce équitable, circuits courts si possible, agriculture biologique ou raisonnée, recyclage des produits et emballages, responsabilité sociétale de l’entreprise incluant une rémunération digne pour tous les acteurs de la filière, qualité nutritionnelle qui respecte la santé des gourmands.
Le territoire α vient d’être démarché par le réseau Yummy. Il a envie de produire ces biscuits car il sait que cela devrait être rentable. Il interroge son marché et les marchés avoisinants pour comprendre si les gens sont intéressés ou non par le produit. Au vu de la réponse positive qu’il reçoit, il décide d’intégrer le réseau. Cela implique qu’il paiera des redevances liées à son chiffre d’affaire au réseau.

Réseau d’indépendants.
Intégrer le réseau, c’est s’engager à respecter les exigences qualité requises dans cette économie solidaire systémique, c’est profiter de la synergie de groupe. Le réseau Yummy est un réseau d’indépendants qui s’engagent à respecter les exigences de la marque. Le territoire va donc faire appel aux artisans de la région pour savoir qui voudrait se lancer dans le projet en créant totalement l’activité ou en transformant ou complétant son activité actuelle.
Pour les matières premières : blé, matière grasse, chocolat, lait, œufs et autres, tout ce qui peut être acquis en circuit court est choisi. Le territoire, parfois associé à d’autres territoires a créé des coopératives qui collectent les céréales, le lait, les œufs et tous autres produits locaux. Ces coopératives indépendantes sont reliées en réseau pour permettre les synergies et les échanges de pratiques.
Pour le chocolat, le territoire, associé à quelques autres territoires, possède sa propre filière cacao.
Pour les emballages, le territoire a également une filière d’emballages biodégradables ou recyclés et fait appel à ses partenaires locaux.

Pour la communication et la promotion de la marque, le réseau propose des idées à mettre en avant. Les premières idées viennent des proches collaborateurs de Mme Yummy. Ensuite, c’est souvent les idées locales qui sont redéployées. La promotion est orchestrée localement car le territoire ne promeut pas uniquement les biscuits « Kissyu par α » mais les biscuits qui sont sains (comme des biscuits peuvent l’être), rentables et durables pour le territoire. Or le territoire α a de nombreux artisans en nom propre qui créent un tissu social et professionnel riche et veut promouvoir également le travail de ses meilleurs artisans, élus par les consommateurs. Ce territoire n’a jamais eu un gros budget publicitaire car les produits qui fonctionnent bien sont rentables et les autres sont abandonnés.
Ce territoire dépense plus en recherche et développement. Ses équipes, qui sont en lien constant avec d’autres équipes nationales et internationales pour favoriser l’émergence de nouvelles découvertes, ont d’ailleurs inventé de nombreux produits innovants qui se sont diffusés peu à peu dans d’autres territoires et reçoit des redevances substantielles liées à ces produits. Lorsqu’une personne ou une équipe a découvert un principe ou inventé un produit qui devient rentable, il reçoit à vie une redevance sur les ventes. Pas grand-chose, mais quand le produit devient un hit, ça peut rendre vraiment riche.
Au lancement du produit, le territoire a choisi de faire une campagne promotionnelle « Kissyu par α », il s’est basé pour cela sur une campagne existante dans le réseau, qu’il a adaptée à la culture locale, en revanche, après un an, il a fait une campagne promotionnelle multimarque. Pour ces deux campagnes, c’est l’agence de communication locale Néovi, membre d’un réseau d’agences indépendantes, qui a gagné la campagne. Elle a communiqué ensuite ses idées au réseau qui ont été reprises, elle reçoit maintenant des redevances.

Le territoire a légèrement modifié la recette pour s’adapter aux conditions locales et le réseau a validé cette variation puis l’a diffusée à tous les partenaires. Après six mois, Pascal, l’un des artisans, a proposé une variante un peu moins grasse de la recette. Yummy a de nouveau validé et informé le réseau. Cinq autres territoires ont immédiatement décidé de suivre cette nouvelle recette. Grâce à cette idée, Pascal reçoit maintenant un petit complément de revenu chaque mois lié aux royalties sur les ventes des produits qui adoptent sa recette.

Déontologie et personnalisation.
Quant à Youssef, il adhère depuis cinq ans au réseau de la marque de vêtements Beefree pour fabriquer des vêtements aux exigences de l’économie solidaire systémique. Aujourd’hui, il utilise le coton bio du réseau Beefree. Or, le douflex, un nouveau matériau à base de produits recyclés vient d’être inventé, avec toutes les qualités des textiles coton bio mais plus rentable et produit localement. Il vient donc d’informer le réseau Beefree qu’il cesserait de se fournir de coton bio dans un an et demi, c’est l’engagement minimum requis par la filière, pour le remplacer par le douflex. Youssef est en fin de carrière, ce qu’il adore dans la production d’aujourd’hui, c’est la possibilité de personnalisation de chaque vêtement. Depuis une vingtaine d’années, il s’y est vite habitué, les productions permettent des personnalisations de chaque unité, les pièces de rechanges sont facilement accessibles et permettent également de redonner une nouvelle vie à un objet qui paraissait usé.

Influenceurs.
Les influenceurs seraient des spécialistes formés aux exigences de l’économie solidaire systémique. Ils seraient payés par la collectivité en fonction de la taille de leur communauté liée à leurs avis, la pertinence de leurs conseils et un rapport entre le chiffre d’affaire généré et la qualité Bo des produits vendus, qui respectent une économie systémique solidaire. Plutôt que de promouvoir la marque qui les finance, ils deviendraient plus impartiaux pour mettre en avant les produits qui répondent le mieux aux exigences des consommateurs responsables qui recherchent les nouveautés, ou des produits existants dont ils n’ont pas encore beaucoup entendu parler.

Qu’en pensez-vous, quelles seraient vos idées?

Intelligence collective

L’intelligence collective permet des prises de position qui favorisent le bien commun. Cette fable indienne nous fait intuitivement comprendre les ressorts de l’intelligence collective bien pratiquée.

Chacun détient une part de la vérité. Fable.
Un jour de grand soleil, six aveugles originaires de l’Hindoustan, instruits et curieux, désiraient, pour la première fois, rencontrer un éléphant afin de compléter leur savoir. Le premier s’approcha de l’éléphant et, alors qu’il glissait contre son flanc vaste et robuste, il s’exclama : « Dieu me bénisse, un éléphant est comme un mur ! » Le deuxième, tâtant une défense s’écria « Oh ! Oh ! Rond, lisse et pointu ! Selon moi, l’éléphant ressemble à une lance ! » Le troisième dit : « Pour moi, l’éléphant est comme un serpent ». Et ainsi de suite.
A la fin, les six aveugles discutèrent longtemps et passionnément, tombant chacun dans un excès ou un autre, insistant sur ce qu’il croyait exact. Un sage qui passait par-là les interroge : « Qu’est-ce vous agite tant ? ». Ils expliquent. Le sage répond alors avec un petit sourire : « Vous avez tous dit vrai ! Si chacun de vous décrit l’éléphant si différemment, c’est parce que chacun a touché une partie de l’animal très différente ! L’éléphant à réellement les traits que vous avez tous décrits. » « Ooooooh ! » s’exclama chacun. Et la discussion s’arrêta net. Ils furent tous heureux d’avoir dit la réalité, car chacun détenait une part de vérité.
Cela nous rappelle que notre propre point de vue est toujours limité et partiel face à la réalité globale et donc d’admettre que les autres détiennent, eux aussi, une part de vérité. Cela permet de créer un respect mutuel les uns envers les autres. La vérité n’apparaît donc qu’après une réflexion collective traitée en collaboration et en confiance. Pouvons-nous faire confiance à quelqu’un même si nos points de vue et propositions de solutions sont divergents ? Sur quoi repose notre confiance ? Un crédit sur l’honnêteté de l’autre avec assez de scepticisme pour tenter de discerner toute intention abusive de notre interlocuteur ? Une intention positive et bienveillante acquise au fil de nos interactions ? Le partage d’avis divergents permet de questionner les orientations choisies et d’ajuster leur direction en fonction du mieux-être global de la communauté humaine impactée.

Outils d’intelligence collective.
La publication de Peter Senge, Béatrice Arnaud et Alain Gauthier intitulé « La cinquième discipline, levier des organisations apprenantes[i] » propose des outils concrets pour nous aider à changer le monde grâce à l’intelligence collective. La première publication de cet ouvrage date de 1990 et s’intéresse aux traitements systémiques des hommes et des organisations.
Par sa nature, cet ouvrage montre comment fonctionne l’intelligence collective efficace : des gens, localement, ont rassemblé les recherches de centaines d’autres personnes qui avaient travaillé localement sur le même sujet et ont diffusé l’information dans leurs réseaux et aujourd’hui, je trouve cette information qui va m’aider à approfondir ma vision et à informer d’autres personnes qui pourront l’utiliser localement. L’important dans cet échange n’est pas tant, qui a inventé un concept, qui a écrit un livre, qui a diffusé l’information, quoi que reconnaître les contributions individuelles et collectives est toujours important et valorisant, je remercie donc tous les acteurs de cette chaîne humaine vertueuse qui a permis l’existence de cet écrit. Voici l’élan qu’ils mentionnent.

Magie d’être reliés dans une aventure qui nous dépasse.
Des profils diversifiés dans les équipes permettent d’élargir notre vision du projet par l’addition des idées et les évolutions apportées grâce aux échanges pour observer, analyser et collecter les informations et les idées, les comparer, les trier, en générer de nouvelles et synthétiser.
Le bon fonctionnement repose sur un besoin impérieux de conscience personnelle, pour que nous soyons capables de remettre en cause nos idées géniales avec humilité, afin de trouver les meilleures solutions en adéquation avec le problème global à résoudre.
Une telle organisation nous donne un sentiment d’appartenance à quelque chose de plus grand que nous, nous nous sentons reliés et embarqués dans une aventure qui vient nous chercher au plus profond de nous et qui nous dépasse, avec une vision beaucoup plus globale. Les gens qui ont vécu ce type d’expérience la qualifient souvent comme un moment exceptionnel de leur vie. Nous nous sentons responsables de ce qui nous arrive. Nous changeons d’état d’esprit. Dans l’organisation apprenante, le vrai apprentissage est au cœur de ce qui fait de nous des êtres humains. Nous modifions notre manière de voir et notre rapport au monde et devenons capables de faire ce qui nous semblait impossible avant. Nous entrons dans un processus de génération de la vie et augmentons notre capacité à créer. Quelques-uns de leurs conseils :
– Arrêter de chercher l’ennemi, il n’existe pas.
– Prendre ses décisions avec discernement.
– Penser global et envisager l’avenir sur le long terme.
– Apprendre à ralentir pour mieux constater les évolutions lentes qui sont parfois les pires menaces.
– Elargir la vision de l’expérience individuelle ou collective pour apprendre à gérer une situation en la contextualisant dans son écosystème global.
– Reconnaître ses doutes et son ignorance face aux sujets complexes, embarrassants ou menaçants.

Voulons-nous transformer notre monde et optimiser son fonctionnement ?
Voulons-nous créer des synergies et échanger des informations afin de permettre à notre écosystème mondial de retrouver un équilibre qui nourrisse la vie de tous ?

[i] La cinquième discipline – Peter Senge – Librairie Eyrolles – 2015

Adapter la société à nos besoins individuels et collectifs

Rêvons-nous de grandir et d’agir ensemble avec intelligence et empathie ? Oserions-nous rêver à l’excès en imaginant que mafieux et criminels choisiraient d’utiliser leurs intelligences, énergies et réseaux au service de la vie ? Pourrions-nous imaginer que chaque être humain aurait envie, dans son ascension personnelle, de participer au développement durable et équitable de l’ensemble de l’Humanité ?

Nos modèles sont dysfonctionnels.
Nous avons essayé différents modèles d’organisations sociétales à travers le monde, chaque morceau de la Terre est connu et habité aujourd’hui. La mondialisation est conscientisée et effective. Nous avons expérimenté les démocraties soumises au pouvoir économique, les communismes et les autoritarismes. Nos modèles fonctionnent mal avec des inégalités exacerbées et la restriction des libertés individuelles et collectives. Comment apprendre de nos erreurs ? Pourrions-nous les voir comme une étape ? Serions-nous prêts à envisager un nouveau modèle qui respecte les principes de la vie, dans lequel nous nous enrichissons de nos différences, nous recherchons la paix et la prospérité, nous favorisons la vie des êtres vivants et de la planète ?

Adaptons le système à nos besoins d’humains.
Dans notre mondialisation actuelle, les êtres humains deviennent souvent des dossiers, des prospects, des clients, des consommateurs, des ressources humaines, des statistiques. Nous ne nous intéressons pas assez à nos vies réelles, à nos préoccupations fondamentales, à celles de nos communautés. Nous nous adaptons au monde scolaire, estudiantin et professionnel au lieu d’adapter le monde à nos besoins essentiels et à nos vies.

Retrouver une échelle humaine.
Nous avons besoin de retrouver une échelle humaine dans nos organisations pour remettre des têtes, des familles et des vies sur nos chiffres. Pour cela, j’ai évoqué les territoires, je me réfère au principe du vivant qui dit que la vie a besoin d’un dedans et d’un dehors pour permettre des échanges clairs. Si notre organisation mondiale actuelle des territoires n’est pas encore solide, car très récente dans l’Histoire de l’Humanité, voulons-nous la stabiliser pour soutenir la paix dans le monde ?

Des frontières pour la paix.
Le monde comprend 203 pays en 2021, dont la plupart existent depuis moins de deux siècles. La formation de ces pays a permis de structurer la gouvernance de l’ensemble des terres de notre planète. Désormais, chaque individu se reconnaît d’une nationalité déterminée. Malheureusement, certaines frontières sont sources de conflit, avec usage de la violence et des armes plutôt que dans le respect incarné des personnes et des familles, par l’usage de la diplomatie, avec empathie pour les êtres humains.

Zones de responsabilité et de protection. Ces frontières permettent jusqu’à présent de créer des territoires dans lesquels les citoyens sont censés se sentir en sécurité et unis par une nation qui les protège, une nation souveraine censée être responsable du bien-être de ses ressortissants en préservant et stimulant la culture du pays. Quand les besoins primaires sont satisfaits, les gens se sentent bien chez eux, ils ne sont pas nombreux à avoir envie de vivre ailleurs, de façon provisoire ou définitive.
Voulons-nous créer des zones dans lesquelles nous nous sentons responsables et protégés par nos valeurs et nos actions communes ? Voulons-nous tendre vers un développement économique solidaire systémique durable et en finir avec les conflits de communautés antagonistes qui n’existaient pas il y a deux siècles ? Voulons-nous nous gouverner et stopper les révoltes communautaristes qui nous avilissent et détruisent nos humanités individuelles et collectives ?

Richesse de la diversité. Voulons-nous encourager la diversité dans sa richesse comme source de vitalité et d’innovation ? Une organisation en régions locales, nationales, régionales ou internationales ne peut être utile qu’à partir du moment où elle s’attache à la protection des citoyens et de la planète. Une structure, uniquement destinée à diriger et uniformiser notre monde comme un empire, conduit par quelques têtes pensantes, n’est dans l’intérêt d’aucun peuple. Comment pouvons-nous organiser le monde pour favoriser les échanges et les innovations tout en préservant les individus et en refusant les gouvernances pyramidales hiérarchisées et centralisées ?

Economie systémique solidaire.
L’ensemble de mes idées soutient ce que j’ai appelé une économie systémique solidaire qui prend en considération le développement de nos pays dans un système global économique et sociétal pour la croissance équitable des nations et des citoyens sur l’ensemble du globe. Elle regroupe toutes les notions d’économie sociale et solidaire, durable, verte, symbiotique, circulaire et tous les adjectifs proposés pour une économie au service de la dignité et de la vie de l’ensemble des êtres humains.

Collaboration des pays. Les pays collaboreraient pour réduire les écarts entre les plus riches et les plus pauvres en soutenant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ils s’organiseraient pour permettre d’élever le niveau d’éducation de tous les enfants du monde et éradiquer la pauvreté et la surpopulation, terreau de violence. Des environnements adaptés permettraient au maximum d’individus de déployer leurs cerveaux et les gens, quelles que soient leurs origines ou leur type d’intelligence, choisiraient de construire un monde meilleur et plus équitable. Les pays s’organiseraient pour permettre l’échange équilibré des personnes le plus motrices pour rechercher, innover, construire et pour trouver des solutions pour un développement durable

Objectif commun. Les recherches s’orienteraient pour trouver des solutions qui respectent la planète et ses habitants dans tous les domaines et dans tous nos rapports économiques et sociaux. L’objectif commun serait que chaque territoire puisse avoir accès à l’énergie et aux ressources indispensables pour son développement économique, pour créer des infrastructures de télécommunication et permettre l’accès au monde numérique partout sur le globe.

Label B°.
Cette organisation pourrait être labélisée B° comme bio : la vie, avec B comme Bee, l’abeille, dans cette métaphore de l’essaim d’abeille, nous serions comme des abeilles de la ruche qui contribuerions, chacun à notre place, à fabriquer ce nectar et ce miel. Nous accepterions d’être interdépendants et les décisions se prendraient à chaque niveau puisqu’il est désormais simple d’interagir avec un pair à l’autre bout de la terre si nécessaire. La reine « économie » serait au service de la ruche et non son dictateur. Bo avec la devise « Changeons le monde ensemble » devise traduite par chaque entité dans sa langue, par exemple en swahili, « Bo, hebu tubadilishe ulimwengu pamoja ».

Indépendance des territoires.
Dans cette économie, les capitaux seraient répartis sur l’ensemble des citoyens et des territoires qui seraient majoritaires dans les organisations à but lucratif et non lucratif. Les territoires auraient donc un revenu et géreraient leurs recettes et leurs coûts sans forcément passer par l’impôt.
Comme dans la forêt primale, les décisions seraient prises localement, en s’appuyant sur des informations essentiellement d’origine locale, et c’est de l’ensemble des microdécisions qu’émergeraient les réponses dynamiques et adaptatives permettant à l’écosystème technologique, social et économique de maintenir son intégrité tout en évoluant en permanence. Nous ajouterions des gouvernances dont les nominations et responsabilités seraient adaptées à un système qui favorise l’équité à tous les niveaux.

Secteur seigneurial pour les particuliers.
Les personnes qui deviendraient assez riches pour se lancer dans une activité qui les passionne pourraient choisir d’investir dans le marché Bo ou de créer leur organisation avec leurs propres capitaux et ceux d’autres particuliers dans un marché seigneurial au label Sl.
Un territoire pourrait investir dans une entreprise du secteur seigneurial. Cependant, le label Bo ne serait délivré qu’aux entreprises dont l’actionnaire majoritaire serait un territoire. Le label Sl concernerait les entreprises dont la majorité des capitaux appartiendraient à des particuliers. Toute organisation sous le label Bo ou Sl recevrait deux notes de 1 à 5 qui seraient publiques. La première note prendrait en considération le respect des exigences de l’économie systémique solidaire, la seconde serait liée à l’avis des utilisateurs avec des critères relatifs à l’activité de l’établissement.
Est-ce que toute entreprise, Bo ou Sl, publierait ses comptes ? Ses rémunérations ? Des régulations territoriales, nationales et internationales de protection des citoyens, salariés, de la planète et de l’économie systémique solidaire seraient-elles établies ? Les montant des rémunérations serait-il cadré ? Les territoires organiseraient les services aux citoyens comme l’éducation, la justice, la protection et la défense, le logement, la santé, l’alimentation minimum ou l’aide aux plus vulnérables de manière à équilibrer leurs dépenses et leurs revenus dans ces secteurs. Ainsi, tous les travailleurs du secteur Bo bénéficieraient de prestations gratuites ou à des prix forfaitaires définis par les territoires en fonction du bien commun. Comment les entreprises du secteur Sl contribueraient-elles à l’organisation sociétale ? Seraient-elles soumises à l’impôt ? Les prestations du secteur Bo seraient-elles facturées à leur coût réel aux travailleurs du secteur Sl ?

Arbitrages.
Les arbitrages économiques, politiques, sociaux ou environnementaux seraient d’abord entérinés localement en s’appuyant sur les spécificités du territoire impacté, comme dans toute structure fédérale. Les régulations seraient ensuite étendues au niveau des nations, des régions ou du monde selon leur universalité pour le développement équitable et démocratique du globe.
Nous n’aurions plus de ponte individuel décisionnaire pour tous les individus mais selon les sujets, des gens de terrain et les experts de la branche qui se rencontrent pour prendre des décisions dans le domaine qu’ils maîtrisent. Les représentants des gouvernances auraient un rôle consultatif pour apporter la vision globale de l’organisation et questionner les tenants et les aboutissants.

Une transition vers ce type d’organisation plus participative et collaborative serait-elle possible ?

Le vivant en modèle sociétal

Le biomimétisme[i] m’a aidée à concevoir de nouvelles idées d’organisation sociétale. J’ose rêver et partager des idées qui peuvent être révisées, remodelées, complétées ou évacuées. Sommes-nous prêts à imaginer un monde autrement qui prend en compte l’ensemble des citoyens et s’appuie sur eux, en gardant un regard global, ancré dans nos besoins individuels et collectifs ? Oserons-nous rêver ensemble et inventer un nouveau système un nouveau modèle de société plus démocratique et équitable, plus vivant pour tous et qui favorise la paix ?

S’inspirer de la nature.
Le biomimétisme permet à des professionnels de s’inspirer de la nature, dans ses formes et ses flux, il guide des gens pour innover, au niveau technique et esthétique, et créer des matériaux, des objets, une agriculture, une architecture ou des énergies performantes et durables en référence aux seize principes du vivant. Il peut aussi nous aider à envisager des rapports sociaux plus optimisés, dans lesquels nos efforts portent leurs fruits.

Coopérer.
La nature me subjugue par son étonnante résilience et sa formidable efficience : vivre, grandir et se réinventer dans des conditions difficiles. Dans son rapport de 2010 sur l’éco-innovation[ii], l’OCDE nous encourage à étendre ces règles naturelles à notre gestion mondiale de l’écosystème planétaire en considérant comme source d’inspiration l’ensemble des interactions et des processus biologiques dans leur milieu pour nous permettre de coopérer entre êtres humains, entre espèces et de créer l’abondance. Voici les seize principes du vivant reconnus.

La vie s’organise du bas vers le haut, du petit vers le grand.
La nature est faite d’atomes, transformés en bactéries, source de la vie, qui deviennent des protozoaires, toujours unicellulaires, pour se transformer en trois groupes multicellulaires. Les plantes, petits génies en herbe, qui sont les seules instances vivantes capables de maîtriser la photosynthèse, processus vital qui leur permet, grâce à la lumière du soleil, d’absorber le gaz carbonique de l’air et d’apporter l’oxygène au monde. Les champignons sont des petits ouvriers acharnés qui décomposent la matière morte ou collaborent avec les plantes pour les rendre plus efficaces. Les animaux enfin, branche à laquelle nous appartenons, ont un besoin impérieux des plantes pour leur alimentation et leur oxygène.
Comment pouvons-nous réorganiser nos équilibres économiques et collectifs pour retrouver cette harmonie naturelle ? Est-ce que la reconnaissance de l’apport essentiel de chacun à son niveau n’est pas indispensable ? Dans une nation, est-ce que ce principe nous invite à abandonner nos organisations pyramidales pour laisser plus d’autonomie à des entités plus locales ? Au niveau international aussi, est-ce que cela ne nous propose pas de favoriser l’autonomie, l’indépendance et la souveraineté réelle de chaque peuple avec une gouvernance qui les représente et les protège ?

La vie s’assemble en chaînes.
La chaîne la plus connue est l’ADN. Ces chaînes permettent la transmission d’informations, indispensable pour prendre les bonnes décisions. Est-ce que nous transmettons efficacement l’information ? Cette question est valable à tous les niveaux, dans une famille, une communauté, une entreprise, une nation et dans le monde.

La vie a besoin d’un dedans et d’un dehors.
Le processus vivant ne survit que dans le maintien de ses délimitations pour protéger son espace intérieur et extérieur. Serait-il naturel d’édicter des règles aux enfants et des lois dans nos sociétés pour clarifier les limites ? Dans une démocratie, les lois nous aident à marquer les frontières entre ce qui est démocratique ou non. La délimitation du dedans et du dehors permet l’échange clarifié. J’y vois le rôle de nos frontières comme des limites qui permettent de garder des organisations à taille humaine pour la protection et le soutien d’une communauté nationale. Est-ce que ce principe encourage nos nations à se positionner dans un cercle précis, pour pouvoir choisir de collaborer à l’intérieur de son cercle d’appartenance, l’Europe par exemple, ou en collaboration avec un cercle extérieur ?

La vie utilise peu de thèmes pour générer de multiples variations.
La créativité est un processus viscéral et naturel propre à chaque être humain. N’est-ce pas aussi un principe qui nous invite à nous reconnaître similaires avec de multiples variations ?

La vie s’organise grâce à l’information.
Dans notre corps, la bonne information permet croissance et guérison, la mauvaise information crée des maladies comme le cancer. Quelle est la qualité des informations que nous transmettons ?

La vie encourage la diversité en redistribuant l’information.
Comment mélangeons-nous nos informations pour en faire émerger des innovations variées ? Ce principe nous invite à échanger les informations. Serait-ce ici que nos chers robots peuvent nous aider à devenir plus vivants en brassant et redistribuant une masse d’informations que notre cerveau humain ne peut traiter seul ?

La vie crée à partir d’erreurs.
Les erreurs de copie du code ADN peuvent favoriser une espèce et être transmises. L’ours polaire a bénéficié d’une telle erreur, à l’origine, les ours sont bruns, mais le gène qui gère la couleur de son pelage a muté de brun à blanc, et la bête est toute contente puisque cette erreur décuple sa capacité de camouflage sur la banquise. Quels apprentissages retirons-nous de nos erreurs ? Comment les nations peuvent-elles reconnaître leurs erreurs pour permettre de transformer des tensions culturelles, historiques et diplomatiques en terreau de collaboration ?

La vie naît dans l’eau.
L’eau est un milieu souple et essentiel pour le développement des organismes vivants, leur adaptabilité et leurs capacités à former des liens. Pas d’eau, pas de vie. Au sens propre, comment prenons-nous soin de notre eau : nappes phréatiques, rivières, mers et océans ? Au sens figuré, si l’eau est un milieu qui permet de former des liens, c’est la vie sociale qui permet aux êtres humains de se sentir connus les uns des autres, importants les uns pour les autres pour s’adapter les uns aux autres et former des liens. Comment prenons-nous soin de notre socialisation pour que la vie circule à tous les niveaux ? Comment entretenons-nous des liens entre nations pour apprendre à se connaître, se reconnaître, s’apprécier et collaborer ?

La vie se nourrit de sucre.
Par la photosynthèse, le soleil crée les sucres, bases de la matière organique, utilisés comme combustibles pour la respiration de la plupart des espèces. Attention les gourmands, nous ne sommes pas en train de parler des sucres transformés au point de devenir nocifs pour la santé. Au sens propre, comment prenons-nous soin du règne végétal ? Au sens figuré, est-ce que le sucre pourrait être nos intelligences, utilisées comme combustibles pour construire le monde ? Quel respect et quelle valorisation de l’intelligence de chaque être humain choisissons-nous ? A titre collectif, comment utilisons-nous les intelligences des citoyens de nos collectivités et de nos nations pour favoriser la vie et la croissance de nos nations dans un monde en paix ?

La vie fonctionne par cycles.
Presque tous les processus biologiques fonctionnent en boucle. Cette circularité permet à la nature de s’autoréguler, d’apprivoiser l’imprévu en ajustant l’information à chaque renouvellement du cycle et de gérer ses écosystèmes malgré les catastrophes naturelles. Comment pouvons-nous repenser à nos écosystèmes économiques, sociaux et écologiques pour qu’ils fonctionnent en boucle ? Comment nos collectivités et nos nations peuvent-elles apprendre à apprivoiser l’imprévu dans leurs relations pour s’autoréguler et évoluer en se renouvelant ?

La vie recycle tout ce qu’elle utilise.
Tout déchet produit par un organisme devient matière première pour un autre. Que devons-nous changer pour permettre un tel recyclage, quelles nouvelles énergies et nouveaux matériaux pouvons-nous inventer et utiliser pour faire de nos déchets les matières premières de nos nouveaux produits et/ou énergies ? A titre collectif, comment pouvons-nous organiser une vraie transmission des expériences, savoirs et connaissances d’une génération à une autre, d’une collectivité ou d’une nation à une autre dans un cycle infini ? Si nous révisions nos rapports pour construire ensemble, en apprenant avec bienveillance de nos conflits pour choisir le pardon et nourrir l’échange et la paix pour nos peuples ?

La vie perdure grâce aux rotations de matière.
Les molécules disparaissent en permanence pour être renouvelées. Au sens propre, avez-vous entendu parler de ces tissus autonettoyants ? Ce n’est pas un film de science-fiction, ils existent, plus besoin de mettre ses vêtements dans la machine à laver : la lumière suffit à les nettoyer facilement et rapidement. Au sens figuré, pour perdurer, une organisation humaine a-t-elle besoin de renouvellement permanent ? Cela ne veut pas dire de tout changer tout le temps. Dans le corps, certaines cellules sont remplacées très fréquemment alors que d’autres perdurent beaucoup plus longtemps. Comment nos organisations humaines permettent des rotations d’individus pour perdurer ? Dans notre équilibre international, comment les différentes nations sont écoutées pour permettre au monde de fonctionner en s’appuyant sur la diversité des cultures et expériences de chacune ?

La vie tend à optimiser plutôt qu’à maximiser.
Si toutes les graines d’un écosystème essayaient systématiquement de germer le plus tôt possible, l’ensemble de l’espèce n’arriverait pas à s’adapter aux variations de climat alors que le développement plus tardif de certains exemplaires permet la survie de l’espèce en toute circonstance.
Optimiser, à l’école, nous sommes nombreux à avoir suivi ce principe : en faire le moins possible pour obtenir le meilleur résultat possible. C’est rassurant de savoir que c’est un processus naturel, il est temps d’arrêter de faire croire aux gamins qu’il faut bosser comme des bêtes pour devenir premier de la classe. En revanche, celui qui a trouvé sa passion et veut réussir avec brio devra avoir une vision, de la persévérance et travailler énormément.
Si nous voulons nous motiver pour changer nos habitudes, quels processus pouvons-nous trouver pour faire moins d’effort et être plus heureux, plus vivants ? Est-ce que ce principe n’explique pas comme notre système économique qui cherche la maximisation à tout prix, ne nourrit pas la vie et n’est donc pas, en l’état, viable à long terme ?

La vie est opportuniste.
L’examen de cadavres de baleines sur les fonds océaniques a permis la découverte de nouvelles espèces de vers marins se nourrissant exclusivement de la graisse de leurs os. Cette formidable aptitude innée à la vie n’est-elle pas stimulante aujourd’hui, alors que nous comprenons que notre système est arrivé à une extrémité qui lui demande de changer ? Qu’allons-nous imaginer et découvrir ? Que pourrions-nous retenir de nos organisations sociétales actuelles pour inventer un nouveau modèle qui respecte les individus et les nations dans leurs différences ?

La vie est compétitive sur un socle de coopération.
Chaque organisme agit dans son propre intérêt, mais le monde vivant fonctionne grâce à la coopération. Je me reconnais totalement, j’ai besoin de grandir et de me sentir utile pour la communauté humaine. Quel intérêt personnel trouvons-nous à participer à l’édifice d’un monde de paix et plus humain ? Qu’est-ce chaque nation, chaque groupe d’influence gagnerait à nourrir une compétitivité sur un socle de coopération internationale ?

La vie est interconnectée et interdépendante.
Toutes les espèces évoluent les unes en fonction des autres, tous les écosystèmes ont un impact les uns sur les autres. Est-ce que notre système économique se sent interconnecté et interdépendant des vies humaines et de la planète ? Avons-nous l’impression de nourrir la vie avec nos organisations et nos décisions ? A titre individuel, est-ce que les décisions que nous prenons soutiennent réellement notre besoin de nous sentir vivant, de propulser la vie dans l’existence dont nous rêvons ? Si nous rêvons d’une vie emplie de passion et d’humanité, rappelons-nous que cela demande conscience, empathie, amour, compassion, vérité, curiosité, intelligence et créativité. Comment pouvons-nous nous entraider entre nations dans un esprit de développement national sur la base d’un développement international ? Est-ce que nous recherchons le pouvoir ou est-ce que nous voulons la vie ?

Organisation de la forêt comme modèle.
Dans le vivant, l’observation de la forêt vient remettre en question nos organisations sociétales au commandement centralisé.
Pas de P.D.G. Gauthier et Michèle, auteurs du livre sur le biomimétisme écrivent « Il n’existe pas de PDG dans une forêt. Aucun arbre-empereur récoltant toutes les informations pour suivre l’état de santé de sa forêt qui lui permette de prendre une décision centralisée avec son conseil d’administration, avant de faire redescendre l’information vers tous les acteurs de terrain. Au contraire. Les décisions sont prises localement, en s’appuyant sur des informations essentiellement d’origine locale, et c’est de l’ensemble des microdécisions qu’émergent les réponses dynamiques et adaptatives permettant à l’écosystème forestier de maintenir son intégrité tout en évoluant en permanence. Il n’existe pas d’écosystème centralisé dans la nature. »
Remettre la pyramide à l’endroit. Nous voyons ici que la forêt nous invite à établir des organisations fédérales participatives auxquelles j’ajouterais des gouvernances collaboratives. Aujourd’hui, non seulement quelques individus peuvent faire des choix financiers et entrepreneuriaux qui impactent des milliards d’êtres humains, mais en plus, leur fortune personnelle leur permet de choisir eux-mêmes, avec leur vision conceptuelle et empreinte de leur propre culture, de nombreuses causes humaines à défendre. Nos enjeux socio-économiques sont influencés par une base étroite composée de quelques dirigeants qui mènent notre système. Pourrions-nous créer une base large  riche de mille idées, mille projets, une ruche grouillante de petites abeilles qui dansent et interagissent avec leur milieu pour former un essaim efficient et productif ?
Vision à très long terme.
Par ailleurs, le manque de raisonnement et de projection à long et très long terme fait parfois prendre de mauvaises décisions, sans doute que les égos et les blessures d’amour des décideurs, ou leur sens des responsabilités et de persévérance indétrônable, sont aussi sources de choix qui peuvent être nuisibles à la collectivité. En nous focalisant sur un sujet particulier, nous pouvons parfois oublier de penser global.
Organisation apprenante. Dans la démocratie, le global passe par l’amélioration des conditions de vie de chaque citoyen, une économie florissante qui améliore la dignité de chaque être humain et répartit équitablement les richesses créées par leur travail. Dans son livre, Barbara Tuchman nous raconte l’histoire[iii] des grandes politiques dévastatrices menées à terme en dépit de leur propre intérêt, de la chute de Troie à l’implication des Américains dans la guerre du Viêt-Nam. Voulons-nous prendre des décisions justes qui, plutôt que de maximiser et concentrer le profit ou donner un pouvoir apparent, permettent d’optimiser nos capacités de réflexion, d’apprentissage et d’action dans un partage équitable des richesses qui permettra un développement plus durable et plus rapide ?


[i] Le Vivant comme modèle – Gauthier Chapelle, Michèle Decoust – Albin-michel.fr – 2020
[ii] L’éco-innovation dans l’industrie – OECD.orgOCDE – 2010
[iii] La marche folle de l’histoireBarbara Wertheim, Tuchman – Ce livre n’est plus édité – 1992

Rêvons et agissons

« Lorsqu’on rêve tout seul, ce n’est qu’un rêve alors que lorsqu’on rêve à plusieurs, c’est déjà une réalité. L’utopie partagée, c’est le ressort de l’Histoire. »

Elder Camara 

Pour construire un monde meilleur, nous pouvons faire appel à notre fantastique capacité de créativité. Rêvons et créons du neuf à partir de l’existant.