Echelle locale

Voici un pêlemêle de mes idées, elles sont à éliminer, faire évoluer ou prendre en compte… à vous de choisir… quelles seraient vos idées? Ce monde rechercherait la transparence pour soutenir l’éthique. Nos sociétés valoriseraient l’honnêteté et le courage du juste, par exemple, les lanceurs d’alerte seraient protégés, accompagnés et valorisés.

Nous favoriserions la mixité intergénérationnelle[i], interculturelle et interreligieuse.

Des tiers-lieux permettraient aux citoyens de se côtoyer plus naturellement dans leurs quartiers et de se sentir membres connus dans leur communauté locale. Ces groupes de voisinage seraient représentatifs de la vie dans toutes ces étapes avec des enfants, des jeunes, des étudiants, des travailleurs, des parents au foyers, des handicapés, des malades, des personnes aidantes ou des personnes âgées. Tous les parents qui le souhaiteraient pourraient participer à des groupes de formation et de parole sur la parentalité.

L’école nous apprendrait à devenir conscient et à penser plus globalement.
Nous enseignerions notamment la philosophie dès un très jeune âge. Les enfants apprendraient à apprendre. En plus de lire, écrire et compter, ils apprendraient également des compétences pour faire face à la vie concrète : investir et gérer ses finances, comprendre le monde professionnel et ses interactions, connaître les autres. L’art et le dessin apprendrait à observer, rêver et ressentir. Les repas scolaires et le sport apprendraient à se sentir responsable de sa bonne santé physique et du bon fonctionnement de son cerveau. Les mathématiques et les sciences apprendraient la logique, l’analyse et la synthèse. La langue apprendrait à réfléchir, débattre, argumenter et revenir aux faits. Les travaux manuels, à trouver des solutions qui fonctionnent dans la réalité. Le contact avec la nature à rester humain et se recentrer sur l’essentiel. Les techniques de communication, à gérer ses relations et ses émotions. Humour, méditation et gratitude seraient également enseignés pour donner un sens et un liant à l’ensemble et rappeler que nous sommes des êtres vivants.
Les enfants apprendraient à comprendre comment ils fonctionnent pour développer leurs compétences personnelles.

Apprendre par le jeu et l’exploration serait la normalité.
Il existerait un tronc commun de connaissances et compétences à acquérir qui seraient évaluées, mais les contenus détaillés seraient adaptés au territoire. Les écoles auraient des objectifs de résultats mais choisiraient leurs méthodes. Les activités manuelles, musicales, artistiques, sportives ou jeux de société seraient intégrés dans les processus d’apprentissage avec des objectifs pédagogiques clairs comme apprendre à créer des règles, fonctionner en équipe, gérer la frustration, se dépasser et s’ancrer dans des valeurs humaines.

Donner confiance en eux aux enfants.
L’objectif serait de permettre aux enfants de développer leur potentiel et leur intelligence en prenant confiance en eux. Les enfants apprendraient à s’accepter sans jugement dans l’instant présent. Les connaissances sur développement de l’enfant seraient intégrées dans les enseignements. Par exemple, il est aujourd’hui reconnu qu’un prof impliqué affectivement avec ses élèves les motive et augmente leurs résultats[ii].  Les enseignants les plus recherchés par les parents puis par les étudiants obtiendraient un bonus de fin d’année.

L’instruction à tous les niveaux serait gratuite ou aurait un coût symbolique.
Les étudiants méritants seraient admis dans l’enseignement supérieur sans critère financier. Seraient-ils accompagnés par la collectivité pour faire un prêt qui les engage assez pour prendre leurs études au sérieux mais pas trop pour ne pas leur mettre une corde au cou à l’obtention de leur diplôme ? Seraient-ils parrainés par des anciens élèves ? Les territoires qui formeraient et ceux qui embaucheraient les jeunes auraient des accords pour équilibrer les frais de formation avec équité.

Religions.
Les religions et philosophies de vie apprendraient à leurs brebis à vivre l’amour humain dans le respect et la dignité, comme première pierre à l’accès à l’amour divin.

Justice.
La justice serait basée sur l’éthique avec l’objectif de permettre aux êtres humains de vivre dignement plutôt que sur la morale qui juge ce qui est bien ou mal. Ainsi, plutôt que de trancher pour savoir si le mariage homosexuel, l’avortement, la gestation pour autrui, les enfants nés par insémination artificielle sont bien ou mal, possibles ou non, la justice admettrait que ces pratiques existent car elles répondent aux besoins de certains individus et elle légifèrerait pour encadrer ces évènements et protéger ces individus en leur permettant d’avoir une vie digne dans leurs choix. Dans l’éthique existe aussi le refus de certaines pratiques comme, par exemple, l’interdiction de fabriquer des clones humains pour faire tourner une usine.

Découvertes dans l’univers.
Toute découverte dans l’univers ne pourrait en aucun cas devenir la propriété d’un territoire terrestre. L’humanité pourrait s’intégrer à sa manière dans un territoire extra-terrestre exploré mais elle arrêterait de se positionner en conquérant tout puissant qui exploite tout et toute ressource jusqu’à la folie déséquilibrée qu’elle a atteint sur notre Terre en 2021.

Des groupes officiels prendraient en charge les personnes addictes et leurs réseaux fournisseurs.
Plutôt que de laisser les réseaux criminels se développer pour répondre aux besoins addictifs des gens, des groupes officiels fourniraient eux-mêmes ces malheureux : drogue et prostitution en particulier.
Grâce à cette mesure, ils pourraient aider les personnes dépendantes à sortir de leur addiction. La prostitution pourrait-elle disparaître ? On dit que c’est le plus vieux métier du monde. Sans idéologie, mais ancré dans le respect de la dignité humaine, pensons-nous au sort de ces femmes ou hommes qui sont utilisés comme des outils ? Evidemment, nos sociétés ne pourront jamais accepter la pédophilie qui nuit gravement au développement de l’enfant. En revanche, en gérant nous-mêmes la prostitution, pourrions-nous permettre à ces personnes de travailler dans des conditions sanitaires et psychologiques dignes ? Pourrions-nous les aider à s’orienter vers un métier plus gratifiant ? A partir du moment où nos sociétés s’accepteraient avec leurs limites en prenant en charge leur côté sombre, avec le label B°, réduirions-nous la nuisance des réseaux criminels ? Ne cherchons pas la polémique ou la bien-pensance, essayons de proposer des solutions pour permettre à une triste réalité humaine d’être mieux encadrée pour la dignité des victimes.

Les prestations de services sociétaux seraient mutualisées et optimisées.
Nous mettrions en place un fonctionnement qui évite la gratuité systématique qui rend les gens irresponsables et le trop payant qui exclut les populations défavorisées. Chaque individu épargnerait-il pour sa retraite et pour le chômage avec des obligations légales d’un minimum à verser ? « Un régime universel de santé est un moyen efficace et rentable de fournir à la population un système d’assurance-maladie de qualité » nous dit Barack Obama. Le régime de santé universel permettrait-il à chacun de se soigner en engageant des frais symboliques avec connaissance du vrai coût engendré, en fonction de l’acte ? Les soins recommandés mais non indispensables auraient-ils des tarifs forfaitaires ?
Les gens prendraient des assurances santé mutualistes en choisissant leurs options, des assurances « confort + » permettraient à ceux qui le souhaitent d’accéder à des conditions matérielles privilégiées pour leurs séjours médicaux. Le but serait de rendre les gens responsables de leurs propres dépenses de santé avec un accès aux soins égalitaire mais sans redondances inutiles et sans gâchis. Les honoraires des médecins et personnels de santé seraient balisés mais une collectivité pourrait accepter des dépassements d’honoraires pour un médecin qu’elle voudrait absolument garder sur son territoire.

Un revenu universel permettrait d’éradiquer la pauvreté.
De nombreux économistes expliquent que nous sommes capables d’éradiquer la pauvreté. Dans son livre « Utopies Réalistes », Rutger Bregman envisage un monde qui éradique la pauvreté et crée un revenu universel. Il simplifierait grandement des tonnes de paperasses, permettrait aux individus de grandir en dignité et à nos sociétés d’éradiquer la grande pauvreté insupportable de nos pairs. Adieu la complexité administrative et la violence psychologique pour prouver que nous sommes en incapacité de subvenir à nos besoins, pour savoir si nous avons droit ou non à un logement, une indemnité ou une compensation : chaque individu, sans critère d’âge, de statut marital et familial, de santé, de fortune recevrait un revenu qui lui assure le minimum pour vivre dignement : toit, alimentation, santé, éducation. Ce minimum donnerait aux personnes l’accès à leurs capacités et l’énergie de les déployer.

Les revenus de l’activité économique seraient mieux répartis.
Ils privilégieraient les revenus du travail aux revenus des capitaux et prendraient en compte les citoyens les plus vulnérables. Les revenus d’une activité seraient répartis plus équitablement, chaque travailleur gagnerait plus et pourrait, lui-même, participer financièrement à la vie en société. Dans le sport par exemple, tous les joueurs professionnels et coachs recevraient des salaires plus équilibrés les uns par rapport aux autres. Dans le monde de la culture, tous les intervenants recevraient également un salaire qui met en valeur leur créativité ou leur technicité et leur permet de vivre confortablement, en relation avec leur implication et leur valeur ajoutée et sans précarité de l’emploi. Nous chercherions l’optimisation du travail en apportant assez de sécurité aux travailleurs. Nous gagnerions plus, la vie nous coûterait apparemment plus cher, nous ne deviendrions peut-être pas plus riches, mais nous serions plus fiers et responsables. Toute personne qui travaille à plein temps serait assurée d’avoir une vie digne.

Le montant des rémunérations pourrait être validé par les salariés et les pairs d’un travailleur ou d’un manager.
Des grilles de salaires seraient-elles suggérées ? La rémunération serait-elle, pour tous, la combinaison d’un salaire fixe + importante prime au résultat de l’équipe + bonus personnel et/ou actionnariat ? Pourrait-elle prendre en compte la valeur ajoutée par le travailleur, sa capacité d’innovation, ses responsabilités, le risque qu’il fait prendre à l’entreprise en fonction de la qualité de son travail, par exemple un agent de maintenance pourrait voir sa rémunération varier en fonction du nombre d’arrêts machines ? Les primes et les bonus n’auraient pas la fonction de valider l’atteinte d’objectifs stressants comme une épée de Damoclès mais de valoriser et de reconnaître le travail accompli avec implication, collaboration, justesse et résultat. La liste des rémunérations serait-elle publique ? Des territoires et leurs citoyens accepteraient-ils d’offrir des salaires énormes aux meilleurs pour les garder ?

Alliances concrètes entre riches et défavorisés.
Des alliances pragmatiques relieraient les territoires défavorisés aux territoires riches pour optimiser le développement équitable. Les Etats et territoires d’une nation seraient intégrés à des alliances Bo qui associent des territoires développés et des territoires en développement ou des réserves naturelles. Les plus riches investiraient, pas uniquement des capitaux, mais avec une alliance concrète, dans les structures humaines et économiques du territoire à développer pour lui permettre de devenir peu à peu autonome dans le respect de sa propre culture.

Sommes-nous prêts à nous focaliser sur ce que nous avons à gagner dans le changement plutôt que de rester paralysés dans la peur de ce que nous avons à perdre ?
Si l’Histoire de l’Humanité est ramenée à une année, Homo Sapiens a pointé son nez le 31 Décembre à 23h54 et l’ère industrielle a vécu une seconde en créant de belles avancées techniques tout en dégradant notre planète. Voulons-nous trouver un modèle plus pérenne et plus humain ? Liang m’a souvent dit « La non-décision est une décision que tu payes souvent deux fois plus cher après. » Voulons-nous prendre une décision claire dès maintenant ?

[i] La solidarité intergénérationnelle sur le terrain – Pourquoi ? Avec qui ? Comment ? – Dominique Thierry – Editions-harmattan.fr  -2019
[ii] Quand les profs aiment les élèves – Mael Virat – Éditions Odile Jacob – 2019

Echelle mondiale

Aujourd’hui, cherchons-nous à pousser l’instauration de démocraties dans tous les pays ? Est-ce la bonne solution pour un développement économique durable et palpable pour les citoyens ?

La bonne santé économique pour favoriser la liberté et la responsabilité d’expression.
Notre système serait basé sur des alliances de collaboration pragmatiques entre régions riches et régions en développement d’un pays ou du monde. Les territoires riches apporteraient leurs connaissances et leur soutien et offriraient soutiendrait l’accès à l’éducation supérieure aux élèves les plus prometteurs des territoires en développement avec lesquels ils sont liés et favoriseraient les échanges commerciaux et des travailleurs en les formant avant qu’ils retournent développer leur territoire d’origine.
Notre premier objectif serait d’éradiquer la pauvreté et la surnatalité pour éduquer les enfants et réduire la violence, dans l’objectif de stopper les conflits armés et respecter les droits de l’homme partout dans le monde. Toutes les opinions seraient de nouveau autorisées, toutes les religions seraient respectées, exprimées dans le respect de l’autre. Le monde serait organisé de telle sorte que les gens moteurs par leur intelligence, leur créativité ou leur force d’action restent répartis sur l’ensemble des territoires.

Débat démocratique.
Les démocraties, conscientes de l’importance du dialogue contradictoire, financeraient tout collectif, quelles que soient ses opinions, mêmes extrêmes. Ainsi, la démocratie pourrait canaliser les groupes, labellisés B°, pour que la diffusion de leur message reste démocratique : soutien de la liberté de chaque individu et respect de la dignité humaine. Refus de la violence et de l’incitation à la haine.

Appartenance.
Regardons notre modèle social de base, la famille. Pouvons-nous le transposer en un modèle qui s’adapte à l’échelle d’un territoire ? Chaque membre du territoire, au-delà de ses réseaux d’appartenance transversaux, pourrait-il se sentir membre d’une communauté territoriale ? Chaque individu pourrait-il se sentir investi dans une compétition sur un socle de coopération pour un territoire, solidaire et protégé, comme un membre d’une famille.
Dans une famille classique équilibrée, soit un parent gagne de l’argent et l’autre s’occupe du foyer et des enfants, soit les deux génèrent du revenu et se partagent les responsabilités et les dépenses. Le budget est unique et commun ou séparé en concertation. Le parent au foyer ne demande pas un budget ponctionné sur la fortune de l’autre, la fortune appartient à la famille et si le père, selon le modèle le plus répandu à l’heure actuelle, assure les recettes, la mère gère l’éducation, la santé, l’alimentation et l’organisation familiale. Les dépenses sont partagées. De même, dans une entreprise, certaines fonctions génèrent les recettes, d’autres représentent des coûts. Pour payer les factures, les services concernés utilisent la trésorerie de l’entreprise.
Aujourd’hui, une économie a deux vitesses se développe : les riches ont accès à un logement, une éducation, une alimentation et des soins de santé de qualité et souvent chers et les autres, largement plus nombreux, doivent se débrouiller dans un environnement défavorable. Dans notre société, les recettes appartiennent au monde économique, alors que les coûts de santé, protection, éducation ou justice appartiennent aux Etats qui font appel à l’impôt pour recevoir des recettes. C’est comme si le service comptabilité devait demander un budget au service commercial pour payer les factures de l’entreprise.

De vraies opportunités offertes à chaque individu.
Inspiré de la gestion d’une famille ou d’une entreprise, un territoire, conduit comme partie d’une nation, partie d’une région, partie du monde, recevrait lui-même les recettes et gèrerait lui-même les coûts pour établir le plus d’équité possible entre les différents citoyens et offrir à chacun de vraies chances de pouvoir réellement choisir la vie qu’il souhaite. En plus de permettre une distribution plus équitable de la richesse mondiale, nationale ou territoriale, un tel système rendrait le monde plus agréable à vivre pour tous.

Dans cette structure, la séparation d’un secteur privé et d’un service public disparaitrait.
Notre organisation sociétale peut progresser. Il existerait le monde dans lequel les gens vivent et travaillent. Un territoire génèrerait des recettes, paierait ses factures et mettrait en place des stratégies pour équilibrer son budget. Quand je suis chez moi, tout me semble propre, puis le jour où je reçois un visiteur, soudain, je vois tout ce que je dois nettoyer, mes yeux voient ce à quoi ils s’étaient habitués. C’est l’impression que j’ai en regardant notre société, celle de m’être habituée au capitalisme libéral actuel : je le considérais comme fatalement la moins mauvaise solution, la pandémie m’a fait prendre conscience à quel point il génère des inégalités et abîme la planète et j’envisage soudain un autre modèle.
Dans ce système fédéral, chaque nation, selon sa taille, serait subdivisée en plusieurs territoires. Les décisions seraient prises au niveau des entreprises, associations et organisations locales des territoires et non plus par des têtes pensantes, qui, par leur position, ne peuvent prendre en compte la réalité multiple de la vie réelle des gens dans des environnements très diversifiés.

La société pourrait-elle être gérée avec de grands centres de profit ?
Je propose des idées, qu’en pensez-vous? A éliminer, faire évoluer, compléter… ?
Nous considérerions alors les recettes et les coûts liés à toute une chaîne d’activité interdépendantes de façon plus globale dans une économie solidaire systémique. Dans cette organisation, la santé de la planète serait un sujet transversal qui concerne absolument toutes les filières. Voici quelques idées destinées à ouvrir la réflexion.
Structures humaines. Elles seraient les remplaçantes des ressources humaines de nos entreprises, nous considérerions le nombre des naissances, la jeunesse, l’éducation, la formation en adéquation au marché du travail, l’emploi, l’impact économique et social du rythme de vie, la vie sociale solidaire et l’impact de l’interdépendance entre vie familiale et vie professionnelle sur les enfants et la santé, les taux de criminalité, l’intégration des malades, handicapés et des personnes âgées ou la prise en considération des différences culturelles pour favoriser la diversité dans une unité territoriale qui dépasse les clivages communautaires. Et d’autres sujets encore. Elles seraient garantes de la sphère culture & croyances du territoire. Elle détiendrait les grands médias qui sont facteurs majeurs d’influence de nos pensées et visions de la société.

Service santé. Il veillerait à un équilibre équitable entre les recettes et les coûts liés à la santé en s’assurant que chaque citoyen ait accès à un niveau de soin minimum digne. Le droit à la santé serait considéré comme un droit inaliénable pour tous. Il serait en charge de s’intéresser aux facteurs collatéraux majeurs d’impact sur la santé des personnes, sommeil, stress, maladies, accidents, alimentation, sport, gestion des émotions ou addictions par exemple. Ce service serait garant de s’intéresser à toutes les causes qui ont un effet sur la santé des êtres humains, incluant l’environnement naturel et construit, pour restreindre ou interdire les pratiques négatives et permettre le développement de nouvelles solutions dans tous les secteurs de la société.

Service juridique. Il aiderait les entreprises et organisations dans leurs démarches, défendrait ses citoyens et ses entreprises, ses organisations et son écosystème naturel dans des conflits internes au territoire ou impliquant d’autres territoires. Il aurait la vue globale sur les désordres sociétaux et dirigerait des campagnes de prévention et d’éducation pour réduire la violence et la criminalité. Il légifèrerait sur les questions locales, à partir de pratiques souvent existantes ou émergentes, et collaboreraient avec les autres territoires pour les lois nationales ou internationales. Il organiserait les forces de l’ordre, la défense et la justice. Les polices d’assurances, les clauses que l’on signe pour l’utilisation d’un site internet ou un objet seraient faciles à comprendre, destinées à nous informer et nous aider à un faire un choix éclairé en adéquation avec nos moyens et nos besoins. Le but du droit serait de protéger organisations et personnes pour la paix et l’équité sur l’ensemble du territoire.

Service qualité. Il veillerait au développement de l’économie solidaire systémique du territoire incluant les équilibres de nos écosystèmes naturels. Il serait garant du pôle de recherche fondamentale et appliquée tous secteurs confondus. En mutualisant la recherche, les différentes filières pourraient profiter davantage des découvertes pour en trouver des applications comme des technologies plus propres, plus saines, plus rentables et pourraient se développer plus rapidement. Des royalties seraient versées aux équipes dont les découvertes sont utilisées. La recherche deviendrait alors un centre de profit rentable.

Production. Elle serait garante de l’adéquation entre les besoins du territoire et ses moyens de production pour aider à ajuster l’offre à la demande en proposant ce qui devrait être produit sur place, importé ou exporté. Il serait garant d’ajuster l’offre logistique à la demande dans le respect de nos écosystèmes naturels. Il serait également en charge de veiller à ce que l’activité économique respecte la biodiversité, la qualité des eaux, des mers, de l’air et des sols.

Marketing et communication. Ils seraient en charge de bien connaître les demandes des citoyens, associations et entreprises du territoire, et d’engager des campagnes d’information.

Service technique. Il aurait la vue d’ensemble de l’aménagement du territoire et du développement immobilier. Il veillerait à la cohérence des règles d’urbanisme qui respectent les besoins sociaux, environnementaux, techniques et culturels des bâtiments locaux dans un paysage territorial et national en restant ouvert à l’innovation et l’avant-gardisme. Il serait responsable de veiller à la mise en œuvre des avancées énergétiques et écologiques du bâti.

Service informatique et nouvelles technologies. Il s’occuperait du lien du territoire au réseau international B°. Autoroutes de l’information, internet, moteurs de recherche, grands sites de réseaux sociaux, câbles qui véhiculent les informations, serveurs et serveurs-racines appartiendraient à une unité territoriale, nationale ou régionale, partie indépendante reliée aux autres en un grand réseau international. Il serait garant de l’innovation software et hardware du territoire. Il veillerait à la mise en valeur des acteurs économiques locaux sur internet, soutiendrait la sécurité informatique de tous les acteurs individuels, associatifs et entrepreneuriaux, régulerait les contenus sur internet, s’assurerait que les données collectées sur le profil et l’activité d’une personne, d’une société ou de toute entité leur appartiennent afin qu’ils puissent décider de donner, vendre ou garder leurs données personnelles avec conscience.

Service économique et financier. Il animerait et légifèrerait le réseau des banques, assurances, caisses chômage et retraite, territoriales et autres institutions financières, toutes coopératives ou mutualistes. Ces organismes indépendants locaux seraient membres de réseaux territoriaux, nationaux ou internationaux pour favoriser les synergies.
Pour éviter la spéculation sur le cours des devises, il existerait des monnaies locales, territoriales, et/ou nationales et/ou régionales labellisées Bo et une monnaie internationale pour les échanges internationaux. Aujourd’hui, pour protéger leur économie locale des fluctuations non reliées à l’activité économique réelle, mais à la spéculation, des associations sans but lucratif de l’économie circulaire créent des monnaies complémentaires. En France, les monnaies locales sont reconnues légalement dans la loi Économie Sociale et Solidaire, un rapport de la mission « Monnaies Locales Complémentaires[i] » s’y intéresse déjà en Avril 2015. Ces monnaies sont convertibles en euros et d’un usage légal pour tout adhérent à l’association organisant leur émission et leur circulation. L’usage de cryptomonnaies sécurisées, nominatives et labellisées Bo pourrait permettre de tracer les transactions électroniquement.  Ce service guiderait et conseillerait les acteurs économiques qui veulent s’installer en considérant les besoins du territoire : entrepreneurs, commerçants, artisans, agriculteurs, professions libérales, restaurateurs et autres.
[i] Mission d’étude sur les monnaies locales complémentaires et les systèmes d’échange locaux Economie.gouv.fr – 2015  

Service commercial et vente.
Il démarcherait les prospects au niveau local, national ou international pour vendre les idées et produits d’appellation contrôlée ou uniques à leur territoire pour permettre la récolte des redevances. Il serait responsable de soutenir des entreprises indépendantes reliées en réseaux pour faciliter les alliances avec d’autres territoires régionaux, nationaux ou internationaux pour l’acquisition de matières premières ou produits importés et pour l’exportation, en respectant une économie solidaire systémique, en étroite collaboration avec le service production.  Il serait responsable d’adapter les flux de l’offre à celle de la demande pour éliminer les redondances dans un coin et les déserts dans un autre.

Le territoire s’organiserait également de façon transversale.
Les filières devraient s’assurer un fonctionnement en économie solidaire systémique : tous les acteurs qui génèrent des recettes ou des coûts dans la filière alimentaire seraient interdépendants pour leur budget, incluant l’aménagement du territoire agricole, l’agriculture, l’écologie liée à la production agricole, l’immobilier agricole, les coopératives alimentaires, les transformateurs, la logistique, les distributeurs et le recyclage et les autres.

La filière santé regrouperait l’immobilier santé, les fabricants de matériel médical, les laboratoires et l’industrie pharmaceutique, les cliniques et hôpitaux, les médecins et acteurs de médecine douce et traditionnelle, la logistique, les distributeurs et tous les acteurs de la filière.
Il existerait différentes filières comme énergie, sport, culture, mode, biens de consommation courants, cosmétique et bien-être, transports et d’autres. Dans mon rêve le plus fou, l’industrie de l’armement finirait par disparaître car nous refuserions tout conflit armé.
Nous aurions mis en place un système qui empêche un Etat d’entrer en conflit armé, qui empêche un putsch ou une guérilla. Pour aboutir à cet état de paix, nous réduirions peu à peu nos armements. La filière armement et militaire intégrerait la gestion des réfugiés ainsi que la santé psychologique et physique des êtres humains touchés par les conflits.

Economie de marché, tirée par la demande

Pour une économie qui réponde plus à nos besoins réels, j’ai imaginé une économie de marché tirée par la demande. Aujourd’hui, nous sommes dans une économie de marché tirée par l’offre : les entreprises proposent des produits et s’ils nous intéressent ou si publicité et marketing arrivent à nous convaincre que nous en avons besoin, nous les achetons. En remettant la pyramide à l’endroit, posée sur une large base qui s’exprime plutôt que sur un étroit sommet décisionnaire, nous pourrions créer une économie de marché tirée par la demande : les marchés formuleraient leurs besoins, avec l’aide de visionnaires, créatifs, scientifiques, ingénieurs ou artistes et entrepreneurs pour développer de nouveaux produits qui satisfont de réels besoins identifiés dans la population des territoires. Les territoires choisiraient leur production dans le cadre d’une économie éthique, durable, circulaire, solidaire et responsable. Je ne m’y connais pas particulièrement en économie, c’est la réflexion d’une mère de famille avec une vie professionnelle dans divers univers. Plutôt que de jouer avec des concepts, voici un exemple imaginaire.

Exemple de marque imaginaire.
Nous sommes tous rassurés par le nom d’une marque que nous connaissons car nous le relions à la qualité, à des valeurs, à l’évasion ou à l’innovation par exemple. Imaginons une marque de biscuits Kissyu, adorée par petits et grands, réputée dans le monde entier. La recette de ces biscuits a été inventée par Mme Yummy qui a créé de nombreuses autres recettes, toutes destinées à être fabriquées par des artisans. Mme Yummy veut participer à l’avènement d’un monde qui respecte nos écosystèmes humains et naturels et fixe des exigences d’éthique et de qualité parmi lesquels : commerce équitable, circuits courts si possible, agriculture biologique ou raisonnée, recyclage des produits et emballages, responsabilité sociétale de l’entreprise incluant une rémunération digne pour tous les acteurs de la filière, qualité nutritionnelle qui respecte la santé des gourmands.
Le territoire α vient d’être démarché par le réseau Yummy. Il a envie de produire ces biscuits car il sait que cela devrait être rentable. Il interroge son marché et les marchés avoisinants pour comprendre si les gens sont intéressés ou non par le produit. Au vu de la réponse positive qu’il reçoit, il décide d’intégrer le réseau. Cela implique qu’il paiera des redevances liées à son chiffre d’affaire au réseau.

Réseau d’indépendants.
Intégrer le réseau, c’est s’engager à respecter les exigences qualité requises dans cette économie solidaire systémique, c’est profiter de la synergie de groupe. Le réseau Yummy est un réseau d’indépendants qui s’engagent à respecter les exigences de la marque. Le territoire va donc faire appel aux artisans de la région pour savoir qui voudrait se lancer dans le projet en créant totalement l’activité ou en transformant ou complétant son activité actuelle.
Pour les matières premières : blé, matière grasse, chocolat, lait, œufs et autres, tout ce qui peut être acquis en circuit court est choisi. Le territoire, parfois associé à d’autres territoires a créé des coopératives qui collectent les céréales, le lait, les œufs et tous autres produits locaux. Ces coopératives indépendantes sont reliées en réseau pour permettre les synergies et les échanges de pratiques.
Pour le chocolat, le territoire, associé à quelques autres territoires, possède sa propre filière cacao.
Pour les emballages, le territoire a également une filière d’emballages biodégradables ou recyclés et fait appel à ses partenaires locaux.

Pour la communication et la promotion de la marque, le réseau propose des idées à mettre en avant. Les premières idées viennent des proches collaborateurs de Mme Yummy. Ensuite, c’est souvent les idées locales qui sont redéployées. La promotion est orchestrée localement car le territoire ne promeut pas uniquement les biscuits « Kissyu par α » mais les biscuits qui sont sains (comme des biscuits peuvent l’être), rentables et durables pour le territoire. Or le territoire α a de nombreux artisans en nom propre qui créent un tissu social et professionnel riche et veut promouvoir également le travail de ses meilleurs artisans, élus par les consommateurs. Ce territoire n’a jamais eu un gros budget publicitaire car les produits qui fonctionnent bien sont rentables et les autres sont abandonnés.
Ce territoire dépense plus en recherche et développement. Ses équipes, qui sont en lien constant avec d’autres équipes nationales et internationales pour favoriser l’émergence de nouvelles découvertes, ont d’ailleurs inventé de nombreux produits innovants qui se sont diffusés peu à peu dans d’autres territoires et reçoit des redevances substantielles liées à ces produits. Lorsqu’une personne ou une équipe a découvert un principe ou inventé un produit qui devient rentable, il reçoit à vie une redevance sur les ventes. Pas grand-chose, mais quand le produit devient un hit, ça peut rendre vraiment riche.
Au lancement du produit, le territoire a choisi de faire une campagne promotionnelle « Kissyu par α », il s’est basé pour cela sur une campagne existante dans le réseau, qu’il a adaptée à la culture locale, en revanche, après un an, il a fait une campagne promotionnelle multimarque. Pour ces deux campagnes, c’est l’agence de communication locale Néovi, membre d’un réseau d’agences indépendantes, qui a gagné la campagne. Elle a communiqué ensuite ses idées au réseau qui ont été reprises, elle reçoit maintenant des redevances.

Le territoire a légèrement modifié la recette pour s’adapter aux conditions locales et le réseau a validé cette variation puis l’a diffusée à tous les partenaires. Après six mois, Pascal, l’un des artisans, a proposé une variante un peu moins grasse de la recette. Yummy a de nouveau validé et informé le réseau. Cinq autres territoires ont immédiatement décidé de suivre cette nouvelle recette. Grâce à cette idée, Pascal reçoit maintenant un petit complément de revenu chaque mois lié aux royalties sur les ventes des produits qui adoptent sa recette.

Déontologie et personnalisation.
Quant à Youssef, il adhère depuis cinq ans au réseau de la marque de vêtements Beefree pour fabriquer des vêtements aux exigences de l’économie solidaire systémique. Aujourd’hui, il utilise le coton bio du réseau Beefree. Or, le douflex, un nouveau matériau à base de produits recyclés vient d’être inventé, avec toutes les qualités des textiles coton bio mais plus rentable et produit localement. Il vient donc d’informer le réseau Beefree qu’il cesserait de se fournir de coton bio dans un an et demi, c’est l’engagement minimum requis par la filière, pour le remplacer par le douflex. Youssef est en fin de carrière, ce qu’il adore dans la production d’aujourd’hui, c’est la possibilité de personnalisation de chaque vêtement. Depuis une vingtaine d’années, il s’y est vite habitué, les productions permettent des personnalisations de chaque unité, les pièces de rechanges sont facilement accessibles et permettent également de redonner une nouvelle vie à un objet qui paraissait usé.

Influenceurs.
Les influenceurs seraient des spécialistes formés aux exigences de l’économie solidaire systémique. Ils seraient payés par la collectivité en fonction de la taille de leur communauté liée à leurs avis, la pertinence de leurs conseils et un rapport entre le chiffre d’affaire généré et la qualité Bo des produits vendus, qui respectent une économie systémique solidaire. Plutôt que de promouvoir la marque qui les finance, ils deviendraient plus impartiaux pour mettre en avant les produits qui répondent le mieux aux exigences des consommateurs responsables qui recherchent les nouveautés, ou des produits existants dont ils n’ont pas encore beaucoup entendu parler.

Qu’en pensez-vous, quelles seraient vos idées?

Intelligence collective

L’intelligence collective permet des prises de position qui favorisent le bien commun. Cette fable indienne nous fait intuitivement comprendre les ressorts de l’intelligence collective bien pratiquée.

Chacun détient une part de la vérité. Fable.
Un jour de grand soleil, six aveugles originaires de l’Hindoustan, instruits et curieux, désiraient, pour la première fois, rencontrer un éléphant afin de compléter leur savoir. Le premier s’approcha de l’éléphant et, alors qu’il glissait contre son flanc vaste et robuste, il s’exclama : « Dieu me bénisse, un éléphant est comme un mur ! » Le deuxième, tâtant une défense s’écria « Oh ! Oh ! Rond, lisse et pointu ! Selon moi, l’éléphant ressemble à une lance ! » Le troisième dit : « Pour moi, l’éléphant est comme un serpent ». Et ainsi de suite.
A la fin, les six aveugles discutèrent longtemps et passionnément, tombant chacun dans un excès ou un autre, insistant sur ce qu’il croyait exact. Un sage qui passait par-là les interroge : « Qu’est-ce vous agite tant ? ». Ils expliquent. Le sage répond alors avec un petit sourire : « Vous avez tous dit vrai ! Si chacun de vous décrit l’éléphant si différemment, c’est parce que chacun a touché une partie de l’animal très différente ! L’éléphant à réellement les traits que vous avez tous décrits. » « Ooooooh ! » s’exclama chacun. Et la discussion s’arrêta net. Ils furent tous heureux d’avoir dit la réalité, car chacun détenait une part de vérité.
Cela nous rappelle que notre propre point de vue est toujours limité et partiel face à la réalité globale et donc d’admettre que les autres détiennent, eux aussi, une part de vérité. Cela permet de créer un respect mutuel les uns envers les autres. La vérité n’apparaît donc qu’après une réflexion collective traitée en collaboration et en confiance. Pouvons-nous faire confiance à quelqu’un même si nos points de vue et propositions de solutions sont divergents ? Sur quoi repose notre confiance ? Un crédit sur l’honnêteté de l’autre avec assez de scepticisme pour tenter de discerner toute intention abusive de notre interlocuteur ? Une intention positive et bienveillante acquise au fil de nos interactions ? Le partage d’avis divergents permet de questionner les orientations choisies et d’ajuster leur direction en fonction du mieux-être global de la communauté humaine impactée.

Outils d’intelligence collective.
La publication de Peter Senge, Béatrice Arnaud et Alain Gauthier intitulé « La cinquième discipline, levier des organisations apprenantes[i] » propose des outils concrets pour nous aider à changer le monde grâce à l’intelligence collective. La première publication de cet ouvrage date de 1990 et s’intéresse aux traitements systémiques des hommes et des organisations.
Par sa nature, cet ouvrage montre comment fonctionne l’intelligence collective efficace : des gens, localement, ont rassemblé les recherches de centaines d’autres personnes qui avaient travaillé localement sur le même sujet et ont diffusé l’information dans leurs réseaux et aujourd’hui, je trouve cette information qui va m’aider à approfondir ma vision et à informer d’autres personnes qui pourront l’utiliser localement. L’important dans cet échange n’est pas tant, qui a inventé un concept, qui a écrit un livre, qui a diffusé l’information, quoi que reconnaître les contributions individuelles et collectives est toujours important et valorisant, je remercie donc tous les acteurs de cette chaîne humaine vertueuse qui a permis l’existence de cet écrit. Voici l’élan qu’ils mentionnent.

Magie d’être reliés dans une aventure qui nous dépasse.
Des profils diversifiés dans les équipes permettent d’élargir notre vision du projet par l’addition des idées et les évolutions apportées grâce aux échanges pour observer, analyser et collecter les informations et les idées, les comparer, les trier, en générer de nouvelles et synthétiser.
Le bon fonctionnement repose sur un besoin impérieux de conscience personnelle, pour que nous soyons capables de remettre en cause nos idées géniales avec humilité, afin de trouver les meilleures solutions en adéquation avec le problème global à résoudre.
Une telle organisation nous donne un sentiment d’appartenance à quelque chose de plus grand que nous, nous nous sentons reliés et embarqués dans une aventure qui vient nous chercher au plus profond de nous et qui nous dépasse, avec une vision beaucoup plus globale. Les gens qui ont vécu ce type d’expérience la qualifient souvent comme un moment exceptionnel de leur vie. Nous nous sentons responsables de ce qui nous arrive. Nous changeons d’état d’esprit. Dans l’organisation apprenante, le vrai apprentissage est au cœur de ce qui fait de nous des êtres humains. Nous modifions notre manière de voir et notre rapport au monde et devenons capables de faire ce qui nous semblait impossible avant. Nous entrons dans un processus de génération de la vie et augmentons notre capacité à créer. Quelques-uns de leurs conseils :
– Arrêter de chercher l’ennemi, il n’existe pas.
– Prendre ses décisions avec discernement.
– Penser global et envisager l’avenir sur le long terme.
– Apprendre à ralentir pour mieux constater les évolutions lentes qui sont parfois les pires menaces.
– Elargir la vision de l’expérience individuelle ou collective pour apprendre à gérer une situation en la contextualisant dans son écosystème global.
– Reconnaître ses doutes et son ignorance face aux sujets complexes, embarrassants ou menaçants.

Voulons-nous transformer notre monde et optimiser son fonctionnement ?
Voulons-nous créer des synergies et échanger des informations afin de permettre à notre écosystème mondial de retrouver un équilibre qui nourrisse la vie de tous ?

[i] La cinquième discipline – Peter Senge – Librairie Eyrolles – 2015

Un nouveau modèle de société

Rêvons-nous de grandir et d’agir ensemble avec intelligence et empathie ? Oserions-nous rêver à l’excès en imaginant que mafieux et criminels choisiraient d’utiliser leurs intelligences, énergies et réseaux au service de la vie ? Pourrions-nous imaginer que chaque être humain aurait envie, dans son ascension personnelle, de participer au développement durable et équitable de l’ensemble de l’Humanité ?

Nos modèles sont dysfonctionnels.
Nous avons essayé différents modèles d’organisations sociétales à travers le monde, chaque morceau de la Terre est connu et habité aujourd’hui. La mondialisation est conscientisée et effective. Nous avons expérimenté les démocraties soumises au pouvoir économique, les communismes et les autoritarismes. Nos modèles fonctionnent mal avec des inégalités exacerbées et la restriction des libertés individuelles et collectives. Comment apprendre de nos erreurs ? Pourrions-nous les voir comme une étape ? Serions-nous prêts à envisager un nouveau modèle qui respecte les principes de la vie, dans lequel nous nous enrichissons de nos différences, nous recherchons la paix et la prospérité, nous favorisons la vie des êtres vivants et de la planète ?

Adaptons le système à nos besoins d’humains.
Dans notre mondialisation actuelle, les êtres humains deviennent souvent des dossiers, des prospects, des clients, des consommateurs, des ressources humaines, des statistiques. Nous ne nous intéressons pas assez à nos vies réelles, à nos préoccupations fondamentales, à celles de nos communautés. Nous nous adaptons au monde scolaire, estudiantin et professionnel au lieu d’adapter le monde à nos besoins essentiels et à nos vies.

Retrouver une échelle humaine.
Nous avons besoin de retrouver une échelle humaine dans nos organisations pour remettre des têtes, des familles et des vies sur nos chiffres. Pour cela, j’ai évoqué les territoires, je me réfère au principe du vivant qui dit que la vie a besoin d’un dedans et d’un dehors pour permettre des échanges clairs. Si notre organisation mondiale actuelle des territoires n’est pas encore solide, car très récente dans l’Histoire de l’Humanité, voulons-nous la stabiliser pour soutenir la paix dans le monde ?

Des frontières pour la paix.
Le monde comprend 203 pays en 2021, dont la plupart existent depuis moins de deux siècles. La formation de ces pays a permis de structurer la gouvernance de l’ensemble des terres de notre planète. Désormais, chaque individu se reconnaît d’une nationalité déterminée. Malheureusement, certaines frontières sont sources de conflit, avec usage de la violence et des armes plutôt que dans le respect incarné des personnes et des familles, par l’usage de la diplomatie, avec empathie pour les êtres humains.

Zones de responsabilité et de protection. Ces frontières permettent jusqu’à présent de créer des territoires dans lesquels les citoyens sont censés se sentir en sécurité et unis par une nation qui les protège, une nation souveraine censée être responsable du bien-être de ses ressortissants en préservant et stimulant la culture du pays. Quand les besoins primaires sont satisfaits, les gens se sentent bien chez eux, ils ne sont pas nombreux à avoir envie de vivre ailleurs, de façon provisoire ou définitive.
Voulons-nous créer des zones dans lesquelles nous nous sentons responsables et protégés par nos valeurs et nos actions communes ? Voulons-nous tendre vers un développement économique solidaire systémique durable et en finir avec les conflits de communautés antagonistes qui n’existaient pas il y a deux siècles ? Voulons-nous nous gouverner et stopper les révoltes communautaristes qui nous avilissent et détruisent nos humanités individuelles et collectives ?

Richesse de la diversité. Voulons-nous encourager la diversité dans sa richesse comme source de vitalité et d’innovation ? Une organisation en régions locales, nationales, régionales ou internationales ne peut être utile qu’à partir du moment où elle s’attache à la protection des citoyens et de la planète. Une structure, uniquement destinée à diriger et uniformiser notre monde comme un empire, conduit par quelques têtes pensantes, n’est dans l’intérêt d’aucun peuple. Comment pouvons-nous organiser le monde pour favoriser les échanges et les innovations tout en préservant les individus et en refusant les gouvernances pyramidales hiérarchisées et centralisées ?

Economie systémique solidaire.
L’ensemble de mes idées soutient ce que j’ai appelé une économie systémique solidaire qui prend en considération le développement de nos pays dans un système global économique et sociétal pour la croissance équitable des nations et des citoyens sur l’ensemble du globe. Elle regroupe toutes les notions d’économie sociale et solidaire, durable, verte, symbiotique, circulaire et tous les adjectifs proposés pour une économie au service de la dignité et de la vie de l’ensemble des êtres humains.

Collaboration des pays. Les pays collaboreraient pour réduire les écarts entre les plus riches et les plus pauvres en soutenant le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ils s’organiseraient pour permettre d’élever le niveau d’éducation de tous les enfants du monde et éradiquer la pauvreté et la surpopulation, terreau de violence. Des environnements adaptés permettraient au maximum d’individus de déployer leurs cerveaux et les gens, quelles que soient leurs origines ou leur type d’intelligence, choisiraient de construire un monde meilleur et plus équitable. Les pays s’organiseraient pour permettre l’échange équilibré des personnes le plus motrices pour rechercher, innover, construire et pour trouver des solutions pour un développement durable

Objectif commun. Les recherches s’orienteraient pour trouver des solutions qui respectent la planète et ses habitants dans tous les domaines et dans tous nos rapports économiques et sociaux. L’objectif commun serait que chaque territoire puisse avoir accès à l’énergie et aux ressources indispensables pour son développement économique, pour créer des infrastructures de télécommunication et permettre l’accès au monde numérique partout sur le globe.

Label B°.
Cette organisation pourrait être labélisée B° comme bio : la vie, avec B comme Bee, l’abeille, dans cette métaphore de l’essaim d’abeille, nous serions comme des abeilles de la ruche qui contribuerions, chacun à notre place, à fabriquer ce nectar et ce miel. Nous accepterions d’être interdépendants et les décisions se prendraient à chaque niveau puisqu’il est désormais simple d’interagir avec un pair à l’autre bout de la terre si nécessaire. La reine « économie » serait au service de la ruche et non son dictateur. Bo avec la devise « Changeons le monde ensemble » devise traduite par chaque entité dans sa langue, par exemple en swahili, « Bo, hebu tubadilishe ulimwengu pamoja ».

Indépendance des territoires.
Dans cette économie, les capitaux seraient répartis sur l’ensemble des citoyens et des territoires qui seraient majoritaires dans les organisations à but lucratif et non lucratif. Les territoires auraient donc un revenu et géreraient leurs recettes et leurs coûts sans forcément passer par l’impôt.
Comme dans la forêt primale, les décisions seraient prises localement, en s’appuyant sur des informations essentiellement d’origine locale, et c’est de l’ensemble des microdécisions qu’émergeraient les réponses dynamiques et adaptatives permettant à l’écosystème technologique, social et économique de maintenir son intégrité tout en évoluant en permanence. Nous ajouterions des gouvernances dont les nominations et responsabilités seraient adaptées à un système qui favorise l’équité à tous les niveaux.

Secteur seigneurial pour les particuliers.
Les personnes qui deviendraient assez riches pour se lancer dans une activité qui les passionne pourraient choisir d’investir dans le marché Bo ou de créer leur organisation avec leurs propres capitaux et ceux d’autres particuliers dans un marché seigneurial au label Sl.
Un territoire pourrait investir dans une entreprise du secteur seigneurial. Cependant, le label Bo ne serait délivré qu’aux entreprises dont l’actionnaire majoritaire serait un territoire. Le label Sl concernerait les entreprises dont la majorité des capitaux appartiendraient à des particuliers. Toute organisation sous le label Bo ou Sl recevrait deux notes de 1 à 5 qui seraient publiques. La première note prendrait en considération le respect des exigences de l’économie systémique solidaire, la seconde serait liée à l’avis des utilisateurs avec des critères relatifs à l’activité de l’établissement.
Est-ce que toute entreprise, Bo ou Sl, publierait ses comptes ? Ses rémunérations ? Des régulations territoriales, nationales et internationales de protection des citoyens, salariés, de la planète et de l’économie systémique solidaire seraient-elles établies ? Les montant des rémunérations serait-il cadré ? Les territoires organiseraient les services aux citoyens comme l’éducation, la justice, la protection et la défense, le logement, la santé, l’alimentation minimum ou l’aide aux plus vulnérables de manière à équilibrer leurs dépenses et leurs revenus dans ces secteurs. Ainsi, tous les travailleurs du secteur Bo bénéficieraient de prestations gratuites ou à des prix forfaitaires définis par les territoires en fonction du bien commun. Comment les entreprises du secteur Sl contribueraient-elles à l’organisation sociétale ? Seraient-elles soumises à l’impôt ? Les prestations du secteur Bo seraient-elles facturées à leur coût réel aux travailleurs du secteur Sl ?

Arbitrages.
Les arbitrages économiques, politiques, sociaux ou environnementaux seraient d’abord entérinés localement en s’appuyant sur les spécificités du territoire impacté, comme dans toute structure fédérale. Les régulations seraient ensuite étendues au niveau des nations, des régions ou du monde selon leur universalité pour le développement équitable et démocratique du globe.
Nous n’aurions plus de ponte individuel décisionnaire pour tous les individus mais selon les sujets, des gens de terrain et les experts de la branche qui se rencontrent pour prendre des décisions dans le domaine qu’ils maîtrisent. Les représentants des gouvernances auraient un rôle consultatif pour apporter la vision globale de l’organisation et questionner les tenants et les aboutissants.

Une transition vers ce type d’organisation plus participative et collaborative serait-elle possible ?

Le vivant en modèle sociétal

Le biomimétisme[i] m’a aidée à concevoir de nouvelles idées d’organisation sociétale. J’ose rêver et partager des idées qui peuvent être révisées, remodelées, complétées ou évacuées. Sommes-nous prêts à imaginer un monde autrement qui prend en compte l’ensemble des citoyens et s’appuie sur eux, en gardant un regard global, ancré dans nos besoins individuels et collectifs ? Oserons-nous rêver ensemble et inventer un nouveau système un nouveau modèle de société plus démocratique et équitable, plus vivant pour tous et qui favorise la paix ?

S’inspirer de la nature.
Le biomimétisme permet à des professionnels de s’inspirer de la nature, dans ses formes et ses flux, il guide des gens pour innover, au niveau technique et esthétique, et créer des matériaux, des objets, une agriculture, une architecture ou des énergies performantes et durables en référence aux seize principes du vivant. Il peut aussi nous aider à envisager des rapports sociaux plus optimisés, dans lesquels nos efforts portent leurs fruits.

Coopérer.
La nature me subjugue par son étonnante résilience et sa formidable efficience : vivre, grandir et se réinventer dans des conditions difficiles. Dans son rapport de 2010 sur l’éco-innovation[ii], l’OCDE nous encourage à étendre ces règles naturelles à notre gestion mondiale de l’écosystème planétaire en considérant comme source d’inspiration l’ensemble des interactions et des processus biologiques dans leur milieu pour nous permettre de coopérer entre êtres humains, entre espèces et de créer l’abondance. Voici les seize principes du vivant reconnus.

La vie s’organise du bas vers le haut, du petit vers le grand.
La nature est faite d’atomes, transformés en bactéries, source de la vie, qui deviennent des protozoaires, toujours unicellulaires, pour se transformer en trois groupes multicellulaires. Les plantes, petits génies en herbe, qui sont les seules instances vivantes capables de maîtriser la photosynthèse, processus vital qui leur permet, grâce à la lumière du soleil, d’absorber le gaz carbonique de l’air et d’apporter l’oxygène au monde. Les champignons sont des petits ouvriers acharnés qui décomposent la matière morte ou collaborent avec les plantes pour les rendre plus efficaces. Les animaux enfin, branche à laquelle nous appartenons, ont un besoin impérieux des plantes pour leur alimentation et leur oxygène.
Comment pouvons-nous réorganiser nos équilibres économiques et collectifs pour retrouver cette harmonie naturelle ? Est-ce que la reconnaissance de l’apport essentiel de chacun à son niveau n’est pas indispensable ? Dans une nation, est-ce que ce principe nous invite à abandonner nos organisations pyramidales pour laisser plus d’autonomie à des entités plus locales ? Au niveau international aussi, est-ce que cela ne nous propose pas de favoriser l’autonomie, l’indépendance et la souveraineté réelle de chaque peuple avec une gouvernance qui les représente et les protège ?

La vie s’assemble en chaînes.
La chaîne la plus connue est l’ADN. Ces chaînes permettent la transmission d’informations, indispensable pour prendre les bonnes décisions. Est-ce que nous transmettons efficacement l’information ? Cette question est valable à tous les niveaux, dans une famille, une communauté, une entreprise, une nation et dans le monde.

La vie a besoin d’un dedans et d’un dehors.
Le processus vivant ne survit que dans le maintien de ses délimitations pour protéger son espace intérieur et extérieur. Serait-il naturel d’édicter des règles aux enfants et des lois dans nos sociétés pour clarifier les limites ? Dans une démocratie, les lois nous aident à marquer les frontières entre ce qui est démocratique ou non. La délimitation du dedans et du dehors permet l’échange clarifié. J’y vois le rôle de nos frontières comme des limites qui permettent de garder des organisations à taille humaine pour la protection et le soutien d’une communauté nationale. Est-ce que ce principe encourage nos nations à se positionner dans un cercle précis, pour pouvoir choisir de collaborer à l’intérieur de son cercle d’appartenance, l’Europe par exemple, ou en collaboration avec un cercle extérieur ?

La vie utilise peu de thèmes pour générer de multiples variations.
La créativité est un processus viscéral et naturel propre à chaque être humain. N’est-ce pas aussi un principe qui nous invite à nous reconnaître similaires avec de multiples variations ?

La vie s’organise grâce à l’information.
Dans notre corps, la bonne information permet croissance et guérison, la mauvaise information crée des maladies comme le cancer. Quelle est la qualité des informations que nous transmettons ?

La vie encourage la diversité en redistribuant l’information.
Comment mélangeons-nous nos informations pour en faire émerger des innovations variées ? Ce principe nous invite à échanger les informations. Serait-ce ici que nos chers robots peuvent nous aider à devenir plus vivants en brassant et redistribuant une masse d’informations que notre cerveau humain ne peut traiter seul ?

La vie crée à partir d’erreurs.
Les erreurs de copie du code ADN peuvent favoriser une espèce et être transmises. L’ours polaire a bénéficié d’une telle erreur, à l’origine, les ours sont bruns, mais le gène qui gère la couleur de son pelage a muté de brun à blanc, et la bête est toute contente puisque cette erreur décuple sa capacité de camouflage sur la banquise. Quels apprentissages retirons-nous de nos erreurs ? Comment les nations peuvent-elles reconnaître leurs erreurs pour permettre de transformer des tensions culturelles, historiques et diplomatiques en terreau de collaboration ?

La vie naît dans l’eau.
L’eau est un milieu souple et essentiel pour le développement des organismes vivants, leur adaptabilité et leurs capacités à former des liens. Pas d’eau, pas de vie. Au sens propre, comment prenons-nous soin de notre eau : nappes phréatiques, rivières, mers et océans ? Au sens figuré, si l’eau est un milieu qui permet de former des liens, c’est la vie sociale qui permet aux êtres humains de se sentir connus les uns des autres, importants les uns pour les autres pour s’adapter les uns aux autres et former des liens. Comment prenons-nous soin de notre socialisation pour que la vie circule à tous les niveaux ? Comment entretenons-nous des liens entre nations pour apprendre à se connaître, se reconnaître, s’apprécier et collaborer ?

La vie se nourrit de sucre.
Par la photosynthèse, le soleil crée les sucres, bases de la matière organique, utilisés comme combustibles pour la respiration de la plupart des espèces. Attention les gourmands, nous ne sommes pas en train de parler des sucres transformés au point de devenir nocifs pour la santé. Au sens propre, comment prenons-nous soin du règne végétal ? Au sens figuré, est-ce que le sucre pourrait être nos intelligences, utilisées comme combustibles pour construire le monde ? Quel respect et quelle valorisation de l’intelligence de chaque être humain choisissons-nous ? A titre collectif, comment utilisons-nous les intelligences des citoyens de nos collectivités et de nos nations pour favoriser la vie et la croissance de nos nations dans un monde en paix ?

La vie fonctionne par cycles.
Presque tous les processus biologiques fonctionnent en boucle. Cette circularité permet à la nature de s’autoréguler, d’apprivoiser l’imprévu en ajustant l’information à chaque renouvellement du cycle et de gérer ses écosystèmes malgré les catastrophes naturelles. Comment pouvons-nous repenser à nos écosystèmes économiques, sociaux et écologiques pour qu’ils fonctionnent en boucle ? Comment nos collectivités et nos nations peuvent-elles apprendre à apprivoiser l’imprévu dans leurs relations pour s’autoréguler et évoluer en se renouvelant ?

La vie recycle tout ce qu’elle utilise.
Tout déchet produit par un organisme devient matière première pour un autre. Que devons-nous changer pour permettre un tel recyclage, quelles nouvelles énergies et nouveaux matériaux pouvons-nous inventer et utiliser pour faire de nos déchets les matières premières de nos nouveaux produits et/ou énergies ? A titre collectif, comment pouvons-nous organiser une vraie transmission des expériences, savoirs et connaissances d’une génération à une autre, d’une collectivité ou d’une nation à une autre dans un cycle infini ? Si nous révisions nos rapports pour construire ensemble, en apprenant avec bienveillance de nos conflits pour choisir le pardon et nourrir l’échange et la paix pour nos peuples ?

La vie perdure grâce aux rotations de matière.
Les molécules disparaissent en permanence pour être renouvelées. Au sens propre, avez-vous entendu parler de ces tissus autonettoyants ? Ce n’est pas un film de science-fiction, ils existent, plus besoin de mettre ses vêtements dans la machine à laver : la lumière suffit à les nettoyer facilement et rapidement. Au sens figuré, pour perdurer, une organisation humaine a-t-elle besoin de renouvellement permanent ? Cela ne veut pas dire de tout changer tout le temps. Dans le corps, certaines cellules sont remplacées très fréquemment alors que d’autres perdurent beaucoup plus longtemps. Comment nos organisations humaines permettent des rotations d’individus pour perdurer ? Dans notre équilibre international, comment les différentes nations sont écoutées pour permettre au monde de fonctionner en s’appuyant sur la diversité des cultures et expériences de chacune ?

La vie tend à optimiser plutôt qu’à maximiser.
Si toutes les graines d’un écosystème essayaient systématiquement de germer le plus tôt possible, l’ensemble de l’espèce n’arriverait pas à s’adapter aux variations de climat alors que le développement plus tardif de certains exemplaires permet la survie de l’espèce en toute circonstance.
Optimiser, à l’école, nous sommes nombreux à avoir suivi ce principe : en faire le moins possible pour obtenir le meilleur résultat possible. C’est rassurant de savoir que c’est un processus naturel, il est temps d’arrêter de faire croire aux gamins qu’il faut bosser comme des bêtes pour devenir premier de la classe. En revanche, celui qui a trouvé sa passion et veut réussir avec brio devra avoir une vision, de la persévérance et travailler énormément.
Si nous voulons nous motiver pour changer nos habitudes, quels processus pouvons-nous trouver pour faire moins d’effort et être plus heureux, plus vivants ? Est-ce que ce principe n’explique pas comme notre système économique qui cherche la maximisation à tout prix, ne nourrit pas la vie et n’est donc pas, en l’état, viable à long terme ?

La vie est opportuniste.
L’examen de cadavres de baleines sur les fonds océaniques a permis la découverte de nouvelles espèces de vers marins se nourrissant exclusivement de la graisse de leurs os. Cette formidable aptitude innée à la vie n’est-elle pas stimulante aujourd’hui, alors que nous comprenons que notre système est arrivé à une extrémité qui lui demande de changer ? Qu’allons-nous imaginer et découvrir ? Que pourrions-nous retenir de nos organisations sociétales actuelles pour inventer un nouveau modèle qui respecte les individus et les nations dans leurs différences ?

La vie est compétitive sur un socle de coopération.
Chaque organisme agit dans son propre intérêt, mais le monde vivant fonctionne grâce à la coopération. Je me reconnais totalement, j’ai besoin de grandir et de me sentir utile pour la communauté humaine. Quel intérêt personnel trouvons-nous à participer à l’édifice d’un monde de paix et plus humain ? Qu’est-ce chaque nation, chaque groupe d’influence gagnerait à nourrir une compétitivité sur un socle de coopération internationale ?

La vie est interconnectée et interdépendante.
Toutes les espèces évoluent les unes en fonction des autres, tous les écosystèmes ont un impact les uns sur les autres. Est-ce que notre système économique se sent interconnecté et interdépendant des vies humaines et de la planète ? Avons-nous l’impression de nourrir la vie avec nos organisations et nos décisions ? A titre individuel, est-ce que les décisions que nous prenons soutiennent réellement notre besoin de nous sentir vivant, de propulser la vie dans l’existence dont nous rêvons ? Si nous rêvons d’une vie emplie de passion et d’humanité, rappelons-nous que cela demande conscience, empathie, amour, compassion, vérité, curiosité, intelligence et créativité. Comment pouvons-nous nous entraider entre nations dans un esprit de développement national sur la base d’un développement international ? Est-ce que nous recherchons le pouvoir ou est-ce que nous voulons la vie ?

Organisation de la forêt comme modèle.
Dans le vivant, l’observation de la forêt vient remettre en question nos organisations sociétales au commandement centralisé.
Pas de P.D.G. Gauthier et Michèle, auteurs du livre sur le biomimétisme écrivent « Il n’existe pas de PDG dans une forêt. Aucun arbre-empereur récoltant toutes les informations pour suivre l’état de santé de sa forêt qui lui permette de prendre une décision centralisée avec son conseil d’administration, avant de faire redescendre l’information vers tous les acteurs de terrain. Au contraire. Les décisions sont prises localement, en s’appuyant sur des informations essentiellement d’origine locale, et c’est de l’ensemble des microdécisions qu’émergent les réponses dynamiques et adaptatives permettant à l’écosystème forestier de maintenir son intégrité tout en évoluant en permanence. Il n’existe pas d’écosystème centralisé dans la nature. »
Remettre la pyramide à l’endroit. Nous voyons ici que la forêt nous invite à établir des organisations fédérales participatives auxquelles j’ajouterais des gouvernances collaboratives. Aujourd’hui, non seulement quelques individus peuvent faire des choix financiers et entrepreneuriaux qui impactent des milliards d’êtres humains, mais en plus, leur fortune personnelle leur permet de choisir eux-mêmes, avec leur vision conceptuelle et empreinte de leur propre culture, de nombreuses causes humaines à défendre. Nos enjeux socio-économiques sont influencés par une base étroite composée de quelques dirigeants qui mènent notre système. Pourrions-nous créer une base large  riche de mille idées, mille projets, une ruche grouillante de petites abeilles qui dansent et interagissent avec leur milieu pour former un essaim efficient et productif ?
Vision à très long terme.
Par ailleurs, le manque de raisonnement et de projection à long et très long terme fait parfois prendre de mauvaises décisions, sans doute que les égos et les blessures d’amour des décideurs, ou leur sens des responsabilités et de persévérance indétrônable, sont aussi sources de choix qui peuvent être nuisibles à la collectivité. En nous focalisant sur un sujet particulier, nous pouvons parfois oublier de penser global.
Organisation apprenante. Dans la démocratie, le global passe par l’amélioration des conditions de vie de chaque citoyen, une économie florissante qui améliore la dignité de chaque être humain et répartit équitablement les richesses créées par leur travail. Dans son livre, Barbara Tuchman nous raconte l’histoire[iii] des grandes politiques dévastatrices menées à terme en dépit de leur propre intérêt, de la chute de Troie à l’implication des Américains dans la guerre du Viêt-Nam. Voulons-nous prendre des décisions justes qui, plutôt que de maximiser et concentrer le profit ou donner un pouvoir apparent, permettent d’optimiser nos capacités de réflexion, d’apprentissage et d’action dans un partage équitable des richesses qui permettra un développement plus durable et plus rapide ?


[i] Le Vivant comme modèle – Gauthier Chapelle, Michèle Decoust – Albin-michel.fr – 2020
[ii] L’éco-innovation dans l’industrie – OECD.orgOCDE – 2010
[iii] La marche folle de l’histoireBarbara Wertheim, Tuchman – Ce livre n’est plus édité – 1992

Rêvons et agissons

« Lorsqu’on rêve tout seul, ce n’est qu’un rêve alors que lorsqu’on rêve à plusieurs, c’est déjà une réalité. L’utopie partagée, c’est le ressort de l’Histoire. »

Elder Camara 

Pour construire un monde meilleur, nous pouvons faire appel à notre fantastique capacité de créativité. Rêvons et créons du neuf à partir de l’existant.