Amour humain

Devenons la personne que l’autre attend.

Pensons à la personne qui nous attend plutôt qu’à celle dont nous rêvons.Si nous reprenions le temps de nous relier ? Aujourd’hui, dans nos sociétés pressées, nous allons tellement vite que beaucoup ne prennent plus le temps d’être patients pour apprendre à se relier et à s’aimer. Et si nous réapprenions à prendre le temps de vivre et d’aimer ? Comment pouvons-nous progresser pour créer des liens plus satisfaisants ? Les robots vont-ils nous faire prendre conscience de notre besoin de lien en humanité ? Quelle est notre capacité à créer des liens humains et humanisés ? Est-ce que cette aptitude est étudiée par la science ?

Et si nous devenions cette personne que l’autre attend plutôt que d’attendre la personne de nos rêves ?

Les enfants sont des mini-copies de leurs parents.

Quand nous parlons de couple sérieusement, vient souvent la question des enfants. Avons-nous des enfants ? Avons-nous observé comme ils sont un doux mélange des traits de personnalité du papa et de la maman ? Les enfants sont toujours ceux de leurs parents, quelle que soit la qualité du lien, même s’ils développent leur propre personnalité. Avant d’avoir des enfants avec notre partenaire, nous sommes-nous assuré que nous souhaitons sa mini-copie évoluée ?

Savons-nous ce qu’est l’amour humain ?

J’ai aimé comme j’ai pu, avec des références bancales, avec mes blessures d’amour, en allant chercher en dehors de moi, incluant dans la religion, ce que je connaissais mal. Même quand j’ai rencontré mon mari, je me demandais si c’était ou non de l’amour. Ce que j’ai peu à peu compris, c’est que l’amour est d’abord et avant tout un échange émotionnel. L’amour est un sentiment nourri d’émotions. Pour faire vivre une relation, nous avons besoin d’échanger nos émotions, toutes nos émotions. Dans une relation aimante, si nous entendons la joie de l’autre, elle nous irradie, si nous entendons sa tristesse ou sa colère, nous comprenons mieux l’autre, nous avons envie de l’aider. Nous vivons ensemble. C’est la raison pour laquelle l’alphabétisation émotionnelle est si importante. Savoir dire à l’autre ce que nous ressentons, non seulement nous fait du bien, mais nourrit le lien avec l’autre et permet l’échange, bien plus qu’un bon restaurant ou que deux jours dans un hôtel de rêve. Les endroits magiques aident à vivre des instants magiques, mais sans l’échange d’émotions, ils entrent dans un catalogue, pas dans une expérience de vie. Quelle expérience nous fait penser que nous avons partagé un vrai amour ? Avec des parents, un.e chéri.e, des enfants, qui ? Comment définirions-nous cet amour ?

Avec nos enfants, nous pouvons découvrir l’amour humain.

Avec mes enfants, j’ai découvert la difficulté d’aimer sans condition, chaque jour et chaque heure, indéfectiblement des êtres humains. C’est exigeant, nourrissant et chaleureux. Nourrissons-nous notre besoin d’absolu en nous intéressant à nos pairs et aux personnes que nous aimons ? Avons-nous des enfants, des neveux ou des nièces, des filleuls ? Qu’avons-nous découvert de l’amour humain en aimant ces petits êtres en croissance ?

Amour et haine sont-ils le même sentiment ?

Avec les enfants, j’ai été confrontée à mes plus beaux sentiments et ma pire violence. Même dans mes pires colères, j’ai toujours ressenti que j’aimais mes deux trésors. Mais quand notre réservoir d’amour est vide, est-ce qu’aimer et adorer peut se transformer en détester et haïr ? Ces sentiments seraient-ils tous le même à des extrémités opposées ?

Plutôt que de glisser vers nos sentiments ténébreux, pourrions-nous regarder nos blessures profondes pour les soigner en partie et réduire ces béances d’amour afin de préserver les gens que nous aimons de nos propres déchirures ? Est-ce que l’amour se déploie dans la bienveillance et la tendresse et la haine face à l’isolement, l’injustice et l’abus ?

L’amour serait-il notre nature profonde d’être humain et la violence, notre réaction à l’amour piétiné au fond de nos entrailles, liée à nos blessures d’amour ? Sommes-nous à l’aise avec cette la dualité sentimentale amour-violence, la voyons-nous à l’intérieur ou à l’extérieur de notre être ?Est-ce qu’amour et haine sont trésors et blessures intérieures que nous avons besoin de regarder en face pour grandir ?

Le chemin de devenir en capacité d’aimer donne du sens à notre vie.

Nous oublions-nous dans notre relation à Dieu ou aux autres ? Savons-nous nous affirmer dans le respect de l’autre ? Nous autocentrons-nous sur nos besoins ? Est-ce que nous nous aimons nous-même ?

Est-ce que nous apprenons à aimer dans des relations concrètes ? L’amour nous a-t-il encouragé à nous dépasser ? L’amour nous donne-t-il de la force ? En même temps, une fois que nous aimons, nous nous sentons vulnérable, car toute relation d’amour peut être abîmée ou rompue, et alors nous souffrons. Choisir d’aimer et d’apprendre à toujours aimer mieux donne-t-il, malgré tout, du sens à notre vie ?
Voudrions-nous réapprendre à créer des relations chaleureuses et constructives ?

Chaudoudoux

Enfant, j’ai eu la chance de lire « Le conte chaud et doux des Chaudoudoux[1] », il m’a raconté l’art d’être heureux et de rendre les autres heureux, la joie de donner et de recevoir. L’histoire se passe dans un pays lointain, il y a fort longtemps. Les gens s’échangeaient des chaudoudoux, ils étaient inépuisables. Chaque fois que quelqu’un recevait un chaudoudoux, il se sentait immédiatement chaud et doux de partout, c’était gratuit et ils s’échangeaient des chaudoudoux à longueur de journée.

La sorcière qui cherchait à développer son commerce sema le doute dans l’esprit des villageois pour leur vendre les froids-piquants qu’elle avait inventés. Ça coûtait cher et les gens commençaient à compter, éliminant presque les chaudoudoux dont ils avaient soudain peur de manquer.

Quand Julie Doux arriva dans le village, elle n’avait jamais entendu parler de la pénurie et offrit gratuitement des chaudoudoux à tous ceux qu’elle rencontrait. Les enfants l’adoraient car ils se sentaient bien avec elle et eux aussi se mirent à distribuer des chaudoudoux quand ils en avaient envie, comme au bon vieux temps.

Nous l’aurons compris, les chaudoudoux sont toutes ces marques d’attention et de bienveillance que nous pouvons échanger et qui nous réchauffent autant que celui qui reçoit. Les froids-piquants représentent toutes ces piques que nous nous envoyons en guise d’interaction, mais qui nous laissent un peu pantois. Ce conte traite non seulement du partage inconditionnel et de la peur de manquer qui détériore les relations humaines, mais aussi de l’espoir et d’un changement possible. Pouvons-nous continuer à être gentils ? Voulons-nous créer des liens pour le plaisir de l’échange ?

Comment se connecter à notre humanité face au grand nombre ?

Si nous entendons que cent-vingt personnes sont décédées aujourd’hui du virus, entendons-nous parler de vies disparues ou entendons-nous un chiffre ? Nous sentons-nous concerné ? Si notre ami nous dit que sa mère vient d’être emportée, sommes-nous touché ? Comment réagissons-nous face aux chiffres ? Gardons-nous notre humanité ? Si nous entendons parler de cette caissière ou cette soignante, cela nous fait-il réaliser l’importance de son rôle, son engagement malgré le risque pris face au virus et sa vie financière et organisationnelle difficile ? Nous sentons-nous plus concerné par cette femme que par des chiffres ? Qu’est-ce que la vie sans aimer ?

Le droit d’aimer
Pas de tendre souffrance
Elle est profonde et immense
J’ai perdu mes références
A la recherche du sens
Les hommes sont devenus fous
Plus de garde-fous
Leurs lances percent mon cœur
Plus de ciel, plus de douceur
Un monde en échiquier
Je me sens pion sur les pavés
Où trouver l’espoir
Sur ces tristes trottoirs ?
A quoi rime la vie
Où sont parties mes envies ?
Que va-t-on devenir ?
Quel sera notre avenir ?
Choisirons-nous le bonheur
Ou le pouvoir en leurre ?
Je veux vivre en liberté
Droit de rire et droit d’aimer
Ensemble, honorer la vie
Et la vivre à l’envi

Quelle place donnons-nous à l’amour dans notre vie ?

Nous sommes revenus hier de Dübendorf, j’y ai emmené mon fils passer un test pour tenter de rejoindre la section des parachutistes pour son futur service militaire, obligatoire en Suisse. Sur la route du retour, il me racontait ses épreuves puis nous avons abordé les perspectives de la vie militaire, le sens de la mission de ces hommes et de ces femmes qui sont prêts à mettre leur vie en péril pour défendre leur patrie, ce qui nous a entraînés sur des discussions plus générales, évoquant les guerres et le sens de la vie. Il s’est bien moqué de moi quand je lui ai parlé de la beauté comme sens de la vie. Voici une bribe de notre dialogue :

– Arrête avec tes trucs philosophiques, moi je ne me pose pas ce genre de questions.

– Quand j’avais ton âge, j’ai participé à un camp qui s’appelait « Réussir sa vie », nous nous interrogions sur ce que ça voulait dire pour nous, qu’est-ce que c’est pour toi, réussir ta vie ? Ça a quel sens pour toi ?

– Déjà là, tu vois, rien que la question, ça ne m’intéresse pas. Vivre, ça veut dire survivre, on n’a pas le choix.

– Survivre, seulement ? Pourtant tu me dis que tu es fier de toi et que tu as plein de projets et dans mon cœur, t’aimer, te voir vivant, ça a du sens. Se sentir vivant, ça a du sens.

– Mais maman, c’est pareil, on est bien obligé d’aimer pour survivre.

– On est bien d’accord 🙂

Nous n’avons pas les mêmes approches mais le même élan du cœur. Est-ce que l’essence de notre humanité n’est pas notre capacité d’aimer ? Aimer l’autre, n’est-ce pas lui permettre d’être lui-même dans son entier, ses besoins et ses choix ? Suivre notre cœur en gardant notre tête, et en respectant notre corps peut-il nous aider à nous sentir vivant, voire heureux ? Se centrer sur un sentiment d’amour authentique, peut-il nous aider à nous éloigner des manipulateurs ?


[1] Le conte chaud et doux des chaudoudoux – Claude Steiner – Librairie Eyrolles – 2009

Amours malheureux

L’assistance à l’autre n’est pas de l’amour.

D’autres couples confondent l’amour qui les relient et l’assistance l’un envers l’autre. Que faisons-nous quand nous protégeons l’autre, est-ce que nous le restreignons ou est-ce que nous lui offrons la liberté ? Mes parents connaissaient un couple dont l’époux était devenu handicapé suite à un accident. Lumia a répondu à toutes les demandes de son conjoint sans mettre de limite, sans rien refuser pour se préserver elle-même. Elle a perdu de sa liberté, de son essence, de sa vitalité. Lui, a perdu son autonomie. Elle ne s’est pas assez respectée elle-même et en accédant à toutes les requêtes de son mari, elle l’a rendu totalement dépendant. En le protégeant, elle l’a enfermé dans ses manquements et l’a empêché d’évoluer. Elle est devenue son point d’accès au monde extérieur. L’amour, au lieu de devenir source de vie et de liberté, est devenu foyer de dépendance réciproque. Assistons-nous notre chéri.e, nos enfants ? Notre assistance crée-t-elle une dépendance ou leur apporte-t-elle de la liberté ?

Cinq conclusions de comptoir sur l’amour.

Un de mes copains, Fabrice, a deux frères. Il s’est marié avec une femme adorable. Ils étaient amoureux et complémentaires, mais il était peu communicant. Elle a divorcé quand leur fils a eu quinze ans. Son frère Tom a été séduit par une belle Aphrodite qui le subjuguait par sa beauté, l’a épousé jusqu’à ce qu’il comprenne qu’il était son porte-monnaie et qu’elle le quitte pour un autre qu’elle connaissait depuis toujours. C’est peut-être cette expérience traumatisante qui l’a poussé à se mettre en couple avec une femme qui leur offrait une qualité de vie très agréable grâce à des revenus confortables et qui ne voulait pas d’enfant. Mais ils ont fini par se rendre à l’évidence, leur couple ne fonctionnait pas, elle avait projeté sur lui l’image d’un autre, il avait cédé à la facilité. Ils se sont quittés. De façon tout à fait fortuite, il a rencontré Léna, ils se sont plus, se sont mariés, leur vie est plus simple. Il a maintenant cinquante ans et est devenu père pour la première fois depuis six mois. Sa vie s’est transformée. Il prend soin du bébé et poste des photos de sa petite lumière régulièrement en commentant ses apprentissages. Sa paternité l’épanouit. Fabrice ne l’a jamais vu aussi heureux. Son petit frère quant à lui, s’est marié avec Astou qui venait de quitter son premier mari pour lui. Ils ont eu un petit garçon. Quelques années plus tard, Astou a divorcé pour retrouver son premier mari. Il était abattu. Il a finalement rencontré Elly, déjà mère de deux enfants, avec qui il a eu une petite fille et mène une vie qu’ils ont choisie et pleine des plaisirs et des mouvements de la vie. Mes conclusions de comptoir hâtives :

  • L’amour ne suffit pas, un couple a besoin de communiquer pour durer.
  • Ne nous marions pas avec une beauté, mais créons une relation.
  • Le confort matériel apporte de la sécurité, pas du bonheur, cherchons l’amour avant la facilité.
  • Réfléchissons bien avant de nous engager avec quelqu’un qui quitte son partenaire pour nous, nous pourrions être le prochain sur la liste.
  • Ce n’est pas toujours dans les relations que nous avions imaginées que nous trouvons l’équilibre et le bonheur. Et parfois même, les différences vont devenir le terreau de la vie puisqu’elles obligent le couple à se créer de nouvelles références qui ne sont plus ni celles de l’un, ni celles de l’autre. Ils créent leur lien à leur image.

Roméo et Juliette, un amour psychotique.

Quand nous parlons d’âmes sœurs, ne nous méprisons pas, la plus grande légende de l’histoire d’amour nous entraîne sur un chemin sans issue. Roméo et Juliette, le couple romantique par excellence, est un amour bancal, psychotique, les gamins sont tellement incapables d’aimer avec force qu’ils préfèrent se tuer ensemble plutôt que de résister ensemble grâce à la force d’amour qui les relie. Amour toxique dans toute sa splendeur.

Maman a peut-être raison.

Quand la mère d’un jeune homme se plaint qu’une fille a jeté le grappin sur son fils et que celui-ci ne veut rien entendre… elle a certainement raison. Une mère veut le meilleur pour son fils, mise à part celles qui veulent juste garder leur grand chéri pour elle toute seule. Or, un mec qui a trouvé une nana avec qui il a une relation sexuelle intense et euphorisante et qui lui dit plein de choses agréables va voir son hormone de l’amour, l’ocytocine, monter en flèche, il va donc se sentir super amoureux, mais pas de la personne qu’il a en face de lui, juste de l’état aphrodisiaque dans lequel il se trouve. Peut-être devrait-il essayer de comprendre pourquoi maman a ce sentiment et se projeter avec sa dulcinée dans une période un peu sèche en ocytocine, aura-t-il envie de continuer à chérir sa belle ?

Certaines relations sont toxiques.

Nous acceptons parfois des relations toxiques que nous croyons être des relations bienveillantes. Dans les relations amoureuses, de nombreuses femmes sont ainsi manipulées et utilisées et la réciproque est vraie même si les hommes s’en rendent moins compte et s’échappent plus facilement dans l’action pour s’évader d’une relation de couple destructrice de leur humanité. Dans une relation toxique[i], l’un des partenaires attaque la singularité de l’autre par l’usure et sous cette emprise, sa victime se laisse plus facilement soumettre, c’est un fait reconnu par les psychologues.

Les trois phases sont une première phase de lune de miel, puis la relation rend addict et dépendant et enfin, la proie se sent déprimée. Avec des ascenseurs émotionnels, des remarques insidieuses, des comportements blessants, des mensonges, des alternances de douceurs et de violences ou menaces, la personne abusive sape l’autonomie et la confiance de l’autre qui devient confus et ne peut se sortir seul de cette relation d’emprise. La victime peut garder son énergie, mais vit en dépendance psychologique, la plupart du temps invisible pour l’entourage, à cause du harcèlement moral.

La victime elle-même et ses proches ne comprennent pas toujours ce qu’il se passe, ils constatent seulement qu’elle n’est plus la même, et pour le pire. Ils ne mesurent pas comme elle a perdu sa capacité de jugement. Prendre conscience de l’emprise amoureuse est certainement un premier pas pour revenir à ses propres besoins et s’en sortir. Sommes-nous dans une relation toxique dans laquelle un.e abuseur prend l’ascendant sur l’autre et, par la confusion, anéantit la capacité de prise de recul de la victime ? La victime va-t-elle chercher de l’aide ?

Une relation virtuelle n’est pas une relation d’amour.

J’ai vécu un moment une relation virtuelle. J’ai eu des très hauts et des très bas. Au début j’ai rencontré un homme, puis nous avons débuté des échanges sur internet. Nous ne nous sommes jamais revus. Tout est resté virtuel. Je ne sais pas comment s’est passé le tour de passe-passe entre cette rencontre réelle et cette relation virtuelle, mais je me suis laissée totalement abusée, il utilisait tous les ressorts de la manipulation. Il me disait comme il m’aimait, comme il m’admirait, comme j’étais belle, comme j’étais intelligente, bref, il comblait mes besoins fondamentaux d’être humain. Il m’envoyait dans la vie réelle des messages, mais n’était jamais présent.

Mon cœur était balloté, j’avais des angoisses, je ne voulais pas me blesser en aimant, ça n’avait aucun sens. Au début, c’était simple d’aimer virtuellement, avec le temps qui est passé, c’est devenu un calvaire, ça ne pouvait pas durer. Il me disait qu’il me formait et j’apprenais des tas de choses. Quand j’arrivais à me distancier, il me disait comme il avait besoin de moi, de nous, et de mes messages. Il me rattrapait finement et je revenais toujours. Nous allions toujours nous voir dans un mois et après la non-rencontre, il me disait que j’avais encore des choses à apprendre, que la prochaine fois serait la dernière. Mais il y a eu des tonnes de prochaines fois.

Avec le temps, j’ai compris que sans nouvelle rencontre physique, il m’était impossible de connaître ses réelles intentions, impossible. Pourtant cette histoire a duré très longtemps. Pourtant, je ne crois en l’amour que lorsqu’il déjoue notre réalité humaine dans son étroitesse physique et matérielle et nous illumine dans sa majesté de présence subtile. Dans cette histoire virtuelle, il manquait la dimension palpable et le grand écart entre ma vision de l’amour, incarné dans le réel, et la nature de cette relation me plaçait en porte-à-faux. Elle engendrait un sentiment très désagréable qui n’avait rien à voir avec l’amour. Avons-nous déjà été dans une relation virtuelle ? Nous a-t-elle fait du bien ? Nous a-t-elle fait souffrir ? Pouvons-nous qualifier cette relation comme une relation d’amour ?

Des malfaiteurs abusent de personnes très bien dans des relations amoureuses virtuelles.

Sophie était célibataire, elle s’est inscrite sur un site internet et a rencontré Sam qui habitait à l’autre bout de la planète. Echanges virtuels et pourtant si magnifiques, je l’ai vue se transformer, cette magie amoureuse. Je m’inquiétais qu’elle ne le rencontre pas, il avait tout, tout… sauf de l’argent, il avait acheté son billet d’avion, mais un problème professionnel l’a retenu, puis un accident, il a eu besoin d’argent et lui en a demandé. Pauvre bonne poire. Emprise amoureuse dans sa plus vile essence… elle a envoyé plusieurs fois de l’argent pour finalement comprendre. Son cœur était en miettes et son compte en banque à sec[ii]. Connaissons-nous des personnes qui ont été abusées ? Avons-nous été abusé ? Avons-nous honte ? Réalisons-nous que nous avons été une victime et que la honte se trouve du côté du manipulateur ?

En parlant d’amour, certains guides profitent de leur position pour abuser des victimes.

L’amour peut également n’être qu’un mirage dans une relation enseignant-enseigné. Comme ingénieur formateur, j’ai mesuré le pouvoir du formateur sur son élève parce que nous sommes leur référence, leur source de savoir ou leur tuteur.

Tout le monde connaît cette ascendance du maître sur l’élève, plus ou moins importante selon l’élève, du gourou sur ses adeptes, du professeur sur ses étudiants, de l’adulte sur l’enfant, de la responsable sur son subalterne et du coach, de l’entraineur et du mentor en général sur son apprenti quel que soit le domaine. L’enseignant nous éveille-t-il à nos propres qualités et nous aide à les déployer ? Est-ce que nous l’aidons aussi à se déployer ? Est-ce que nous sommes dans une relation d’égal à égal ou dans une relation toxique ? Abuser de sa position de guide sur l’apprenant est irresponsable, c’est un crime.

Pouvons-nous aimer un robot ?

Aujourd’hui, de pauvres malheureux s’achètent un robot pour trouver un compagnon de vie, est-ce un progrès ou est-ce une régression ? Miroir en alter-égo ? Où est l’altérité ? Où est la chaleur humaine ? Où sont les rêves ? Dans ses discussions, le robot pourra proposer des sujets qu’il connaît, et il aura une expertise exceptionnelle, mais où seront ses émotions, ses colères, ses exaspérations, son intensité, son opinion personnelle, ses réactions de défense et d’attaque, sa tendresse, sa créativité ? Et sa chair, sa vie sexuelle ? C’est l’apologie de la technique qu’on laisse nous mener par le bout du nez. La technologie semble de plus en plus créative, pourtant elle découle d’un processus préétabli par l’intelligence humaine et logique, elle est le fruit de bits et de lignes de codes inventées et assemblées de façon logique par des personnes en chair et en os, elle ne réfléchit pas. Les ordinateurs quantiques ont une approche plus globale, sont-ils plus intelligents ? Si nous arrivons à créer des machines sensuelles, aussi jolies et sexy soient-elles, envisageons-nous qu’un robot nous offre un jour la jouissance d’un lien humain ?


[i] Le harcèlement moral – Marie-France Hirigoyen – Pocket – 2018

[ii] Amour, emprise et m@nipulation sur internet – Stéphanie Vigne – Librairie Eyrolles – 2017

Relation amoureuse

Quelle importance donnons-nous au plaisir de faire l’amour en début de relation ?

Les historiens ont longtemps pensé que les êtres humains ne copulaient à la préhistoire que pour assurer la reproduction de l’espèce. Nos prédécesseurs n’avaient pas d’images de corps sculpturaux à renvoyer, ni de compétition à savoir qui était le plus riche, le plus influent ou le plus séduisant. Comment nos ancêtres auraient-ils pu ignorer cette dimension jouissive de la vie ? Est-ce pour assurer le renouvellement de l’espèce que les êtres humains étaient dotés de ces capteurs de plaisir charnel ? Malheureusement, nous n’avons pas reçu le mode d’emploi et nous exploitons parfois notre cadeau au lieu d’en prendre soin. Quelle importance donnons-nous à la relation sexuelle dans le couple, au début et plus tard ? Y trouvons-nous du plaisir ? En parlons-nous ? Voulons-nous intensifier notre plaisir sexuel ensemble ? Quelles pistes pouvons-nous explorer ?

Quelle importance donnons-nous à la beauté physique dans les relations amoureuses ?

Les médias lui donnent-elle trop de poids ? Préférons-nous un ou une partenaire à la beauté plastique irréprochable pour nous rassurer sur notre valeur face au regard des autres ? Sommes-nous tombé.e sur le gros lot, épris.e d’un être d’une beauté exceptionnelle ? Hommes et femmes n’ont pas le même rapport à la réalité visuelle. Est-ce uniquement culturel ou les hommes sont-ils naturellement attirés par la beauté d’une femme et par le soin qu’elle prend d’elle-même ? Cela pourrait-il venir de notre nature préhistorique dans laquelle l’homme devait être attiré par la femme pour assurer la reproduction de la race en s’attachant assez à elle pour assurer la subsistance de leur descendance ? Vivons-nous avec le corps de l’autre ou sa personne entière ?

Dans l’élan amoureux, par quoi sommes-nous charmés ?

Qu’est-ce que l’on trouve sexy chez l’autre ? Aimons-nous un « autre » affirmé, à l’aise avec son physique, sa tête et sa libido, et aussi tendre, humain ? Quelles sont les qualités les plus désirables chez un.e partenaire, son intelligence, sa gentillesse, sa droiture, son humour, sa chaleur humaine, son originalité, ses attentions personnalisées, son expression directe, son sourire sincère, sa simplicité, sa spontanéité, sa capacité d’action, son empathie, quoi d’autre ? Sommes-nous sensibles à un homme attentif aux enfants ? Recherchons-nous la complicité ? Dans le jeu de la séduction, jouons-nous un jeu ou nous sentons-nous libre et nous-même ?

Quelle est notre vision du couple ?

« Le couple parfait c’est celui qui se parle comme des meilleurs amis, se dispute comme mari et femme, joue comme des enfants et se protège comme frère et sœur. » Est-ce notre vision du couple ? Qu’aimons-nous dans notre relation ? Se raconter notre quotidien, nos joies, nos peines, nos préoccupations ? Avons-nous envie de nous sentir comme frère et sœur ? Mari et femme engagés dans le meilleur et malgré les difficultés ? Père et mère adultes et responsables ? Meilleurs amis et confidents ? Enfants joueurs ? Meilleurs amants ?

Après l’élan amoureux, dans quoi s’ancre le sentiment d’amour ?

Malgré le temps qui passe, qu’est-ce qui nous fait craquer chez l’autre ? Son apparence, son corps et son contact physique, sa libido, son intelligence, sa sensibilité, son organisation, sa culture, son aisance financière, autre, ou son entier ? Avons-nous envie d’un équilibre sain de notre relation de couple dans toutes ses dimensions ? Des qualités humaines, intellectuelles, créatives, une beauté d’âme, une sensibilité, gestuelle, histoire, capacité à agir pour faire de ses rêves une réalité, quoi d’autre ? Attendons-nous dans l’échange, stimulation et reconnaissance l’un de l’autre sous toutes les formes, intellectuelles, sentimentales et sexuelles ?

Dans le couple, qu’est-ce que nous valorisons ? Quelle place donnons-nous à la relation ? Est-ce pour nous un lien idéal pour connaître l’autre et être connu ? Valorisons-nous l’échange profond des émotions et sentiments, respect, tendresse, tolérance, amour et attention mutuelle ?Avons-nous envie de justesse, d’honnêteté, de vérité et de rires ? Recherchons-nous un.e chéri.e présent.e à nos côtés, un lien à la fois paisible, mouvementé et constructif ? Attendons-nous du soutien dans nos projets et du réconfort dans nos doutes, dans l’action et dans l’intime ? Attendons-nous que l’autre soit capable de comprendre la raison de notre silence ? Sommes-nous capable de comprendre la raison du silence de l’autre ?

La relation de couple stimulante nous fait naître à nous-même.

Simone de Beauvoir nous dit « On ne naît pas femme, on le devient ». Un homme a-t-il posé son regard sur nous en tant que telle, avec amour et bienveillance, acceptant de nous écouter avec notre sensibilité féminine, sans nous interrompre ? En quoi cela nous a-t-il aidé à devenir femme ?

On ne naît pas homme ou femme,
on le devient, grâce à l’amour, la bienveillance et la patience de l’autre.

Si une femme a besoin d’un homme pour devenir femme, la réciproque est vraie : un homme a besoin d’une femme pour devenir homme. Une femme nous a-t-elle permis de nous reconnecter à notre sexualité sacrée, notre sensibilité, notre authenticité et notre entier ? En quoi cela nous a-t-il aidé à devenir homme ? Pensons-nous que les hommes doivent être virils et efficaces ? Nous comportons-nous parfois comme dans une cour d’école à prouver que nous sommes le plus beau et le plus fort ?

Comme femme, attendons-nous la protection de notre compagnon ? Traitons-nous notre chéri comme une maman protectrice et organisatrice ? Laissons-nous notre homme avec ses exigences de petit garçon qui veut qu’on prenne soin de ses besoins vitaux et sexuels ? Avons-nous conscience de l’importance de notre rôle d’initiatrice à la vie intérieure et la sexualité sacrée de notre chéri ?

Nous sentons-nous heureu.x.se ou frustré.e dans notre relation ? Pouvons-nous faire face à notre chéri.e avec assertivité ? Rêvons-nous d’une relation d’égal à égal ? Aimerions-nous rencontrer un.e partenaire entier.e ?

Comment communiquons-nous ?

Quelles sont nos attentes et nos besoins envers notre partenaire, les assumons-nous ? Les avons-nous exprimés ? Connaissons-nous les besoins et envies de notre chéri.e ? En avons-nous parlé ? Faisons-nous des demandes claires à notre alter ego, en nous assurant qu’il nous a entendu ? Avons-nous uneécoute active réciproque, sans jugement, sans attendre toujours de réponse, juste être écouté et reçu ? Gardons-nous des secrets ? Est-ce que nous nous livrons, nous nous apprenons ? Est-ce que nous nous trompons dans nos paroles ou nos pensées ? Avons-nous besoin de transparence pour créer un vrai lien, pouvoir être et se dire comme nous sommes tout en gardant notre jardin secret si besoin ? Voulons-nous tout nous dire, même l’inavouable, tout en ayant le droit de cultiver notre jardin secret ? Avec le temps qui passe, avons-nous envie de tout partager avec notre conjoint ?

Nous sommes tous les deux responsables de la relation.

Dans la relation, pouvons-nous dire ce qui est bon ou mauvais en soi ?Est-ce que nous voyons les déclencheurs de nos réactions pour prendre du recul et rester responsable de notre part dans la relation ? Acceptons-nous notre part de responsabilité quand la relation traverse une crise ? Avons-nous conscience que la relation n’existe qu’à deux, même si l’autre a des comportements blessants, voyons-nous comment notre réaction favorise le processus ? Pouvons-nous changer de réaction pour modifier le déséquilibre qui ne nous convient pas ? Partir du principe que tout est de la faute d’un seul peut-il aboutir à une solution ?

Aimer nous donne des désirs, des devoirs et des responsabilités, mais aucun droit sur l’autre,
juste l’espérance d’être aimé.e en retour et de recevoir ses cadeaux d’amour.

Est-ce cela qui rend la relation d’amour si difficile ?

Une relation d’amour authentique apaise.

Comment nous sentons-nous dans notre relation ? Nous sentons-nous fondamentalement apaisés et en sécurité, même dans les moments de crise ? Notre amour est-il bienveillant, prévenant et patient ? Apporte-t-il de l’équilibre ?Avons-nous envie de nous sentir protégé ? Avons-nous envie de protéger l’autre du reste du monde ? Regardons-nous notre chéri.e dans toute sa beauté, sa force, son intelligence, sa sensibilité, son humour, mais aussi dans toutes ses impasses, ses souffrances et ses complexes, dans la réalité concrète de la vie ? Pensons-nous « Qu’est-ce que j’ai de la chance de l’avoir rencontré.e ! » ? Avons-nous envie de construire avec son tout, en étant nous-même, grâce au dialogue et à l’attention bienveillante réciproque, dans l’amour ? Nous respectons-nous et respectons-nous l’autre dans ses besoins fondamentaux ? Nous reconnaissons-nous dans nos limites ? Comment nourrissons-nous nos sentiments partagés ? Nous offrons-nous un environnement assez sécurisé et assez ouvert ? Apprenons-nous à aimer l’autre et à tout lui donner en nous aimant et en nous respectant nous-même ? Notre relation nous permet-elle, à tous les deux, de nous développer chacun dans notre entier en liberté, dans le respect, la bienveillance, l’autonomie et l’indépendance ?

Recherchons-nous une relation fidèle à long terme ?

Même si nous avons parfois du mal à l’admettre, avons-nous envie d’une relation engagée dans laquelle nous pouvons nous montrer sous notre meilleur jour et nous livrer dans notre plus triste misère ? Quels sont les fondamentaux de notre relation, fidélité, amour, dialogue, engagement ? Notre histoire partagée nous fait-elle nous sentir unique l’un pour l’autre ? Ressentons-nous le sentiment d’amour vrai ? Ressentons-nous encore l’émotion amoureuse ? Sommes-nous attentifs à nourrir l’émotion amoureuse, concrètement ? Par des attentions tendres, des messages et des actions émoustillantes ? Avec des moments intenses et des périodes calmes ? Parlons-nous de notre relation et de nos besoins de la garder vivante ? Comment faisons-nous attention à façonner ce fragile équilibre sur le long terme ?

Pourquoi s’engager ?

Nous engager c’est d’abord choisir notre chéri.e dans sa différence, ses besoins, son altérité, sa résistance et parfois avec un effort surhumain. Mais l’amour donne des ailes. L’engagement nous aide-t-il à nous ouvrir et nous livrer ? Osons-nous plus nous montrer vulnérable quand nous nous sentons en sécurité dans notre relation ? Avons-nous déjà trompé ? Avons-nous déjà été trompé.e ? Cela a-t-il créé un poids dans la relation ? Quel sentiment cela nous a-t-il laissé ?

Avec l’engagement, avons-nous vécu des moments désagréables sur le court terme tout en ressentant une satisfaction profonde sur le long terme ? Sentons-nous que l’amour évolue et grandit chaque jour ? Est-ce que la conscience et le respect profond l’un de l’autre apporte de la plénitude dans notre couple ?

Dans l’engagement, le but n’est pas de faire plaisir à l’autre à court terme, le but est de nous sentir assez vivants
et attachés pour avoir envie de continuer l’aventure ensemble jusqu’à notre dernier souffle.

Nous sentons-nous l’amant ou la maîtresse de notre conjoint ?

Comment nous sentons-nous dans notre intimité sexuelle ? Nous faisons-nous confiance ou avons-nous peur du sida et des maladies sexuellement transmissibles ? Prenons-nous le temps de nous respecter, sans chercher la performance, mais le plaisir de nous découvrir et nous apprendre dans nos entiers, avec une profonde satisfaction, dans l’échange ?

Comment vivons-nous notre sexualité en couple ?

Sommes-nous entreprenant ? Est-ce que nous préférons laisser notre chéri.e nous stimuler d’abord ? Nous arrive-t-il de nous envoyer des missives ou texto coquins ? Aimons-nous les femmes ou les hommes élégants et un peu sexy en ville, romantiques et très coquins en privé ? La plupart des gens vous diraient qu’en intimité, ils aiment une certaine qualité de vice 😉 Beaucoup préfèrent un.e partenaire à l’aise avec sa nudité et l’exploration de son corps à un.e partenaire sculptural.e, le plaisir de la langue est souvent négligé, et c’est dans le lâcher-prise en résistance offerte que la friandise est la meilleure. Rêvons-nous d’une sexualité épanouie, vivante, mutine, voire érotique et pleine de surprises ? Est-ce que la relation engagée peut favoriser les meilleurs orgasmes, ceux que nous allons chercher dans notre plus profonde affirmation de nous-même ? Est-ce que l’engagement vis-à-vis de notre partenaire aide à atteindre la maturité sexuelle épanouie et jubilatoire ? Continuons-nous à avoir une sexualité vivante après soixante ans ? Lisons-nous des livres[i] pour nous aider ? En discutons-nous avec des proches ?

Une sexualité gratifiante est un facteur majeur de bien-être.

En couple ou célibataire, comment vivons-nous notre sexualité ?Choisissons-nous la masturbation ? Avons-nous différents partenaires ? Combien avons-nous eu de partenaires amoureux ou sexuels ? Qu’avons-nous retiré de chaque échange ? Avons-nous eu plusieurs partenaires en même temps ? Sommes-nous comblé par notre vie sentimentale et sexuelle ? Sommes-nous honnête avec nos partenaires sur nos attentes et notre engagement ? Parlons-nous en ensemble ? Dans la relation amoureuse et sexuelle, sommes-nous clair avec nous-même, nous respectons-nous nous-même et respectons-nous l’autre, satisfaisons-nous nos besoins, sommes-nous à l’aise avec nos comportements ?

Nos sociétés envoient à la femme le message que sa sexualité existe au service de l’homme, ou en réaction, pour son pur plaisir, en consommation. Est-ce heureux ? Les femmes ont autant d’appétit sexuel que les hommes, voire plus, paraît-il, mais peu le découvrent. Tout le monde est perdant.

Si les hommes et les femmes étaient à l’aise avec leur sexualité, étaient capables d’en parler ouvertement en intimité, et avaient envie de s’épanouir ensemble dans leur quête, est-ce que le monde tournerait mieux ?

Changement d’élu.

Certains couples, à force d’être très amis avec leurs ami.es comprennent qu’ils sont avec le mauvais partenaire et changent d’élu.e. Restons-nous en couple pour les mauvaises raisons : sociales, financières, habitude ou autre ? Préférons-nous quitter un couple insatisfaisant ou rester ensemble pour de mauvaises raisons ? Choisissons-nous trop vite de quitter notre partenaire sans faire face à nos limites, et aux siennes, et sans nous enraciner dans l’amour profond ? Sommes-nous satisfait en amour, sexualité, échange intellectuel ? Avons-nous conscience que si l’amour peut nous mener à la plénitude, il sera toujours le chemin le plus difficile car il nous oblige à faire face à nos impasses, ensemble ?

Pourrions-nous développer des applis de couples ?

Il existe plein de sites de rencontres, comme si c’était une finalité, mais en réalité, la rencontre n’est qu’un maigre début. Pourrions-nous créer des applis qui, tous les jours, nous donnent des idées pour envoyer une petite citation câline, un texto osé ou une idée de sortie romantique pour nous aider à nourrir notre relation ?

Connaissons-nous des périodes de crise dans le couple ?

Avons-nous vécu des périodes arides pendant lesquelles les émotions s’étaient planquées sous la banquise, comme une distance entre nous ? Dans ces moments, est-ce que notre lien était toujours fort et ancré ? Le sentiment d’amour existait-il toujours en lame de fond ou remettions-nous en cause notre relation ? Sur quoi nous sommes-nous personnellement appuyé pour nourrir l’échange en attendant le retour des beaux jours ? Quelles qualités nous ont aidé à traverser ces perturbations ? Avons-nous gardé confiance dans l’autre malgré tout ? Si non, avons-nous été capable de retrouver cette confiance ? En avons-nous parlé ?

Que partageons-nous avec notre aimé.e et quelle sphère vivons-nous avec d’autres personnes ?

Julie m’a dit récemment : « Depuis que j’ai compris qu’il discute marché financier ou politique avec Tess et Amina, j’ai arrêté d’être jalouse de toutes les femmes dans la vie de Niels. En fait, ses amies sont tout le contraire de moi. » Que partageons-exclusivement en couple, ou exclusivement avec des amis ? Que partageons-nous ensemble avec la famille ou les amis ?

Pardonnons-nous à l’autre ?

Cela nous libère-t-il ? Est-ce que nous pardonnons pour faire plaisir à l’autre ou pour nous libérer du poids de la colère et éliminer la rancœur ? Demandons-nous pardon sans changement concret dans les actes, ou changeons-nous notre comportement avant de demander pardon ? Si quelqu’un nous dit : « Excuse-moi, je voulais vraiment rentrer plus tôt » tous les soirs, sans que rien ne change jamais, cela sert-il à quelque chose ? Pardonner n’a de sens qu’avec un avant et un après. Si l’autre nous dit « pardon » comme une enfant de dix ans le fait avec son cousin parce que nous lui demandons, un peu trop vite, pour se débarrasser du mauvais pas dans lequel il s’est fourgué, sommes-nous satisfait ou frustré ? La relation se resserre-t-elle ou se dégrade-t-elle ? Avons-nous besoin d’un engagement de l’autre dans son pardon, la certitude que ça ne recommencera jamais, la réparation du mal d’une manière ou d’une autre ? Avons-nous envie, tous les deux, de donner, recevoir et pardonner ?

Aimer nous donne une force de vie incroyable.

Est-ce qu’aimer l’autre gratuitement nous donne de la force ?  Avons-nous aimé dans un lien réciproque ? Est-ce que cela nous a apporté force de vie et espérance ? Avons-nous envie d’un amour comme fondation dans notre vie pour construire ensemble ? Voulons-nous une relation d’amour en conscience ? J’ai écrit ce poème comme un chemin de maturité dans la relation de couple.

Ames sœurs

Je me suis sentie si vivante
Dans cette relation innocente
La vie dans toute sa splendeur
Sourire, énergie et bonheur
Tout mon être plein de vie
Bonne humeur dans mes envies
Je me sentais heureuse
Je suis tombée amoureuse

Nous avons appris à nous connaître
A rire, échanger, apparaître
J’ai perçu la vie en lui
Son esprit et ses folies
Ses trésors cachés
Son cœur panaché
Je suis tombée amoureuse de lui
Comme un rêve accompli

Comme disciple et apôtre
Repère et refuge l’un de l’autre
Croissance intérieure
Avec éthique et honneur
Respect de nos âmes humaines
Malgré les embûches et les peines
Actions conformes à nos valeurs
Grandis, en tout, dans nos meilleurs

Partage de nos vulnérabilités
Tourments et créativité
Peurs et authenticité
Soutien avec intensité
Chant de la vie dans tous ses états
Attente, baisers et entrelacs
Dans les flammes, paix de nos cœurs
Rencontre de deux âmes sœurs

[i] Sex and sixty – Poche – Marie de Hennezel – Robert Laffont – 2015

Vis-à-vis homme-femme

La place de la femme est-elle la mutation majeure de nos sociétés ?

Au début du XXème siècle, les femmes étaient encore des épouses, des maîtresses, des mères ou des filles, avec quelques exceptions. Les progrès technologiques et l’accès au monde professionnel ont donné de l’autonomie aux femmes. Les faits devancent l’évolution culturelle des mentalités. Si la transformation est encore balbutiante chez nos dirigeants, elle est en revanche manifeste dans toutes les autres sphères de la société occidentale où, nous, les femmes, pouvons étudier, travailler et devenir financièrement indépendantes. Mais ailleurs, des femmes n’ont encore aucun droit. Nous avons aussi acquis le contrôle de notre corps et de notre fertilité grâce aux méthodes de contraception. De plus, les lois nous protègent plus, voire, souvent, nous favorisent en cas de divorce. Est-ce que cette indépendance des femmes, bien qu’encore incomplète, ne métamorphose pas la position des hommes dans la société ? Au début du siècle précédent, l’homme savait que sa femme resterait probablement à ses côtés jusqu’à sa mort. De nos jours, aucun contrat de mariage n’est plus gravé dans la pierre.

L’homme se trouve mis en face de ses besoins et envies.

Dans nos sociétés, est-ce plus simple pour une femme ou pour un homme de s’affirmer dans sa singularité ? Quelles sont nos images stéréotypées ? Que demandons-nous à la femme, être une femme intelligente pour le boulot, sexy pour son chéri, soignée et apprêtée pour la société, mère attentive, douce et organisée pour ses enfants, cultivée pour les conversations sociales, et une bombe au lit, bref, Wonder Woman ? Comment les femmes choisissent-elles leurs priorités ? Dans quel but ? Que demandons-nous aux hommes, être virils, intelligents, efficaces, pourvoyeurs financiers, protecteurs, inébranlables ? Comment les hommes se développent-ils ? Choisissent-ils leurs priorités ? Subissent-ils le modèle de devenir la moitié d’eux-mêmes : virils, durs et efficaces et coupés de leurs sentiments ?

Que cherche celui qui peut s’acheter tout ce qu’il veut au monde ?

Nos sociétés ont créé des inégalités abyssales et inédites dans l’Histoire de l’Humanité. A ce point surgissent les questions essentielles. Quel est le sens de notre action ?

Cherchons-nous toujours plus de pouvoir, plus de richesse, plus d’influence au détriment des individus qui peu à peu deviennent des ressources humaines dont les conditions de vie risquent de se détériorer de plus en plus ? Cherchons-nous une plénitude profonde dans laquelle nous intégrons notre félicité au développement de l’Humanité ? Choisissons-nous de vivre en notre entier avec tête, cœur et corps ?

Riche ou ultra riche, nous pouvons continuer à courir tête baissée vers toujours plus d’influence et un compte en banque toujours mieux garni, mais à quoi nous mène cette compétition ? Posséder cinquante, cent ou deux cents milliards de dollars fait-il une différence dans notre vie réelle ou est-ce juste une vue de l’esprit ? Être riche dans ces proportions donne clairement du pouvoir sur le monde mais quelles sont les retombées concrètes dans notre vie personnelle ? Objectivement, cette fortune donne de bien lourdes responsabilités ou, avec un point de vue négatif, de capacités de domination du monde. Sommes-nous avalé par un système économique qui nous propulse en avant toujours plus vite et plus loin ? Sommes-nous happé dans un système qui nous a dépassé ? Choisissons-nous ces inégalités consciemment ? Voulons-nous nous arrêter un moment et nous interroger sur notre quête profonde, quels sont nos souhaits les plus intimes ? Avoir un impact sur le monde ? Laisser notre nom dans les livres d’Histoire ? Inventer de nouvelles solutions ? Construire un monde meilleur ? Nous sentir développé dans notre entier ?

Les hommes veulent-ils prendre soin de leurs sentiments ?

Comme tous les hommes de tous les siècles, avons-nous envie d’être nous-même, d’aimer et d’être aimé ? Sommes-nous avide de pouvoir et de domination ? Avons-nous envie de renouer avec notre humanité empathique ? Puisqu’en occident la femme n’est plus notre obligée, notre regard sur la femme évolue-t-il ? La femme passe-t-elle du statut d’objet de plaisir, ménagère, nourrice et éducatrice des enfants, stimulatrice intellectuelle ou faire-valoir au statut d’être humain indépendant à rencontrer ? Progressivement notre rapport homme-femme se modifie-t-il ? Grâce à la science, l’homme peut désormais faire un bébé tout seul avec des ovules et une mère porteuse. Pouvons-nous imaginer un avenir dans lequel le rôle géniteur de la femme disparaîtrait ou préférons-nous penser que les enfants seront de plus en plus le fruit de la rencontre intime d’un homme et d’une femme qui s’aiment ? Réciproquement, la femme qui devient indépendante compte de moins en moins sur l’homme pour assurer son avenir. Homme ou femme, qu’attendons-nous de l’autre ? Que voulons-nous offrir à l’autre ? Quel type de relation souhaitons-nous créer ? Que valorisons-nous chez l’autre ? Qu’espérons-nous que notre partenaire valorise et apprécie chez nous ?

Beaucoup d’hommes ont-ils une aspiration profonde à l’authenticité, l’élégance et la sincérité ?

Dans le film de Bertrand Tavernier « La princesse de Montpensier », Marie fait l’objet de toutes les convoitises et éveille les sentiments amoureux des hommes qui la rencontre.

Lors d’un repas, les hommes débattent entre eux sur qui est un homme de sentiment et qui est un homme d’impulsion pour conclure que même l’homme d’impulsion reste fidèle à ses sentiments et à son cœur qui ne l’a jamais trompé. Dans l’histoire, le duc de Guise renonce à une femme par amour pour Marie qui est déjà mariée, mais quelques années plus tard, quand elle lui propose de divorcer pour le rejoindre, il choisit pourtant une autre femme. Ces échanges nous rappellent la complexité des sentiments amoureux, réciproques ou non, qui n’ont pas toujours l’air de se manifester au bon moment.

Comme homme, avons-nous l’impression que les sentiments ne sont pas notre domaine ? Avons-nous une vie sentimentale très stéréotypée ? Quelle approche avons-nous de l’autre dans le couple, fonctionnalité, légèreté, responsabilité droite ou délicieuse ou autre ? Lorsque nous sommes dans un couple durable, approchons-nous d’autres partenaires affectifs ou sexuels en consommation ou en domination comme un dangereux gamin qui se croit le roi du monde, victime de nos pulsions, esclave de nos besoins sexuels fondamentaux ? En parlons-nous avec notre moitié ? Chérissons-nous les émotions passionnelles et passagères ? Gérons-nous nos émotions et sentiments avec distance, comme des personnes fortes et indépendantes ? Restons-nous engagé dans un mariage de raison ou d’apparence ?

Dans le film, Marie de Montpensier est présentée comme une belle femme, ce qui attire le regard des hommes. Cependant nous ressentons que ce qui séduit les hommes, aussi désuet que cela puisse paraître, est sa pureté : son choix d’être fidèle à son mari, sa soif d’apprendre, sa capacité d’émerveillement, sa candeur apparente. Qu’est-ce qui nous charme chez une femme avec qui nous avons envie d’une relation sérieuse ?

Sentiment d’amour

« Que pouvez-vous faire pour promouvoir la paix dans le monde ? Rentrez chez vous et aimez votre famille ! »

Mère Thérèsa

Aimer sa famille au sens propre pour trouver la ressource d’aimer ses pairs au sens large.

Si aimer est l’expérience la plus difficile dans ma vie, c’est le seul moteur que j’ai trouvé pour me sentir vivante. Que faisons-nous en pensant à ceux que nous aimons ? Quelle place à l’amour dans notre vie, nous donne-t-il de l’énergie pour avancer ? Qui aimons-nous ? Repérons-nous différentes nuances d’amour selon les personnes auxquelles nous pensons ? Sommes-nous en couple, avons-nous choisi la personne que nous aimons ?