Relations heureuses

Qu’est-ce qu’un enfant attend de ses parents ?
Une amie peu loquace ne m’a raconté que très peu de ses souvenirs d’enfance. Le seul souvenir fort qu’elle m’ait évoqué sur ses parents n’est pas un cadeau qu’elle a reçu, mais ce moment si doux et si tendre quand ses deux parents ont fait un concours à qui ferait le plus beau parcours avec les moyens du bord pour sa petite voiture.

Cultiver un lien avec quelques proches indéfectibles est-il important pour nous ?
Nous avons des relations avec notre famille, nos amis, sur les réseaux sociaux, dans la vie professionnelle. La société met en valeur l’étendue de nos réseaux sociaux, physiques et virtuels comme un but ultime. Pourquoi rencontrons-nous des gens, pour nous sentir relié dans notre humanité, poser des balises sociales qui pourront nous aider un jour, rencontrer beaucoup de gens différents ? Est-ce qu’avoir une fan-base étendue nous suffit ? Est-ce réconfortant, parfois grisant ? Est-ce suffisant ? Souhaitons-nous avoir un cercle relationnel proche le dimanche soir sur notre canapé ou à 70 ans avec Alzheimer ? Connaissons-nous des gens qui comptent intimement pour nous, des gens pour qui nous décrocherions la lune et qui feraient la même chose pour nous ? En avons-nous envie ?

Parfois, il suffit de peu pour se sentir bien.
Lore et moi nous sommes connues en Suisse par amis interposés. Nous étions assez éloignées pour ne pas nous rencontrer tous les jours, mais assez proches pour nous retrouver régulièrement. Elle est autrichienne, super douée en langues et dans bien d’autres domaines et je connais peu de francophones qui font des jeux de mots en français si fins et si justes. Avec elle, j’ai découvert le plaisir de ne rien faire ensemble. Souvent, nous partions pour une randonnée, une visite de musée ou une sortie ciné. Mais de temps en temps, le moral n’était pas au beau fixe, nous n’avions pas envie de faire grand-chose, ni l’une, ni l’autre. Alors nous nous appelions, l’une venait chez l’autre, et nous ne faisions rien, chacune avec son bouquin dans son coin. Qu’il était doux ce moment de rien, qu’il était confortable, il nous reboostait toutes les deux et nous repartions ragaillardies pour une nouvelle semaine. Pouvons-nous passer de bons moments en restant tranquilles ?

Les animaux domestiques améliorent notre santé et participent au développement de l’enfant et de l’ado.
Les animaux domestiques sont une grande source de soutien émotionnel et social. Ils aident les personnes de tous âges et de toutes conditions, les bien-portants, les handicapés ou les malades, les jeunes et les vieux. Ils nous aident à nous développer, à guérir, à nous sentir mieux et plus empathique et peuvent nous aider dans nos limites physiques. Ils favorisent la bonne santé de notre système cardio-vasculaire qui est la sphère dont les maladies sont la principale cause de décès dans le monde. Ils nous permettent de nous décentrer de notre petite personne et nous apaisent tout en nous apportant un soutien social.

J’ai adopté un chien pour faire plaisir à mes enfants, je savais que c’était une responsabilité et un engagement de longue durée, quinze ans ou plus, mais je n’avais pas mesuré la contrainte que représentait un tel compère. Mon appart était-il adapté à un chien ? Pouvait-il rester seul pendant une journée entière de travail ? Ses besoins étaient-ils respectés ? C’était la première fois que j’avais un animal domestique, mis à part quelques poissons rouges gagnés à la fête de l’école, quand j’avais six ou sept ans. Les gens me disaient « Un chien, quelle chance, il est toujours là pour toi, il te fait la fête quand tu rentres chez toi et il ne râle pas ! » Sincèrement, je préférais mille fois accueillir mon fils énervé que mon chien gentil. Avec lui, nous rions, avons une relation pleine d’amour, nourrissante, je me sens responsable d’un bout d’humanité, j’ai un impact sur son bien-être d’humain. Le chien me donnait une présence tranquille mais pas de conversation et de confrontation d’idées pour évoluer. Je restais seule avec moi-même. En revanche, il m’a permis de rencontrer d’autres propriétaires de chiens. Il faut rappeler que sans animaux domestiques dans mon enfance, je n’ai pas appris à m’attacher à ce genre de compagnons. Mes enfants l’ont finalement repris chez eux, ils ont créé ce lien spécial et prennent soin de lui. C’était l’objectif.
Adopter un animal domestique est un engagement
, nous choisissons un lien, nous perdons en liberté et devons assumer les contraintes. Avons-nous un animal domestique ? Qui s’en occupe ? Est-ce que les enfants s’en occupent ? Que nous apporte-il ?
Ma tante avait un chat qui lui apportait une présence fabuleuse. Elle était célibataire et son intérêt pour les chats l’emmenait dans mille périples et lectures qui la faisaient vibrer, elle adorait l’observer et nous racontait ses facéties dans des propos malicieux et savoureux qui restent de très bons souvenirs. De nombreux amis m’ont aussi parlé de leurs animaux avec réjouissance, ces petits compagnons peuvent apporter un lien tendre et de belles joies à leurs propriétaires. Voulons-nous en adopter un, avons-nous conscience de la responsabilité et des contraintes ? Un animal a-t-il changé notre vie ? Avons-nous perdu un compagnon à quatre pattes ? Quel sentiment positif nous reste-t-il de lui ?

Argent, plaisirs, bonheur

Comment notre société relie-t-elle bonheur et réussite ?
Quand quelqu’un a un parcours exceptionnel et remarquable, son effort, ses idées, son travail peuvent être valorisés par de l’argent. Cette fortune donne envie car elle est la partie visible de l’iceberg, elle nous parle du chemin effectué par une personne pour atteindre un niveau d’excellence reconnu par ses pairs.
Les gens riches sont reconnus et souvent entourés de respect et d’admiration, n’est-ce pas une raison importante pour laquelle nous recherchons la prospérité ? Quel est le lien entre ce que notre fortune peut acheter et la course folle à l’argent ? Est-ce le montant de la fortune ou l’influence sur les autres qui est primordial ?
La pure volonté de pouvoir sur le monde et les autres est une motivation toxique et répandue, terrible pour la collectivité. Cherchons-nous à exercer notre pouvoir sur les autres plutôt qu’à être heureux avec les autres ? Sous des apparences très respectables sommes-nous tourné uniquement sur nos propres besoins, comme un enfant tyrannique ?

Qu’est-ce qui nous rend heureux ? Côtoyer des gens fortunés, des amis, avoir un travail passionnant, nous sentir utile, être célèbre, avoir un titre de directeur, avoir de l’impact, être sur-occupé, avoir une vie équilibrée, détenir des secrets, savoir rester discret, posséder une grande maison, nous sentir bien chez nous, être riche, nous sentir à l’aise et en sécurité financière ou quoi d’autre ?

Heureux et riche.
Voulons-nous être riche pour élargir nos possibilités de vivre de nouvelles expériences et pouvoir nous consacrer à la vie humaine plutôt qu’aux tâches plus prosaïques ? Riche, mais à quel prix ? Sommes-nous heureux ? Préférons-nous d’abord nous sentir heureux, bien dans notre peau, nous développer dans notre entier pour élargir nos chances de devenir riche ? Ou préférons-nous devenir riche pour ouvrir les possibles pour devenir heureux ? Espérons-nous rencontrer une personne riche pour trouver le bonheur ? Quelle part de notre bonheur tient au succès, à la célébrité, à la richesse ou à nos liens ?

Voulons-nous être riche pour influencer le monde qui nous entoure grâce à notre argent qui nous permet de financer des projets ? Quelle place donnons-nous au pouvoir et à l’argent, sont-ils pour nous des moyens ou des objectifs ? La richesse nous rend-elle heureux ou non ? Pourquoi voulons-nous devenir riche, quelle est notre intention, notre motivation est-elle purement égoïste ou a-t-elle une part d’altruisme ?

Plaisir immédiat et satisfaction différée.
Souvent, nous cherchons notre bonheur dans le plaisir. Nous avons ouvert hier une bouteille de vin pour fêter Pâques, j’avais le choix facile, boire mes verres avec délectation ou m’arrêter après un verre. J’ai bu plusieurs verres avec un digestif pour le dessert. Je suis repartie peu fière de moi, pas très droite sur les pieds, et mal à l’aise en disant au-revoir à mes enfants. Je me suis allongée dans un état fébrile sur le canapé en arrivant chez moi. Je n’arrivais pas à m’endormir. J’avais mal à la tête en me réveillant le lendemain et le moral dans les baskets toute la journée. J’aurais mieux fait de m’arrêter à un verre. Choisissons-nous consciemment nos plaisirs immédiats et nos satisfactions différées ? Trouvons-nous un équilibre entre les deux qui nous rend heureux ?

Avec les addictions, le bonheur nous échappe.
Pour nous détendre, nous nous tournons parfois vers des solutions qui vont nous détruire : alcool, cigarette, drogue, sexe, bouffe, jeu dont nous devenons dépendants au lieu d’en goûter tout le plaisir. Cherchons-nous le sens de tout ce qui se passe ? Avons-nous des soucis ? Pensons-nous que nous acceptons une pratique illicite juste pour essayer ? Comment ça commence ? Accepter un cadeau piégé, coucher pour le plaisir des sens sans considération de notre entier, fumer une cigarette, manger pour calmer notre anxiété ? Est-ce que ces moments resteront dans nos souvenirs constructifs ? Comment s’est installée notre addiction ? N’est-ce pas tellement idiot ? Voulons-nous en sortir ? A qui pouvons-nous demander de l’aide ? Il existe de nombreuses solutions bien plus abordables et constructives, mais qui demandent un peu plus d’effort de notre part : méditation, activité physique, équitation, balade à pied ou vélo, gymnastique, natation, activité créative, musique, dessin, peinture, jardinage ou bricolage ou toute occupation qui nous fait plaisir.

Pouvons-nous être heureux avec trop ?
Cherchons-nous l’intensité ? Dans le réel ou le virtuel ? Quelle place laissons-nous à nos émotions ? Cherchons le bonheur et l’intensité dans l’hyper activité, les relations multiples, les partenaires divers ? Est-ce que cette quête peut avoir une fin ? Est-ce que donner notre pouvoir de vie à des éléments extérieurs peut nous rendre heureux ?

En ce qui concerne l’environnement matériel, trop de possessions me stressent car il faut entretenir et gérer ces biens. En architecture d’intérieur, j’étais, au début, très attirée par le minimalisme. Ce courant est né dans les années 60, aux Etats-Unis, en réaction au lyrisme pictural et s’est concrétisé en architecture dans le Bauhaus. Mies Van der Rohe en est une figure de proue et l’explique par le mantra « Less is more » ou « Moins est plus » appliqué par John Pawson dans la rénovation de l’église St Moritz, à Augburg en Allemagne, que j’adore. En architecture, j’ai vite compris que la simplicité est bien plus difficile à atteindre que la complexité, elle oblige à comprendre l’essentiel et à le mettre en valeur. Au fil de mes projets, j’ai appris à apprécier l’ajout de couleurs et d’accessoires qui personnalisent un lieu pour mettre en exergue l’essence d’un espace et de ceux qui le côtoient, je suis obligée d’en comprendre les spécificités, les révéler et les sublimer.

Que pensons-nous de ce mantra « Less is more » ? Trop de sexe ? Le mec qui se tape une nouvelle nana tous les soirs, une de plus, une de moins, est-ce que ça change ? Trop d’objets ? Une collection de cent cinquante robes ou cravates nous rend-elle heureux ? Un verre d’alcool tous les jours au point d’en devenir un alcoolique mondain, quel plaisir ? Trouve-t-on notre bonheur quand on a trop ? Est-ce que la rareté apporte du bonheur ? Est-ce que le trop pourrait-être un problème de nos sociétés occidentales à tous les niveaux : trop d’objets, de procédures, de gâchis, de complexité, d’échelons hiérarchiques, de chefaillons, trop de publicités, de scandales, de violence, de mensonges, trop d’exceptions, de privilèges et de discriminations, trop, trop, trop ?

Finances et tâches ont souvent bon dos.
J’ai une théorie qui dit que l’argent comme l’occupation peuvent devenir des outils, conscients ou non, de fuite. Au lieu d’assumer « Je n’ai pas envie de passer ce week-end avec ta sœur », le copain de Lili lui dit « En ce moment, mieux vaut ne pas dépenser trop » ou « J’ai vraiment trop de travail », mais si elle lui propose un bon restaurant durant ce même week-end, il risque de lui répondre « Bonne idée, faisons une folie, je t’emmène chez Gastronom » ou « Extra, avec un tour sur le lac avant ? » Dans ce cas, elle se sent encore plus frustrée que s’il avait été sensiblement honnête. Il a le droit de ne pas avoir envie de passer un week-end avec sa sœur, et au fond, son absence peut convenir à Lili. Utilisons-nous le prétexte financier ou laborieux pour refuser des propositions alors que le problème est ailleurs ?

Amour, argent et relation toxique.
Cette théorie est tout à fait personnelle et je ne l’ai pas partagée souvent : notre relation à l’argent serait corrélée à notre relation aux autres. Dans« L’Avare », Molière aborde ce sujet délicat sous forme de comédie. Le personnage principal s’appelle Harpagon, c’est un bourgeois riche et avare, veuf avec deux enfants. Focalisé sur ses besoins égocentriques, il planifie d’épouser Mariane, l’amoureuse sans fortune de son fils et de marier celui-ci à une riche veuve, alors qu’il veut marier sa fille avec un riche vieillard et lui refuser le jeune homme dont elle est éprise. Après moult péripéties, ses enfants finissent par se marier avec leurs amoureux respectifs et il reste seul avec son argent. La notion d’amour est avalée par celle de l’argent.

Est-ce qu’Harpagon n’est pas un homme en mal d’amour ? J’ai grandi avec une insécurité affective, avec la peur de manquer d’amour. Je reportais cette peur du manque d’amour en peur de manquer d’argent, c’est sans doute pour ça que je voulais être riche. Avec mes enfants, j’ai mesuré comme l’amour ne s’achète pas, il se crée, il s’offre, il se nourrit, il demande pardon. Cette situation soulève un paradoxe de la vie humaine. Une personne en mal d’amour voudrait-elle être riche pour compenser son manque, attirant sa moitié par son aisance financière ? Moitié elle-même en insécurité affective, donc en recherche d’argent ? Est-ce qu’alors sa jalousie que l’amoureux prend pour de l’amour pourrait-être une peur de perdre cette sécurité financière et pseudo-affective ?

Le lien ne serait donc pas basé sur l’amour de l’autre mais sur une attirance mutuelle abîmée par la peur de manquer d’amour, et donc aussi d’argent. Cela créerait des relations toxiques, bancales, chaotiques et malheureuses alors que l’amour apporte bienveillance, équilibre, stabilité et apaisement. En mettant en valeur sa fortune ou sa belle voiture, l’homme attirerait parfois une compagne qui s’intéresserait à son argent et non à son être qui a soif d’amour. Quant à la femme, en mettant en valeur principalement son physique ou sa capacité de séduction, ne risque-t-elle pas de se sentir ignorée dans sa personne ? Bien qu’en couple, les individus se sentiraient seuls et en manque. Voulons-nous de l’amour bienveillant dans notre vie, dans la gratuité et pour grandir en lien, en confiance et en paix ?Est-ce que nous utilisons l’argent pour nous donner l’impression d’aller bien, comme si la vie était facile, sans soigner nos blessures d’amour béantes ?

L’héritage ne compense pas le manque d’amour parental.
Dans le même sens, l’héritage ne remplacera jamais l’amour parental qui a manqué. En plus de ne pas compenser le manque affectif, il cultive un autre ressort négatif : un trop gros patrimoine préexistant peut empêcher un héritier de faire sa propre expérience de la vie réelle. Il n’a pas l’occasion de prendre de vrais risques, de se sentir fier de lui-même et d’apprendre de ses erreurs, ce qui réduit sa capacité d’adaptation et de jugement. Quand il s’agit de l’entreprise familiale, l’héritier a-t-il suffisamment de cartes en main ? De plus, les héritiers de grandes fortunes[i] sont moins heureux que les personnes qui s’enrichissent grâce à leur travail.

Argent
Quel est notre rapport à l’argent, sommes-nous à l’aise, en parlons-nous, le méprisons-nous ? Pourquoi ? En quoi cela nous apporte-t-il de la sérénité ? Parlons-nous d’argent et de budget avec nos enfants ? Les gens riches aiment dire qu’ils ne travaillent pas pour l’argent, mais quel est leur but: s’accomplir et poser leur pierre à l’édifice d’un monde meilleur ou amonceler le maximum pour voir leurs avoirs grandir, confondant leur valeur personnelle avec leurs valeurs financières ? Tous les profils existent. L’argent reste quoi qu’il en soit, est une nécessité absolue et les parents qui parlent d’argent avec leurs enfants et les aident à comprendre les grands mécanismes des flux financiers, de l’équilibre d’un budget, des notions d’épargne et d’investissements leur donnent une carte majeure pour leur avenir. Malheureusement, certaines sociétés sont si coincées sur la notion d’argent que même les adultes n’y connaissent pas grand chose. Moi-même, je réalise comme à 50 ans, mes notions financières concrètes sont très insuffisantes pour prendre des décisions éclairées et rentables. Nous apprenons souvent à économiser et placer notre épargne en lieu sûr, mais les riches vous diront qu’il faut faire travailler notre argent et que notre stratégie est mauvaise. Mais que veut dire faire travailler l’argent ? Avez-vous déjà mis une liasse de billets aux commandes d’un yatch, a-t-il démarré ? Quel leurre ! Le bateau ne démarrera qu’avec le pilote… quoi que, bientôt avec les voitures autonomes, les machines commenceront à travailler sans l’intervention d’être humain. Personne ne fait travailler l’argent, les investisseurs font travailler les gens et engrangent les profits, ou accusent les pertes. Si nous comprenions mieux les flux financiers, alors nous pourrions avoir un avis éclairé et permettre de mieux répartir les richesses, que connaissons-nous de la spéculation, des produits dérivés ou des mécanismes d’inflation par exemple? Ne pas s’intéresser à l’argent me semble bien plus dangereux qu’honorable. Quand des hommes politiques gèrent des budgets sans connaître parfaitement les tenants et les aboutissants, nos sociétés s’endettent de plus en plus, c’est terrifiant. A titre personnel, comme à titre sociétal, voulons-nous comprendre mieux les mécanismes financiers, voulons-nous enseigner cela à l’école ?


[i] La comédie (in)humaine – p.74 – Julia de Funès, Nicolas Bouzou – J’ai Lu – 2019

Apprendre le bonheur

S’occuper donne du sens à l’existence.
L’action nous permet de répondre à nos besoins et donne du sens à l’existence. Adulte, mes choix m’ont amenée à tenir une maison, faire le ménage et la cuisine. Si j’aime vivre dans un environnement propre, je n’ai pourtant aucune inclinaison instinctive au nettoyage, mais ce travail domestique m’a permis de rester ancrée dans la réalité de la vie, d’apporter un environnement positif pour la famille et souvent de me centrer comme dans une méditation, laissant un peu de lest à mon cerveau en constante ébullition.

Penser que les pauvres ne veulent pas travailler est une erreur de connaissance des besoins fondamentaux de l’être humain
. Nous avons besoin d’occupation, d’ailleurs, quand des individus profitent du système social, c’est toujours pour avoir une autre activité comme du travail au noir ou une fonction parentale. Certains vont passer beaucoup de temps à faire des emplettes ou vont se plonger dans une activité professionnelle ou de loisir qui les passionne. Quelles occupations, activités, actions choisissons-nous ? Satisfont-elles notre être authentique et nos besoins affectifs ?

Respecter nos valeurs donne du sens à nos actions.
Respecter nos valeurs donne du sens à nos actions et donc à notre existence. Elles nous permettent de nous développer à titre individuel pour participer au développement de l’humanité. Elles nous guident pour interagir et vivre ensemble dans le respect les uns des autres et la dignité.
Il est important de noter qu’une valeur, selon notre façon de l’appliquer, peut devenir un moyen de contrôle de l’autre, une justification à notre lâcheté ou une faiblesse. Avoir des valeurs et les respecter demande du respect, du courage et de l’honnêteté vis-à-vis de nous-même et des autres. Tout est question de justesse.
Dans nos réponses, nous pouvons toujours avoir une réaction extrême de trop ou de trop peu. Pour les valeurs liées aux besoins, les réponses extrêmes nous apporteront un plaisir immédiat ou au contraire nous emmèneront sur un chemin qui ne nous convient pas. Nous pouvons aussi choisir de trouver la juste mesure.

Créer nous stimule et nous donne espoir pour l’avenir.
Rêver, imaginer, créer nous aide à nous sentir vivant. Tous les jours, nous imaginons, nous trouvons des solutions à nos petits et grands problèmes, individuels et collectifs. Celui qui ne trouve plus d’idées pour faire face à sa vie commence à mourir. Nos problèmes peuvent aussi devenir de formidables moteurs de créativité. J’aime les contraintes, elles m’obligent à penser autrement, elles me guident. Si le processus est frustrant, et souvent angoissant, au départ, le résultat est toujours formidable.
Observation. Chez moi, la créativité naît de l’observation plus ou moins consciente de l’environnement et de mes expériences qui nourrissent mon cerveau de matière première à exploiter. Le livre « Dessiner grâce au cerveau droit[i] » m’a appris à observer, premier pas à la création. L’auteur nous fait recopier un portrait dessiné à la main par Picasso en le positionnant à l’envers. Nous ne regardons plus un bras ou une chaise, mais une ligne, une direction, un plein ou un vide.
Créativité débridée et fonctionnelle. Avec mon parcours, j’ai compris que pour créer du neuf nous avions besoin de deux approches nécessaires et complémentaires. En architecture d’intérieure, je devais commencer par la créativité débridée et non canalisée. Imaginer tout, sans contrainte matérielle, réaliste, économique ou fonctionnelle. Cela peut amener à créer des châteaux de cartes inventifs qui s’écroulent vite ou qui restent de l’art pur. Avec quelques éléments de base sur un sujet que je comprends dans les grandes lignes, je pourrai ainsi proposer des idées sans me laisser bloquer par les contraintes des limites fonctionnelles. J’ai utilisé la créativité fonctionnelle en revanche, dans mon métier d’ingénieur, faisant appel à des références connues et des solutions qui passent par la connaissance que j’avais du passé. Cette créativité permet de concrétiser. La conjonction de ces deux approches, sans jugement, me semble la plus efficace pour envisager un avenir inexploré. Commencer par la question « Et si tout était possible ? » puis revenir sur le plancher des vaches avec la question « Et qu’est-ce qui est possible dans la réalité ? » Et nous pouvons continuer un échange par itérations successives. Par exemple, quand j’écris ce livre travailler sur la forme m’a permis de mieux restructurer le fond. Avancer en parallèle sur plusieurs aspects en même temps peut aider à avancer plus pertinemment.
Pensée divergente et convergente. Des personnes à la pensée divergente, qui part dans tous les sens pour inventer des solutions inconnues jusqu’alors, et parfois inexploitables, peuvent collaborer avec des individus à la pensée convergente, qui permet d’imaginer des solutions qui fonctionnent. Dans ce un processus créatif global, avec un cheminement agile d’amélioration continue par itération, nous pouvons trier les informations et développer celles qui semblent les plus judicieuses pour affiner notre réflexion vers les solutions les plus pertinentes possibles. Nous sommes capables de trouver de nombreuses solutions innovantes.
Sérendipité. Nous pouvons aussi utiliser la sérendipité, cette aptitude à faire par hasard une découverte inattendue et à en saisir l’utilité. Il s’agit de transférer et transformer ce que nous connaissons dans un domaine pour nous interroger dans un autre secteur et de développer de nouvelles idées avec beaucoup de créativité. Comment favorisons-nous la sérendipité qui permet d’innover grâce au brassage de connaissances issues d’univers variés ?

Quelle place laissons-nous à l’inventivité dans nos sociétés ? Si nous autorisions les enfants à garder leur source intarissable de création, le monde serait-il plus vivant ? Comment utiliser notre créativité pour changer le monde ensemble ? Voulons-nous prendre nos contraintes comme moteurs d’innovation ? Charles Darwin nous dit que les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements. Sommes-nous prêts pour les changements ?

Mais, qu’est-ce qui nous heureux ?
Nous pouvons donc, agir pour répondre à nos besoins, ce qui nous rend serein et nous fait plaisir et respecter nos valeurs, ce qui donne du sens à notre existence. Créer nous permet de nous projeter dans l’avenir. Cela est-il suffisant pour nous rendre heureux ?

Quand je suis en train d’écrire ce livre, je me sens sereine, je respecte mes valeurs et je suis créative, pourtant, je ne peux pas dire que je sois heureuse tout le temps. Pourquoi ? Il est certain que je ne satisfais pas tous mes besoins fondamentaux, je ne génère aucun revenu par exemple, ce qui est angoissant. Pourtant, pour ce besoin, j’ai fait le choix d’écrire quand même pour ne pas avoir le regret d’avoir laissé tomber mon projet. Je suis assez isolée, c’est une retombée que j’accepte aussi, d’ailleurs j’ai besoin de silence pour me calmer et retrouver un contact avec la nature en allant me balader. Mais je me sens un peu trop seule parfois. Par moments, je suis plus en relation, je parle de mon livre, j’écoute les histoires et opinions des autres et je me sens heureuse. En fait, je me sens vivante dans l’échange, quand j’apprends des choses des autres, mais surtout quand je partage des émotions avec eux, même les moins bonnes et quand les émotions sont positives, alors je me sens heureuse.

Quelle différence faisons-nous entre satisfaire nos besoins et respecter nos valeurs ? Satisfaire nos besoins, en s’appuyant sur nos valeurs de moyens, motive nos actions, nous rend sereins et nous fait plaisir. Se référer à nos valeurs d’humanité donne du sens à nos actions. Ainsi, respecter nos valeurs donne du sens à notre vie. Qu’est-ce qui nous rend heureux personnellement?

Nous sentir serein et donner du sens à notre vie est-il suffisant pour nous sentir heureux ? Cherchons-nous aussi la joie du partage ?

Pouvons-nous trouver le bonheur seul ou avons-nous besoin de partager nos élans et nos actions pour nous sentir heureux ? Si la relation contribue à notre sentiment de bonheur, nous intéresser à l’autre, ses besoins et ses valeurs est alors indispensable. Connaissons-nous les besoins et les valeurs de l’autre ou du groupe ? Nos besoins et valeurs sont-ils compatibles, les respectons-nous mutuellement ?

Existe-t-il une bonne ou une mauvaise façon de faire pour être heureux ?
Non. Nous sommes heureux quand nous avons conscience de nos motivations à agir et que les réponses à nos actions satisfont nos attentes selon l’ordre de priorité que nous avons choisi. Dans nos attentes d’êtres humains, la solidarité et la bienveillance sont des nécessités. Nous sommes heureux quand nous assumons les conséquences de nos actes vis-à-vis de nous-même et des autres. Nous sommes heureux, surtout, quand nous partageons ensemble la joie de nos accomplissements.
Comment répondre à nos besoins, quelles sont les valeurs qui comptent le plus pour nous ? A titre individuel et collectif. Voulons-nous les classer par ordre de priorité ? Nous sentons-nous à contre-courant lorsque nous valorisons nos valeurs d’humanité ? L’application de nos valeurs dans nos choix de vie nous permet-elle de nous sentir entier ? Comment gérons-nous l’équilibre entre la réalité matérielle, le besoin de sécurité et la prise de risque pour une promesse de bonheur ? Qu’est-ce qui nous aide à nous lever tous les jours ? Quand nous sentons-nous vivant ou heureux ?

Sur ton lit de mort, penseras-tu que c’était le bon choix ?
J’écoute la petite voix tintinnabulante qui me pose cette question car je crois que ma vie s’arrête le jour de ma mort et je veux l
’honorer tant que je suis vivante. Pensons-nous sincèrement que nous faisons les bons choix au moment où nous prenons nos décisions ?
La plupart du temps, mon imagination, mes émotions et ma réflexion transforment ma vie ordinaire en quête magique et heureuse. Mon parcours professionnel m’a enrichie, je me sens fière de mon rôle de maman et oser écrire ce livre est un grand défi. Hier, mon grand fils m’a signifié comme il se sentait bien dans sa peau et fier de lui, entre ses rêves d’ado ambitieux et son autonomie responsable, j’espère qu’il deviendra un homme vivant et fier pour construire un monde humain. Le voir grandir et s’épanouir est pour moi une vraie source de bonheur. Une part de notre bonheur est-elle aussi liée à l’accomplissement de ceux que nous aimons ?

Est-ce qu’une part de notre bonheur est aussi liée à l’accomplissement de ceux que nous aimons ?

« L’apprentissage du bonheur[ii] », était, à son époque, le cours le plus suivi à Harvard.
Quand mon aîné était petit, en dépression post-partum, je cherchais une issue pour retrouver ma joie vivre et j’ai regardé sur internet des vidéos de cours de Tal Ben-Shahar sur l’apprentissage du bonheur. Il nous dit que chercher à être heureux devient une nécessité car l’anxiété et la dépression deviennent un problème de santé mondiale majeur. Sommes-nous intéressé à apprendre le bonheur ? Ses propositions m’ont été précieuses et je l’en remercie, elles m’ont aidée à trouver une issue à ma détresse.
J’ai retenu l’importance de la gratitude. Savoir être reconnaissant tous les jours de bonnes choses qui sont arrivées dans la journée. Ça peut être très simple, un bon repas, une conversation ou une balade dans la nature. Il propose de noter tous les soirs cinq choses qui font que nous sommes reconnaissant. Avons-nous de la gratitude pour des faits qui nous ont rendu heureux ?
Est-ce que l’argent apporte le bonheur ? Y contribue-t-il par la liberté de mouvement et la sécurité qu’il nous apporte ? Est-ce qu’un joli pactole peut se transformer en accélérateur de vie ? Comment, en le dépensant ou en l’investissement pour construire ? Nous sentons-nous content si nous nous sentons mieux loti que notre voisin, parlons-nous ici de bonheur ?

Nous avons un niveau de bonheur stable.
A quoi est relié notre niveau de bonheur ? Est-il lié à notre capacité à respecter nos valeurs dans toutes nos actions ? Est-il lié à la satisfaction de nos besoins fondamentaux personnels et solidaires ? Un peu avant trente ans, éloignée de mon compagnon pour deux ans, je commençais à déprimer un peu. J’ai quitté un emploi stable et rémunérateur en Suisse pour me rapprocher de mes amis et de ma famille en France, mon salaire a été réduit, j’ai retrouvé plus de sens à mon activité et un meilleur bien-être relationnel. Des études montrent que quadrupler son salaire impacte peu notre niveau de bonheur, le mien a retrouvé sa stabilité.

Un pic de satisfaction retombe petit à petit sans changer notre niveau de bonheur sur le long terme.
Je me rappelle d’une étude que j’ai lue quand mon aîné était bébé qui expliquait que l’acquisition d’un bien quel que soit son prix, une augmentation salariale ou une promotion professionnelle crée un pic de satisfaction. Notre niveau de bonheur ne change pourtant pas. C’est la raison pour laquelle une personne qui devient handicapée après un grave accident peut se sentir toujours aussi heureuse. Un évènement tragique crée un pic négatif, mais nous revenons généralement à notre niveau habituel par la suite.

Sur le long terme, nous pouvons élever ou abaisser notre niveau de bonheur par des choix de vie et de pensées. Vouloir se sentir vivant, voire heureux n’a rien de fleur bleue, c’est choisir la vie, c’est un objectif humain et indispensable, le seul qui devrait guider chaque être humain, à mon sens. Notre objectif est-il de nous sentir vivant ?

Nous avons besoin de partager.
La joie est une émotion qui s’appuie sur notre besoin de partage. N’est-ce pas le lien, l’échange émotionnel positif que nous recherchons ? Avons-nous déjà essayé de célébrer un succès tout seul ? Était-ce gai ou maussade ? Avons-nous déjà gardé pour nous un échec sans jamais en parler ? Était-ce plombant ou anodin ? Aimons-nous célébrer avec d’autres ? Apprécions-nous aussi les moments solitaires, en avons-nous besoin ? A quoi tient la qualité de nos liens ? Notre implication change-t-elle notre lien aux autres ?

Ma tante Colette et son époux Jean, m’envoyaient à chaque Noël et à chaque anniversaire un petit cadeau, un livre, une trousse, un drap imprimé de petits nounours, un radioréveil, toujours des cadeaux très ciblés et attentionnés. Ces cadeaux-là étaient des baumes pour mon cœur. Que sont devenus les cadeaux d’aujourd’hui, Noël n’est-il pas devenu le temple de la consommation ? Nous dépensons des sommes faramineuses, pensons-nous au contentement de l’autre ou cherchons-nous à passer par la case cadeau obligatoire ? C’est à tel point que de nombreux articles se retrouvent en vente à moitié prix le lendemain de Noël, c’est désolant. Où sont nos liens attentifs ? Cherchons-nous d’abord à aimer ou à posséder ? Que partageons-nous ?

Par leur bienveillance envers un enfant, des adultes peuvent lui donner confiance en l’avenir.
Colette et Jean étaient bienveillants, tendres, ils m’aimaient beaucoup, j’étais leur chouchoute. Ils venaient de temps en temps chez mes parents. J’ai fait un séjour chez eux lorsque j’avais onze ans. Une famille de musiciens. Il jouait de l’orgue, leur aînée jouait de la harpe. Je suis allée voir E.T. le film sur le petit-extra-terrestre débarqué par inadvertance sur terre et qui voulait rentrer chez lui. Je ne les voyais sans doute pas plus d’une fois par an, pourtant j’ai réalisé récemment l’importance qu’ils ont eu dans ma vie. Par leur présence délicate, stable et attentionnée, ils m’ont donné confiance dans le monde des adultes. Est-ce que des adultes de notre enfance nous ont donné des repères pour notre vie d’adulte ?

Le bonheur est un présent que l’on retrouve quand on s’oublie.
Claudio Capéo nous chante magnifiquement ce paradoxe de l’amour et du bonheur combinés. Il existe un principe de la vie qui dit que la vie est compétitive sur un socle de coopération, je le traduis en disant que nous avons besoin de prendre d’abord en compte nos propres soifs, en revanche, c’est seulement dans la coopération que la vie se développe. Claudio Capéo nous invite à découvrir le bonheur d’aimer gratuitement. Ne nous oublions quand même pas trop. Si nous avons besoin de satisfaire nos besoins d’humanité, nous avons aussi besoin de satisfaire nos besoins fondamentaux pour être heureux. Arrivons-nous à équilibrer la satisfaction de nos besoins et ceux de l’autre ?

Qu’attendons-nous dans la relation à autrui ?
En écrivant ce livre, si je me suis sentie très seule à certaines heures, à d’autres moments, mon salon était peuplé de monde. Est-ce que notre sentiment de solitude est corrélé au nombre de personnes qui nous entourent ? Nous sentons-nous plus ou moins seul quand nous pensons à d’autres personnes ? Pouvons-nous nous sentir isolé dans une foule et entouré en étant seul chez nous ? Comment vivons-nous la solitude ? Quelles personnes physiques côtoyons-nous ? Cela nous convient-il ? Est-ce que nous avons des activités associatives ? En quoi contribuent-elles à notre bonheur ? Que découvrons-nous dans ces associations ?  Authenticité, vulnérabilité, lâcher-prise, connaissances, apprentissage, rire ? Partageons-nous de notre intimité, nos soucis sentimentaux, familiaux, santé ? Nous plaignons-nous ? Nous sentons-nous très proche de quelques personnes ? Que partageons-nous, avec qui ? Toutes les relations sont-elles similaires ou différentes ? De quoi parlons-nous ? Partageons-nous nos questions, nos passions, nos hauts et nos bas, la vie dans tous ses états, les pleurs, les rires, les peines, les joies, les épreuves et les succès ?

Reflets.
Les gens qui provoquent chez nous une réaction forte, nous parlent de nous-même. Ils éveillent des sentiments et des ressources qui sont déjà en nous.
Ceux que nous admirons, nous parlent de nos aptitudes cachées. Pas les personnes qui nous donnent envie mais les gens qui nous émeuvent dans leur être, leurs comportements, leurs actions et leur impact, des gens qui nous donnent envie de devenir moteur d’un monde meilleur. Une personne qui nous inspire, nous ouvre l’esprit et appelle le meilleur de notre potentiel encore enseveli qui ne demande qu’à se déployer. Allons-nous le regarder et décider de nous développer dans notre meilleur ? 
A contrario, si les gens appuient là où ça fait mal ou abusent de nous, s’ils nous insupportent et éveillent nos pires sentiments, ils nous contraignent à voir nos incapacités, nos limites, nos blessures et notre propre violence. Plutôt que d’attaquer en réaction incontrôlée, voulons-nous choisir de regarder nos limites ou blessures pour les soigner, les dépasser et grandir ?

N’est-ce pas pour cela que nous avons besoin de super héros à qui nous identifier, des blancs, noirs, jaunes, rouges et même verts si nécessaire ? J’ai toujours admiré Mère Theresa et dans ma tête de pré-ado, c’était lié à sa capacité à fonder sa congrégation à l’âge de quarante ans pour aider des enfants, je n’avais donc pas besoin de faire des choses exceptionnelles à vingt ans, je donnerai mon meilleur tous les jours et je verrai bien où cela me mènerait, c’était aussi son humanité qui raisonnait en moi. Avec une telle figure d’inspiration, il est certain que devenir riche n’était pas ma priorité, même si cela a toujours fait partie de mes objectifs. Qui admirons-nous ou détestons-nous ? Qu’est-ce que cela dit de nous ? Comment reconnaître ce qu’ils éveillent chez nous peut-il nous aider à trouver notre bonheur ?


[i] Dessiner grâce au cerveau droit – Betty Edwards – Éditions Mardaga – 2018

[ii] L’apprentissage du bonheur – Tal Ben-Shahar – Pocket – 2011

Valeurs d’humanité

Les valeurs d’humanité sont notre moteur pour passer à l’action en répondant à nos besoins d’humanité, incluant notre implication pour répondre à nos besoins collectifs.

Les valeurs d’humanité restent durables au cours de notre vie.
Les valeurs d’humanité viennent rejoindre notre quête de sens et sont intimes et universelles à la fois. Au cours de notre évolution, nous confirmons ces valeurs intimes ou en découvrons de nouvelles qui complètent nos fondations. J’ai classé ces valeurs d’humanité en quatre catégories.

Liste de valeurs de but humain.
Pour le développement de la personne en plénitude.
Vie intérieure ou en infinitude : amour humain, lien à une transcendance, notion de sacré, foi, intérêt pour l’univers, profondeur de l’être, jouissance viscérale, espérance, pleine santé psychique, mentale et de mémorisation.
Vie charnelle :
maturité sexuelle, pleine santé physique.
Vie extérieure ou en finitude : rythme, nouveauté, progrès, évolution, croissance.

Liste de valeurs de but suprême.
Ces valeurs sont autant individuelles que collectives et sont relatives à notre quête de sens.
Liberté : droits, autonomie, indépendance, volontarisme, engagement, responsabilité, universalisme, mérite, choix.
Bienveillance : respect, fraternité, solidarité, tolérance, empathie, altruisme, gentillesse, considération, appréciation et soutien de l’autre, compassion, disponibilité.
Justesse : éthique, pertinence, justice, équité, égalité, parité, représentativité, modération.
Cohérence : transparence, vérité, franchise.
Beauté : harmonie, esthétique, équilibre, proportion, concordance, mélodie, élégance, charme, grâce.

Liste de valeurs de personnalité.
Pour le développement de l’individu en interaction avec le développement de l’Humanité.
Simplicité : vulnérabilité, spontanéité, authenticité, pureté, naturel, sincérité, sobriété, ascèse, gaieté, limpidité dans nos propos et nos comportements, nous sentir nous-même physiquement, psychiquement, affectivement.
Pudeur : fraîcheur, tact, discrétion, réserve, retenue, décence, bienséance, dignité, modestie, chasteté.
Conscience : observation, éveil, lucidité, sensibilité à nous-même, aux autres et à notre environnement, connaissance de nous-même dans nos forces et nos limites, connaissance du fonctionnement humain, reconnaissance de l’autre, ouverture à la diversité, perception de nos intuitions, connaissance de notre histoire et de l’Histoire de l’humanité, mise en perspective temporelle d’un évènement, discernement de nos réelles intentions et celles d’autrui.
Maîtrise de soi : patience, concentration, lâcher-prise, capacité au silence et à la solitude, résilience, sang-froid. Reconnaissance de nos émotions, les nommer, les accepter et les utiliser pour mieux nous comprendre et mieux comprendre les autres.
Responsabilité : devoirs, engagement, fidélité, honneur, loyauté, fiabilité, rigueur, droiture, sérieux, crédibilité, équilibre des objectifs de court terme et de long terme.

Liste de valeurs de génie.
Pour la mise en œuvre d’actions concrètes pour le développement de l’humanité.
Capacité d’anticipation : rêve, vision, créativité, imagination, conceptualisation, audace, capacité de prendre des risques avec prudence, clairvoyance.
Capacité d’inspiration pour les autres
 : faire connaître nos valeurs, charisme, espérance, enthousiasme, créer une connexion avec les autres par un échange émotionnel. Savoir apprécier l’autre, l’encourager, le préparer à surmonter les difficultés avec courage, le valoriser, le gratifier.
Capacité de réflexion : penser global, être curieux, perspicace et ouvert d’esprit, analyser, comprendre, synthétiser, faire un bilan, nous remettre en question, interroger avec un sens critique, évaluer, prioritiser, décider.
Capacité de communication : écouter, reformuler, informer avec justesse, diffuser un message simple et clair, être subtil.
Capacité d’action : exploration, contribution, coopération, détermination, dynamisme, endurance, énergie, vitalité, vivacité, mise en œuvre.

Valeurs de moyens

Les valeurs de moyens sont notre moteur pour passer à l’action en répondant à nos besoins fondamentaux.

Les valeurs de moyens évoluent au cours de notre vie.
En effet, puisque nos besoins et envies changent, nous renouvelons ces valeurs qui évoluent avec nos connaissances et nos expériences. Par exemple, les jeunes auront envie d’ouverture et de changement, d’autonomie et de stimulation tandis que les personnes plus âgées valoriseront souvent tradition, sécurité ou conformité. Avons-nous conscience de l’évolution de nos valeurs en fonction de notre âge, de nos connaissances et expériences ? Sur quelles valeurs nous appuyons-nous pour passer à l’action ?

Liste de valeurs de moyens.
Physiologiques : santé, sommeil, alimentation, exercice physique, sport, protéger la nature et être en contact avec elle, confort du logement, stabilité financière, codes vestimentaires. Plaisirs de la vie, incluant les plaisirs de la table et les plaisirs sexuels.
Sécurité : propreté, stabilité, ordre, ponctualité, fermeté, suivi les règles, respect des convenances, sentiment d’appartenance, avoir un guide, une religion, des croyances, suivre les traditions. Savoir-vivre : politesse, courtoisie. Pose de cadres et de limites, élaboration de lois. Gestion des finances.
Amour : couple, famille, amitié, tendresse, douceur, complicité, sympathie, appartenance à une « tribu ». Plaisirs de la conversation.
Estime de soi : responsabilité individuelle, autodiscipline, humilité, honnêteté, générosité, serviabilité, indépendance, indulgence, bonté, confiance en soi paisible, expertise, se sentir fier et capable.
Reconnaissance : responsabilité sociétale, autorité, pouvoir, influence, sagesse, courage, efficacité, résultat, célébrité, notoriété, réputation, prestige, fortune.
Réussir personnellement : travail, effort, ambition, optimisme, persévérance, compétence, performance, gestion de ses émotions, capacité de décision, jugement, discernement, capacité de prise de risque raisonnée, gain financier.
Réussir ensemble : collaboration, travail d’équipe, intelligence collective, communication constructive, capacité de remise en question, création d’une organisation apprenante, gain financier collectif.
Se développer : agir avec passion, utiliser son intelligence, assertivité, éducation, apprendre de nouvelles connaissances, faire de nouvelles expériences, être stimulé. Chercher à comprendre, notamment par les sciences.
Se sentir vivant : choisir des activités qui ont du sens, être de bonne humeur, humour, rire, alterner intensité et calme, convivialité, fêter, célébrer, partager, nourrir la vie intérieure, charnelle et extérieure.

Sens de la vie

Respecter nos valeurs donne du sens à notre vie.
Parmi les nombreux domaines qui s’intéressent aux valeurs, la psychologie, la sociologie et la philosophie sont les trois disciplines qui s’y intéressent le plus. Toutes considèrent que nos valeurs guident notre vie.
– Elles peuvent être choisies pour s’intégrer au groupe et elles nous poussent à agir.
– Elles peuvent être subies, et nous devons les suivre contre notre gré pour nous intégrer au groupe.

J’ai identifié deux types de valeurs, les valeurs de moyens qui répondent à la question du « Comment ? » et les valeurs d’humanité qui répondent à celle du « Pour quoi ? »

Valeurs de m
oyens.
Elles répondent au « Comment faire ? » et nous permettent d’agir pour satisfaire nos besoins, nous sentir serein et trouver du plaisir. Elles sont polarisées sur le besoin que nous cherchons à satisfaire.
Elles viennent rejoindre nos envies et besoins fondamentaux. Par quels moyens allons-nous satisfaire nos besoins pour ressentir du plaisir et nous sentir serein ? Ces valeurs nous aident à vivre en société en instaurant des règles et des codes communs.

Valeurs d’humanité.
Elles répondent au « Pour quoi faisons-nous quelque chose ? » et donnent du sens à notre vie. Elles sont transversales et deviennent le moteur de nos actions dans tous les secteurs de notre vie individuelle et collective. Elles sont souvent intimes et nous implique personnellement et collectivement.
Elles viennent rejoindre nos besoins d’humanité. Voulons-nous nous sentir humain dans un monde d’humains ? Respecter la dignité de chaque être humain ? Recherchons-nous l’amour humain ou divin ? Cherchons-nous l’harmonie et la beauté à l’intérieur et autour de nous ? Recherchons-nous à nous développer dans notre plein potentiel ? Avons-nous envie de paix dans le monde ? Voulons-nous participer à la création d’un monde meilleur ? Ces valeurs nous aident à vivre en société en instaurant des objectifs communs.

Reconnaître nos valeurs et les nommer.

Connaître nos valeurs nous permet de comprendre ce qui est le plus important pour nous, ce qui nous motive à agir pour trouver du plaisir, vivre en société et donner du sens à notre action.
C’est vrai à titre personnel autant qu’à titre collectif, pour un groupe, une organisation, une entreprise ou une nation. Le sujet paraît simple, il est pourtant d’une complexité extrême. Nous agissons tous selon nos valeurs, en revanche, nous ne les connaissons pas toujours. Elles influencent nos perceptions, nos attitudes, nos choix, nos comportements, nos jugements et nos actions et donc toutes nos interactions sociales. Connaissons-nous nos valeurs ?  Nous appuyons-nous sur nos valeurs pour passer à l’action ? Comment un manipulateur peut-il utiliser nos valeurs pour nous abuser ?

Nos désirs : trouver du plaisir et du sens à notre action, une cohérence dans notre vie personnelle et au sein de la société. Permettre une satisfaction mutuelle de nos besoins, ceux des autres et de l’humanité.
Réponse satisfaisante : nous savons différencier les valeurs de moyens et les valeurs d’humanité. Nous nommons et choisissons nos valeurs et agissons en fonction de celles-ci. Nous trouvons un sens à nos actions.
Réponse satisfaisante à court terme et insatisfaisante à long terme 
: nous passons à l’action sans nous retourner sur nos valeurs et finissons par ne plus comprendre le sens de notre action.
Réponse insatisfaisante : nous appliquons nos valeurs de façon extrême et devenons soumis ou violents. Nous agissons en réaction aux évènements et ne respectons plus nos valeurs. Nous subissons les valeurs de notre groupe d’appartenance contre notre gré. Nous déprimons, devenons blasés, cyniques ou tortionnaires.
Manipulateur : il va nous attirer en nous parlant de nos valeurs et nous met dans une position inconfortable dans laquelle nous utilisons la violence, opposée à nos valeurs, pour justifier la défense de nos valeurs. Il va parler de valeurs pour que nous réagissions en opposition, en utilisant la violence. Il peut aussi utiliser des valeurs pour nous les imposer et nous contrôler.

Connaître nos valeurs et les suivre nous aide à prendre des décisions plus facilement et sans hésitation car cela nous donne un sens des priorités.
Pouvons-nous nous rappeler une décision que nous avons prise en nous appuyant sur nos valeurs ? Cela nous a-t-il aidé ? Pourquoi ?

Dans la description des valeurs revient constamment la notion du Bien et du Mal. Ces notions morales sont des jugements personnels, subjectifs, religieux ou culturels. Partons donc du principe que nos valeurs sont les gardiens qui nous permettent de reconnaître avec éthique ce qui respecte la dignité humaine. Respecter nos valeurs nous aiguillonne vers la vie bouillonnante.

Quelles sont les origines de nos valeurs ?
Comme nous l’avons vu, nous grandissons dans une famille et un environnement social et sociétal qui nous donnent des références. Chaque groupe qui nous influence va nous proposer ses propres valeurs à travers une culture, des croyances, une morale et des règles : famille, cercles sociaux, célébrités, éducation, religions, philosophies, idéologies, doctrines, politiques, sciences, arts plastiques, arts scéniques, arts visuels, arts écrits, musique, médias et internet.
Le petit enfant adopte les valeurs de ses parents et des groupes qu’il côtoie et de la société dans laquelle il grandit. Qu’en est-il quand nous devenons adultes ? Dans quel type de société avons-nous grandi ?

Une société équitable. Chaque individu est considéré comme autonome. Chaque individu a réellement autant de chances que n’importe qui d’autre d’accéder à tous les métiers, toutes les responsabilités et tous les niveaux de fortune.

Une société abusive. Chaque individu est considéré comme un maillon de la chaîne sociétale au service de la Toute-Puissance. L’individu pauvre a très peu de chances de quitter son environnement d’origine et de prendre des responsabilités dans la société, et l’individu privilégié a de grandes chances de rester dans son groupe d’origine : caste, milieu social, famille influente, corporation…

Quel degré de méritocratie permet la société dans laquelle nous avons grandi ? Quelles chances réelles avons-nous, si nous naissons pauvres, de devenir dirigeant et riche grâce à notre éducation, notre travail, notre intelligence et notre persévérance ? Connaissons-nous les chiffres ? Quelle est notre perception ? Entre les deux extrémités, sur une échelle de 1 à 10, comment percevons-nous la société dans laquelle nous vivons ?

La société dans laquelle nous avons grandi nous donne plus ou moins de capacité à nous projeter personnellement dans une vie unique et influence donc de manière importante la liste de nos valeurs. En adulte, avons-nous choisi nos valeurs ? Elles peuvent se fonder sur des principes de nos groupes d’appartenance ou venir de notre nature humaine et intime. Savons-nous faire la différence entre ces différents moteurs ? L’équilibre sur l’origine de nos valeurs nous convient-il ?

Connaître et respecter nos valeurs nous apporte de la stabilité émotionnelle.
C’est une raison valable pour s’intéresser à nos valeurs et apprendre à les repérer et les nommer. Trois situations de références à nos valeurs créent trois nuances d’émotions :
– Nous respectons nos valeurs et nous nous sentons bien.
– Nous transgressons nos valeurs et nous nous sentons mal.
– Deux de nos valeurs sont incompatibles et nous nous sentons avec le cul entre deux chaises, avec un sentiment désagréable. Nous devons donc changer quelque chose pour nous sentir mieux. Soit nous changeons la priorité de nos valeurs, soit nous nous leurrons, soit nous changeons de comportement.

Par exemple, nous prenons des pauses cigarette avec les collègues et pensons « fumer tue » et « la sociabilité est importante ». Comment réagissons-nous face à cette situation désagréable ? Nous avons besoin de reconnaître ces deux valeurs « santé et sociabilité » et choisir une réponse satisfaisante.

Nous pouvons minimiser la valeur santé « fumer n’est pas si grave », et maximiser la valeur sociabilité « les discussions informelles avec les collègues sont indispensables ». Nous pouvons préférer nous leurrer « il faut bien mourir de quelque chose et je connais des gens qui ne fumaient pas et sont morts d’un cancer des poumons ». Dans ces deux cas, nous continuons sans rien changer et retrouvons un sentiment neutre. Enfin, nous pouvons garder la valeur « sociabilité » et prendre en considération la valeur « fumer tue ». Nous changeons alors de comportement. Nous arrêtons de fumer, prenons une pause, sans cigarette, ou arrêtons ces pauses-là et trouvons d’autres moyens de sociabiliser. Nous nous sentons bien.

Responsabilité de bonheur

Nous sentons-nous l’artisan de notre bonheur ?

Nous avons tous une activité spécifique, un environnement social et culturel différent, une histoire singulière, une personnalité unique. Nous trouvons le bonheur dans un équilibre entre les sentiments de plaisir, de joie et de sérénité et le sentiment de se développer, de se dépasser et de réussir.

Notre activité peut-elle nous apporter le bonheur ? Nos parents, nos enfants, notre aimé.e, nos amis ou le gouvernement peuvent-ils nous apporter le bonheur ? Peuvent-ils l’entraver ou le soutenir ? Réfléchissons bien, est-ce que quelque chose ou quelqu’un peut nous apporter le bonheur ? Laissons-nous notre bonheur dans des mains extérieures ou choisissons-nous de planter nos graines de bonheur dans nos activités, nos rencontres, notre estime de nous-même pour le laisser pousser et se déployer ? Nous sentons-nous nous l’artisan de notre propre bonheur ou attendons-nous sur un banc qu’un passant s’arrête et nous offre du bonheur ?

Vouloir se sentir vivant, voire heureux, est une responsabilité sérieuse, elle impacte l’avenir du monde.

Notre bonheur est contagieux. Ainsi, plus nous sommes heureux, plus nous apportons, concrètement, de bonheur au monde. En plus, le bonheur est lié à la joie, sentiment qui naît dans le partage. Donc plus nous touchons au bonheur, plus le bonheur nous touche ! Intimement, recherchons-nous à nous sentir plus vivant et plus heureux ?

Pour nous inviter à plus de bonheur, voudrions-nous savoir qui a versé les plus grosses sommes pour participer à un monde plus humain, plus digne, plus démocratique, plus équitable, qui a sauvé le plus de vies et a favorisé la progression de l’Humanité ? Nos égos y trouveraient leur compte, sainement.

La place de notre curseur du bonheur est individuelle.

Nous cherchons tous à nous sentir vivant. Cherchons-nous tous à être heureux ? Le bonheur n’est pas une ligne continue. La vie nous apporte son lot de plaisirs et de déplaisirs, de douceurs et de souffrances, d’amour et de traumatismes, d’accomplissements et d’échecs, de joies et de peines. Où plaçons-nous notre curseur du bonheur ? Dans quelles sphères, activités, relations ? Quelles sont nos priorités ?

Bonheur et valeurs

« Le seul bonheur que tu trouveras au sommet des montagnes est celui que tu y apporteras. »

Proverbe japonais

Comment apporter notre bonheur avec nous ? De quoi est-il fait ? Naît-il dans un équilibre entre notre tête, notre cœur et notre corps ? S’ancre-t-il dans un équilibre entre notre vie active, la part dans laquelle nous agissons, notre vie sociale, la part dans laquelle nous nous sentons reliés, et notre vie personnelle, la part dans laquelle nous nous développons ?

Le bonheur est un défi qui nous appelle tous les jours et il n’existe aucun modèle universel au bonheur. En entreprise, rien n’est gagné d’avance, en bonheur non plus. Il demande conscience et investissement personnel dans la durée, objectif et choix d’actions concrètes.

La vie en liberté

N'attends pas demain
Pour ouvrir les mains
Regarde une fleur
Cadeau du cœur
Offre un sourire
Echange un rire
Dis un merci
Ciel éclairci
Ose un pardon
Réparation
Ressens tes émotions
Magique potion
Plonge dans les mauvaises
Libère-les, tu t'élèves
Cultive les bonnes
Le jour fredonne
Ton âme n'a pas d'âge
Partage, partage
Tu sentiras la joie
Le bonheur est en toi
Bain d'humanité
La vie en liberté

Nos émotions, nos guides

Nos émotions sont des messagers de nos besoins profonds qui nous appellent en criant.
Comment les écoutons-nous, que nous racontent-elles ? Comment réagissons-nous face à nos émotions ? Nos émotions négatives, plutôt que de nous martyriser, peuvent-elles juste bougrement nous em**der tout en nous aidant à reconnaître notre mal-être et changer la situation ? Pouvons-nous favoriser nos émotions positives pour nous sentir mieux?

La conscience et l’assertivité nous apportent la paix.
L’anxiété, la peur, la colère ou la tristesse peuvent amener la sidération. Toutes les théories complotistes naissent probablement de ce sentiment personnel d’incompréhension, de frustration et d’injustice, voire de victimisation, et de notre besoin d’y trouver un sens.

Nous posons souvent à l’extérieur de nous les influences négatives au lieu de regarder notre responsabilité dans ce qui nous arrive.

Bien sûr, les circonstances extérieures influencent notre vie, pourtant c’est nous qui décidons ce que nous acceptons et ce que nous refusons. Il existe des situations dans lesquelles une victime est abusée contre mon gré, et sous l’effet de la confusion, elle perd son libre arbitre. Peut-elle prendre conscience et demander de l’aide pour échapper à l’emprise d’une personne toxique ? Pourquoi elle et pas quelqu’un d’autre ? Veut-elle comprendre comment ses blessures intimes permettent à un abuseur de la harponner ? Arrivons-nous à nous respecter et nous faire respecter en respectant les autres ? Prenons-nous conscience de nos émotions pour prendre du recul et trouver une réponse satisfaisante à nos besoins et prendre notre part de responsabilité dans ce qui nous arrive ?

J’ai été dans des situations où j’aurai voulu en vouloir à la terre entière, tant je me sentais en décalage avec ce que je voulais vivre, avec les critères de la société, avec ma vision de la vie et de l’amour. Tant dans la globalité de ma vie à certains moments, que dans des relations particulières avec des gens très chers à d’autres moments. Accepter de regarder que je lis les évènements à la lumière de mes croyances et mes expériences, mes manques et mes peurs de manquer et que je favorise ainsi les situations dans lesquelles je me retrouve est d’un inconfort inégalable : je suis responsable de là où je me trouve! C’est même parfois insoutenable à accepter, je n’essaie donc pas de me culpabiliser, ça n’aurait aucun intérêt, j’essaie de découvrir quelles sont mes croyances limitantes, quelles sont mes manques d’expérience, pour reprendre plus consciemment les rennes de ma vie. Surtout, le but n’est pas d’ajouter du stress au stress, c’est plutôt de voir ma réalité en miroir, voir ce qui se passe dans ma tête, pour apprendre à ma tête à gérer différemment mes réactions, pour trouver plus de ressources internes, pour mieux me projeter et faire un virage, en ouvrant des pistes réalistes qui me donnent envie et sont accessibles, pour choisir de progresser pas à pas. Accepter que ma culture, mes références, mes expériences, mes influences me font, parfois, prendre de mauvaises décisions pour voir les situations sous un autre angle et comprendre que je pourrais agir autrement et prendre d’autres décisions.

Attention, je mets un bémol important, je ne voudrais pas ignorer l’injustice de notre monde inéquitable, je parle des opportunités qui m’ont été présentées et que j’aurais pu développer plus. Il reste important de noter que des jeunes filles qui ont grandi dans la caste des intouchables en Inde ou dans une banlieue pauvre d’un pays occidental n’ont pas les mêmes opportunités, au départ, que la fille du chef d’une grande entreprise. Un biais cognitif dit que nous voulons croire que le monde est juste alors que les faits nous indiquent clairement qu’il est injuste et si nous voulons créer un monde plus humain et plus juste, alors, nous avons besoin de regarder la réalité factuellement

J’ai toujours entendu dire qu’il serait préférable de se retrouver seul.e, face à soi même, à la fin d’une relation intime ou en quittant un groupe d’appartenance très soutenant, pour se retrouver soi-même et comprendre ses fonctionnements en dehors d’un ou de plusieurs autres. Facile à dire, compliqué à assumer… souvent nous préférons compter sur les autres pour combler nos peurs de manquer, notre solitude, ou nous pensons que l’autre ou les autres sont le problème. Pourtant, quand nous nous retrouvons de façon cyclique dans le même genre de situation, il y a un moment où nous pouvons nous interroger, pourquoi? Pourquoi je réussis, ou pourquoi je déraille, pourquoi la relation s’épanouit ou pourquoi la relation se détériore, quelle est ma part?
Quand j’ai démarré un premier job à 600 km de chez mes parents, personne ne me connaissait ni d’Eve, ni d’Adam, personne n’avait entendu parler de ma famille et je n’en parlais pas, j’ai donc transmis par mes paroles, mes comportements, mes attitudes, mes tenues vestimentaires, mes activités qui j’étais, seule. Et je me rappelle d’un collègue qui m’a fait une réflexion sur mon passé de « jeune fille de bonne famille ». Je ne m’étais jamais considérée comme telle, même si je venais d’une famille dans laquelle mes parents avaient fait des études supérieures et mes frères et sœurs également. Ce jour-là, je me suis interrogée « Pourquoi et comment ai-je transmis cette image? »

Communiquer au fur-et-à-mesure peut éviter qu’un détail devienne un monstre.
Une source de tension peut venir du fait que nos intérêts et nos besoins inassouvis diffèrent de ceux de nos voisins. Typiquement, quand mon voisin du dessous est venu me dire qu’il déménageait car mes bruits de pas l’indisposaient alors que j’étais discrète, j’ai senti la colère me monter au nez, il devait lui-même être en rage. Y-a-t-il un méchant et un gentil dans cette histoire ? Nous sommes tous les deux restés très calmes et très courtois, nous nous sommes écoutés et je reste sur un sentiment neutre, sans agressivité.

Comment calmons-nous nos émotions pour mieux prendre en main les rennes de nos réactions ?
Comment nos émotions, reconnues ou refoulées, guident-elles une grande partie de nos vies ? Notre monde, particulièrement les médias, la publicité et la culture les connaissent en détail et impliquent nos émotions ou jouent avec elles pour nous faire vibrer ou nous attirer. Quand nos émotions prennent le dessus sans réserve, laissons-nous déborder par elles, perdons-nous notre logique ?
L’idée de me coltiner une tâche administrative me stresse. Il suffit qu’un grain de sable vienne enrayer la machine quand je veux payer mes factures sur internet, je remets au lendemain pour oublier mon stress et j’ignore ma facture pour finir par la payer en retard. Je viens de payer mes factures, après une semaine de report pour des problèmes de connexion informatique, je sens instantanément un poids en moins et la fatigue s’envole. Nous rappeler de cet état de « l’après » peut nous aider à faire ce que nous devons faire quand nous sommes encore dans « l’avant » pour déjouer nos émotions inhibitrices.
Il existe des techniques pour se calmer en 5 à 10 minutes, attention et conscience, respiration comme la respiration en carré ou en rectangle, pensée positive, visualisation, relaxation, méditation, acceptation, mouvements du corps, occupation, ressenti d’une émotion que nous nommons. Utilisons-nous des techniques pour nous calmer ?

Quelle envie avons-nous d’aller mieux ?
J’ai suivi, peu après la naissance d’Oli, un cycle de méditation pleine conscience[i] qui a transformé mon cerveau pour le meilleur. Aucun effet exceptionnel à court terme, ma vie a changé graduellement. Voyant mon évolution, plusieurs de mes proches ont suivi mes pas sans obtenir les mêmes effets. J’y vois deux explications. D’abord, leurs thérapeutes, en mélangeant plusieurs techniques, ont certainement perdu une part de la pureté du processus cognitif proposé. Ensuite, j’ai suivi ce cycle après de longues recherches pour arrêter les anti-dépresseurs et trouver une sortie naturelle et durable à une dépression post-partum. Quand je suis entrée dans ce cycle, j’étais déjà investie émotionnellement dans un lent processus d’évolution et j’ai trouvé la méthode qui me convenait à ce moment de ma vie. S’il me semble que cet outil est particulièrement intéressant, ce n’est pas un outil qui m’a fait sortir de mon marasme, il m’a soutenue dans ma volonté de m’en sortir.
Quelle est notre envie profonde de nous transformer ? Voulons-nous trouver les motivations essentielles qui nous donnent de l’élan ? Pour échapper à leurs blessures d’amour et leur manque de confiance en elles bien caché, certaines personnes deviennent manipulatrices pour garder le contrôle et asseoir leur pouvoir, est-ce une raison pour laquelle notre monde s’est construit sur la domination ? Voulons-nous et pouvons-nous nous transformer pour devenir plus heureux ? Quand nous osons nous remettre en cause pour trouver un équilibre heureux, nous pouvons découvrir des relations harmonieuses qui changent notre univers et pouvons ainsi changer le monde. Est-ce vrai pour les pervers narcissiques ? Leur développement affectif est défaillant, peuvent-ils évoluer ?

Pour qui voulons-nous aller mieux ?
C’est pour mes enfants que j’ai décidé de sortir de ce marasme de manque d’amour. Ils ont toujours été mon moteur, je voulais leur donner mon meilleur. Mon amour pour eux m’a donné l’élan pour aller visiter ces cavernes intérieures et les éclairer pour ma croissance vers la maturité.
Pour qui avons-nous envie d’être le meilleur de nous-même ? Que sommes-nous prêt à entreprendre pour refermer nos cicatrices émotionnelles et changer ?

Des thérapeutes peuvent nous aider à libérer nos douleurs émotionnelles.
Nous pouvons leur parler de nos difficultés relationnelles présentes qui apparaissent dans nos relations intimes, amicales, sociales et professionnelles. Parler de nos émotions bloquantes à un thérapeute qui les entend, les reçois, nous aide à les nommer, à les apprivoiser, à les évacuer, peut nous permettre de mieux les comprendre pour les laisser s’envoler.
Beaucoup de gens commencent une ou deux séances, voire un an de thérapie, arrivent là où ça fait mal, et au lieu de regarder enfin leur blessure profonde et leur douleur avec amour et bienveillance pour les soigner, ils arrêtent la thérapie, c’est une situation banale. C’est dommage. Il existe aussi des thérapies psychocorporelles ou liées aux neurosciences, peut-être que cela leur conviendrait mieux. Avons-nous envie de consulter un thérapeute pour explorer nos souterrains ? Seul, en couple, en famille ? Avons-nous conscience que le but est de comprendre ce qui fait mal pour réduire ou annuler le poids d’une mauvaise expérience du passé, pour se sentir plus vivant et conscient au présent ?
Il existe aussi des thérapeutes qui sont des charlatans, d’autres qui sont des médecins, qui s’intéressent à la médication sans empathie réelle pour la souffrance de leurs patients. Je vous l’ai dit, j’avais des émotions débordantes, elles sont toujours aussi foisonnantes, mais aujourd’hui, j’ai appris à mieux les reconnaître, à les aimer, à les vivre, et j’ai trouvé plus de sérénité et de stabilité émotionnelle.

Mes émotions, c’est la fête foraine. Avant, dès que je voyais un manège, je montais dedans et parfois je n’arrivais pas à sortir du manège, alors j’étais partie pour dix tours d’affilée. Sortie comme si je venais de faire un tour dans une machine à laver le linge et parfois en très mauvaise posture pendant ces tours à gogo. J’étais surprise par chaque manège. Dans certains manèges j’avais peur, dans d’autres, je riais, j’allais aussi dans un restaurant, ou je m’arrêtais autour d’un lac. Aujourd’hui, je connais les manèges, je choisis beaucoup plus quand j’y fais mon tour, et après un tour, si cela me suffit, je quitte le manège, parfois même, je vois le manège, ça me donne un souvenir de mon dernier tour, ça me donne même une émotion, mais je décide que j’y viendrai plus tard. En repassant devant le manège, un peu plus tard, je peux me dire « Ah oui, celui-là, je vais y faire un tour, par exemple, pour sortir la peur dans le train fantôme. Plutôt que d’entrer dans le manège dès que je passe à côté, maintenant je me dis, « Tout à l’heure ou demain, j’irai faire un tour dans le train fantôme, mais maintenant, je préfère aller à la pêche aux canards ». Je peux vous assurer que ma vie s’est embellie. Alors j’ai toujours les loopings, ascenseurs en chute libre, trains splash, mais j’achète le ticket quand je passe devant et j’arrive la plupart du temps à y venir au moment qui me convient. Alors si je suis en train de manger une barbe à papa, j’en profite jusqu’au bout! Et si je viens de manger une plaque de chocolat, je n’entre pas sur le toboggan géant le plus dangereux du monde!

Pour tenter d’apprivoiser mes émotions, j’ai rencontré de nombreux thérapeutes, médecins psychiatre, psychothérapeutes, médecins alternatives, techniques énergétiques, très peu m’ont vraiment aidée. Parmi les purs médecins, j’en ai rencontré plusieurs dans le confort de leur siège, auréolés de leur cursus universitaire, de « sachants » qui, au fond, n’ont aucune idée de ce qui se passe dans mon cerveau, qui mettent des beaux noms sur des « pathologies », si ça va mieux c’est grâce à eux, si ça ne va va, c’est la pathologie. Aucune implication personnelle. Des mots de reconnaissance et d’empathie sans aucune implication émotionnelle : des gens qui m’ont coût cher, que j’ai écouté mais qui ne m’ont pris dans ma souffrance, des médicaments qui m’ont aidée, mais des séances inutiles et déprimantes car elles me laissaient sans espoir de trouver la porte de sortie, pour j’eux, j’avais une pathologie, et il en était ainsi, il fallait attendre qu’elle disparaisse, ce qui arriverait avec le temps. J’ai rencontré un médecin, avec qui j’ai suivi le cycle de méditation pleine conscience pour les déprimés, elle restait distante émotionnellement, mais la technique m’a aidée. J’ai rencontré des thérapeutes qui me racontaient leur vie quand je parlais de la mienne, d’autres qui menaient des discussions de comptoir, d’autres qui m’expliquaient des choses en me parlant d’autres patients ou d’autres exemples de maladie, d’autres qui transféraient leurs soucis avec leurs enfants sur moi et voulaient me venir en aide comme si j’étais leur fille, d’autres qui me parlaient d’émotions avec leur mental, d’autres qui me disaient ce que je devais faire et les décisions que je devais prendre, d’autres qui étaient dans leurs croyances ésotériques destinées à me soigner comme par miracle, ils ne m’ont pas beaucoup aidée non plus. J’ai vu un médecin qui avait une approche cognitive, je devais imaginer que les choses étaient autrement que ce qu’elles étaient, il ne devait pas être bon, j’étais incapable de changer le cours de mes ruminations. J’ai rencontré, comme jeune adulte, un thérapeute en hypnose ericksonienne, me faisant faire du « rêve éveillé », cela m’a aidé, car j’ai mieux compris les figures importantes pour moi. Je n’avais pas envie de raconter ma vie, creuser mon enfance, juste comme un exercice de style soi-disant miraculeux, la psychanalyse ne m’a jamais attirée. J’ai rencontré une thérapeute qui me faisait parler de mes impasses relationnelles actuelles, et qui m’aidait à comprendre pourquoi je réagissais mal dans une situation, en revenant parfois à mon enfance, et en me demandant comment je pourrais réagir autrement. Je la sentais concernée par ma souffrance, par ma douleur à ne pas savoir quoi faire de mes méandres, elle m’a beaucoup aidée.
Et j’ai lu des livres qui m’ont expliqué des techniques. En général, je démarrais, je prenais une ou deux idées et je laissais tomber. Mais, ça me faisait faire un pas. Globalement, j’ai l’impression que j’ai avancé, d’abord, quand je me sentais impliquée et responsable de ma guérison ou de ma gestion de ma vie et de mes émotions. Et quand je me suis faite aidée, les seuls qui m’aient aidée à vraiment avancer sont les rares thérapeutes qui suivaient eux-mêmes une psychothérapie, étaient supervisés dans leur pratique et s’impliquaient émotionnellement. Quand je pense à ces très rares thérapeutes, je me dis qu’ils avaient envie que j’aille mieux. Et désormais, je n’irai plus voir un thérapeute si en sortant, je me dis que je suis juste un de ses patients, qui lui permet d’avoir une vie confortable. Quant aux médecins, leurs médications peuvent être nécessaires mais je ne compte pas sur eux pour m’aider à avancer.
Ces derniers temps, je m’intéresse aux hormones, aux neurosciences, aux pensées , aux visualisations positives, j’y vois une promesse formidable d’aide pour aller bien, elles m’aident déjà, mais je garde à l’esprit que si je veux aller bien, je dois me sentir responsable. Quand je comprends comment fonctionne mon cerveau, comment fonctionne mon corps, cela m’aide à choisir des actions qui vont m’aider à aller bien. Avec ces nouvelles connaissances, l’approche des manèges évolue. C’est très étonnant. Disons que j’ai eu une expérience traumatisante du grand 8 avec ses montagnes russes et ses loopings. Dès que je passe devant, je me sens mal, je n’arrive pas à rester dans l’allée, je vais y faire un tour, je n’arrive pas à sortir et je fais dix tours à la suite et j’en ressors prête à vomir et complètement groggy. Avec les thérapies « neuro », ils vont m’aider à sortir de cet aspirateur qui me contrôle. Ils vont avoir plusieurs approches possibles, je n’ai pas encore beaucoup approfondi, je vais donc expliquer avec ce que j’ai compris à ce jour. Une première possibilité est de me dire de repenser à mon dernier tour et de me rappeler les périodes du parcours que j’ai aimé, de me focaliser dessus et d’associer ce manège à ces bonnes émotions. Le but est d’associer une émotion positive à ce manège. Ca peut être aussi de me rappeler de la fois où j’étais sur ce manège avec mon cher et tendre, collée à lui, sentant la chaleur de son corps, et avec un sentiment amoureux grisant, avec cette approche, cela m’aide à voir comme les loopings et les peurs m’ont permis de me rapprocher de mon cher et tendre et de ne garder que le sentiment chaleureux et de lien. On pourrait aussi me demander d’admirer le paysage quand je suis en haut et de garder cette « photo » dans le cerveau, pour associer ce manège à la beauté. On pourrait me demander de passer à côté du manège en pensant  » C’est bien que ce manège existe, il donne de belles sensations, mais je ne veux pas y aller maintenant » en prenant de la distance par rapport à l’expérience de ce manège. On pourrait même me faire imaginer un tour sur ce grand 8 dans lequel je ris, je crie avec plaisir et je m’amuse comme une folle, juste une imagination de mon esprit, et faire croire à mon cerveau que c’est une vraie expérience vécue, et la prochaine fois que je passerai devant ce manège, je ressentirai des émotions de plaisir.
Ce que je comprends de plus en plus, c’est que nous faisons advenir ce que nous pensons. Donc, si le médecin ou thérapeute, ou si moi, sommes persuadés qu’il n’y a rien à faire, alors mes chances de guérison sont très faibles. En revanche, si le thérapeute est persuadé qu’il peut m’aider, et si moi-même, je suis déterminée à aller mieux, alors, mes chances de guérison sont très importantes.


[i] Pleine conscience par Jon Kabat-Zinn – Wikipédia