Sens de la vie

Respecter nos valeurs donne du sens à notre vie.
Parmi les nombreux domaines qui s’intéressent aux valeurs, la psychologie, la sociologie et la philosophie sont les trois disciplines qui s’y intéressent le plus. Toutes considèrent que nos valeurs guident notre vie.
– Elles peuvent être choisies pour s’intégrer au groupe et elles nous poussent à agir.
– Elles peuvent être subies, et nous devons les suivre contre notre gré pour nous intégrer au groupe.

J’ai identifié deux types de valeurs, les valeurs de moyens qui répondent à la question du « Comment ? » et les valeurs d’humanité qui répondent à celle du « Pour quoi ? »

Valeurs de m
oyens.
Elles répondent au « Comment faire ? » et nous permettent d’agir pour satisfaire nos besoins, nous sentir serein et trouver du plaisir. Elles sont polarisées sur le besoin que nous cherchons à satisfaire.
Elles viennent rejoindre nos envies et besoins fondamentaux. Par quels moyens allons-nous satisfaire nos besoins pour ressentir du plaisir et nous sentir serein ? Ces valeurs nous aident à vivre en société en instaurant des règles et des codes communs.

Valeurs d’humanité.
Elles répondent au « Pour quoi faisons-nous quelque chose ? » et donnent du sens à notre vie. Elles sont transversales et deviennent le moteur de nos actions dans tous les secteurs de notre vie individuelle et collective. Elles sont souvent intimes et nous implique personnellement et collectivement.
Elles viennent rejoindre nos besoins d’humanité. Voulons-nous nous sentir humain dans un monde d’humains ? Respecter la dignité de chaque être humain ? Recherchons-nous l’amour humain ou divin ? Cherchons-nous l’harmonie et la beauté à l’intérieur et autour de nous ? Recherchons-nous à nous développer dans notre plein potentiel ? Avons-nous envie de paix dans le monde ? Voulons-nous participer à la création d’un monde meilleur ? Ces valeurs nous aident à vivre en société en instaurant des objectifs communs.

Reconnaître nos valeurs et les nommer.

Connaître nos valeurs nous permet de comprendre ce qui est le plus important pour nous, ce qui nous motive à agir pour trouver du plaisir, vivre en société et donner du sens à notre action.
C’est vrai à titre personnel autant qu’à titre collectif, pour un groupe, une organisation, une entreprise ou une nation. Le sujet paraît simple, il est pourtant d’une complexité extrême. Nous agissons tous selon nos valeurs, en revanche, nous ne les connaissons pas toujours. Elles influencent nos perceptions, nos attitudes, nos choix, nos comportements, nos jugements et nos actions et donc toutes nos interactions sociales. Connaissons-nous nos valeurs ?  Nous appuyons-nous sur nos valeurs pour passer à l’action ? Comment un manipulateur peut-il utiliser nos valeurs pour nous abuser ?

Nos désirs : trouver du plaisir et du sens à notre action, une cohérence dans notre vie personnelle et au sein de la société. Permettre une satisfaction mutuelle de nos besoins, ceux des autres et de l’humanité.
Réponse satisfaisante : nous savons différencier les valeurs de moyens et les valeurs d’humanité. Nous nommons et choisissons nos valeurs et agissons en fonction de celles-ci. Nous trouvons un sens à nos actions.
Réponse satisfaisante à court terme et insatisfaisante à long terme 
: nous passons à l’action sans nous retourner sur nos valeurs et finissons par ne plus comprendre le sens de notre action.
Réponse insatisfaisante : nous appliquons nos valeurs de façon extrême et devenons soumis ou violents. Nous agissons en réaction aux évènements et ne respectons plus nos valeurs. Nous subissons les valeurs de notre groupe d’appartenance contre notre gré. Nous déprimons, devenons blasés, cyniques ou tortionnaires.
Manipulateur : il va nous attirer en nous parlant de nos valeurs et nous met dans une position inconfortable dans laquelle nous utilisons la violence, opposée à nos valeurs, pour justifier la défense de nos valeurs. Il va parler de valeurs pour que nous réagissions en opposition, en utilisant la violence. Il peut aussi utiliser des valeurs pour nous les imposer et nous contrôler.

Connaître nos valeurs et les suivre nous aide à prendre des décisions plus facilement et sans hésitation car cela nous donne un sens des priorités.
Pouvons-nous nous rappeler une décision que nous avons prise en nous appuyant sur nos valeurs ? Cela nous a-t-il aidé ? Pourquoi ?

Dans la description des valeurs revient constamment la notion du Bien et du Mal. Ces notions morales sont des jugements personnels, subjectifs, religieux ou culturels. Partons donc du principe que nos valeurs sont les gardiens qui nous permettent de reconnaître avec éthique ce qui respecte la dignité humaine. Respecter nos valeurs nous aiguillonne vers la vie bouillonnante.

Quelles sont les origines de nos valeurs ?
Comme nous l’avons vu, nous grandissons dans une famille et un environnement social et sociétal qui nous donnent des références. Chaque groupe qui nous influence va nous proposer ses propres valeurs à travers une culture, des croyances, une morale et des règles : famille, cercles sociaux, célébrités, éducation, religions, philosophies, idéologies, doctrines, politiques, sciences, arts plastiques, arts scéniques, arts visuels, arts écrits, musique, médias et internet.
Le petit enfant adopte les valeurs de ses parents et des groupes qu’il côtoie et de la société dans laquelle il grandit. Qu’en est-il quand nous devenons adultes ? Dans quel type de société avons-nous grandi ?

Une société équitable. Chaque individu est considéré comme autonome. Chaque individu a réellement autant de chances que n’importe qui d’autre d’accéder à tous les métiers, toutes les responsabilités et tous les niveaux de fortune.

Une société abusive. Chaque individu est considéré comme un maillon de la chaîne sociétale au service de la Toute-Puissance. L’individu pauvre a très peu de chances de quitter son environnement d’origine et de prendre des responsabilités dans la société, et l’individu privilégié a de grandes chances de rester dans son groupe d’origine : caste, milieu social, famille influente, corporation…

Quel degré de méritocratie permet la société dans laquelle nous avons grandi ? Quelles chances réelles avons-nous, si nous naissons pauvres, de devenir dirigeant et riche grâce à notre éducation, notre travail, notre intelligence et notre persévérance ? Connaissons-nous les chiffres ? Quelle est notre perception ? Entre les deux extrémités, sur une échelle de 1 à 10, comment percevons-nous la société dans laquelle nous vivons ?

La société dans laquelle nous avons grandi nous donne plus ou moins de capacité à nous projeter personnellement dans une vie unique et influence donc de manière importante la liste de nos valeurs. En adulte, avons-nous choisi nos valeurs ? Elles peuvent se fonder sur des principes de nos groupes d’appartenance ou venir de notre nature humaine et intime. Savons-nous faire la différence entre ces différents moteurs ? L’équilibre sur l’origine de nos valeurs nous convient-il ?

Connaître et respecter nos valeurs nous apporte de la stabilité émotionnelle.
C’est une raison valable pour s’intéresser à nos valeurs et apprendre à les repérer et les nommer. Trois situations de références à nos valeurs créent trois nuances d’émotions :
– Nous respectons nos valeurs et nous nous sentons bien.
– Nous transgressons nos valeurs et nous nous sentons mal.
– Deux de nos valeurs sont incompatibles et nous nous sentons avec le cul entre deux chaises, avec un sentiment désagréable. Nous devons donc changer quelque chose pour nous sentir mieux. Soit nous changeons la priorité de nos valeurs, soit nous nous leurrons, soit nous changeons de comportement.

Par exemple, nous prenons des pauses cigarette avec les collègues et pensons « fumer tue » et « la sociabilité est importante ». Comment réagissons-nous face à cette situation désagréable ? Nous avons besoin de reconnaître ces deux valeurs « santé et sociabilité » et choisir une réponse satisfaisante.

Nous pouvons minimiser la valeur santé « fumer n’est pas si grave », et maximiser la valeur sociabilité « les discussions informelles avec les collègues sont indispensables ». Nous pouvons préférer nous leurrer « il faut bien mourir de quelque chose et je connais des gens qui ne fumaient pas et sont morts d’un cancer des poumons ». Dans ces deux cas, nous continuons sans rien changer et retrouvons un sentiment neutre. Enfin, nous pouvons garder la valeur « sociabilité » et prendre en considération la valeur « fumer tue ». Nous changeons alors de comportement. Nous arrêtons de fumer, prenons une pause, sans cigarette, ou arrêtons ces pauses-là et trouvons d’autres moyens de sociabiliser. Nous nous sentons bien.