Relations heureuses

Qu’est-ce qu’un enfant attend de ses parents ?
Une amie peu loquace ne m’a raconté que très peu de ses souvenirs d’enfance. Le seul souvenir fort qu’elle m’ait évoqué sur ses parents n’est pas un cadeau qu’elle a reçu, mais ce moment si doux et si tendre quand ses deux parents ont fait un concours à qui ferait le plus beau parcours avec les moyens du bord pour sa petite voiture.

Cultiver un lien avec quelques proches indéfectibles est-il important pour nous ?
Nous avons des relations avec notre famille, nos amis, sur les réseaux sociaux, dans la vie professionnelle. La société met en valeur l’étendue de nos réseaux sociaux, physiques et virtuels comme un but ultime. Pourquoi rencontrons-nous des gens, pour nous sentir relié dans notre humanité, poser des balises sociales qui pourront nous aider un jour, rencontrer beaucoup de gens différents ? Est-ce qu’avoir une fan-base étendue nous suffit ? Est-ce réconfortant, parfois grisant ? Est-ce suffisant ? Souhaitons-nous avoir un cercle relationnel proche le dimanche soir sur notre canapé ou à 70 ans avec Alzheimer ? Connaissons-nous des gens qui comptent intimement pour nous, des gens pour qui nous décrocherions la lune et qui feraient la même chose pour nous ? En avons-nous envie ?

Parfois, il suffit de peu pour se sentir bien.
Lore et moi nous sommes connues en Suisse par amis interposés. Nous étions assez éloignées pour ne pas nous rencontrer tous les jours, mais assez proches pour nous retrouver régulièrement. Elle est autrichienne, super douée en langues et dans bien d’autres domaines et je connais peu de francophones qui font des jeux de mots en français si fins et si justes. Avec elle, j’ai découvert le plaisir de ne rien faire ensemble. Souvent, nous partions pour une randonnée, une visite de musée ou une sortie ciné. Mais de temps en temps, le moral n’était pas au beau fixe, nous n’avions pas envie de faire grand-chose, ni l’une, ni l’autre. Alors nous nous appelions, l’une venait chez l’autre, et nous ne faisions rien, chacune avec son bouquin dans son coin. Qu’il était doux ce moment de rien, qu’il était confortable, il nous reboostait toutes les deux et nous repartions ragaillardies pour une nouvelle semaine. Pouvons-nous passer de bons moments en restant tranquilles ?

Les animaux domestiques améliorent notre santé et participent au développement de l’enfant et de l’ado.
Les animaux domestiques sont une grande source de soutien émotionnel et social. Ils aident les personnes de tous âges et de toutes conditions, les bien-portants, les handicapés ou les malades, les jeunes et les vieux. Ils nous aident à nous développer, à guérir, à nous sentir mieux et plus empathique et peuvent nous aider dans nos limites physiques. Ils favorisent la bonne santé de notre système cardio-vasculaire qui est la sphère dont les maladies sont la principale cause de décès dans le monde. Ils nous permettent de nous décentrer de notre petite personne et nous apaisent tout en nous apportant un soutien social.

J’ai adopté un chien pour faire plaisir à mes enfants, je savais que c’était une responsabilité et un engagement de longue durée, quinze ans ou plus, mais je n’avais pas mesuré la contrainte que représentait un tel compère. Mon appart était-il adapté à un chien ? Pouvait-il rester seul pendant une journée entière de travail ? Ses besoins étaient-ils respectés ? C’était la première fois que j’avais un animal domestique, mis à part quelques poissons rouges gagnés à la fête de l’école, quand j’avais six ou sept ans. Les gens me disaient « Un chien, quelle chance, il est toujours là pour toi, il te fait la fête quand tu rentres chez toi et il ne râle pas ! » Sincèrement, je préférais mille fois accueillir mon fils énervé que mon chien gentil. Avec lui, nous rions, avons une relation pleine d’amour, nourrissante, je me sens responsable d’un bout d’humanité, j’ai un impact sur son bien-être d’humain. Le chien me donnait une présence tranquille mais pas de conversation et de confrontation d’idées pour évoluer. Je restais seule avec moi-même. En revanche, il m’a permis de rencontrer d’autres propriétaires de chiens. Il faut rappeler que sans animaux domestiques dans mon enfance, je n’ai pas appris à m’attacher à ce genre de compagnons. Mes enfants l’ont finalement repris chez eux, ils ont créé ce lien spécial et prennent soin de lui. C’était l’objectif.
Adopter un animal domestique est un engagement
, nous choisissons un lien, nous perdons en liberté et devons assumer les contraintes. Avons-nous un animal domestique ? Qui s’en occupe ? Est-ce que les enfants s’en occupent ? Que nous apporte-il ?
Ma tante avait un chat qui lui apportait une présence fabuleuse. Elle était célibataire et son intérêt pour les chats l’emmenait dans mille périples et lectures qui la faisaient vibrer, elle adorait l’observer et nous racontait ses facéties dans des propos malicieux et savoureux qui restent de très bons souvenirs. De nombreux amis m’ont aussi parlé de leurs animaux avec réjouissance, ces petits compagnons peuvent apporter un lien tendre et de belles joies à leurs propriétaires. Voulons-nous en adopter un, avons-nous conscience de la responsabilité et des contraintes ? Un animal a-t-il changé notre vie ? Avons-nous perdu un compagnon à quatre pattes ? Quel sentiment positif nous reste-t-il de lui ?