Amours malheureux

L’assistance à l’autre n’est pas de l’amour.

D’autres couples confondent l’amour qui les relient et l’assistance l’un envers l’autre. Que faisons-nous quand nous protégeons l’autre, est-ce que nous le restreignons ou est-ce que nous lui offrons la liberté ? Mes parents connaissaient un couple dont l’époux était devenu handicapé suite à un accident. Lumia a répondu à toutes les demandes de son conjoint sans mettre de limite, sans rien refuser pour se préserver elle-même. Elle a perdu de sa liberté, de son essence, de sa vitalité. Lui, a perdu son autonomie. Elle ne s’est pas assez respectée elle-même et en accédant à toutes les requêtes de son mari, elle l’a rendu totalement dépendant. En le protégeant, elle l’a enfermé dans ses manquements et l’a empêché d’évoluer. Elle est devenue son point d’accès au monde extérieur. L’amour, au lieu de devenir source de vie et de liberté, est devenu foyer de dépendance réciproque. Assistons-nous notre chéri.e, nos enfants ? Notre assistance crée-t-elle une dépendance ou leur apporte-t-elle de la liberté ?

Cinq conclusions de comptoir sur l’amour.

Un de mes copains, Fabrice, a deux frères. Il s’est marié avec une femme adorable. Ils étaient amoureux et complémentaires, mais il était peu communicant. Elle a divorcé quand leur fils a eu quinze ans. Son frère Tom a été séduit par une belle Aphrodite qui le subjuguait par sa beauté, l’a épousé jusqu’à ce qu’il comprenne qu’il était son porte-monnaie et qu’elle le quitte pour un autre qu’elle connaissait depuis toujours. C’est peut-être cette expérience traumatisante qui l’a poussé à se mettre en couple avec une femme qui leur offrait une qualité de vie très agréable grâce à des revenus confortables et qui ne voulait pas d’enfant. Mais ils ont fini par se rendre à l’évidence, leur couple ne fonctionnait pas, elle avait projeté sur lui l’image d’un autre, il avait cédé à la facilité. Ils se sont quittés. De façon tout à fait fortuite, il a rencontré Léna, ils se sont plus, se sont mariés, leur vie est plus simple. Il a maintenant cinquante ans et est devenu père pour la première fois depuis six mois. Sa vie s’est transformée. Il prend soin du bébé et poste des photos de sa petite lumière régulièrement en commentant ses apprentissages. Sa paternité l’épanouit. Fabrice ne l’a jamais vu aussi heureux. Son petit frère quant à lui, s’est marié avec Astou qui venait de quitter son premier mari pour lui. Ils ont eu un petit garçon. Quelques années plus tard, Astou a divorcé pour retrouver son premier mari. Il était abattu. Il a finalement rencontré Elly, déjà mère de deux enfants, avec qui il a eu une petite fille et mène une vie qu’ils ont choisie et pleine des plaisirs et des mouvements de la vie. Mes conclusions de comptoir hâtives :

  • L’amour ne suffit pas, un couple a besoin de communiquer pour durer.
  • Ne nous marions pas avec une beauté, mais créons une relation.
  • Le confort matériel apporte de la sécurité, pas du bonheur, cherchons l’amour avant la facilité.
  • Réfléchissons bien avant de nous engager avec quelqu’un qui quitte son partenaire pour nous, nous pourrions être le prochain sur la liste.
  • Ce n’est pas toujours dans les relations que nous avions imaginées que nous trouvons l’équilibre et le bonheur. Et parfois même, les différences vont devenir le terreau de la vie puisqu’elles obligent le couple à se créer de nouvelles références qui ne sont plus ni celles de l’un, ni celles de l’autre. Ils créent leur lien à leur image.

Roméo et Juliette, un amour psychotique.

Quand nous parlons d’âmes sœurs, ne nous méprisons pas, la plus grande légende de l’histoire d’amour nous entraîne sur un chemin sans issue. Roméo et Juliette, le couple romantique par excellence, est un amour bancal, psychotique, les gamins sont tellement incapables d’aimer avec force qu’ils préfèrent se tuer ensemble plutôt que de résister ensemble grâce à la force d’amour qui les relie. Amour toxique dans toute sa splendeur.

Maman a peut-être raison.

Quand la mère d’un jeune homme se plaint qu’une fille a jeté le grappin sur son fils et que celui-ci ne veut rien entendre… elle a certainement raison. Une mère veut le meilleur pour son fils, mise à part celles qui veulent juste garder leur grand chéri pour elle toute seule. Or, un mec qui a trouvé une nana avec qui il a une relation sexuelle intense et euphorisante et qui lui dit plein de choses agréables va voir son hormone de l’amour, l’ocytocine, monter en flèche, il va donc se sentir super amoureux, mais pas de la personne qu’il a en face de lui, juste de l’état aphrodisiaque dans lequel il se trouve. Peut-être devrait-il essayer de comprendre pourquoi maman a ce sentiment et se projeter avec sa dulcinée dans une période un peu sèche en ocytocine, aura-t-il envie de continuer à chérir sa belle ?

Certaines relations sont toxiques.

Nous acceptons parfois des relations toxiques que nous croyons être des relations bienveillantes. Dans les relations amoureuses, de nombreuses femmes sont ainsi manipulées et utilisées et la réciproque est vraie même si les hommes s’en rendent moins compte et s’échappent plus facilement dans l’action pour s’évader d’une relation de couple destructrice de leur humanité. Dans une relation toxique[i], l’un des partenaires attaque la singularité de l’autre par l’usure et sous cette emprise, sa victime se laisse plus facilement soumettre, c’est un fait reconnu par les psychologues.

Les trois phases sont une première phase de lune de miel, puis la relation rend addict et dépendant et enfin, la proie se sent déprimée. Avec des ascenseurs émotionnels, des remarques insidieuses, des comportements blessants, des mensonges, des alternances de douceurs et de violences ou menaces, la personne abusive sape l’autonomie et la confiance de l’autre qui devient confus et ne peut se sortir seul de cette relation d’emprise. La victime peut garder son énergie, mais vit en dépendance psychologique, la plupart du temps invisible pour l’entourage, à cause du harcèlement moral.

La victime elle-même et ses proches ne comprennent pas toujours ce qu’il se passe, ils constatent seulement qu’elle n’est plus la même, et pour le pire. Ils ne mesurent pas comme elle a perdu sa capacité de jugement. Prendre conscience de l’emprise amoureuse est certainement un premier pas pour revenir à ses propres besoins et s’en sortir. Sommes-nous dans une relation toxique dans laquelle un.e abuseur prend l’ascendant sur l’autre et, par la confusion, anéantit la capacité de prise de recul de la victime ? La victime va-t-elle chercher de l’aide ?

Une relation virtuelle n’est pas une relation d’amour.

J’ai vécu un moment une relation virtuelle. J’ai eu des très hauts et des très bas. Au début j’ai rencontré un homme, puis nous avons débuté des échanges sur internet. Nous ne nous sommes jamais revus. Tout est resté virtuel. Je ne sais pas comment s’est passé le tour de passe-passe entre cette rencontre réelle et cette relation virtuelle, mais je me suis laissée totalement abusée, il utilisait tous les ressorts de la manipulation. Il me disait comme il m’aimait, comme il m’admirait, comme j’étais belle, comme j’étais intelligente, bref, il comblait mes besoins fondamentaux d’être humain. Il m’envoyait dans la vie réelle des messages, mais n’était jamais présent.

Mon cœur était balloté, j’avais des angoisses, je ne voulais pas me blesser en aimant, ça n’avait aucun sens. Au début, c’était simple d’aimer virtuellement, avec le temps qui est passé, c’est devenu un calvaire, ça ne pouvait pas durer. Il me disait qu’il me formait et j’apprenais des tas de choses. Quand j’arrivais à me distancier, il me disait comme il avait besoin de moi, de nous, et de mes messages. Il me rattrapait finement et je revenais toujours. Nous allions toujours nous voir dans un mois et après la non-rencontre, il me disait que j’avais encore des choses à apprendre, que la prochaine fois serait la dernière. Mais il y a eu des tonnes de prochaines fois.

Avec le temps, j’ai compris que sans nouvelle rencontre physique, il m’était impossible de connaître ses réelles intentions, impossible. Pourtant cette histoire a duré très longtemps. Pourtant, je ne crois en l’amour que lorsqu’il déjoue notre réalité humaine dans son étroitesse physique et matérielle et nous illumine dans sa majesté de présence subtile. Dans cette histoire virtuelle, il manquait la dimension palpable et le grand écart entre ma vision de l’amour, incarné dans le réel, et la nature de cette relation me plaçait en porte-à-faux. Elle engendrait un sentiment très désagréable qui n’avait rien à voir avec l’amour. Avons-nous déjà été dans une relation virtuelle ? Nous a-t-elle fait du bien ? Nous a-t-elle fait souffrir ? Pouvons-nous qualifier cette relation comme une relation d’amour ?

Des malfaiteurs abusent de personnes très bien dans des relations amoureuses virtuelles.

Sophie était célibataire, elle s’est inscrite sur un site internet et a rencontré Sam qui habitait à l’autre bout de la planète. Echanges virtuels et pourtant si magnifiques, je l’ai vue se transformer, cette magie amoureuse. Je m’inquiétais qu’elle ne le rencontre pas, il avait tout, tout… sauf de l’argent, il avait acheté son billet d’avion, mais un problème professionnel l’a retenu, puis un accident, il a eu besoin d’argent et lui en a demandé. Pauvre bonne poire. Emprise amoureuse dans sa plus vile essence… elle a envoyé plusieurs fois de l’argent pour finalement comprendre. Son cœur était en miettes et son compte en banque à sec[ii]. Connaissons-nous des personnes qui ont été abusées ? Avons-nous été abusé ? Avons-nous honte ? Réalisons-nous que nous avons été une victime et que la honte se trouve du côté du manipulateur ?

En parlant d’amour, certains guides profitent de leur position pour abuser des victimes.

L’amour peut également n’être qu’un mirage dans une relation enseignant-enseigné. Comme ingénieur formateur, j’ai mesuré le pouvoir du formateur sur son élève parce que nous sommes leur référence, leur source de savoir ou leur tuteur.

Tout le monde connaît cette ascendance du maître sur l’élève, plus ou moins importante selon l’élève, du gourou sur ses adeptes, du professeur sur ses étudiants, de l’adulte sur l’enfant, de la responsable sur son subalterne et du coach, de l’entraineur et du mentor en général sur son apprenti quel que soit le domaine. L’enseignant nous éveille-t-il à nos propres qualités et nous aide à les déployer ? Est-ce que nous l’aidons aussi à se déployer ? Est-ce que nous sommes dans une relation d’égal à égal ou dans une relation toxique ? Abuser de sa position de guide sur l’apprenant est irresponsable, c’est un crime.

Pouvons-nous aimer un robot ?

Aujourd’hui, de pauvres malheureux s’achètent un robot pour trouver un compagnon de vie, est-ce un progrès ou est-ce une régression ? Miroir en alter-égo ? Où est l’altérité ? Où est la chaleur humaine ? Où sont les rêves ? Dans ses discussions, le robot pourra proposer des sujets qu’il connaît, et il aura une expertise exceptionnelle, mais où seront ses émotions, ses colères, ses exaspérations, son intensité, son opinion personnelle, ses réactions de défense et d’attaque, sa tendresse, sa créativité ? Et sa chair, sa vie sexuelle ? C’est l’apologie de la technique qu’on laisse nous mener par le bout du nez. La technologie semble de plus en plus créative, pourtant elle découle d’un processus préétabli par l’intelligence humaine et logique, elle est le fruit de bits et de lignes de codes inventées et assemblées de façon logique par des personnes en chair et en os, elle ne réfléchit pas. Les ordinateurs quantiques ont une approche plus globale, sont-ils plus intelligents ? Si nous arrivons à créer des machines sensuelles, aussi jolies et sexy soient-elles, envisageons-nous qu’un robot nous offre un jour la jouissance d’un lien humain ?


[i] Le harcèlement moral – Marie-France Hirigoyen – Pocket – 2018

[ii] Amour, emprise et m@nipulation sur internet – Stéphanie Vigne – Librairie Eyrolles – 2017

Ames soeurs

Je me suis sentie si vivante
Dans cette relation innocente
La vie dans toute sa splendeur
Sourire, énergie et bonheur
Tout mon être plein de vie
Bonne humeur dans mes envies
Je me sentais heureuse
Je suis tombée amoureuse

Nous avons appris à nous connaître
A rire, échanger, apparaître
J’ai perçu la vie en lui
Son esprit et ses folies
Ses trésors cachés
Son cœur panaché
Je suis tombée amoureuse de lui
Comme un rêve accompli

Comme disciple et apôtre
Repère et refuge l’un de l’autre
Croissance intérieure
Avec éthique et honneur
Respect de nos âmes humaines
Malgré les embûches et les peines
Actions conformes à nos valeurs
Grandis, en tout, dans nos meilleurs

Partage de nos vulnérabilités
Tourments et créativité
Peurs et authenticité
Soutien avec intensité
Chant de la vie dans tous ses états
Attente, baisers et entrelacs
Dans les flammes, paix de nos cœurs
Rencontre de deux âmes sœurs

Relation amoureuse

Quelle importance donnons-nous au plaisir de faire l’amour en début de relation ?

Les historiens ont longtemps pensé que les êtres humains ne copulaient à la préhistoire que pour assurer la reproduction de l’espèce. Nos prédécesseurs n’avaient pas d’images de corps sculpturaux à renvoyer, ni de compétition à savoir qui était le plus riche, le plus influent ou le plus séduisant. Comment nos ancêtres auraient-ils pu ignorer cette dimension jouissive de la vie ? Est-ce pour assurer le renouvellement de l’espèce que les êtres humains étaient dotés de ces capteurs de plaisir charnel ? Malheureusement, nous n’avons pas reçu le mode d’emploi et nous exploitons parfois notre cadeau au lieu d’en prendre soin. Quelle importance donnons-nous à la relation sexuelle dans le couple, au début et plus tard ? Y trouvons-nous du plaisir ? En parlons-nous ? Voulons-nous intensifier notre plaisir sexuel ensemble ? Quelles pistes pouvons-nous explorer ?

Quelle importance donnons-nous à la beauté physique dans les relations amoureuses ?

Les médias lui donnent-elle trop de poids ? Préférons-nous un ou une partenaire à la beauté plastique irréprochable pour nous rassurer sur notre valeur face au regard des autres ? Sommes-nous tombé.e sur le gros lot, épris.e d’un être d’une beauté exceptionnelle ? Hommes et femmes n’ont pas le même rapport à la réalité visuelle. Est-ce uniquement culturel ou les hommes sont-ils naturellement attirés par la beauté d’une femme et par le soin qu’elle prend d’elle-même ? Cela pourrait-il venir de notre nature préhistorique dans laquelle l’homme devait être attiré par la femme pour assurer la reproduction de la race en s’attachant assez à elle pour assurer la subsistance de leur descendance ? Vivons-nous avec le corps de l’autre ou sa personne entière ?

Dans l’élan amoureux, par quoi sommes-nous charmés ?

Qu’est-ce que l’on trouve sexy chez l’autre ? Aimons-nous un « autre » affirmé, à l’aise avec son physique, sa tête et sa libido, et aussi tendre, humain ? Quelles sont les qualités les plus désirables chez un.e partenaire, son intelligence, sa gentillesse, sa droiture, son humour, sa chaleur humaine, son originalité, ses attentions personnalisées, son expression directe, son sourire sincère, sa simplicité, sa spontanéité, sa capacité d’action, son empathie, quoi d’autre ? Sommes-nous sensibles à un homme attentif aux enfants ? Recherchons-nous la complicité ? Dans le jeu de la séduction, jouons-nous un jeu ou nous sentons-nous libre et nous-même ?

Quelle est notre vision du couple ?

« Le couple parfait c’est celui qui se parle comme des meilleurs amis, se dispute comme mari et femme, joue comme des enfants et se protège comme frère et sœur. » Est-ce notre vision du couple ? Qu’aimons-nous dans notre relation ? Se raconter notre quotidien, nos joies, nos peines, nos préoccupations ? Avons-nous envie de nous sentir comme frère et sœur ? Mari et femme engagés dans le meilleur et malgré les difficultés ? Père et mère adultes et responsables ? Meilleurs amis et confidents ? Enfants joueurs ? Meilleurs amants ?

Après l’élan amoureux, dans quoi s’ancre le sentiment d’amour ?

Malgré le temps qui passe, qu’est-ce qui nous fait craquer chez l’autre ? Son apparence, son corps et son contact physique, sa libido, son intelligence, sa sensibilité, son organisation, sa culture, son aisance financière, autre, ou son entier ? Avons-nous envie d’un équilibre sain de notre relation de couple dans toutes ses dimensions ? Des qualités humaines, intellectuelles, créatives, une beauté d’âme, une sensibilité, gestuelle, histoire, capacité à agir pour faire de ses rêves une réalité, quoi d’autre ? Attendons-nous dans l’échange, stimulation et reconnaissance l’un de l’autre sous toutes les formes, intellectuelles, sentimentales et sexuelles ?

Dans le couple, qu’est-ce que nous valorisons ? Quelle place donnons-nous à la relation ? Est-ce pour nous un lien idéal pour connaître l’autre et être connu ? Valorisons-nous l’échange profond des émotions et sentiments, respect, tendresse, tolérance, amour et attention mutuelle ?Avons-nous envie de justesse, d’honnêteté, de vérité et de rires ? Recherchons-nous un.e chéri.e présent.e à nos côtés, un lien à la fois paisible, mouvementé et constructif ? Attendons-nous du soutien dans nos projets et du réconfort dans nos doutes, dans l’action et dans l’intime ? Attendons-nous que l’autre soit capable de comprendre la raison de notre silence ? Sommes-nous capable de comprendre la raison du silence de l’autre ?

La relation de couple stimulante nous fait naître à nous-même.

Simone de Beauvoir nous dit « On ne naît pas femme, on le devient ». Un homme a-t-il posé son regard sur nous en tant que telle, avec amour et bienveillance, acceptant de nous écouter avec notre sensibilité féminine, sans nous interrompre ? En quoi cela nous a-t-il aidé à devenir femme ?

On ne naît pas homme ou femme,
on le devient, grâce à l’amour, la bienveillance et la patience de l’autre.

Si une femme a besoin d’un homme pour devenir femme, la réciproque est vraie : un homme a besoin d’une femme pour devenir homme. Une femme nous a-t-elle permis de nous reconnecter à notre sexualité sacrée, notre sensibilité, notre authenticité et notre entier ? En quoi cela nous a-t-il aidé à devenir homme ? Pensons-nous que les hommes doivent être virils et efficaces ? Nous comportons-nous parfois comme dans une cour d’école à prouver que nous sommes le plus beau et le plus fort ?

Comme femme, attendons-nous la protection de notre compagnon ? Traitons-nous notre chéri comme une maman protectrice et organisatrice ? Laissons-nous notre homme avec ses exigences de petit garçon qui veut qu’on prenne soin de ses besoins vitaux et sexuels ? Avons-nous conscience de l’importance de notre rôle d’initiatrice à la vie intérieure et la sexualité sacrée de notre chéri ?

Nous sentons-nous heureu.x.se ou frustré.e dans notre relation ? Pouvons-nous faire face à notre chéri.e avec assertivité ? Rêvons-nous d’une relation d’égal à égal ? Aimerions-nous rencontrer un.e partenaire entier.e ?

Comment communiquons-nous ?

Quelles sont nos attentes et nos besoins envers notre partenaire, les assumons-nous ? Les avons-nous exprimés ? Connaissons-nous les besoins et envies de notre chéri.e ? En avons-nous parlé ? Faisons-nous des demandes claires à notre alter ego, en nous assurant qu’il nous a entendu ? Avons-nous uneécoute active réciproque, sans jugement, sans attendre toujours de réponse, juste être écouté et reçu ? Gardons-nous des secrets ? Est-ce que nous nous livrons, nous nous apprenons ? Est-ce que nous nous trompons dans nos paroles ou nos pensées ? Avons-nous besoin de transparence pour créer un vrai lien, pouvoir être et se dire comme nous sommes tout en gardant notre jardin secret si besoin ? Voulons-nous tout nous dire, même l’inavouable, tout en ayant le droit de cultiver notre jardin secret ? Avec le temps qui passe, avons-nous envie de tout partager avec notre conjoint ?

Nous sommes tous les deux responsables de la relation.

Dans la relation, pouvons-nous dire ce qui est bon ou mauvais en soi ?Est-ce que nous voyons les déclencheurs de nos réactions pour prendre du recul et rester responsable de notre part dans la relation ? Acceptons-nous notre part de responsabilité quand la relation traverse une crise ? Avons-nous conscience que la relation n’existe qu’à deux, même si l’autre a des comportements blessants, voyons-nous comment notre réaction favorise le processus ? Pouvons-nous changer de réaction pour modifier le déséquilibre qui ne nous convient pas ? Partir du principe que tout est de la faute d’un seul peut-il aboutir à une solution ?

Aimer nous donne des désirs, des devoirs et des responsabilités, mais aucun droit sur l’autre,
juste l’espérance d’être aimé.e en retour et de recevoir ses cadeaux d’amour.

Est-ce cela qui rend la relation d’amour si difficile ?

Une relation d’amour authentique apaise.

Comment nous sentons-nous dans notre relation ? Nous sentons-nous fondamentalement apaisés et en sécurité, même dans les moments de crise ? Notre amour est-il bienveillant, prévenant et patient ? Apporte-t-il de l’équilibre ?Avons-nous envie de nous sentir protégé ? Avons-nous envie de protéger l’autre du reste du monde ? Regardons-nous notre chéri.e dans toute sa beauté, sa force, son intelligence, sa sensibilité, son humour, mais aussi dans toutes ses impasses, ses souffrances et ses complexes, dans la réalité concrète de la vie ? Pensons-nous « Qu’est-ce que j’ai de la chance de l’avoir rencontré.e ! » ? Avons-nous envie de construire avec son tout, en étant nous-même, grâce au dialogue et à l’attention bienveillante réciproque, dans l’amour ? Nous respectons-nous et respectons-nous l’autre dans ses besoins fondamentaux ? Nous reconnaissons-nous dans nos limites ? Comment nourrissons-nous nos sentiments partagés ? Nous offrons-nous un environnement assez sécurisé et assez ouvert ? Apprenons-nous à aimer l’autre et à tout lui donner en nous aimant et en nous respectant nous-même ? Notre relation nous permet-elle, à tous les deux, de nous développer chacun dans notre entier en liberté, dans le respect, la bienveillance, l’autonomie et l’indépendance ?

Recherchons-nous une relation fidèle à long terme ?

Même si nous avons parfois du mal à l’admettre, avons-nous envie d’une relation engagée dans laquelle nous pouvons nous montrer sous notre meilleur jour et nous livrer dans notre plus triste misère ? Quels sont les fondamentaux de notre relation, fidélité, amour, dialogue, engagement ? Notre histoire partagée nous fait-elle nous sentir unique l’un pour l’autre ? Ressentons-nous le sentiment d’amour vrai ? Ressentons-nous encore l’émotion amoureuse ? Sommes-nous attentifs à nourrir l’émotion amoureuse, concrètement ? Par des attentions tendres, des messages et des actions émoustillantes ? Avec des moments intenses et des périodes calmes ? Parlons-nous de notre relation et de nos besoins de la garder vivante ? Comment faisons-nous attention à façonner ce fragile équilibre sur le long terme ?

Pourquoi s’engager ?

Nous engager c’est d’abord choisir notre chéri.e dans sa différence, ses besoins, son altérité, sa résistance et parfois avec un effort surhumain. Mais l’amour donne des ailes. L’engagement nous aide-t-il à nous ouvrir et nous livrer ? Osons-nous plus nous montrer vulnérable quand nous nous sentons en sécurité dans notre relation ? Avons-nous déjà trompé ? Avons-nous déjà été trompé.e ? Cela a-t-il créé un poids dans la relation ? Quel sentiment cela nous a-t-il laissé ?

Avec l’engagement, avons-nous vécu des moments désagréables sur le court terme tout en ressentant une satisfaction profonde sur le long terme ? Sentons-nous que l’amour évolue et grandit chaque jour ? Est-ce que la conscience et le respect profond l’un de l’autre apporte de la plénitude dans notre couple ?

Dans l’engagement, le but n’est pas de faire plaisir à l’autre à court terme, le but est de nous sentir assez vivants
et attachés pour avoir envie de continuer l’aventure ensemble jusqu’à notre dernier souffle.

Nous sentons-nous l’amant ou la maîtresse de notre conjoint ?

Comment nous sentons-nous dans notre intimité sexuelle ? Nous faisons-nous confiance ou avons-nous peur du sida et des maladies sexuellement transmissibles ? Prenons-nous le temps de nous respecter, sans chercher la performance, mais le plaisir de nous découvrir et nous apprendre dans nos entiers, avec une profonde satisfaction, dans l’échange ?

Comment vivons-nous notre sexualité en couple ?

Sommes-nous entreprenant ? Est-ce que nous préférons laisser notre chéri.e nous stimuler d’abord ? Nous arrive-t-il de nous envoyer des missives ou texto coquins ? Aimons-nous les femmes ou les hommes élégants et un peu sexy en ville, romantiques et très coquins en privé ? La plupart des gens vous diraient qu’en intimité, ils aiment une certaine qualité de vice 😉 Beaucoup préfèrent un.e partenaire à l’aise avec sa nudité et l’exploration de son corps à un.e partenaire sculptural.e, le plaisir de la langue est souvent négligé, et c’est dans le lâcher-prise en résistance offerte que la friandise est la meilleure. Rêvons-nous d’une sexualité épanouie, vivante, mutine, voire érotique et pleine de surprises ? Est-ce que la relation engagée peut favoriser les meilleurs orgasmes, ceux que nous allons chercher dans notre plus profonde affirmation de nous-même ? Est-ce que l’engagement vis-à-vis de notre partenaire aide à atteindre la maturité sexuelle épanouie et jubilatoire ? Continuons-nous à avoir une sexualité vivante après soixante ans ? Lisons-nous des livres[i] pour nous aider ? En discutons-nous avec des proches ?

Une sexualité gratifiante est un facteur majeur de bien-être.

En couple ou célibataire, comment vivons-nous notre sexualité ?Choisissons-nous la masturbation ? Avons-nous différents partenaires ? Combien avons-nous eu de partenaires amoureux ou sexuels ? Qu’avons-nous retiré de chaque échange ? Avons-nous eu plusieurs partenaires en même temps ? Sommes-nous comblé par notre vie sentimentale et sexuelle ? Sommes-nous honnête avec nos partenaires sur nos attentes et notre engagement ? Parlons-nous en ensemble ? Dans la relation amoureuse et sexuelle, sommes-nous clair avec nous-même, nous respectons-nous nous-même et respectons-nous l’autre, satisfaisons-nous nos besoins, sommes-nous à l’aise avec nos comportements ?

Nos sociétés envoient à la femme le message que sa sexualité existe au service de l’homme, ou en réaction, pour son pur plaisir, en consommation. Est-ce heureux ? Les femmes ont autant d’appétit sexuel que les hommes, voire plus, paraît-il, mais peu le découvrent. Tout le monde est perdant.

Si les hommes et les femmes étaient à l’aise avec leur sexualité, étaient capables d’en parler ouvertement en intimité, et avaient envie de s’épanouir ensemble dans leur quête, est-ce que le monde tournerait mieux ?

Changement d’élu.

Certains couples, à force d’être très amis avec leurs ami.es comprennent qu’ils sont avec le mauvais partenaire et changent d’élu.e. Restons-nous en couple pour les mauvaises raisons : sociales, financières, habitude ou autre ? Préférons-nous quitter un couple insatisfaisant ou rester ensemble pour de mauvaises raisons ? Choisissons-nous trop vite de quitter notre partenaire sans faire face à nos limites, et aux siennes, et sans nous enraciner dans l’amour profond ? Sommes-nous satisfait en amour, sexualité, échange intellectuel ? Avons-nous conscience que si l’amour peut nous mener à la plénitude, il sera toujours le chemin le plus difficile car il nous oblige à faire face à nos impasses, ensemble ?

Pourrions-nous développer des applis de couples ?

Il existe plein de sites de rencontres, comme si c’était une finalité, mais en réalité, la rencontre n’est qu’un maigre début. Pourrions-nous créer des applis qui, tous les jours, nous donnent des idées pour envoyer une petite citation câline, un texto osé ou une idée de sortie romantique pour nous aider à nourrir notre relation ?

Connaissons-nous des périodes de crise dans le couple ?

Avons-nous vécu des périodes arides pendant lesquelles les émotions s’étaient planquées sous la banquise, comme une distance entre nous ? Dans ces moments, est-ce que notre lien était toujours fort et ancré ? Le sentiment d’amour existait-il toujours en lame de fond ou remettions-nous en cause notre relation ? Sur quoi nous sommes-nous personnellement appuyé pour nourrir l’échange en attendant le retour des beaux jours ? Quelles qualités nous ont aidé à traverser ces perturbations ? Avons-nous gardé confiance dans l’autre malgré tout ? Si non, avons-nous été capable de retrouver cette confiance ? En avons-nous parlé ?

Que partageons-nous avec notre aimé.e et quelle sphère vivons-nous avec d’autres personnes ?

Julie m’a dit récemment : « Depuis que j’ai compris qu’il discute marché financier ou politique avec Tess et Amina, j’ai arrêté d’être jalouse de toutes les femmes dans la vie de Niels. En fait, ses amies sont tout le contraire de moi. » Que partageons-exclusivement en couple, ou exclusivement avec des amis ? Que partageons-nous ensemble avec la famille ou les amis ?

Pardonnons-nous à l’autre ?

Cela nous libère-t-il ? Est-ce que nous pardonnons pour faire plaisir à l’autre ou pour nous libérer du poids de la colère et éliminer la rancœur ? Demandons-nous pardon sans changement concret dans les actes, ou changeons-nous notre comportement avant de demander pardon ? Si quelqu’un nous dit : « Excuse-moi, je voulais vraiment rentrer plus tôt » tous les soirs, sans que rien ne change jamais, cela sert-il à quelque chose ? Pardonner n’a de sens qu’avec un avant et un après. Si l’autre nous dit « pardon » comme une enfant de dix ans le fait avec son cousin parce que nous lui demandons, un peu trop vite, pour se débarrasser du mauvais pas dans lequel il s’est fourgué, sommes-nous satisfait ou frustré ? La relation se resserre-t-elle ou se dégrade-t-elle ? Avons-nous besoin d’un engagement de l’autre dans son pardon, la certitude que ça ne recommencera jamais, la réparation du mal d’une manière ou d’une autre ? Avons-nous envie, tous les deux, de donner, recevoir et pardonner ?

Aimer nous donne une force de vie incroyable.

Est-ce qu’aimer l’autre gratuitement nous donne de la force ?  Avons-nous aimé dans un lien réciproque ? Est-ce que cela nous a apporté force de vie et espérance ? Avons-nous envie d’un amour comme fondation dans notre vie pour construire ensemble ? Voulons-nous une relation d’amour en conscience ? J’ai écrit ce poème comme un chemin de maturité dans la relation de couple.

Ames sœurs

Je me suis sentie si vivante
Dans cette relation innocente
La vie dans toute sa splendeur
Sourire, énergie et bonheur
Tout mon être plein de vie
Bonne humeur dans mes envies
Je me sentais heureuse
Je suis tombée amoureuse

Nous avons appris à nous connaître
A rire, échanger, apparaître
J’ai perçu la vie en lui
Son esprit et ses folies
Ses trésors cachés
Son cœur panaché
Je suis tombée amoureuse de lui
Comme un rêve accompli

Comme disciple et apôtre
Repère et refuge l’un de l’autre
Croissance intérieure
Avec éthique et honneur
Respect de nos âmes humaines
Malgré les embûches et les peines
Actions conformes à nos valeurs
Grandis, en tout, dans nos meilleurs

Partage de nos vulnérabilités
Tourments et créativité
Peurs et authenticité
Soutien avec intensité
Chant de la vie dans tous ses états
Attente, baisers et entrelacs
Dans les flammes, paix de nos cœurs
Rencontre de deux âmes sœurs

[i] Sex and sixty – Poche – Marie de Hennezel – Robert Laffont – 2015

Vis-à-vis homme-femme

La place de la femme est-elle la mutation majeure de nos sociétés ?

Au début du XXème siècle, les femmes étaient encore des épouses, des maîtresses, des mères ou des filles, avec quelques exceptions. Les progrès technologiques et l’accès au monde professionnel ont donné de l’autonomie aux femmes. Les faits devancent l’évolution culturelle des mentalités. Si la transformation est encore balbutiante chez nos dirigeants, elle est en revanche manifeste dans toutes les autres sphères de la société occidentale où, nous, les femmes, pouvons étudier, travailler et devenir financièrement indépendantes. Mais ailleurs, des femmes n’ont encore aucun droit. Nous avons aussi acquis le contrôle de notre corps et de notre fertilité grâce aux méthodes de contraception. De plus, les lois nous protègent plus, voire, souvent, nous favorisent en cas de divorce. Est-ce que cette indépendance des femmes, bien qu’encore incomplète, ne métamorphose pas la position des hommes dans la société ? Au début du siècle précédent, l’homme savait que sa femme resterait probablement à ses côtés jusqu’à sa mort. De nos jours, aucun contrat de mariage n’est plus gravé dans la pierre.

L’homme se trouve mis en face de ses besoins et envies.

Dans nos sociétés, est-ce plus simple pour une femme ou pour un homme de s’affirmer dans sa singularité ? Quelles sont nos images stéréotypées ? Que demandons-nous à la femme, être une femme intelligente pour le boulot, sexy pour son chéri, soignée et apprêtée pour la société, mère attentive, douce et organisée pour ses enfants, cultivée pour les conversations sociales, et une bombe au lit, bref, Wonder Woman ? Comment les femmes choisissent-elles leurs priorités ? Dans quel but ? Que demandons-nous aux hommes, être virils, intelligents, efficaces, pourvoyeurs financiers, protecteurs, inébranlables ? Comment les hommes se développent-ils ? Choisissent-ils leurs priorités ? Subissent-ils le modèle de devenir la moitié d’eux-mêmes : virils, durs et efficaces et coupés de leurs sentiments ?

Que cherche celui qui peut s’acheter tout ce qu’il veut au monde ?

Nos sociétés ont créé des inégalités abyssales et inédites dans l’Histoire de l’Humanité. A ce point surgissent les questions essentielles. Quel est le sens de notre action ?

Cherchons-nous toujours plus de pouvoir, plus de richesse, plus d’influence au détriment des individus qui peu à peu deviennent des ressources humaines dont les conditions de vie risquent de se détériorer de plus en plus ? Cherchons-nous une plénitude profonde dans laquelle nous intégrons notre félicité au développement de l’Humanité ? Choisissons-nous de vivre en notre entier avec tête, cœur et corps ?

Riche ou ultra riche, nous pouvons continuer à courir tête baissée vers toujours plus d’influence et un compte en banque toujours mieux garni, mais à quoi nous mène cette compétition ? Posséder cinquante, cent ou deux cents milliards de dollars fait-il une différence dans notre vie réelle ou est-ce juste une vue de l’esprit ? Être riche dans ces proportions donne clairement du pouvoir sur le monde mais quelles sont les retombées concrètes dans notre vie personnelle ? Objectivement, cette fortune donne de bien lourdes responsabilités ou, avec un point de vue négatif, de capacités de domination du monde. Sommes-nous avalé par un système économique qui nous propulse en avant toujours plus vite et plus loin ? Sommes-nous happé dans un système qui nous a dépassé ? Choisissons-nous ces inégalités consciemment ? Voulons-nous nous arrêter un moment et nous interroger sur notre quête profonde, quels sont nos souhaits les plus intimes ? Avoir un impact sur le monde ? Laisser notre nom dans les livres d’Histoire ? Inventer de nouvelles solutions ? Construire un monde meilleur ? Nous sentir développé dans notre entier ?

Les hommes veulent-ils prendre soin de leurs sentiments ?

Comme tous les hommes de tous les siècles, avons-nous envie d’être nous-même, d’aimer et d’être aimé ? Sommes-nous avide de pouvoir et de domination ? Avons-nous envie de renouer avec notre humanité empathique ? Puisqu’en occident la femme n’est plus notre obligée, notre regard sur la femme évolue-t-il ? La femme passe-t-elle du statut d’objet de plaisir, ménagère, nourrice et éducatrice des enfants, stimulatrice intellectuelle ou faire-valoir au statut d’être humain indépendant à rencontrer ? Progressivement notre rapport homme-femme se modifie-t-il ? Grâce à la science, l’homme peut désormais faire un bébé tout seul avec des ovules et une mère porteuse. Pouvons-nous imaginer un avenir dans lequel le rôle géniteur de la femme disparaîtrait ou préférons-nous penser que les enfants seront de plus en plus le fruit de la rencontre intime d’un homme et d’une femme qui s’aiment ? Réciproquement, la femme qui devient indépendante compte de moins en moins sur l’homme pour assurer son avenir. Homme ou femme, qu’attendons-nous de l’autre ? Que voulons-nous offrir à l’autre ? Quel type de relation souhaitons-nous créer ? Que valorisons-nous chez l’autre ? Qu’espérons-nous que notre partenaire valorise et apprécie chez nous ?

Beaucoup d’hommes ont-ils une aspiration profonde à l’authenticité, l’élégance et la sincérité ?

Dans le film de Bertrand Tavernier « La princesse de Montpensier », Marie fait l’objet de toutes les convoitises et éveille les sentiments amoureux des hommes qui la rencontre.

Lors d’un repas, les hommes débattent entre eux sur qui est un homme de sentiment et qui est un homme d’impulsion pour conclure que même l’homme d’impulsion reste fidèle à ses sentiments et à son cœur qui ne l’a jamais trompé. Dans l’histoire, le duc de Guise renonce à une femme par amour pour Marie qui est déjà mariée, mais quelques années plus tard, quand elle lui propose de divorcer pour le rejoindre, il choisit pourtant une autre femme. Ces échanges nous rappellent la complexité des sentiments amoureux, réciproques ou non, qui n’ont pas toujours l’air de se manifester au bon moment.

Comme homme, avons-nous l’impression que les sentiments ne sont pas notre domaine ? Avons-nous une vie sentimentale très stéréotypée ? Quelle approche avons-nous de l’autre dans le couple, fonctionnalité, légèreté, responsabilité droite ou délicieuse ou autre ? Lorsque nous sommes dans un couple durable, approchons-nous d’autres partenaires affectifs ou sexuels en consommation ou en domination comme un dangereux gamin qui se croit le roi du monde, victime de nos pulsions, esclave de nos besoins sexuels fondamentaux ? En parlons-nous avec notre moitié ? Chérissons-nous les émotions passionnelles et passagères ? Gérons-nous nos émotions et sentiments avec distance, comme des personnes fortes et indépendantes ? Restons-nous engagé dans un mariage de raison ou d’apparence ?

Dans le film, Marie de Montpensier est présentée comme une belle femme, ce qui attire le regard des hommes. Cependant nous ressentons que ce qui séduit les hommes, aussi désuet que cela puisse paraître, est sa pureté : son choix d’être fidèle à son mari, sa soif d’apprendre, sa capacité d’émerveillement, sa candeur apparente. Qu’est-ce qui nous charme chez une femme avec qui nous avons envie d’une relation sérieuse ?

Sentiment d’amour

« Que pouvez-vous faire pour promouvoir la paix dans le monde ? Rentrez chez vous et aimez votre famille ! »

Mère Thérèsa

Aimer sa famille au sens propre pour trouver la ressource d’aimer ses pairs au sens large.

Si aimer est l’expérience la plus difficile dans ma vie, c’est le seul moteur que j’ai trouvé pour me sentir vivante. Que faisons-nous en pensant à ceux que nous aimons ? Quelle place à l’amour dans notre vie, nous donne-t-il de l’énergie pour avancer ? Qui aimons-nous ? Repérons-nous différentes nuances d’amour selon les personnes auxquelles nous pensons ? Sommes-nous en couple, avons-nous choisi la personne que nous aimons ?  

Quotidien

La vie au quotidien
Avec ses touts et ses riens
M'engager dans son flot
Dans ses courants et ses ilots
Parcourir la traversée
Sur mer calme, bercée
Faire face à la tempête
Celle qui angoisse et qui inquiète
Garder le cap
Trouver une soupape
Continuer à avancer
Me bouger, me lancer
M'accepter sur mer agitée
Viser le port et sa jetée
Continuer à croire
Tenir et me mouvoir
Passer les étapes une à une
Sous le soleil et sous la lune
La vie en bandoulière
Long terme d’éphémère

Relations heureuses

Qu’est-ce qu’un enfant attend de ses parents ?
Une amie peu loquace ne m’a raconté que très peu de ses souvenirs d’enfance. Le seul souvenir fort qu’elle m’ait évoqué sur ses parents n’est pas un cadeau qu’elle a reçu, mais ce moment si doux et si tendre quand ses deux parents ont fait un concours à qui ferait le plus beau parcours avec les moyens du bord pour sa petite voiture.

Cultiver un lien avec quelques proches indéfectibles est-il important pour nous ?
Nous avons des relations avec notre famille, nos amis, sur les réseaux sociaux, dans la vie professionnelle. La société met en valeur l’étendue de nos réseaux sociaux, physiques et virtuels comme un but ultime. Pourquoi rencontrons-nous des gens, pour nous sentir relié dans notre humanité, poser des balises sociales qui pourront nous aider un jour, rencontrer beaucoup de gens différents ? Est-ce qu’avoir une fan-base étendue nous suffit ? Est-ce réconfortant, parfois grisant ? Est-ce suffisant ? Souhaitons-nous avoir un cercle relationnel proche le dimanche soir sur notre canapé ou à 70 ans avec Alzheimer ? Connaissons-nous des gens qui comptent intimement pour nous, des gens pour qui nous décrocherions la lune et qui feraient la même chose pour nous ? En avons-nous envie ?

Parfois, il suffit de peu pour se sentir bien.
Lore et moi nous sommes connues en Suisse par amis interposés. Nous étions assez éloignées pour ne pas nous rencontrer tous les jours, mais assez proches pour nous retrouver régulièrement. Elle est autrichienne, super douée en langues et dans bien d’autres domaines et je connais peu de francophones qui font des jeux de mots en français si fins et si justes. Avec elle, j’ai découvert le plaisir de ne rien faire ensemble. Souvent, nous partions pour une randonnée, une visite de musée ou une sortie ciné. Mais de temps en temps, le moral n’était pas au beau fixe, nous n’avions pas envie de faire grand-chose, ni l’une, ni l’autre. Alors nous nous appelions, l’une venait chez l’autre, et nous ne faisions rien, chacune avec son bouquin dans son coin. Qu’il était doux ce moment de rien, qu’il était confortable, il nous reboostait toutes les deux et nous repartions ragaillardies pour une nouvelle semaine. Pouvons-nous passer de bons moments en restant tranquilles ?

Les animaux domestiques améliorent notre santé et participent au développement de l’enfant et de l’ado.
Les animaux domestiques sont une grande source de soutien émotionnel et social. Ils aident les personnes de tous âges et de toutes conditions, les bien-portants, les handicapés ou les malades, les jeunes et les vieux. Ils nous aident à nous développer, à guérir, à nous sentir mieux et plus empathique et peuvent nous aider dans nos limites physiques. Ils favorisent la bonne santé de notre système cardio-vasculaire qui est la sphère dont les maladies sont la principale cause de décès dans le monde. Ils nous permettent de nous décentrer de notre petite personne et nous apaisent tout en nous apportant un soutien social.

J’ai adopté un chien pour faire plaisir à mes enfants, je savais que c’était une responsabilité et un engagement de longue durée, quinze ans ou plus, mais je n’avais pas mesuré la contrainte que représentait un tel compère. Mon appart était-il adapté à un chien ? Pouvait-il rester seul pendant une journée entière de travail ? Ses besoins étaient-ils respectés ? C’était la première fois que j’avais un animal domestique, mis à part quelques poissons rouges gagnés à la fête de l’école, quand j’avais six ou sept ans. Les gens me disaient « Un chien, quelle chance, il est toujours là pour toi, il te fait la fête quand tu rentres chez toi et il ne râle pas ! » Sincèrement, je préférais mille fois accueillir mon fils énervé que mon chien gentil. Avec lui, nous rions, avons une relation pleine d’amour, nourrissante, je me sens responsable d’un bout d’humanité, j’ai un impact sur son bien-être d’humain. Le chien me donnait une présence tranquille mais pas de conversation et de confrontation d’idées pour évoluer. Je restais seule avec moi-même. En revanche, il m’a permis de rencontrer d’autres propriétaires de chiens. Il faut rappeler que sans animaux domestiques dans mon enfance, je n’ai pas appris à m’attacher à ce genre de compagnons. Mes enfants l’ont finalement repris chez eux, ils ont créé ce lien spécial et prennent soin de lui. C’était l’objectif.
Adopter un animal domestique est un engagement
, nous choisissons un lien, nous perdons en liberté et devons assumer les contraintes. Avons-nous un animal domestique ? Qui s’en occupe ? Est-ce que les enfants s’en occupent ? Que nous apporte-il ?
Ma tante avait un chat qui lui apportait une présence fabuleuse. Elle était célibataire et son intérêt pour les chats l’emmenait dans mille périples et lectures qui la faisaient vibrer, elle adorait l’observer et nous racontait ses facéties dans des propos malicieux et savoureux qui restent de très bons souvenirs. De nombreux amis m’ont aussi parlé de leurs animaux avec réjouissance, ces petits compagnons peuvent apporter un lien tendre et de belles joies à leurs propriétaires. Voulons-nous en adopter un, avons-nous conscience de la responsabilité et des contraintes ? Un animal a-t-il changé notre vie ? Avons-nous perdu un compagnon à quatre pattes ? Quel sentiment positif nous reste-t-il de lui ?

Argent, plaisirs, bonheur

Comment notre société relie-t-elle bonheur et réussite ?
Quand quelqu’un a un parcours exceptionnel et remarquable, son effort, ses idées, son travail peuvent être valorisés par de l’argent. Cette fortune donne envie car elle est la partie visible de l’iceberg, elle nous parle du chemin effectué par une personne pour atteindre un niveau d’excellence reconnu par ses pairs.
Les gens riches sont reconnus et souvent entourés de respect et d’admiration, n’est-ce pas une raison importante pour laquelle nous recherchons la prospérité ? Quel est le lien entre ce que notre fortune peut acheter et la course folle à l’argent ? Est-ce le montant de la fortune ou l’influence sur les autres qui est primordial ?
La pure volonté de pouvoir sur le monde et les autres est une motivation toxique et répandue, terrible pour la collectivité. Cherchons-nous à exercer notre pouvoir sur les autres plutôt qu’à être heureux avec les autres ? Sous des apparences très respectables sommes-nous tourné uniquement sur nos propres besoins, comme un enfant tyrannique ?

Qu’est-ce qui nous rend heureux ? Côtoyer des gens fortunés, des amis, avoir un travail passionnant, nous sentir utile, être célèbre, avoir un titre de directeur, avoir de l’impact, être sur-occupé, avoir une vie équilibrée, détenir des secrets, savoir rester discret, posséder une grande maison, nous sentir bien chez nous, être riche, nous sentir à l’aise et en sécurité financière ou quoi d’autre ?

Heureux et riche.
Voulons-nous être riche pour élargir nos possibilités de vivre de nouvelles expériences et pouvoir nous consacrer à la vie humaine plutôt qu’aux tâches plus prosaïques ? Riche, mais à quel prix ? Sommes-nous heureux ? Préférons-nous d’abord nous sentir heureux, bien dans notre peau, nous développer dans notre entier pour élargir nos chances de devenir riche ? Ou préférons-nous devenir riche pour ouvrir les possibles pour devenir heureux ? Espérons-nous rencontrer une personne riche pour trouver le bonheur ? Quelle part de notre bonheur tient au succès, à la célébrité, à la richesse ou à nos liens ?

Voulons-nous être riche pour influencer le monde qui nous entoure grâce à notre argent qui nous permet de financer des projets ? Quelle place donnons-nous au pouvoir et à l’argent, sont-ils pour nous des moyens ou des objectifs ? La richesse nous rend-elle heureux ou non ? Pourquoi voulons-nous devenir riche, quelle est notre intention, notre motivation est-elle purement égoïste ou a-t-elle une part d’altruisme ?

Plaisir immédiat et satisfaction différée.
Souvent, nous cherchons notre bonheur dans le plaisir. Nous avons ouvert hier une bouteille de vin pour fêter Pâques, j’avais le choix facile, boire mes verres avec délectation ou m’arrêter après un verre. J’ai bu plusieurs verres avec un digestif pour le dessert. Je suis repartie peu fière de moi, pas très droite sur les pieds, et mal à l’aise en disant au-revoir à mes enfants. Je me suis allongée dans un état fébrile sur le canapé en arrivant chez moi. Je n’arrivais pas à m’endormir. J’avais mal à la tête en me réveillant le lendemain et le moral dans les baskets toute la journée. J’aurais mieux fait de m’arrêter à un verre. Choisissons-nous consciemment nos plaisirs immédiats et nos satisfactions différées ? Trouvons-nous un équilibre entre les deux qui nous rend heureux ?

Avec les addictions, le bonheur nous échappe.
Pour nous détendre, nous nous tournons parfois vers des solutions qui vont nous détruire : alcool, cigarette, drogue, sexe, bouffe, jeu dont nous devenons dépendants au lieu d’en goûter tout le plaisir. Cherchons-nous le sens de tout ce qui se passe ? Avons-nous des soucis ? Pensons-nous que nous acceptons une pratique illicite juste pour essayer ? Comment ça commence ? Accepter un cadeau piégé, coucher pour le plaisir des sens sans considération de notre entier, fumer une cigarette, manger pour calmer notre anxiété ? Est-ce que ces moments resteront dans nos souvenirs constructifs ? Comment s’est installée notre addiction ? N’est-ce pas tellement idiot ? Voulons-nous en sortir ? A qui pouvons-nous demander de l’aide ? Il existe de nombreuses solutions bien plus abordables et constructives, mais qui demandent un peu plus d’effort de notre part : méditation, activité physique, équitation, balade à pied ou vélo, gymnastique, natation, activité créative, musique, dessin, peinture, jardinage ou bricolage ou toute occupation qui nous fait plaisir.

Pouvons-nous être heureux avec trop ?
Cherchons-nous l’intensité ? Dans le réel ou le virtuel ? Quelle place laissons-nous à nos émotions ? Cherchons le bonheur et l’intensité dans l’hyper activité, les relations multiples, les partenaires divers ? Est-ce que cette quête peut avoir une fin ? Est-ce que donner notre pouvoir de vie à des éléments extérieurs peut nous rendre heureux ?

En ce qui concerne l’environnement matériel, trop de possessions me stressent car il faut entretenir et gérer ces biens. En architecture d’intérieur, j’étais, au début, très attirée par le minimalisme. Ce courant est né dans les années 60, aux Etats-Unis, en réaction au lyrisme pictural et s’est concrétisé en architecture dans le Bauhaus. Mies Van der Rohe en est une figure de proue et l’explique par le mantra « Less is more » ou « Moins est plus » appliqué par John Pawson dans la rénovation de l’église St Moritz, à Augburg en Allemagne, que j’adore. En architecture, j’ai vite compris que la simplicité est bien plus difficile à atteindre que la complexité, elle oblige à comprendre l’essentiel et à le mettre en valeur. Au fil de mes projets, j’ai appris à apprécier l’ajout de couleurs et d’accessoires qui personnalisent un lieu pour mettre en exergue l’essence d’un espace et de ceux qui le côtoient, je suis obligée d’en comprendre les spécificités, les révéler et les sublimer.

Que pensons-nous de ce mantra « Less is more » ? Trop de sexe ? Le mec qui se tape une nouvelle nana tous les soirs, une de plus, une de moins, est-ce que ça change ? Trop d’objets ? Une collection de cent cinquante robes ou cravates nous rend-elle heureux ? Un verre d’alcool tous les jours au point d’en devenir un alcoolique mondain, quel plaisir ? Trouve-t-on notre bonheur quand on a trop ? Est-ce que la rareté apporte du bonheur ? Est-ce que le trop pourrait-être un problème de nos sociétés occidentales à tous les niveaux : trop d’objets, de procédures, de gâchis, de complexité, d’échelons hiérarchiques, de chefaillons, trop de publicités, de scandales, de violence, de mensonges, trop d’exceptions, de privilèges et de discriminations, trop, trop, trop ?

Finances et tâches ont souvent bon dos.
J’ai une théorie qui dit que l’argent comme l’occupation peuvent devenir des outils, conscients ou non, de fuite. Au lieu d’assumer « Je n’ai pas envie de passer ce week-end avec ta sœur », le copain de Lili lui dit « En ce moment, mieux vaut ne pas dépenser trop » ou « J’ai vraiment trop de travail », mais si elle lui propose un bon restaurant durant ce même week-end, il risque de lui répondre « Bonne idée, faisons une folie, je t’emmène chez Gastronom » ou « Extra, avec un tour sur le lac avant ? » Dans ce cas, elle se sent encore plus frustrée que s’il avait été sensiblement honnête. Il a le droit de ne pas avoir envie de passer un week-end avec sa sœur, et au fond, son absence peut convenir à Lili. Utilisons-nous le prétexte financier ou laborieux pour refuser des propositions alors que le problème est ailleurs ?

Amour, argent et relation toxique.
Cette théorie est tout à fait personnelle et je ne l’ai pas partagée souvent : notre relation à l’argent serait corrélée à notre relation aux autres. Dans« L’Avare », Molière aborde ce sujet délicat sous forme de comédie. Le personnage principal s’appelle Harpagon, c’est un bourgeois riche et avare, veuf avec deux enfants. Focalisé sur ses besoins égocentriques, il planifie d’épouser Mariane, l’amoureuse sans fortune de son fils et de marier celui-ci à une riche veuve, alors qu’il veut marier sa fille avec un riche vieillard et lui refuser le jeune homme dont elle est éprise. Après moult péripéties, ses enfants finissent par se marier avec leurs amoureux respectifs et il reste seul avec son argent. La notion d’amour est avalée par celle de l’argent.

Est-ce qu’Harpagon n’est pas un homme en mal d’amour ? J’ai grandi avec une insécurité affective, avec la peur de manquer d’amour. Je reportais cette peur du manque d’amour en peur de manquer d’argent, c’est sans doute pour ça que je voulais être riche. Avec mes enfants, j’ai mesuré comme l’amour ne s’achète pas, il se crée, il s’offre, il se nourrit, il demande pardon. Cette situation soulève un paradoxe de la vie humaine. Une personne en mal d’amour voudrait-elle être riche pour compenser son manque, attirant sa moitié par son aisance financière ? Moitié elle-même en insécurité affective, donc en recherche d’argent ? Est-ce qu’alors sa jalousie que l’amoureux prend pour de l’amour pourrait-être une peur de perdre cette sécurité financière et pseudo-affective ?

Le lien ne serait donc pas basé sur l’amour de l’autre mais sur une attirance mutuelle abîmée par la peur de manquer d’amour, et donc aussi d’argent. Cela créerait des relations toxiques, bancales, chaotiques et malheureuses alors que l’amour apporte bienveillance, équilibre, stabilité et apaisement. En mettant en valeur sa fortune ou sa belle voiture, l’homme attirerait parfois une compagne qui s’intéresserait à son argent et non à son être qui a soif d’amour. Quant à la femme, en mettant en valeur principalement son physique ou sa capacité de séduction, ne risque-t-elle pas de se sentir ignorée dans sa personne ? Bien qu’en couple, les individus se sentiraient seuls et en manque. Voulons-nous de l’amour bienveillant dans notre vie, dans la gratuité et pour grandir en lien, en confiance et en paix ?Est-ce que nous utilisons l’argent pour nous donner l’impression d’aller bien, comme si la vie était facile, sans soigner nos blessures d’amour béantes ?

L’héritage ne compense pas le manque d’amour parental.
Dans le même sens, l’héritage ne remplacera jamais l’amour parental qui a manqué. En plus de ne pas compenser le manque affectif, il cultive un autre ressort négatif : un trop gros patrimoine préexistant peut empêcher un héritier de faire sa propre expérience de la vie réelle. Il n’a pas l’occasion de prendre de vrais risques, de se sentir fier de lui-même et d’apprendre de ses erreurs, ce qui réduit sa capacité d’adaptation et de jugement. Quand il s’agit de l’entreprise familiale, l’héritier a-t-il suffisamment de cartes en main ? De plus, les héritiers de grandes fortunes[i] sont moins heureux que les personnes qui s’enrichissent grâce à leur travail.

Argent
Quel est notre rapport à l’argent, sommes-nous à l’aise, en parlons-nous, le méprisons-nous ? Pourquoi ? En quoi cela nous apporte-t-il de la sérénité ? Parlons-nous d’argent et de budget avec nos enfants ? Les gens riches aiment dire qu’ils ne travaillent pas pour l’argent, mais quel est leur but: s’accomplir et poser leur pierre à l’édifice d’un monde meilleur ou amonceler le maximum pour voir leurs avoirs grandir, confondant leur valeur personnelle avec leurs valeurs financières ? Tous les profils existent. L’argent reste quoi qu’il en soit, est une nécessité absolue et les parents qui parlent d’argent avec leurs enfants et les aident à comprendre les grands mécanismes des flux financiers, de l’équilibre d’un budget, des notions d’épargne et d’investissements leur donnent une carte majeure pour leur avenir. Malheureusement, certaines sociétés sont si coincées sur la notion d’argent que même les adultes n’y connaissent pas grand chose. Moi-même, je réalise comme à 50 ans, mes notions financières concrètes sont très insuffisantes pour prendre des décisions éclairées et rentables. Nous apprenons souvent à économiser et placer notre épargne en lieu sûr, mais les riches vous diront qu’il faut faire travailler notre argent et que notre stratégie est mauvaise. Mais que veut dire faire travailler l’argent ? Avez-vous déjà mis une liasse de billets aux commandes d’un yatch, a-t-il démarré ? Quel leurre ! Le bateau ne démarrera qu’avec le pilote… quoi que, bientôt avec les voitures autonomes, les machines commenceront à travailler sans l’intervention d’être humain. Personne ne fait travailler l’argent, les investisseurs font travailler les gens et engrangent les profits, ou accusent les pertes. Si nous comprenions mieux les flux financiers, alors nous pourrions avoir un avis éclairé et permettre de mieux répartir les richesses, que connaissons-nous de la spéculation, des produits dérivés ou des mécanismes d’inflation par exemple? Ne pas s’intéresser à l’argent me semble bien plus dangereux qu’honorable. Quand des hommes politiques gèrent des budgets sans connaître parfaitement les tenants et les aboutissants, nos sociétés s’endettent de plus en plus, c’est terrifiant. A titre personnel, comme à titre sociétal, voulons-nous comprendre mieux les mécanismes financiers, voulons-nous enseigner cela à l’école ?


[i] La comédie (in)humaine – p.74 – Julia de Funès, Nicolas Bouzou – J’ai Lu – 2019

Apprendre le bonheur

S’occuper donne du sens à l’existence.
L’action nous permet de répondre à nos besoins et donne du sens à l’existence. Adulte, mes choix m’ont amenée à tenir une maison, faire le ménage et la cuisine. Si j’aime vivre dans un environnement propre, je n’ai pourtant aucune inclinaison instinctive au nettoyage, mais ce travail domestique m’a permis de rester ancrée dans la réalité de la vie, d’apporter un environnement positif pour la famille et souvent de me centrer comme dans une méditation, laissant un peu de lest à mon cerveau en constante ébullition.

Penser que les pauvres ne veulent pas travailler est une erreur de connaissance des besoins fondamentaux de l’être humain
. Nous avons besoin d’occupation, d’ailleurs, quand des individus profitent du système social, c’est toujours pour avoir une autre activité comme du travail au noir ou une fonction parentale. Certains vont passer beaucoup de temps à faire des emplettes ou vont se plonger dans une activité professionnelle ou de loisir qui les passionne. Quelles occupations, activités, actions choisissons-nous ? Satisfont-elles notre être authentique et nos besoins affectifs ?

Respecter nos valeurs donne du sens à nos actions.
Respecter nos valeurs donne du sens à nos actions et donc à notre existence. Elles nous permettent de nous développer à titre individuel pour participer au développement de l’humanité. Elles nous guident pour interagir et vivre ensemble dans le respect les uns des autres et la dignité.
Il est important de noter qu’une valeur, selon notre façon de l’appliquer, peut devenir un moyen de contrôle de l’autre, une justification à notre lâcheté ou une faiblesse. Avoir des valeurs et les respecter demande du respect, du courage et de l’honnêteté vis-à-vis de nous-même et des autres. Tout est question de justesse.
Dans nos réponses, nous pouvons toujours avoir une réaction extrême de trop ou de trop peu. Pour les valeurs liées aux besoins, les réponses extrêmes nous apporteront un plaisir immédiat ou au contraire nous emmèneront sur un chemin qui ne nous convient pas. Nous pouvons aussi choisir de trouver la juste mesure.

Créer nous stimule et nous donne espoir pour l’avenir.
Rêver, imaginer, créer nous aide à nous sentir vivant. Tous les jours, nous imaginons, nous trouvons des solutions à nos petits et grands problèmes, individuels et collectifs. Celui qui ne trouve plus d’idées pour faire face à sa vie commence à mourir. Nos problèmes peuvent aussi devenir de formidables moteurs de créativité. J’aime les contraintes, elles m’obligent à penser autrement, elles me guident. Si le processus est frustrant, et souvent angoissant, au départ, le résultat est toujours formidable.
Observation. Chez moi, la créativité naît de l’observation plus ou moins consciente de l’environnement et de mes expériences qui nourrissent mon cerveau de matière première à exploiter. Le livre « Dessiner grâce au cerveau droit[i] » m’a appris à observer, premier pas à la création. L’auteur nous fait recopier un portrait dessiné à la main par Picasso en le positionnant à l’envers. Nous ne regardons plus un bras ou une chaise, mais une ligne, une direction, un plein ou un vide.
Créativité débridée et fonctionnelle. Avec mon parcours, j’ai compris que pour créer du neuf nous avions besoin de deux approches nécessaires et complémentaires. En architecture d’intérieure, je devais commencer par la créativité débridée et non canalisée. Imaginer tout, sans contrainte matérielle, réaliste, économique ou fonctionnelle. Cela peut amener à créer des châteaux de cartes inventifs qui s’écroulent vite ou qui restent de l’art pur. Avec quelques éléments de base sur un sujet que je comprends dans les grandes lignes, je pourrai ainsi proposer des idées sans me laisser bloquer par les contraintes des limites fonctionnelles. J’ai utilisé la créativité fonctionnelle en revanche, dans mon métier d’ingénieur, faisant appel à des références connues et des solutions qui passent par la connaissance que j’avais du passé. Cette créativité permet de concrétiser. La conjonction de ces deux approches, sans jugement, me semble la plus efficace pour envisager un avenir inexploré. Commencer par la question « Et si tout était possible ? » puis revenir sur le plancher des vaches avec la question « Et qu’est-ce qui est possible dans la réalité ? » Et nous pouvons continuer un échange par itérations successives. Par exemple, quand j’écris ce livre travailler sur la forme m’a permis de mieux restructurer le fond. Avancer en parallèle sur plusieurs aspects en même temps peut aider à avancer plus pertinemment.
Pensée divergente et convergente. Des personnes à la pensée divergente, qui part dans tous les sens pour inventer des solutions inconnues jusqu’alors, et parfois inexploitables, peuvent collaborer avec des individus à la pensée convergente, qui permet d’imaginer des solutions qui fonctionnent. Dans ce un processus créatif global, avec un cheminement agile d’amélioration continue par itération, nous pouvons trier les informations et développer celles qui semblent les plus judicieuses pour affiner notre réflexion vers les solutions les plus pertinentes possibles. Nous sommes capables de trouver de nombreuses solutions innovantes.
Sérendipité. Nous pouvons aussi utiliser la sérendipité, cette aptitude à faire par hasard une découverte inattendue et à en saisir l’utilité. Il s’agit de transférer et transformer ce que nous connaissons dans un domaine pour nous interroger dans un autre secteur et de développer de nouvelles idées avec beaucoup de créativité. Comment favorisons-nous la sérendipité qui permet d’innover grâce au brassage de connaissances issues d’univers variés ?

Quelle place laissons-nous à l’inventivité dans nos sociétés ? Si nous autorisions les enfants à garder leur source intarissable de création, le monde serait-il plus vivant ? Comment utiliser notre créativité pour changer le monde ensemble ? Voulons-nous prendre nos contraintes comme moteurs d’innovation ? Charles Darwin nous dit que les espèces qui survivent ne sont pas les espèces les plus fortes, ni les plus intelligentes, mais celles qui s’adaptent le mieux aux changements. Sommes-nous prêts pour les changements ?

Mais, qu’est-ce qui nous heureux ?
Nous pouvons donc, agir pour répondre à nos besoins, ce qui nous rend serein et nous fait plaisir et respecter nos valeurs, ce qui donne du sens à notre existence. Créer nous permet de nous projeter dans l’avenir. Cela est-il suffisant pour nous rendre heureux ?

Quand je suis en train d’écrire ce livre, je me sens sereine, je respecte mes valeurs et je suis créative, pourtant, je ne peux pas dire que je sois heureuse tout le temps. Pourquoi ? Il est certain que je ne satisfais pas tous mes besoins fondamentaux, je ne génère aucun revenu par exemple, ce qui est angoissant. Pourtant, pour ce besoin, j’ai fait le choix d’écrire quand même pour ne pas avoir le regret d’avoir laissé tomber mon projet. Je suis assez isolée, c’est une retombée que j’accepte aussi, d’ailleurs j’ai besoin de silence pour me calmer et retrouver un contact avec la nature en allant me balader. Mais je me sens un peu trop seule parfois. Par moments, je suis plus en relation, je parle de mon livre, j’écoute les histoires et opinions des autres et je me sens heureuse. En fait, je me sens vivante dans l’échange, quand j’apprends des choses des autres, mais surtout quand je partage des émotions avec eux, même les moins bonnes et quand les émotions sont positives, alors je me sens heureuse.

Quelle différence faisons-nous entre satisfaire nos besoins et respecter nos valeurs ? Satisfaire nos besoins, en s’appuyant sur nos valeurs de moyens, motive nos actions, nous rend sereins et nous fait plaisir. Se référer à nos valeurs d’humanité donne du sens à nos actions. Ainsi, respecter nos valeurs donne du sens à notre vie. Qu’est-ce qui nous rend heureux personnellement?

Nous sentir serein et donner du sens à notre vie est-il suffisant pour nous sentir heureux ? Cherchons-nous aussi la joie du partage ?

Pouvons-nous trouver le bonheur seul ou avons-nous besoin de partager nos élans et nos actions pour nous sentir heureux ? Si la relation contribue à notre sentiment de bonheur, nous intéresser à l’autre, ses besoins et ses valeurs est alors indispensable. Connaissons-nous les besoins et les valeurs de l’autre ou du groupe ? Nos besoins et valeurs sont-ils compatibles, les respectons-nous mutuellement ?

Existe-t-il une bonne ou une mauvaise façon de faire pour être heureux ?
Non. Nous sommes heureux quand nous avons conscience de nos motivations à agir et que les réponses à nos actions satisfont nos attentes selon l’ordre de priorité que nous avons choisi. Dans nos attentes d’êtres humains, la solidarité et la bienveillance sont des nécessités. Nous sommes heureux quand nous assumons les conséquences de nos actes vis-à-vis de nous-même et des autres. Nous sommes heureux, surtout, quand nous partageons ensemble la joie de nos accomplissements.
Comment répondre à nos besoins, quelles sont les valeurs qui comptent le plus pour nous ? A titre individuel et collectif. Voulons-nous les classer par ordre de priorité ? Nous sentons-nous à contre-courant lorsque nous valorisons nos valeurs d’humanité ? L’application de nos valeurs dans nos choix de vie nous permet-elle de nous sentir entier ? Comment gérons-nous l’équilibre entre la réalité matérielle, le besoin de sécurité et la prise de risque pour une promesse de bonheur ? Qu’est-ce qui nous aide à nous lever tous les jours ? Quand nous sentons-nous vivant ou heureux ?

Sur ton lit de mort, penseras-tu que c’était le bon choix ?
J’écoute la petite voix tintinnabulante qui me pose cette question car je crois que ma vie s’arrête le jour de ma mort et je veux l
’honorer tant que je suis vivante. Pensons-nous sincèrement que nous faisons les bons choix au moment où nous prenons nos décisions ?
La plupart du temps, mon imagination, mes émotions et ma réflexion transforment ma vie ordinaire en quête magique et heureuse. Mon parcours professionnel m’a enrichie, je me sens fière de mon rôle de maman et oser écrire ce livre est un grand défi. Hier, mon grand fils m’a signifié comme il se sentait bien dans sa peau et fier de lui, entre ses rêves d’ado ambitieux et son autonomie responsable, j’espère qu’il deviendra un homme vivant et fier pour construire un monde humain. Le voir grandir et s’épanouir est pour moi une vraie source de bonheur. Une part de notre bonheur est-elle aussi liée à l’accomplissement de ceux que nous aimons ?

Est-ce qu’une part de notre bonheur est aussi liée à l’accomplissement de ceux que nous aimons ?

« L’apprentissage du bonheur[ii] », était, à son époque, le cours le plus suivi à Harvard.
Quand mon aîné était petit, en dépression post-partum, je cherchais une issue pour retrouver ma joie vivre et j’ai regardé sur internet des vidéos de cours de Tal Ben-Shahar sur l’apprentissage du bonheur. Il nous dit que chercher à être heureux devient une nécessité car l’anxiété et la dépression deviennent un problème de santé mondiale majeur. Sommes-nous intéressé à apprendre le bonheur ? Ses propositions m’ont été précieuses et je l’en remercie, elles m’ont aidée à trouver une issue à ma détresse.
J’ai retenu l’importance de la gratitude. Savoir être reconnaissant tous les jours de bonnes choses qui sont arrivées dans la journée. Ça peut être très simple, un bon repas, une conversation ou une balade dans la nature. Il propose de noter tous les soirs cinq choses qui font que nous sommes reconnaissant. Avons-nous de la gratitude pour des faits qui nous ont rendu heureux ?
Est-ce que l’argent apporte le bonheur ? Y contribue-t-il par la liberté de mouvement et la sécurité qu’il nous apporte ? Est-ce qu’un joli pactole peut se transformer en accélérateur de vie ? Comment, en le dépensant ou en l’investissement pour construire ? Nous sentons-nous content si nous nous sentons mieux loti que notre voisin, parlons-nous ici de bonheur ?

Nous avons un niveau de bonheur stable.
A quoi est relié notre niveau de bonheur ? Est-il lié à notre capacité à respecter nos valeurs dans toutes nos actions ? Est-il lié à la satisfaction de nos besoins fondamentaux personnels et solidaires ? Un peu avant trente ans, éloignée de mon compagnon pour deux ans, je commençais à déprimer un peu. J’ai quitté un emploi stable et rémunérateur en Suisse pour me rapprocher de mes amis et de ma famille en France, mon salaire a été réduit, j’ai retrouvé plus de sens à mon activité et un meilleur bien-être relationnel. Des études montrent que quadrupler son salaire impacte peu notre niveau de bonheur, le mien a retrouvé sa stabilité.

Un pic de satisfaction retombe petit à petit sans changer notre niveau de bonheur sur le long terme.
Je me rappelle d’une étude que j’ai lue quand mon aîné était bébé qui expliquait que l’acquisition d’un bien quel que soit son prix, une augmentation salariale ou une promotion professionnelle crée un pic de satisfaction. Notre niveau de bonheur ne change pourtant pas. C’est la raison pour laquelle une personne qui devient handicapée après un grave accident peut se sentir toujours aussi heureuse. Un évènement tragique crée un pic négatif, mais nous revenons généralement à notre niveau habituel par la suite.

Sur le long terme, nous pouvons élever ou abaisser notre niveau de bonheur par des choix de vie et de pensées. Vouloir se sentir vivant, voire heureux n’a rien de fleur bleue, c’est choisir la vie, c’est un objectif humain et indispensable, le seul qui devrait guider chaque être humain, à mon sens. Notre objectif est-il de nous sentir vivant ?

Nous avons besoin de partager.
La joie est une émotion qui s’appuie sur notre besoin de partage. N’est-ce pas le lien, l’échange émotionnel positif que nous recherchons ? Avons-nous déjà essayé de célébrer un succès tout seul ? Était-ce gai ou maussade ? Avons-nous déjà gardé pour nous un échec sans jamais en parler ? Était-ce plombant ou anodin ? Aimons-nous célébrer avec d’autres ? Apprécions-nous aussi les moments solitaires, en avons-nous besoin ? A quoi tient la qualité de nos liens ? Notre implication change-t-elle notre lien aux autres ?

Ma tante Colette et son époux Jean, m’envoyaient à chaque Noël et à chaque anniversaire un petit cadeau, un livre, une trousse, un drap imprimé de petits nounours, un radioréveil, toujours des cadeaux très ciblés et attentionnés. Ces cadeaux-là étaient des baumes pour mon cœur. Que sont devenus les cadeaux d’aujourd’hui, Noël n’est-il pas devenu le temple de la consommation ? Nous dépensons des sommes faramineuses, pensons-nous au contentement de l’autre ou cherchons-nous à passer par la case cadeau obligatoire ? C’est à tel point que de nombreux articles se retrouvent en vente à moitié prix le lendemain de Noël, c’est désolant. Où sont nos liens attentifs ? Cherchons-nous d’abord à aimer ou à posséder ? Que partageons-nous ?

Par leur bienveillance envers un enfant, des adultes peuvent lui donner confiance en l’avenir.
Colette et Jean étaient bienveillants, tendres, ils m’aimaient beaucoup, j’étais leur chouchoute. Ils venaient de temps en temps chez mes parents. J’ai fait un séjour chez eux lorsque j’avais onze ans. Une famille de musiciens. Il jouait de l’orgue, leur aînée jouait de la harpe. Je suis allée voir E.T. le film sur le petit-extra-terrestre débarqué par inadvertance sur terre et qui voulait rentrer chez lui. Je ne les voyais sans doute pas plus d’une fois par an, pourtant j’ai réalisé récemment l’importance qu’ils ont eu dans ma vie. Par leur présence délicate, stable et attentionnée, ils m’ont donné confiance dans le monde des adultes. Est-ce que des adultes de notre enfance nous ont donné des repères pour notre vie d’adulte ?

Le bonheur est un présent que l’on retrouve quand on s’oublie.
Claudio Capéo nous chante magnifiquement ce paradoxe de l’amour et du bonheur combinés. Il existe un principe de la vie qui dit que la vie est compétitive sur un socle de coopération, je le traduis en disant que nous avons besoin de prendre d’abord en compte nos propres soifs, en revanche, c’est seulement dans la coopération que la vie se développe. Claudio Capéo nous invite à découvrir le bonheur d’aimer gratuitement. Ne nous oublions quand même pas trop. Si nous avons besoin de satisfaire nos besoins d’humanité, nous avons aussi besoin de satisfaire nos besoins fondamentaux pour être heureux. Arrivons-nous à équilibrer la satisfaction de nos besoins et ceux de l’autre ?

Qu’attendons-nous dans la relation à autrui ?
En écrivant ce livre, si je me suis sentie très seule à certaines heures, à d’autres moments, mon salon était peuplé de monde. Est-ce que notre sentiment de solitude est corrélé au nombre de personnes qui nous entourent ? Nous sentons-nous plus ou moins seul quand nous pensons à d’autres personnes ? Pouvons-nous nous sentir isolé dans une foule et entouré en étant seul chez nous ? Comment vivons-nous la solitude ? Quelles personnes physiques côtoyons-nous ? Cela nous convient-il ? Est-ce que nous avons des activités associatives ? En quoi contribuent-elles à notre bonheur ? Que découvrons-nous dans ces associations ?  Authenticité, vulnérabilité, lâcher-prise, connaissances, apprentissage, rire ? Partageons-nous de notre intimité, nos soucis sentimentaux, familiaux, santé ? Nous plaignons-nous ? Nous sentons-nous très proche de quelques personnes ? Que partageons-nous, avec qui ? Toutes les relations sont-elles similaires ou différentes ? De quoi parlons-nous ? Partageons-nous nos questions, nos passions, nos hauts et nos bas, la vie dans tous ses états, les pleurs, les rires, les peines, les joies, les épreuves et les succès ?

Reflets.
Les gens qui provoquent chez nous une réaction forte, nous parlent de nous-même. Ils éveillent des sentiments et des ressources qui sont déjà en nous.
Ceux que nous admirons, nous parlent de nos aptitudes cachées. Pas les personnes qui nous donnent envie mais les gens qui nous émeuvent dans leur être, leurs comportements, leurs actions et leur impact, des gens qui nous donnent envie de devenir moteur d’un monde meilleur. Une personne qui nous inspire, nous ouvre l’esprit et appelle le meilleur de notre potentiel encore enseveli qui ne demande qu’à se déployer. Allons-nous le regarder et décider de nous développer dans notre meilleur ? 
A contrario, si les gens appuient là où ça fait mal ou abusent de nous, s’ils nous insupportent et éveillent nos pires sentiments, ils nous contraignent à voir nos incapacités, nos limites, nos blessures et notre propre violence. Plutôt que d’attaquer en réaction incontrôlée, voulons-nous choisir de regarder nos limites ou blessures pour les soigner, les dépasser et grandir ?

N’est-ce pas pour cela que nous avons besoin de super héros à qui nous identifier, des blancs, noirs, jaunes, rouges et même verts si nécessaire ? J’ai toujours admiré Mère Theresa et dans ma tête de pré-ado, c’était lié à sa capacité à fonder sa congrégation à l’âge de quarante ans pour aider des enfants, je n’avais donc pas besoin de faire des choses exceptionnelles à vingt ans, je donnerai mon meilleur tous les jours et je verrai bien où cela me mènerait, c’était aussi son humanité qui raisonnait en moi. Avec une telle figure d’inspiration, il est certain que devenir riche n’était pas ma priorité, même si cela a toujours fait partie de mes objectifs. Qui admirons-nous ou détestons-nous ? Qu’est-ce que cela dit de nous ? Comment reconnaître ce qu’ils éveillent chez nous peut-il nous aider à trouver notre bonheur ?


[i] Dessiner grâce au cerveau droit – Betty Edwards – Éditions Mardaga – 2018

[ii] L’apprentissage du bonheur – Tal Ben-Shahar – Pocket – 2011

Valeurs d’humanité

Les valeurs d’humanité sont notre moteur pour passer à l’action en répondant à nos besoins d’humanité, incluant notre implication pour répondre à nos besoins collectifs.

Les valeurs d’humanité restent durables au cours de notre vie.
Les valeurs d’humanité viennent rejoindre notre quête de sens et sont intimes et universelles à la fois. Au cours de notre évolution, nous confirmons ces valeurs intimes ou en découvrons de nouvelles qui complètent nos fondations. J’ai classé ces valeurs d’humanité en quatre catégories.

Liste de valeurs de but humain.
Pour le développement de la personne en plénitude.
Vie intérieure ou en infinitude : amour humain, lien à une transcendance, notion de sacré, foi, intérêt pour l’univers, profondeur de l’être, jouissance viscérale, espérance, pleine santé psychique, mentale et de mémorisation.
Vie charnelle :
maturité sexuelle, pleine santé physique.
Vie extérieure ou en finitude : rythme, nouveauté, progrès, évolution, croissance.

Liste de valeurs de but suprême.
Ces valeurs sont autant individuelles que collectives et sont relatives à notre quête de sens.
Liberté : droits, autonomie, indépendance, volontarisme, engagement, responsabilité, universalisme, mérite, choix.
Bienveillance : respect, fraternité, solidarité, tolérance, empathie, altruisme, gentillesse, considération, appréciation et soutien de l’autre, compassion, disponibilité.
Justesse : éthique, pertinence, justice, équité, égalité, parité, représentativité, modération.
Cohérence : transparence, vérité, franchise.
Beauté : harmonie, esthétique, équilibre, proportion, concordance, mélodie, élégance, charme, grâce.

Liste de valeurs de personnalité.
Pour le développement de l’individu en interaction avec le développement de l’Humanité.
Simplicité : vulnérabilité, spontanéité, authenticité, pureté, naturel, sincérité, sobriété, ascèse, gaieté, limpidité dans nos propos et nos comportements, nous sentir nous-même physiquement, psychiquement, affectivement.
Pudeur : fraîcheur, tact, discrétion, réserve, retenue, décence, bienséance, dignité, modestie, chasteté.
Conscience : observation, éveil, lucidité, sensibilité à nous-même, aux autres et à notre environnement, connaissance de nous-même dans nos forces et nos limites, connaissance du fonctionnement humain, reconnaissance de l’autre, ouverture à la diversité, perception de nos intuitions, connaissance de notre histoire et de l’Histoire de l’humanité, mise en perspective temporelle d’un évènement, discernement de nos réelles intentions et celles d’autrui.
Maîtrise de soi : patience, concentration, lâcher-prise, capacité au silence et à la solitude, résilience, sang-froid. Reconnaissance de nos émotions, les nommer, les accepter et les utiliser pour mieux nous comprendre et mieux comprendre les autres.
Responsabilité : devoirs, engagement, fidélité, honneur, loyauté, fiabilité, rigueur, droiture, sérieux, crédibilité, équilibre des objectifs de court terme et de long terme.

Liste de valeurs de génie.
Pour la mise en œuvre d’actions concrètes pour le développement de l’humanité.
Capacité d’anticipation : rêve, vision, créativité, imagination, conceptualisation, audace, capacité de prendre des risques avec prudence, clairvoyance.
Capacité d’inspiration pour les autres
 : faire connaître nos valeurs, charisme, espérance, enthousiasme, créer une connexion avec les autres par un échange émotionnel. Savoir apprécier l’autre, l’encourager, le préparer à surmonter les difficultés avec courage, le valoriser, le gratifier.
Capacité de réflexion : penser global, être curieux, perspicace et ouvert d’esprit, analyser, comprendre, synthétiser, faire un bilan, nous remettre en question, interroger avec un sens critique, évaluer, prioritiser, décider.
Capacité de communication : écouter, reformuler, informer avec justesse, diffuser un message simple et clair, être subtil.
Capacité d’action : exploration, contribution, coopération, détermination, dynamisme, endurance, énergie, vitalité, vivacité, mise en œuvre.