Notre environnement

Qui nous influence ?

Toute notre vie, nous sommes influencés par ce et ceux qui nous entourent. Avons-nous conscience de leur impact dans nos opinions et nos choix de vie ? Nous apprenons le monde en fonction de nos interactions et expériences avec notre environnement et avec nos pairs. Nous sommes influencés, avant tout, par notre famille et notre communauté de vie. Notre lieu d’habitation nous apporte nos premières références sur le monde extérieur. Ensuite, notre vision évolue avec l’éducation et nos fréquentations dans le monde associatif, professionnel et religieux et dans notre cercle amical. Les groupes physiques ou virtuels que nous côtoyons vont infléchir nos pensées.  Enfin, notre vision du monde se crée avec les mots et les images que nous renvoient les médias et le monde politique et culturel. Quelles sont nos références dans notre vision du monde et nos choix de vie ? Quels groupes rencontrons-nous ? Quels médias regardons ou écoutons-nous ? Quelle image du monde nous renvoient-ils ? Comment voyons-nous le monde à travers les médias et la culture ? Comment avons-nous modelé notre image du monde à travers les supports numériques ? Sommes-nous conscients des autres points de vue existants par rapport à nos propres positions ?

Qui influence nos prises de décisions sociétales ?

Sommes-nous assez bien informés sur les équilibres sociétaux à l’échelle internationale pour comprendre les réels enjeux sociétaux urgents. Pouvons-nous comprendre comme notre façon de consommer impacte négativement des êtres humains ? La fast fashion, par exemple, fonctionne sur un système qui exploite des populations et polluent notre planète à grande échelle. La savons-nous ? Voulons-nous prendre nos responsabilités d’humains vis-à-vis d’autres individus ? Voulons-nous exiger des normes de respect de la dignité des travailleurs et de respect de la planète aux marchands qui nous fournissent ? Voulons-nous continuer à accepter la grande précarité dans nos pays, l’extrême pauvreté dans le monde, les famines, la pollution du globe ? Préférons-nous fermer les yeux sur les souffrances que nous imposons à autrui pour notre confort matériel ? Quel sens cela a-t-il ? 

Comment baliser nos fonctionnements démocratiques mis à mal ? Lobbying, réseaux d’influence, mauvaise dette, conformisme, bien-pensance, scandales sont des maillons faibles de notre système. Le plus fort peut gagner. Le plus violent. Le plus perfide. Qui finance ces rouages qui réduisent notre liberté d’expression et de décision ? Comment les médias prennent-ils leurs responsabilités civiques dans le fond et la forme qu’ils choisissent pour nous présenter des informations ? Comment impactent-ils notre observation du monde ?

Quel impact nos visions et pensées ont-elles dans nos vies ?

Notre chemin est le fruit de nos décisions, de nos adhésions et souvent bien plus encore celui de nos refus. Certains parlent de la loi de l’attraction[i] présentée dans un documentaire qualifié de pseudo-scientifique par les incrédules ou les circonspects, apprécié par d’autres. Le message véhiculé nous dit que nos pensées créent notre vie.

Si nous nous focalisons sur ce qui nous mine, ce que nous rejetons et ne nous convient pas, nous nous enfonçons dans ces directions, si nous nourrissons des pensées constructives en apprenant à les ressentir dans des émotions positives, nous faisons advenir ce que nous désirons.

Cultivons-nous des pensées positives ou négatives sur l’avenir ? Comment nous projetons-nous à titre individuel et collectif ? Quel futur préparons-nous avec notre vision de demain ? Avons-nous noté une différence de réaction de nos interlocuteurs quand nous nous sentons confiants en nous ou quand nous doutons ? Avons-nous déjà expérimenté le fait qu’une personne de notre entourage instille en nous le manque de confiance et le sentiment de notre peu ? A contrario, avons-nous eu affaire à un interlocuteur encourageant qui nous a tiré vers le haut, nous donnant l’énergie de soulever des montagnes ? Voyons-nous ici la puissance de nos pensées et sentiments sur nos actions ?  Comment pouvons-nous nous focaliser sur les motivations positives et incitatives pour construire une vie dont nous sommes fiers ? Avec une perspective positive, est-il plus simple de nous projeter avec élan dans la vie et de prendre des décisions plus vivantes ?

Quelle vision du monde transmettons-nous à nos enfants ?

Nos petits en croissance vont se faire une idée du monde en fonction de l’expérience qu’ils vivent dans leur famille et leur communauté. Quelles valeurs transmettons-nous ? Les imposons-nous ou apprenons-nous à nos enfants à choisir les leurs ?

Des vidéos d’enfants assis dans un caddy poussé par la maman dans les allées d’un supermarché montrent que les mères réagissent différemment avec un garçon et avec une fille. Voilà un biais culturel totalement inconscient. Si l’enfant tombe, les mères vont dire à leur fils que ce n’est pas grave et bichonner leur petite fille chérie. Avons-nous conscience de la différence de nos réactions en fonction du sexe de notre enfant ? Sommes-nous capables de prendre du recul pour traiter de la même manière les filles et les garçons, leur laisser le même choix d’être courageux face à la douleur et tendres pour se relever ? Lorsqu’ils grandissent, avons-nous les mêmes demandes et exigences pour nos filles et nos garçons ? Que leur apprenons-nous de leur entier ?

Apprenons-nous à nos enfants que la réussite personnelle n’existe que dans le combat ou qu’elle est plus grisante dans le cadre d’une réussite collective ? Apprenons-nous à nos enfants qu’ils ont leur part de responsabilité dans la conscience collective et les biens partagés ? Leur apprenons-nous que le bien commun leur appartient aussi ? Quelle vision de la vie leur inculquons-nous ? Quelles valeurs mettons-nous en avant, la réussite financière et matérielle fulgurante, sociale, la prise de responsabilité, l’effort, la solidarité ? Leur donnons-nous envie d’avoir une vie épanouie et équilibrée dans ses dimensions affective, familiale, professionnelle, associative, personnelle, amicale et sociétale ?

Quelle conception du monde leur permettons-nous de développer dans leur scolarité et leurs études ? Quelle importance donnons-nous à l’éducation dans nos sociétés ? Comment cela se reflète-t-il sur les rémunérations des enseignants ?

La crèche peut être le premier environnement social influant d’un enfant.

La famille est par nature notre premier cercle d’influence et d’apprentissage. La crèche peut-être plus ou moins bonne pour les enfants[ii]. Tant de facteurs entrent en considération qu’il est difficile de faire des études comparatives sur le sujet, mais certaines existent heureusement. Elles montrent qu’une entrée à un âge précoce crée des attachements insécurisés et une détresse des parents et des enfants. Quand ce mode de garde débute tôt dans la vie, de façon continue, et pour plus de vingt heures par semaine, les relations parent-enfant sont moins harmonieuses avec des niveaux plus élevés de conduites agressives et de désobéissance des enfants.

Souvent, l’âge d’entrée en collectivité est choisi en fonction des contraintes professionnelles des parents plutôt qu’en fonction de nos connaissances sur le développement du nourrisson et du lien d’attachement parent-enfant. En Suède, l’étude d’Anderson montre par ailleurs, que les enfants en crèche avant un an sont plus indépendants, socialement plus à l’aise et moins anxieux que les enfants entrés plus tard. Quelle importance nos sociétés donnent-elles à la toute petite enfance ? Comment nos rythmes de vie et de travail sont-ils adaptés pour favoriser le bien-être des parents et des enfants en créant des fondements stables et sécurisants pour les adultes actuels et futurs de nos sociétés ? Avons-nous conscience que la paix de demain repose aussi sur la sérénité du tout-petit d’aujourd’hui et de ses parents ? Avons-nous conscience de l’expérience de vie de ce petit individu ? Quelles seront ses références émotionnelles de la vie en société ? Quels souvenirs inconscients lui expliqueront comment il doit vivre dans notre monde ?

L’école est le second lieu de sociabilisation des enfants.

Intégrons-nous dans nos pédagogies, les dernières connaissances sur le développement physique, psychologique, affectif et intellectuel de l’enfant et de l’adolescent ? Les pensées des enfants, leurs comportements, leur ouverture d’esprit, les interactions que nous acceptons entre les élèves, leur donnent une référence sur la vie en société et nous indiquent ce que nous devons attendre pour le futur de la collectivité. Voulons-nous éradiquer le harcèlement scolaire ? Voulons-nous créer des équilibres dans lesquels le plus méritant gagne, plutôt que le plus menaçant, le plus riche ou le plus roublard ? Voulons-nous permettre aux enfants de se développer dans leur singularité, dans la diversité d’intelligence et dans la mixité sociale et culturelle ? Voulons-nous faire de l’école un lieu d’apprentissage de savoirs, savoir-faire et savoir-être qui permettent à nos enfants de prendre confiance en eux, collaborer, se dépasser dans une compétition qui respecte l’autre, devenir des adultes éthiques et responsables et moteurs d’une société de croissance dans la paix et l’humanité ?

Voulons-nous réviser nos méthodes et objectifs d’apprentissage pour s’adapter à notre nouveau millénaire ? Nos écoles publiques sont aujourd’hui contraintes dans un système qui brident les enseignants et ralentissent l’évolution pédagogique. Le monde a changé avec internet, mais l’école publique a-t-elle fondamentalement évolué ? Comment concevoir des enseignements qui prennent en compte le bouleversement apporté par internet et les nouvelles pédagogies ?

Comment apprenons-nous aux enfants à réfléchir ?

A dix ans, j’avais fait un exposé sur le Sénégal, nombreux allers-retours à la bibliothèque, consultation de revues, de livres, de l’encyclopédie Alpha. J’ai appris à rechercher des sources d’information différentes, les comparer, les analyser, les comprendre, les critiquer, j’ai appris à utiliser mon cerveau. Si tout se trouve sur internet, les recherches mènent facilement toutes au même résultat.

Comment aidons-nous les enfants à développer leur potentiel, à se sentir bien, à réfléchir et débattre avec assertivité et dans le respect d’autrui ? Doivent-ils encore aujourd’hui tous devenir des puits de connaissances ou doivent-ils apprendre à connaître assez sur un sujet pour l’approfondir quand ils en ont besoin ? Comment adapter nos pédagogies aux différents profils des élèves ? En plus d’apprendre à lire, écrire et compter devraient-ils apprendre à faire face à la vie comme tenir un budget, investir, connaître les types de métiers ou savoir se présenter, s’ouvrir à la globalité ?

L’alternance favorise-t-elle le réalisme et la diversité ?

Des jeunes combinent école et emploi grâce à l’apprentissage. L’alternance permet-elle de former des jeunes qui ont des visions différenciées du monde du travail car leurs expériences diffèrent selon leur mission ? Personnellement, je suis fan de l’apprentissage ou l’alternance, cette approche m’a permis de rester terre-à-terre et réaliste, de conceptualiser à partir d’exemples concrets. Pour la recherche fondamentale, les travaux théoriques restent la porte d’entrée, cela empêche-t-il que la formation initiale puisse se raccrocher au concret ? L’apprentissage aide-t-il à rester plus pragmatique et garder son humilité face au réel ?

De nombreux leaders de demain sont formés dans les mêmes universités.

Notre mondialisation s’accompagne de la mondialisation des universités les plus prestigieuses. Est-ce un bien ou est-ce un mal ? Si la grande majorité des élites dirigeantes de notre monde reçoivent le même type de formation, peuvent-elles s’ouvrir à d’autres conceptions du monde ? Peuvent-elles prendre un vrai recul sur notre modèle éducatif, socio-économique et géopolitique, si elles ont toutes les mêmes références ? Réfléchissent-elles à d’autres solutions pour fonctionner dans leurs interactions personnelles et professionnelles, localement et à l’international ? La course aux meilleures universités du monde, permet-elle les divergences de point de vue, la diversité culturelle et sociale ?

L’hyperspécialisation dans les années d’apprentissage supérieur permet-elle de garder une vue de son métier dans le rouage économique global pour devenir des adultes ouverts et responsables ? Pouvons-nous accepter cabales, censures, idéologies ou radicalismes dans l’enseignement supérieur ? Les étudiants savent-ils se remettre en cause et questionner leurs évidences, leurs croyances et leur vision du monde ?

Par exemple, aujourd’hui, les enseignants parlent du Bitcoin comme une nouvelle monnaie d’échange, comment est-elle présentée, comme une évidence ou comme une opportunité à remettre en cause, à questionner dans ses enjeux de façon globale, quels sont les avantages, quels sont les risques ? Est-ce une solution monétaire démocratique, pourrait-elle permettre à un groupuscule à la tête de notre système économique, qui gouvernerait cette monnaie, de devenir les maîtres du monde ?


[i] Le secret – Documentaire réalisé par Drew Heriot – 2006

[ii] Le séjour en crèche des jeunes enfants : sécurité de l’attachement, tempérament et fréquence des maladies – Cairn.info – 2004

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