Emotions et société

Notre incapacité actuelle à vivre avec nos émotions crée un vrai problème de société.
Quand nous nous laissons déborder par nos peurs, à titre individuel et collectif, nous constatons des émeutes, des saccages, du terrorisme, de la violence. L’actuel manque d’accès à nos propres émotions entraîne aussi les problèmes de santé mentale qui augmentent peu à peu et deviennent un problème de santé publique prédominent. L’OMS définit la santé mentale comme « un état de complet bien-être physique, mental et social qui ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. » Voici quelques autres situations courantes, seraient-elles aussi des symptômes de notre manque d’accès à nos émotions ?

Nos émotions personnelles conscientisées peuvent-elles permettre de trouver plus de sérénité dans la société ?
Une personne qui s’écharpe avec tout le monde dans la vie personnelle et interpersonnelle peut-elle trouver des solutions apaisantes pour une organisation humaine ? Si les responsables de nos sociétés savaient mieux gérer leur vie sexuelle, émotionnelle, sentimentale et familiale, nos sociétés tourneraient-elles mieux ? Cherchons-nous, pour nous guider, des gens parfaits, ou des gens qui se remettent en cause et qui deviennent de plus en plus humains ? Si la vie des groupes humains est l’assemblage de nos vies humaines personnelles, n’est-il pas indispensable de savoir gérer nos émotions à titre individuel avant de prendre des responsabilités sociétales ?

Violence intrafamiliale funeste dans tous les milieux sociaux.
Le confinement a tristement fait apparaître des histoires de violence domestique, psychique ou physique. Nous sentons-nous concerné par nos voisins, familles ou amis pour leur venir en aide ? Réalisons-nous quand ils sont victimes d’abus qui, souvent, ne peuvent pas s’exprimer librement et dont le cerveau sous emprise est en état de confusion totale ? Si nous dénonçons le tapage nocturne de nos voisins, voulons-nous aussi dénoncer ces situations auprès des autorités ?

Harcèlement physique et moral.
Dans le monde professionnel, nous avons entendu parler de harcèlement moral ou de suicide d’employés pressurisés. De nombreuses personnes se sentent pressées comme des citrons au boulot. Avons-nous envie d’apprendre à gérer nos émotions plutôt que de générer de telles violences ou d’en rester les témoins consentants par notre silence ?
Parmi ces êtres soumis à leurs émotions bridées ou débordantes sont les prédateurs sexuels inconscients, coupés d’une part plus ou moins importante de leur ressenti et de leur humanité qui prétendent parfois que les femmes sont consentantes face à leurs pratiques dévastatrices. C’est un problème de société majeur dont on commence enfin à parler dans les médias. Toutes ces femmes abusées et abîmées au plus profond de leur être ont droit à la vie, elles peuvent s’en sortir en parlant avec des personnes formées et des thérapeutes ou même des proches, elles ont droit à un avenir heureux et libre, je leur ai écrit un poème :

Prédateur
A toi le malheureux
Toi qui as choisi le peu
Trop peu de toi
Trop de dégâts
Je voudrais que tu saches
Les coupes de ta hache

L’éblouissant d’une flamme
Tu as utilisé le corps d’une femme
Tu l’as traité comme un objet
Pour tes besoins incontrôlés
Pour t’assurer de ta puissance
Tu as creusé sa béance

Mon amie s’est faite violée
Courageuse, elle a enfanté
Mais sache que jamais de ses jours
Elle n’a retrouvé l’amour
Elle se bat pour s’en sortir
Tu as volé son avenir

Ma voisine est une grand-mère
A treize ans, abusée en hiver
Aujourd’hui encore
Quand elle évoque son sort
Elle a honte de le dire
Tente de garder le sourire

Un jeu qui t’a fait rire
Ton doigt a détruit son empire
Elle n’a jamais su après
De sa vie se lier
Envolée la déesse
De ce corps en détresse

Toi le prédateur
Tu as instillé la peur
Ces femmes n’ont pas parlé
Victimes ensorcelées
Nymphes anéanties
Ignorantes de leurs cris

Femmes touchées
Choisissez de parler
Pour tuer la confusion
Qui éteint votre raison
Belles dames éternelles
Tentez de retrouver votre sel

Prédateurs, arrêtez vos actes insensés
Femmes, apprenez à vous protéger
Homme ou femme, ton corps t’appartient
C’est le temple de ton bien
Tu peux en prendre soin
Respecte tes besoins

Guerres.
Qui veut les conflits armés, les citoyens ou quelques dirigeants, plus ou moins coupés de leurs émotions, qui cherchent à prendre le pouvoir sur les peuples ? Ces dernières années, Elodie est allée tous les ans voir sa famille en Syrie, en passant par Beyrouth. Elle m’a raconté comme la vie est difficile, pas à cause des bombes, mais à cause des conséquences économiques de la guerre. Encore une famille de la Terre, rien de plus, rien de moins. Ces familles ne cherchent-elles pas la paix elles aussi ? Comment prenons-nous soin des êtres humains et des familles à travers le monde ?

Radicalisation religieuse.
Mon ancienne cheffe Ayline, turque, vit maintenant en Allemagne, elle est dévastée de voir comme son pays est meurtri par le gouvernement actuel. Elle me dit comme il ne représente pas sa nation. Est-ce que leur dirigeant cherche le bien commun ?

Polygamie.
Côme était mon grand copain pendant une colonie de vacances. Envoyé par son père depuis la Guinée. Il me parlait de ces vingt-trois frères et sœurs avec humour, sans en connaître beaucoup, son père était polygame. Entre nous, quelle horreur pour les femmes, et dire que c’est encore légal aujourd’hui dans de nombreux pays ! Sommes-nous poly-quoi-que-ça-soit ? Avons-nous déjà eu une relation avec un poly-quoi-que-ça-soit ? Etions-nous heureux ? Côme me disait « J’imagine que je divorcerai deux ou trois fois dans ma vie. » Je trouvais cela d’une tristesse à mourir. Moi je me suis toujours dit « Je ne divorcerai jamais, mais nul ne connait l’avenir. » Il a divorcé, moi aussi. Quand je repense à son histoire familiale, forcément, je comprends son malaise face à la relation de couple. Tant qu’il ne laissait pas son histoire à sa place, dans le passé nourrissant mais non invasif, il avait du mal à se détacher de ces références qui ne lui convenaient pas dans sa vie d’homme. Il ne trouvait pas la paix.
Nous avons besoin de conscience et de reconnaître nos émotions pour nous en libérer, nous reconnaître dans nos différences, laisser au passé ce qui lui appartient et construire la paix.
J’ai entendu parler de Cynthia, qui faisait partie d’un harem somptueux en terres arabes. Elle a réussi à s’enfuir. Elle est devenue vendeuse de chaussures à Paris et s’est installée dans un petit appartement. Elle n’a jamais regretté son choix. Plus de faste, certes, mais la liberté et le droit à disposer d’elle-même, à être reconnue comme une personne à part entière. Pour rien au monde, elle ne voudrait retourner là-bas. Comment pouvons-nous encore accepter de telles pratiques au XXIème siècle ? Les hommes prouvent peut-être leur fortune, leur puissance et gavent leur sexe, mais sont-ils heureux, entiers, où est leur humanité ?

Sectarisme communautaire.
Une copine serbe de Londres a rencontré un jeune allemand d’origine turque. La magie a opéré, leurs cœurs ont chaviré, ils sont tombés très amoureux, ont fait crac-crac et la belle est tombée enceinte. Deux jeunes gens intelligents, éduqués, et promis à un bel avenir. Jusque-là, nous avons des petites étoiles dans les yeux. C’est malheureusement sans compter l’origine turque de Mermet. Sa communauté lui a interdit cette relation, ce mariage, et la reconnaissance de paternité de cet enfant. Comment la vie, dans la subtilité de ses émotions, est-elle honorée dans une telle situation ? Trois vies ont été altérées, pourquoi ? Nous nous sentons coincés dans nos histoires, dans nos groupes d’appartenance, nous avons l’impression de ne pas avoir le choix, est-ce la réalité ?Voulons-nous continuer à imposer les vues de notre communauté à tous ses membres sans égard à nos humanités ?

Violences engendrées par l’ignorance ou une pensée culturelle, sans aucune rencontre de l’autre.
Lorsque j’avais dix-sept ans, j’ai eu la chance de recevoir une bourse de voyage attribuée à des jeunes prêts à partir seul étudier le sujet de leur choix durant plus d’un mois. Le but était de nous aider à devenir autonome, prendre confiance en nous, nous ouvrir aux autres et apprendre à nous engager. Des qualités pour nous préparer à devenir des adultes responsables dans la vie. Grâce à la dynamique pétaradante de mon amie Paola, j’ai monté mon dossier en une semaine. Elle avait vécu un an aux Etats-Unis, un échange avec Donald qui avait pris sa place en France pendant la même période. La femme de ménage de sa famille américaine était Amish, elle s’était bien entendue avec elle.
Elle m’a dit « Claire, je veux aller au Mexique avec une bourse de voyage, j’ai envie de partager ce type d’expérience avec toi, tu pourrais aller chez Kathy, elle est Amish, je la connais, je suis sûre qu’elle acceptera de te recevoir. Ça serait trop cool, je t’aide à faire le dossier, t’es partante ? »
Quelques mois plus tard, je m’envolais pour six semaines dans une famille Amish aux Etats-Unis. Premier voyage en avion pour découvrir le monde du passé : quel anachronisme ! C’est la « mère Américaine »de Paola, Amy, qui est venue m’accueillir à l’aéroport de Brooks Fields. Elle était prof de français. Elle m’a demandé si j’acceptais de venir dans sa classe pour que ses élèves me posent des questions sur la France. J’ai aimé l’expérience qui m’a pourtant déstabilisée. Dans leurs questions, la France et l’Europe étaient le même pays. Ils ne savaient pas situer Paris sur une carte. Je me sentais dépitée. Je me disais : « Mais ils ne sont jamais sortis de chez eux ! » Cinq ans plus tard, lors d’un long périple en Afrique noire, de Cape Town à Zanzibar, je me suis rendu compte que je réagissais exactement comme eux vis-à-vis de l’Afrique noire ! Il est tellement simple de juger l’autre sans regarder nos propres insuffisances !

Il est tellement facile de voir la paille dans l’œil du voisin et oublier la poutre dans le nôtre.

Les Amish vivent en communautés et mènent une vie simple. Ils m’ont accueillie avec gentillesse et délicatesse. Ils m’ont intégrée à leur vie comme une nièce. J’ai partagé leur quotidien avec plaisir. A cause de leur lecture de la Bible, ils refusent le progrès technique : pas de voiture, pas d’électricité. Mais, basé sur cette Bible, ils adoptent aussi des comportements sectaires, et tout membre de la communauté qui choisit une autre vie est excommunié, sans droit de visite aux siens. Comment pouvons-nous prendre des décisions si inhumaines sous prétexte de Dieu ?
Ils cultivent leurs champs comme mon arrière-grand-père l’aurait fait, se nourrissent essentiellement du produit de leur agriculture traditionnelle et exercent des métiers artisanaux. J’ai préparé les légumes qu’ils mettent en conserve pour l’année. Ils s’informent beaucoup, par les journaux papiers. J’ai voyagé dans leur buggy, les voitures à cheval, pour aller au culte du dimanche.
Ils s’habillent comme leurs ancêtres qui sont arrivés aux Etats-Unis il y a trois cent ans. Lors de mon séjour, la famille a été invitée à un mariage dans l’Etat voisin. Une amie non-amish, nous y a emmenés en voiture, mon but était de vivre comme eux, découvrir leur vie de l’intérieur, je portais donc leur robe fermée par des épingles et leur petit chapeau blanc : l’apparence de la parfaite jeune fille Amish sortie d’un livre d’histoire.
En route, nous nous sommes arrêtés sur une aire d’autoroute moderne des temps modernes avec des adolescents modernes qui voyageaient. Je me rappellerai toujours de ce regard inquisiteur et parfois agressif de certains d’entre eux. J’étais glacée. J’avais envie de leur crier « Eh les gars, je suis comme vous ! J’ai juste enfilé une robe un peu rétro ! »

Désignation de bouc-émissaires.
Quand je me remémore cet épisode, le sentiment me bouleverse encore. Le plus effroyable, c’est de réaliser que dans d’autres circonstances, cette peur de l’inconnu et ces messages assassins se transforment en harcèlement qui deviennent des violences psychologiquement ou physiquement mortelles, qui engendrent des suicides, des meurtres et des génocides. Cela fait des morts. C’est déraisonnable et terrifiant.
Ne sommes-nous pas tous fondamentalement les mêmes ? Est-ce qu’un vêtement, une religion ou une nationalité change notre être profond ? Non. Quand nous n’avons pas rencontré quelqu’un personnellement, comment pouvons-nous lui faire payer le fait d’être juif, chrétien ou musulman ou celui d’être Éthiopien, Chinois ou Rom ? Essayons-nous de nous soulager de notre propre misère personnelle en désignant une victime innocente ? Est-ce une solution adulte ? Sommes-nous prêt à regarder en face nos propres limites pour les dépasser plutôt que de désigner un coupable ou s’acharner sur une victime arbitraire qui n’a rien à voir dans notre histoire ?


Désigner un bouc-émissaire responsable de nos problèmes amène-t-il une vraie solution ?

Non. En réalité, nous les accentuons. Que gagnons-nous à déprécier l’autre ? Au plus l’illusion que maîtrisons un bout d’une situation qui nous échappe totalement… en perdant toute capacité à prendre notre destin en main, en fuyant nos propres émotions et responsabilités face à nos propres problèmes.
Pour le groupe social, ethnique ou religieux qui est, ou se sent, victime, le seul moyen de ne plus l’être est certainement de refuser toute interaction qui le place en victime, refuser de se ressentir victime et de se tenir debout envers et contre tout, avec assertivité et le plus paisiblement possible. Evidemment, l’injustice provoquera des colères malgré tout. Celui qui nous désigne comme bouc émissaire n’est pas prêt à changer, c’est donc à nous de changer l’équilibre du système. Quand nous réagissons avec assertivité, c’est-à-dire en nous exprimant et en défendant nos droits sans empiéter sur ceux des autres, souvent, d’autres le voient et viennent nous soutenir.

Discrimination raciale.
Ondine a épousé un français d’origine africaine. Elle s’appelle désormais Ondine Ousmane. Ils auraient bien appelé leur fille Inaya. Mais elle pensait à son avenir dans notre France raciste et elle a dit à son cher et tendre : « Tu sais, elle porte déjà ton nom, si en plus elle porte un prénom sénégalais, son CV ne passera pas quand elle cherchera du travail. » Ils l’ont appelé Sandra. Triste, insupportable et pourtant commun. Pourquoi pouvons-nous encore être aussi étroits d’esprit ? Peur de la part des recruteurs, recherche de certitude illusoire sur les candidats, pression managériale ? Son époux s’est installé à son compte, épicier puis livreur. Aliou n’avait pas d’éducation supérieure mais un grand cœur, de l’énergie, de la volonté. J’adorais son thiéré bassi salté, il était maître dans cet art culinaire. Pouvait-il trouver un emploi salarié ? Discriminons-nous des gens car nous ne les connaissons pas assez et recherchons une sécurité en partie illusoire ?

Le problème, c’est que certains incompétents et paresseux vont jouer sur cette corde de la discrimination pour expliquer leur parcours pourri. Dans toutes les situations, il y a des profiteurs. Certains vont jouer les victimes alors qu’ils n’ont rien pris en main.
Aux Etats-Unis, cette discrimination est flagrante envers « les noirs ». Vous rappelez-vous de Tamir Rice, un garçon noir de douze ans de Cleveland, abattu en novembre 2014 par un policier blanc parce qu’il brandissait un jouet représentant un pistolet ? Ce policier n’a pas été poursuivi par la justice. J’en ai été si chamboulée que je lui ai dédié ce poème qui ne parle pas de sa vie, mais que sa mort m’a inspirée.

Gamin
Moi, j’suis qu’un gamin isolé
A la maison j’suis pas aidé
Mon père est loin, ma mère partie travailler
Pas d’sœur, pas d’frère pour jouer
Dans l’quartier, c’est pas tout rose
Parfois, j’voudrais fuir pour faire une pause
Ici, les deals, les vols, les cons, ça s’arrose
Soit tu restes un fantôme, soit tu t’imposes
Moi, j’suis qu’un gamin isolé
A la maison j’suis pas aidé
Pas d’vélo, pas d’bus, à l’école, j’y vais à pied
Et j’sais pas bien pourquoi je veux leur prouver
Que dans c’panier d’crabes on peut exister
Vivre en vrai, quitter l’quartier, sans l’renier
J’veux leur montrer à tous ces abrutis
Auxquels je tiens et dont je fais partie
Qu’y a mieux à faire, que d’être tous rôtis
Qu’y a un chemin pour trouver la sortie
Et tous les jours, je sors, j’observe, je joue
Aujourd’hui au parc avec mon nouveau joujou
Un super revolver
Cadeau d’anniversaire
Pistolet à air comprimé, je l’tiens entre les mains
Il est trop cool, le rêve de tous les copains
Mais c’est quoi ces crétins qui débarquent ?
Deux grands pantins armés dans le parc
Comme si j’étais le pire des criminels
J’suis leur cible, mais qu’est-ce qu’ils ont dans la cervelle ?
Qu’est-ce qui s’passe dans les rues d’ce pays ?
J’suis qu’un gamin, j’veux d’une vie qui existe
Moins merdique que celle de tous ces défoncés
J’m’accroche, je bosse, j’veux y arriver
Même si j’suis seul et isolé
Et j’me fais tuer par un policier armé
De l’au-delà, je crie à l’injustice
De quoi j’suis l’sacrifice ?

Comment pouvons-nous accepter le racisme, en général, dans nos pays aux populations bigarrées ?
Réfléchissons-nous personnellement pour aboutir à des opinions racistes ou suivons-nous les idéologies de notre groupe d’appartenance ? Quelles blessures personnelles nous empêchent de rencontrer l’autre, différent ? Sommes-nous guidé uniquement par nos peurs en oubliant toutes les autres émotions ?
Par ailleurs, nous parlons encore de race humaine alors que, depuis le milieu du XXème siècle, des études scientifiques, fondées sur la génétique, ont montré que ce concept était incorrect. Caractériser les différents sous-groupes géographiques de l’espèce humaine n’a pas de sens car la diversité génétique est beaucoup plus importante entre les individus d’une même population qu’entre groupes différents.

Sommes-nous prêt à nous changer nous-même pour changer le monde ?
Malgré notre capacité d’adaptation impressionnante à un environnement toxique et cruel, aspirons-nous à la justice, l’harmonie et la paix ? Pourquoi devenons-nous impitoyable ? Avons-nous envie de nous sentir humain et vivant ?
Est-ce que nous nous coupons de nos sentiments pour ne pas ressentir nos blessures d’amour ? Ça serait alors une réaction de survie inadaptée, nous choisirions de perpétrer la barbarie au lieu de nous soigner.

Si nous reconnaissions mieux nos émotions, nos peurs particulièrement, nous pourrions réduire les discriminations d’un côté et les privilèges de l’autre, nous pourrions commencer à reconnaître la vraie valeur des gens. Que les incompétents soient reconnus comme tels et que les compétents soient appréciés, promus et payés à la hauteur de leur service. Nos vies professionnelles et personnelles évolueraient avec plus de sérénité. Nous profiterions mieux de nos vies de famille.

Pensons-nous que la maîtrise de nos émotions pourrait devenir une clé de l’avenir de nos sociétés ? Utiliser nos émotions comme des indicateurs de nos propres besoins pourrait-il nous permettre d’agir plus en adéquation avec nos élans naturels plutôt qu’en réaction à des stimuli extérieurs ? En faisant de nos émotions nos alliées, trouverions-nous mieux le bonheur ?

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