Connaître nos émotions primordiales

Neuf émotions primordiales.
Appendre à les reconnaître nous permet de ne pas rester soumis à nos émotions, mais de les utiliser comme des indicateurs précieux pour nous comprendre et comprendre les autres en facilitant l’échange. Il existe de nombreux ouvrages pour approfondir ce sujet. Parmi nos émotions, six sont considérées comme primaires. Pour m’aider à aborder ce sujet avec mes enfants, j’ai constitué une petite liste préliminaire nommant neuf émotions primordiales. La voici, elle peut être utile comme premier pas vers la reconnaissance des émotions.

  • Sérénité : calme, heureux, sage, patient, tendre.
  • Joie : soulagé, content, amusé, fier, satisfait, câlin.
  • Amour : amical, confiant, gentil, aimant, bienveillant.
  • Surprise : choqué, stupéfait, étonné. 
  • Tristesse : mélancolique, isolé, démoralisé, désespéré.
  • Peur : nerveux, inquiet, effrayé, terrorisé, paniqué.
  • Colère : furieux, pas content, tracassé, énervé, irrité.
  • Dégoût : arrogant, méprisant, répugné, écœuré.
  • Honte : coupable, gêné, contrarié, humilié.

La sérénité est liée à notre capacité à lâcher-prise.
La sérénité est un état de bien-être. Elle nous aide à accepter ce qui se passe et lâcher-prise. Elle nous rend plus patient. Elle nous aide à vivre plus dans le moment présent, en ressentant nos sensations immédiates et en calmant notre cerveau. Nous permet-elle d’exprimer notre gratitude ? Nous aide-t-elle à évacuer les rancunes ? Nous pouvons choisir des objets de réconfort ou des endroits qui nous aident à retrouver cet état de bien-être. En les regardant, en y allant, nous retrouvons plus vite cette sensation de bien-être.

La joie est liée à la satisfaction d’un désir.
La joie s’appuie sur notre besoin de partage. Elle procure des hormones relaxantes et excitantes. C’est un sentiment de plaisir intense dans lequel nous nous sentons en plénitude pour une durée limitée. Pouvons-nous repérer des situations qui nous ont apporté de la joie ? Etions-nous seul ou à plusieurs ? La joie nous donne-t-elle envie d’avancer seul ou de partager ? Dans la joie, nous sentons-nous en accord avec nous-même ? Que nous dit-elle de ce qui est vital pour nous ?

L’amour est liée à une relation réciproque bienveillante.
Nous aimons des personnes chères, dans un couple, une famille ou une amitié. L’amour existe sous des formes innombrables. L’amour authentique est inconditionnel, il nous autorise à donner sans attendre rien en retour. Mais dans une relation d’amour saine, par la réciprocité, nous recevons dans l’échange.
L’état amoureux n’est pas encore de l’amour, mais il peut être un premier pas vers la découverte de l’amour. Il peut apporter palpitations, gorge nouée, mains moites. Nous tombons amoureux quand l’autre répond à nos besoins, sans pour autant en avoir toujours conscience. Plus le sentiment est fulgurant, intuitif et inexplicable, plus il rejoint nos besoins inassouvis. Peu à peu, nous apprenons à découvrir l’autre et à l’aimer pour ce qu’il est. Nous pouvons aussi passer plus doucement de l’amitié vers l’amour. Des psychologues suggèrent que nous créons une relation d’amour avec la personne qui va réveiller nos souffrances intimes et nous aider à les cicatriser grâce à son amour authentique, nous apportant de la sérénité. Le chemin de la relation d’amour sera donc semé d’embûches à surmonter ensemble, dans la confiance réciproque, avec nos vulnérabilités, dans nos entiers, nos singularités, nos meilleurs, nos limites et nos blessures, sans condition, et avec assertivité.
Dans l’amour, nous devenons humbles, beaux, vrais, justes et vivants et sommes prêts à faire face aux surprises et à l’inattendu. Avons-nous ressenti comme l’amour est une force d’une puissance inouïe pour nous mouvoir et nous permettre de croire en la vie ?

La surprise est produite par quelque chose d’inattendu.
C’est une émotion très brève. Accélération cardiaque, souffle coupé. Nous ouvrons grand les yeux, relevons les sourcils et ouvrons grand la bouche. Elle va rapidement faire place à une autre émotion. Elle va devenir bonne ou mauvaise. Si plusieurs stress s’accumulent, nos mécanismes de défense s’enclenchent. Comment réagissons-nous face à l’inattendu ? Aimons-nous les surprises ? Aimons-nous faire des surprises ? Nous rappelons de quelques surprises auxquelles nous avons fait face ? Quel sentiment ont-elles provoqué ? Avons-nous sauté de joie ou nous sommes-nous senti pris de court, ressentant peur ou colère ? Nos proches savent-ils le type de surprises qui nous font plaisir et celles qui ont un caractère négatif ? Que savons-nous de leur rapport à la surprise ?

La tristesse est liée à un besoin de réconfort.
Deuil, découragement, déception. Elle nous indique ce qui nous manque, un besoin insatisfait, un bouleversement brutal ou une perte affective. Nous pouvons avoir un sommeil agité, un réveil précoce, perdre l’estime de nous-même, déprimer, devenir indécis, nous sentir fatigué, avoir mal au dos ou des douleurs musculaires. Dans l’instant, pour l’éloigner, nous pouvons faire avec un exercice d’expiration. Nous pouvons mettre de la musique, danser et nous défouler.
Dans le temps qui passe, que nous dit notre tristesse ? Avons-nous besoin de prendre le temps de la ressentir pour intégrer, par exemple, la disparition d’un être cher ? Avons-nous besoin de nous en distancier pour réintégrer la vie en passant à l’action, n’importe quelle action ? Sommes-nous capable de la mettre dans un coin de notre cœur dans lequel nous reviendrons quand nous en sentirons le besoin ? Voulons-nous clôturer un épisode de notre vie pour passer à autre chose ?

La peur est liée à une insécurité.
Elle nous indique la présence d’un danger ou d’une menace. Elle s’accompagne de nombreuses manifestations physiques comme l’accélération du rythme cardiaque, des bouffées de chaleur, la paleur… Nous avons besoin d’utiliser notre cerveau pour prendre du recul et évaluer si ce danger est réel ou imaginaire, imminent ou lointain, grave ou insignifiant pour se protéger ou maîtriser notre peur pour continuer à vivre. La peur peut nous envahir, et nous couper l’herbe sous le pied. A l’extrême, elle se transforme en angoisse qui revient en boucle. Elle peut nous emmener vers la rumination. Pour sortir de cet état, le mieux est de poser un acte : écrire un texte, un email, faire une course, appeler quelqu’un, rien de spectaculaire, mais pourtant capital pour briser ce cercle vicieux. La logique et des exercices respiratoires ou corporels permettront de nous calmer.

La colère est liée à un besoin de respect et de considération.
Elle naît de la frustration et de l’oppression de nos besoins. Elle peut être suscitée par l’envie et se transformer en jalousie. Associée à un sentiment d’honneur bafoué, elle provoque un désir de vengeance. Tout notre corps la ressent. Nous pouvons exploser et tout casser. Nous pouvons retourner notre colère contre nous-même, broyer des idées noires et déprimer.
Pour dégonfler la colère, nous pouvons respirer très profondément et très lentement, l’observer, nous isoler, aller nous balader seul et crier notre rage, frapper un coussin de colère avec furie, écrire, pleurer, en parler, faire du sport, nous toucher le bras, boire de l’eau, regarder une photo agréable, rire de la situation.
Nous pouvons aussi la transformer en « saine colère » qui nous aide à affirmer qui nous sommes et nos besoins de façon claire et sans équivoque. Bien gérée, en comprenant ce qui s’est passé, en assumant ce qui nous appartient, en identifiant ce qui nous trotte dans la tête, en clarifiant ce que nous ressentons, et s’exprimant en vérité, elle peut nous aider à réduire les conflits et les frustrations. Elle peut nous apporter une force immense pour réagir.
Comment exprimons-nous nos colères, avec débordement et violence ou assertivité ? Quand nous n’exprimons pas nos colères, les retournons-nous contre nous-même ? Se transforment-elles en idées noires ?

Le dégoût est lié à un rejet physique ou moral envers quelqu’un ou quelque chose.
Aversion, répulsion, ne pas avoir de goût pour… C’est une émotion subjective et personnelle. Certains psychologues pensent que le dégoût permettrait de nous protéger pour garantir la survie de l’espèce. Quand nous somme dégoûtés, nous refermons nos sens : nous plissons les yeux, nous les fermons parfois pour ne pas voir l’objet de notre dégoût, nous fronçons le nez, nous avalons notre langue. Nous avons envie de vomir.
Qu’est-ce qui nous dégoûte ? Des gens ? Des comportements ? Des situations ? Des animaux ou des insectes ? La saleté ? Qui ? Quoi ? Lesquels ? Pourquoi ?

La honte est une expérience défensive.
On dit que c’est une émotion mixte, mélange d’émotions et de leurre pour nous berner nous-même et notre interlocuteur. Elle a une dimension sociale, secrète, intime, corporelle et spirituelle. Elle provoque gêne, malaise, peur, exubérance, agressivité… Nous baissons les yeux, la tête, nous rougissons. Nous ruminons en nous dévalorisant, nous nous sentons indigne. Nous avons un comportement social inadapté, isolement, inhibition, paralysie, évitement, phobie, anxiété ou ambition et exhibitionnisme… La honte de la victime double son martyr, car elle souffre d’une situation abusive et souffre en plus de la honte d’avoir subi une violence toxique. Dans ce cas, la honte est mal gérée.
Dans le cas inverse, nous pouvons utiliser notre honte pour nous informer d’un dysfonctionnement. Elle est puissante, elle nous permet de remettre en cause une situation qui n’est pas juste pour nous. Reconnaître notre honte nous permet de réaliser qu’une situation nous fait souffrir, elle nous donne la force de réagir.
Avons-nous ressenti de la honte ? Nous a-t-elle permis de poser des limites pour stopper un comportement dégradant ou refuser une situation déshumanisante, sans altérer notre identité ? Nous a-t-elle permis de rester humain sans tomber dans la bestialité ? Pouvons-nous reconnaître notre honte, pour devenir bienveillant avec nous-même, nous pardonner et refuser les situations qui ont fait naître ce sentiment ? Si la honte vient de notre comportement vis-à-vis d’autrui, pouvons-nous demander pardon en apportant réparation pour nos actions blessantes ou abusives et pour retrouver notre dignité ?
D’autres sentiments mixtes sont l’amertume, la culpabilité, la jalousie, la mépris, la pitié, la rancune ou le ressentiment. Que pouvons-nous apprendre de ces émotions ?

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