Organisation sociétale et financière

Dans ce modèle, les capitaux, moyens de production et biens immobiliers appartiendraient majoritairement aux territoires et seraient loués aux particuliers et aux organisations. Dans cette configuration, les territoires recevraient le montant des loyers. Ce revenu tomberait avant que quiconque ait commencé à payer des impôts, serait-ce possible ? La location généralisée n’aurait évidemment de sens que si la propriété était collectivement privée et bien répartie entre tous les territoires et citoyens. De nos jours, l’accès à la propriété est un gage d’enrichissement, d’autant plus lorsque nous achetons un bien à titre de rendement locatif, et qu’au final, nous faisons acheter notre bien par le locataire.

Propriété et capitaux.
Nous ne parlerions plus ni de propriété privée, ni de bien public mais de propriété individuelle ou collectivement privée.  Une collectivité précise, gérée par une gouvernance représentative de la population, se sentirait responsable de biens précis, et la nébuleuse du collectif en forme de sac fourre-tout se réduirait. Les capitaux seraient répartis sur l’ensemble des individus et chacun détiendrait une part du bien collectif de son territoire. Serait-ce possible ? Aujourd’hui, une personne devient réellement riche grâce à ses capitaux et non grâce à son travail, peut-être que cette option permettrait de rééquilibrer les sources de revenus, pour que l’ensemble des travails bénéficient du rendement des capitaux et que la différence de richesse s’acquière grâce au travail et à la valeur ajoutée directe d’une personne.

Cependant les titres privés servent les intérêts privés et favorisent donc la motivation personnelle. Dans le cadre de ce système démocratique, les titres appartiendraient-ils aux entités démocratiques en actionnaire majoritaire ? Les particuliers miseraient-ils sur les titres auxquels ils croient, pour leurs valeurs financières, humaines et démocratiques, détiendraient-ils systématiquement des titres de l’organisation pour le centre de profit pour lequel ils travaillent ? Cela permettrait-il de faire évoluer notre monde économique actuel, en partie déconnecté de nos valeurs démocratiques car il exclut une part des citoyens et en exploite d’autres, dans un fonctionnement qui soutient réellement les démocraties ?

Les biens immobiliers appartiendraient-ils en totalité aux territoires qui loueraient ces biens aux citoyens et entreprises ? Quels seraient les avantages ? Les territoires pourraient mieux gérer leur parc immobilier avec une vision de long terme, en finir avec les villes fantômes ou les bâtisses abandonnées et délabrées. Des lois cadres permettraient aux territoires de récupérer les propriétés restées vacantes pendant un laps de temps déterminé. La seule différence dans la location par rapport à l’achat, si le propriétaire est la collectivité est que le prix n’augmente qu’en fonction de l’offre et la demande avec une possibilité de régulation des loyers corrélée au réel pouvoir d’achat des citoyens. Il deviendrait peu probable que les territoires imposent des hausses de loyer insupportables pour des logements de centre-ville comme à Berlin. La collectivité choisirait comment développer l’urbanisation, construire du bâti durable, aménager le territoire pour la vie avec une gestion durable. La gestion de l’amélioration systématique du bâti comme la transition énergétique s’en trouverait facilitée. Grâce à la propriété territoriale, les littoraux, rives des lacs et autres merveilles naturelles pourraient aussi redevenir des biens communs.

Les territoires pourraient mieux gérer la mixité sociale et culturelle des quartiers et recréer de vrais écosystèmes humains riches et diversifiés. Les gens se côtoieraient et se connaîtraient, ils se sentiraient des racines communes liées à leur environnement de vie.

Nous pourrions louer un bien pour un an, vingt ans ou cent ans pour transmettre le bail à nos enfants.
La propriété individuelle deviendrait ainsi, non plus un capital, mais un droit d’usage. Nous ne chercherions plus à posséder mais à jouir de nos biens et de la vie. Un particulier ou une entreprise pourraient toujours faire construire le bâtiment de leur rêve dans le respect des normes d’urbanisme avec l’aval et une partie des capitaux du territoire. Le complément des capitaux, apporté par l’heureux élu, équivaudrait à un nombre d’années de location prépayées. Ainsi, les baux évolueraient et le sentiment d’être chez soi existerait toujours comme c’est le cas en Grande-Bretagne avec la « Leasehold property ». L’achat de propriété est en réalité un bail de quelques dizaines d’années à 999 ans.
Dans cette configuration, l’acheteur possède les murs de son appartement et le propriétaire loue ceux de la copropriété et du terrain par le biais d’une taxe annuelle. Le territoire posséderait désormais tous les murs, mais les baux resteraient transmissibles. Puisque tous les logements appartiendraient au territoire, quitter un logement quand la famille s’agrandit ou pour une évolution professionnelle serait très simple, déplacer un occupant qui ne paie pas son loyer dans un logement adapté à sa capacité de paiement aussi. De plus, les territoires choisiraient les solutions immobilières les plus adaptées à leurs besoins, différents à New-York, Pékin, Delhi, Sydney, Rio de Janeiro ou Zanzibar car l’activité humaine y est très différente.

Propriété et bien commun.
Est-ce que la propriété privée est aujourd’hui un terreau de spéculation ? La plupart des gens font des prêts, s’ils ne paient pas de loyer à leur propriétaire, ils en paient un à leur banque, nous payons en moyenne 70% de la valeur du bien en loyer par les intérêts bancaires. Nous établirions des règles de location qui permettent le long terme et qui autorisent le locataire à faire des travaux chez lui avec le droit de rendre le bien dans un autre état que celui dans lequel il l’a reçu, du moment qu’il reste propre, aux normes et en bon état.

Si tous les biens appartenaient à la collectivité, seraient-ils mieux gérés pour optimiser la santé de l’écosystème global plutôt que pour maximiser les capitaux de fonds personnels ou collectifs ? Quand j’en parle à Vincent, il me dit que les gens s’occupent mieux de leurs biens propres que de ceux de la collectivité. Si nous sommes chez nous, et plus en sécurité car le bien est salubre et le bâtiment maintenu par la collectivité, prendrions-nous bien soin de nos biens immobiliers ?

Le modèle existe déjà.
En Suisse, le port de Bâles appartient à la collectivité qui loue son port à une société privée. Si les collectivités sont propriétaires, elles peuvent prendre des décisions positives pour la communauté entière. Bien sûr dans ce cas, les décisions quant aux propriétés ne peuvent pas être prises par un individu unique qui pourrait favoriser son propre réseau. Encore une fois, cela ne peut fonctionner qu’avec éthique et vision collaborative et sans doute avec l’aide d’algorithmes qui nous permettent d’éviter les biais humains ou la corruption dans le monde de la construction. Comment les choix architecturaux respectent nos cultures locales ? Voulons-nous entrer dans une uniformisation mondiale qui ferait qu’on ne différencierait plus Tripoli d’Osaka tant l’urbanisation est similaire ? Cette concentration des citoyens dans les villes est-elle une nécessité, qu’apporte-t-elle ?

L’urbanisation rend-elle les pauvres plus heureux et mieux soignés ?
C’est l’avis de la Chine. En janvier 2020, nous apprenons qu’à Lhassa, le taux d’urbanisation de la région autonome du Tibet, dans le sud-ouest de la Chine, a atteint 32%, avec plus de 1,07 million de personnes vivant dans les villes et les bourgs. Ces pauvres bougres sont-ils vraiment mieux que dans leur campagne ? Avec le télétravail et le développement d’une économie plus locale et respectueuse de notre écosystème, est-ce qu’il conviendrait d’envisager la ruralisation d’une part de nos populations ?

Endettement des villes.
Combien de villes sont endettées à cause de programmes immobiliers qui n’étaient pas forcément nécessaires ? Quels intérêts privés ont bénéficié de ces programmes de construction ?

Le but n’est pas de construire ou d’arrêter de construire, mais de choisir un développement pérenne pour l’environnement et les finances de la collectivité. Aujourd’hui, est-ce que les aides sociales au logement sont privilégiées sur la construction de logements sociaux ? A chaque fois, nous devrions-nous poser la question pour identifier la dynamique, et les bénéficiaires à long terme des choix politiques. Dans l’aide au logement, l’argent retourne souvent à des propriétaires privés et aucun nouveau logement social ne sort de terre, qui est gagnant, qui est perdant ?

Propriété de l’entreprise.
Le risque entrepreneurial serait partagé par le territoire qui cherche à se développer et l’entrepreneur qui est prêt à se lancer dans une nouvelle aventure. Les terres agricoles, baux commerciaux et moyens de production seraient ainsi loués, ce qui élargirait les possibilités d’entreprenariat à l’ensemble des citoyens. Les banques locales soutiendraient les projets locaux pour un développement durable.

Cette crise sanitaire fait apparaître comme des entrepreneurs peuvent être mis en faillite à cause de situations qu’ils ne pouvaient pas prévoir et qui impacte tout le territoire. Un restaurateur, patron, voit son activité stoppée, ne peut recevoir le chômage en tant que patron et son capital perd de la valeur, indépendamment de sa volonté. De nos jours, il arrive aussi qu’un agriculteur ou un entrepreneur qui divorce soit contraint à faire faillite pour donner sa part à son conjoint. Ces situations, hyper stressantes personnellement, dans laquelle la vie personnelle d’un individu impacte la vie professionnelle de ses collaborateurs disparaîtrait. Une chaîne de production pourrait être partagée par deux sociétés ou louée pour une période pour tester un nouveau concept.

Biens de consommation.
La location deviendrait également la norme pour tout bien de consommation qui peut s’y prêter pour les particuliers et les professionnels. Elle permettrait le retour des biens usagés pour le recyclage des matières premières en respectant le principe de l’économie circulaire. Avec la location, les commerçants auraient alors intérêt à faire durer les biens de consommation le plus longtemps possible et dans notre marché tiré par la demande, l’obsolescence programmée et la tendance du « prêt à jeter » disparaitrait naturellement et les mentalités y verraient un manque de bon sens et d’éthique si grand qu’elles ne voudraient même pas les considérer.

Par ricochet, la justice deviendrait-elle plus équitable ? 
Avec la propriété aux collectivités, dans l’intérêt du bien commun, les procès qui en eux-mêmes sont une perte totale de temps, d’énergie et d’argent se recentreraient sur la justice pour le bien commun. La justice reprendrait sa place de protéger contre la criminalité et favoriser la paix. Aurions-nous moins besoin de triturer les entrailles des gens et des projets soi-disant honnêtes et qui en réalité servent des intérêts privés ?

Notre système favoriserait la méritocratie.
Avec l’avènement de l’ère industrielle et des grandes fortunes, à diverses époques, des hommes d’affaires au succès retentissant ont choisi de verser leur héritage à des œuvres caritatives car ils considéraient qu’une telle fortune n’aiderait pas leurs enfants à vivre leur vie. D’ailleurs, des études montrent que les héritiers sont moins heureux que les personnes qui s’enrichissent grâce à leur travail.

Dans notre système, les dés de la méritocratie sont faussés, dans notre société matérialiste, nous pouvons atteindre un niveau émérite dans un domaine qui n’est pas mis en valeur et rester désargenté, ou être ultra-riche sans avoir levé le petit doigt, par naissance ou par mariage. C’est la conséquence de l’héritage capitaliste qui met en valeur l’argent au lieu de mettre en valeur l’effort, la réussite personnelle et la contribution apportée à la société.

Dans un couple, les biens personnels seraient partagés au fur-et-à mesure, en cas de séparation, seule la garde des enfants serait à considérer car la répartition des biens serait déjà évaluée.

Dans les films, nous voyons des héritiers dans des mariages arrangés pour des alliances patrimoniales ou commerciales, ou utilisés en monnaie d’échange ou objets de transaction. Est-ce vrai dans la réalité ? N’ont-ils pas envie de choisir librement leur chéri.e pour la vie ? Si les héritiers des quelques plus grandes fortunes du monde se mariaient entre eux, leur fortune pourrait devenir colossale, que se passerait-il si cette fortune tombait dans des mains malfaisantes ?

L’héritage, particulièrement pour les grandes fortunes, inspiré par les choix de ces grands philanthropes, reviendrait aux territoires, avec une part restreinte pour les enfants et ayants droits de la personne disparue, pour des solutions qui nourrissent la vie des héritiers dans un respect du bien commun. Avec une révision des modèles d’héritage, les plus riches pourraient-ils se libérer du fardeau d’être séduit pour leur avoir plutôt que pour leur être ? Dans son testament, la personne pourrait choisir, en partie ou en totalité, à quelles entités collectives elle lègue son héritage, pour financer les causes qui lui sont chères. Et les parents, plutôt que de favoriser l’avenir de leurs enfants dans un monde difficile, participeraient à l’édification d’un monde stimulant pour leurs enfants.

Aujourd’hui, nous considérons qu’une personne facilement remplaçable car peu qualifiée, ne mérite pas forcément un salaire digne! Pourquoi? Est-ce qu’une personne qui travaille à plein temps ne devrait pas être capable de vivre dignement car la société trouverait cela normal? Des scientifiques ont étudié le besoin d’honnêteté des êtres humains. Il s’avère que naturellement nous avons de l’aversion à voler 10 000 € à une seule personne car l’injustice est flagrante, en revanche, voler 10 € à 1000 personnes ne nous dérange pas, très rares sont les gens qui refusent un tel accord implicite pour en tirer les bénéfices, et sans doute que tout le monde sur terre accepterait de voler 1€ à 10000 personnes si on leur disait qu’il suffit d’appuyer sur un bouton. Voler 1€, nous sentons-nous coupable, pour si peu, ça n’est pas bien grave, non? La malhonnêteté passe sans nous laisser le moindre sentiment de culpabilité. Vu sous cet angle, nous comprenons comment, dans le monde du travail et des capitaux, ceux qui reçoivent les plus grosses sommes se sentent tout à fait à l’aise avec le fait de récolter le bénéfice du travail de tous de façon disproportionnée et inéquitable. C’est une raison qui justifie amplement le besoin de repenser aux structures de nos organisations pour quitter notre modèle pyramidal et trouver des solutions plus horizontales, plus participatives et profondément plus équitables.

Forme et place du numérique.
Le grand déclencheur de cette possibilité d’évolution est évidemment l’arrivée des ordinateurs, d’internet, des objets connectés et de toute l’infrastructure matérielle qui permet ces échanges. Leur place prépondérante au cœur d’une nouvelle organisation fait prendre conscience à quel point ils deviennent le réseau neuronal, sanguin et lymphatique de cette nouvelle structure. Les données numériques sont le premier marché mondial, bien plus important que celui du pétrole. Elles deviennent avec l’énergie, les communications et télécommunications, l’alimentation, la santé, l’éducation et la défense les moyens primordiaux tactiques et stratégiques de nos organisations humaines. C’est la raison pour laquelle, tous ces éléments seraient gérés comme toutes les autres infrastructures territoriales, labellisés Bo, et intégrés à la vision du territoire dans son développement à long terme, validés par celui-ci.

Sites de mise en relation. Les sites de recherche et de mise en relation nécessaires à l’activité humaine appartiendraient aux collectivités. Au début d’internet, deux types de recherche sur internet étaient possibles, les moteurs robotisés et les annuaires humains. Nous développerions une plateforme collective labellisée B°, avec un moteur de recherche Byoom qui combine les tris humains et les tris robotisés.

Grâce au tri humain, nous pourrions tracer les sites, savoir qui les a créés, fait évoluer et valider. Tout écart aux exigences Bo de la part d’un contributeur l’éliminerait, ou le sanctionnerait. D’autres plateformes permettraient les mises en relation nécessaires à la vie en société. Le réseau mondial fédérerait toutes les plateformes locales, nationales et régionales. Bboom pour la vente en ligne. Bbeep comme réseau social. Bgood pour toutes les initiatives solidaires Bo. Broom pour toutes les visioconférences. Et d’autres pour la location de chambre chez l’habitant, chambres d’hôtels, vente de produits d’occasion, service de voiturage, service à la personne et autres.

Nous utiliserions l’intelligence artificielle pour nous aider à éviter les déraillements humains et soutenir la démocratie à tous les niveaux. L’intelligence artificielle et ses bases données, aujourd’hui développées essentiellement par des hommes, sont devenues sexistes. Internet démultiplie la rapidité de transmission d’informations constructives, ou violentes ou mensongères sans vérification de la véracité des propos, ce qui déstabilise en partie nos démocraties. Ces biais seraient minimisés pour profiter de la capacité extraordinaire des machines en réduisant au maximum les biais humains au lieu d’avoir peur de l’intelligence artificielle, au lieu de l’utiliser à l’insu des individus pour les traquer, les influencer et les rendre dépendants.

Les retombées financières de notre activité numérique seraient mieux réparties. Avons-nous réalisé le modèle économique du plus grand moteur de recherche actuel ? Nous l’utilisons car il nous donne accès à toutes les informations que nous lui fournissons sans rémunération de notre travail. Certes, il offre des services nécessaires qui représentent un travail, mais nous le nourrissons gratuitement de contenus et les entreprises qui paient, pour avoir un bon référencement ou en achetant des liens sponsorisés, pour être visibles, répercutent ce coût sur leurs produits. Nous offrons donc le contenu et payons la publicité qui se reporte sur nos achats.

Est-ce un modèle équitable ? Pouvons-nous mieux rémunérer les créateurs de contenu et proposer des résultats de recherche démocratiques ou devrions-nous choisir un autre moteur de recherche ? Ces grands vecteurs d’information, de communication, de mise en relation et de vente pourraient-ils être organisés pour que les créateurs de contenu dont les pages sont visionnées soient rémunérés ?

Existerait-il encore des liens payants qui, in fine, augmentent le prix final des produits sans leur apporter de valeur ajoutée ? Byoom aurait-il de la publicité ? Si oui, sous quelle forme ? Les sites pairaient-ils un abonnement aux plateformes B° en fonction de leur chiffre d’affaire ? Les plateformes recevraient-elles leur revenu par un prélèvement sur chaque transaction ? Les revenus de nos recherches pourraient-ils revenir aux créateurs de contenus plutôt qu’aux moteurs de recherche, pour que les journaux, par exemple, reçoivent de nouveau le revenu publicitaire qu’ils engendrent grâce à leur travail d’investigation et de rédaction ? Un système de points gagnés ou de monnaie interne à l’ensemble pour débiter ou créditer les utilisateurs pour acheter et vendre des produits et services pourrait-il fonctionner ?

Les plateformes de recherche mettraient en avant les commerces et entreprises locales. Les moteurs de recherche évolueraient. Au début des grands moteurs de recherche, je n’étais pas satisfaite des résultats à mes requêtes, au lieu de redistribuer toutes les informations, je trouvais qu’il réduisait les réponses à très peu de sites. Je pensais qu’un robot ne pourrait jamais donner des réponses à mes requêtes aussi précises qu’un être humain. A mes heures perdues, j’ai imaginé un moteur de recherche qui pourrait me donner des réponses plus pertinentes. Ce que j’adorais au début, c’était la découverte aléatoire de milliers de sujets par les liens que je faisais d’un site à l’autre. Je tombais sur des univers qui m’étaient totalement étrangers. J’étais comme un enfant dans un magasin de bonbons. Cette ouverture me paraît cependant de plus en plus limitée car les moteurs utilisent notre historique de recherche et d’activité sur internet pour nous proposer des sites et publicités sur les sujets qui nous intéressent. Peu à peu, chacun s’enferme dans sa sphère d’intérêt et au lieu de nous ouvrir, nous nous cloisonnons chacun dans notre monde.

Trouvons-nous facilement des idées de sortie à faire près de chez nous avec les enfants, seul ou en couple ? Est-il facile de trouver des suggestions, des informations, des propositions d’évènements tout proches de chez nous ? Quels types de sorties sont-elles proposées, des activités payantes, des manifestations sociales gratuites ou des activités dans la nature ? Il existe bien des sites qui rassemblent des idées mais c’est très confus, très diffus, très sectorisé.

Comment un robot mondial de tri d’informations peut répondre avec précision à mes questions locales ? Lorsque j’ai voulu offrir une voiture radio-télécommandée à mon fils, je n’ai pas réussi à trouver où je pourrais aller à proximité de chez moi dans un magasin physique qui en vendrait, j’ai fini par faire un achat sur internet à l’autre bout de la France. Ça m’a contrariée, j’avais envie de rencontrer un vendeur qui donne des conseils techniques et empathiques, pas un gars qui veut qu’on dépense le plus possible dans sa boutique. Je voulais pouvoir revenir en magasin pour le service après-vente, j’étais certaine que ça me servirait à un moment ou un autre. J’en aurai eu besoin. Le jour où la voiture a eu un accident, elle est rentrée au placard et n’en est plus jamais sortie. J’en suis encore dépitée.

Nous trouverions facilement les adresses des boutiques locales. Nous aurions le choix de faire une recherche par le moteur ou à travers l’annuaire, ce qui nous permettrait d’atteindre des sujets de niche par la logique. C’est ainsi que nous obtiendrions les adresses des magasins qui vendent le produit que nous recherchons et assurent leur réparation. Nous trouverions très simplement des adresses de clubs sportifs, des noms de professeur de guitare ou baby-sitter près de chez nous, des associations dans lesquelles devenir bénévoles, des artisans locaux, le nom et l’adresse des institutions dans lesquelles nous devons faire des démarches. Pour offrir un jouet à mon fils, l’arborescence m’aiderait à affiner ma recherche : proximité géographique du magasin, âge de l’enfant, type de jeu, tranche de prix et autres catégories. Pour une sortie, je chercherais aussi en fonction de la localité puis j’aurais des catégories : profil du groupe concerné – couple, famille, célibataire – date, type de sortie – évènements, ateliers, visite de musée, loisirs payants, balade à thème dans la nature et ainsi de suite.

Techniquement, les sites internet seraient complétés de balises renseignées par les spécialistes de tri humain comme, amabilité des interlocuteurs ou commerçants, réactivité, adresse physique, qualité du conseil, décor et environnement, parité homme-femme, représentativité des minorités au sein de l’entité, ambiance et autres critères, adaptés à l’activité présentée sur le site, note clients de 1 à 5, note Bo de 1 à 5 des entreprises avec détails sur l’obtention de la note consultable sur internet.

Dans Byoom, un petit site très percutant sur un domaine dans une aire géographique donnée apparaitrait dans les premiers résultats de recherche. Actuellement, les moteurs de recherche favorisent les sites internet les plus grands, les plus riches, les plus forts et les plus visités. Le référencement d’un site resterait plus stable et moins fragile face à un changement d’algorithme. Dans l’annuaire nous aurions des catégories qui regroupent les sites de même type, par exemple, chanteurs, cordonniers, CV classés, tout pour le vélo, industrie chimique, tout.

Toute notre organisation marchande actuelle évoluerait elle aussi.
Grâce à l’usage de Bboom, nos commerces de centre-ville seraient très dynamiques, proposant des produits locaux à la vente directe, devenant des vitrines pour tous les produits importés ou venant de loin. « Au petit paradis » un commerce de vêtements aurait ainsi un seul exemplaire de pantalon par taille, chaque taille avec une couleur différente pour que ses clients puissent voir et essayer puis pour acheter, sur place, ils passeraient la commande, via Bboom, directement à la marque Beefree et seraient livrés à domicile ou dans un centre de livraison proche de chez eux et ouvert 24/7 qui fonctionnerait comme des consignes avec accès par code personnel et unique. En commandant sur Byoom, nous serions assurés de la provenance officielle du produit en toute authenticité. Seul le fabricant vendrait ses produits via son site.

Les échoppes en ville deviendraient donc des vitrines et des centres d’essayage. Au moment de notre achat, nous pourrions donner notre avis en ligne sur notre expérience dans le magasin. Ainsi les commerçants plus méritants recevraient de meilleures revues en plus grand nombre et les revues deviendraient plus utiles pour choisir nos magasins en fonction de leur cadre, leur amabilité, leur mérite, de la qualité de leurs conseils et de leur service. La boutique profiterait d’une logistique simplifiée, une drastique réduction des stocks et un allégement des inventaires. La boutique serait rémunérée pour son travail de conseil. Certains magasins décideraient d’avoir quelques articles en magasin et les vendre un peu plus cher, ça serait un choix commercial et non plus une contrainte. Les prix des articles et les promotions seraient directement gérés par les fabricants.

Grâce aux échanges électroniques, toutes les transactions seraient tracées de la commande au paiement à la livraison en intégrant dès l’achat en ligne les questions de TVA ou autres éléments financiers. De même, chaque objet transporté serait suivi. Les transporteurs seraient labellisés Bo. Ainsi les cargaisons n’auraient pas besoin d’être systématiquement vérifiées à la douane dès à présent qu’il s’agisse d’un transport Bo. Chaque acteur de l’entreprise serait responsable de s’assurer que le chargement correspond bien à ce qu’il déclare transporter. Lors d’un contrôle aléatoire, s’il s’avérait que le contenu transporté ne corresponde pas à la déclaration, toute l’entreprise serait blâmée, voire interdite. Le recrutement se ferait donc beaucoup plus exigeant pour s’assurer que personne dans la chaîne ne permettra le transport de substances ou objets illicites.

Des algorithmes efficaces d’aide à la décision mailleraient toute la société.
Lorsqu’un marché, un appartement ou une place d’école seraient attribués, ils proposeraient des décisions qui prennent en compte les besoins humains de lien avec des personnes qui nous sont familières autant que les recettes et les coûts ou les conflits d’intérêts potentiels dans leur globalité pour la société. Les algorithmes resteraient des outils et toute décision finale resterait prise par une personne ou un groupe de personnes.

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