La peur du changement

En tant qu’architecte d’intérieur, mes projets m’ont toujours confrontée à la résistance au changement, je l’ai observée partout, dans toutes les entreprises, pourtant tous les projets avaient un objectif d’amélioration des conditions de travail pour l’ensemble.

Emotionnellement et structurellement chacun sait ce qu’il perd, mais ignore ce qu’il va gagner.
J’aime beaucoup l’exemple de Raphaële Granger que j’ai trouvé sur internet. Elle écrit que face à la nouveauté, l’homme est réticent car il veut s’assurer que son nouvel équilibre satisfera ses besoins et son bien-être. Il préfèrerait que son environnement professionnel quotidien reste comme il est. Elle compare cette situation à l’enfant qui abandonne les petites roulettes de son vélo : il a peur de tomber dès qu’il s’installe sur sa bicyclette à deux roues. Les repères changent, il doit entrer dans le monde des grands. Non seulement, il doit faire confiance à son bolide, mais surtout, il doit croire en sa capacité à trouver l’équilibre sur son deux-roues.

Nouvelles sensations, quelques hésitations, des chutes, puis l’équilibre tant espéré arrive comme par magie. Il entre dans un nouveau monde avec de nouveaux défis et un nouvel horizon, heureux d’avoir essayé et dépassé ses peurs. Pourquoi certains s’aventurent avec détermination alors que d’autres tergiversent ? D’où leur vient l’élan pour qu’ils finissent tous par rouler comme des princes et y prennent goût ? Quelle motivation leur a permis de surmonter leurs craintes ? Cet exemple illustre bien le phénomène de résistance au changement : peur, bref déséquilibre, manque de vision, sentiment d’abandon et de solitude, perte de repères, incrédulité sur le succès. 

Mon passage impactait les individus et le collectif, engageant une réaction émotionnelle, perturbant les alliances et la cohésion de groupe, mais également l’organisation du travail, souvent avec des transformations de la hiérarchie. Ces agencements étaient destinés à répondre aux enjeux des nouvelles façons de travailler pour favoriser l’innovation en encourageant la stimulation de l’intelligence collaborative respectueuse de l’intelligence individuelle. Et en effet, après un temps d’adaptation, les retours des utilisateurs étaient positifs.

Comment réinsuffler la vie dans notre écosystème socio-économique ? Voulons-nous trouver des solutions respectueuses de la contribution de chacun au développement des êtres humains et de la vie sur Terre ? Le biologiste Lewis Thomas nous dit que dans la nature « les gentils durent plus longtemps ». Nous savons aussi que l’évolution la plus sensationnelle de la vie est liée à une relation de prédation poussée à l’extrême, au niveau collectif, qui s’est transformée en symbiose et a permis l’apparition des organismes multicellulaires. Sommes-nous prêts à entrer en symbiose ?

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