Erreurs et opportunités

Nos erreurs surmontées nous font progresser.
Notre environnement et nos rencontres nous aident, ou nous empêchent, à nous projeter dans un avenir lumineux, à choisir notre parcours ou à nous laisser balloter pour devenir ce que nous sommes. Nos expériences réussies nous donnent confiance en nous et nous légitiment, la prise de recul sur les embûches rencontrées, nos erreurs et nos défaites surmontées nous permettent de progresser. Nos erreurs sont nécessaires et fondamentales pour grandir.
Quand, à dix-huit ans, ma copine dévastée m’a annoncé qu’elle avait loupé son permis de conduire et que c’était la première fois qu’elle ratait quelque chose dans sa vie, j’étais abasourdie, non pour son permis mais pour son expérience de la vie. Nos performances nous donnent confiance en nous, le respect de nos valeurs humaines et de notre identité nous donne l’estime de nous-même. Quand découvrons-nous nos limites ? Pouvons-nous trouver nos limites sans tomber ? Si elle ne cherchait pas ses propres limites dans sa jeunesse au risque de s’écrouler et se relever, quand irait-elle au bout d’elle-même ? Nous refusons-nous le droit à l’erreur ? Cela nous motive-t-il ou nous pèse-t-il ? Cela nous isole-t-il ? Avons-nous surmonté des épreuves ? En quoi cela nous a-t-il rendu plus fort ? Les gens qui ont fait des erreurs et les ont surmontées, ou ceux qui ont un parcours apparemment sans embûches, nous rassurent-ils ou nous inquiètent-ils ?

Un échec apparent peut en réalité devenir une formidable opportunité pour notre vie.
Ces questions me rappellent un conte Zen qui a marqué mon adolescence, écrite par Lao Tseu 5 000 ans avant notre ère. Il nous fait réfléchir sur le fait qu’une crise peut déboucher sur une transformation salutaire. Voici un avant-goût du récit.
C’est l’histoire d’un pauvre paysan chinois qui travaillait dur dans ses champs, aidé par son fils unique qui se casse la jambe et devient inutile. Est-ce un bien ou un mal ? Le paysan ne peut le dire. Quelque temps plus tard, la guerre éclate. Tous les jeunes hommes du village sont enrôlés dans l’armée, sauf ce fils invalide qui restera éloigné des combats meurtriers. Est-ce un bien ou un mal ? Le paysan ne peut le dire.
Ce conte peut nous aider à faire face aux événements, à ne rester ni trop optimiste, ni trop pessimiste, mais ouvert à toutes éventualités car nous ne savons pas de quoi l’avenir sera fait. Acceptons-nous de ne pas tout contrôler et de vivre notre vie avec ses aléas ? L’introspection peut-elle nous aider à mieux repérer nos réactions face à l’imprévu pour choisir notre vie avec plus de conscience et de confiance ?

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