Besoins collectifs

Nos besoins collectifs sont créés par l’assemblage de nos besoins individuels.
C’est en faisant appel à nos besoins individuels que les politiciens, les influenceurs, les chefs d’entreprises et autres leaders créent un élan collectif, pour le meilleur ou pour le pire. De quoi avons-nous besoin collectivement ?
Qu’en pensez-vous ?
On ne fonctionne pas tous de la même manière… Est-ce que vous vous retrouvez ou est-ce que vous vous sentez oublié? Comment ça se passe pour vous? Tous vos commentaires seront les bienvenus pour affiner mes perceptions et nous aider à augmenter notre conscience individuelle et collective. Merci !

Nous avons besoin de ressources pour nous alimenter et un environnement pour être en bonne santé.
Nous avons besoin d’une alimentation et de produits de consommation sains, d’eau potable et d’air pur. C’est la raison pour laquelle, la logique voudrait que nous arrêtions de polluer notre planète. Prendre soin de la planète n’a donc rien à voir avec une idéologie, c’est satisfaire des besoins fondamentaux de l’être humain.
Certains, toutefois, font de l’écologie un dogme irrespectueux du bien commun qu’ils veulent imposer de façon abusive. Ce n’est pas non plus une solution qui favorise la paix. Si de nombreux humains ont pris conscience de l’importance du respect de la nature, ce n’est pourtant pas toujours au point de favoriser la santé de tous à leur profit financier. Heureusement, d’autres mettent en place des actions concrètes pour favoriser la santé des hommes et du globe. Chaque personne, chaque organisation et chaque nation devrait se sentir concernée et responsable de la santé de tous les êtres humains avec respect et dignité. Ceux qui continuent à ignorer que leur pollution a un impact dramatique, sont non seulement totalement irresponsables vis-à-vis de leurs enfants, mais profitent aussi d’un avantage concurrentiel déloyal.
Dans le domaine de l’énergie, l’agriculture, la construction et tous les domaines, quand nous regardons le problème en face, nous imaginons des solutions innovantes et compétitives qui respectent la planète et nos santés.
Nous bestialisons des êtres humains en faisant abstraction de leurs besoins physiologiques.
Tant que notre organisation sociétale crée des inégalités abyssales, des frustrations sur les besoins physiologiques de certains individus et les réduit à la nécessité de survivre, elle empêche les humains impactés de développer leurs capacités et leur enlève une part de leur humanité. En ajoutant la banalisation de la violence dans la culture populaire, la précarité de l’emploi et la pauvreté, tant dans les pays occidentaux que dans le reste du monde, nos sociétés favorisent les conflits. A qui profite ce système malade ?

Comment notre besoin de payer nos factures ou rembourser nos dettes est-il exploité ?
Certaines personnes n’ont aucune ressource pour survivre. Cela permet parfois leur exploitation directe par le travail forcé ou sous-payé, sans protection sociale. D’autres s’endettent dans l’espoir d’une vie meilleure, une mauvaise dette qui les contraint et qui peut devenir un outil de manipulation exceptionnel puisque les gens ne sont plus capables de prendre des décisions librement.

Nous avons besoin de logements et nous avons besoin de sécurité.
Nous avons besoin d’un toit, d’un chez-nous. Les grands déplacements forcés de population qui engendrent le déracinement de tant d’êtres humains, dans un monde entièrement connu, interdit à tous ces individus la satisfaction de leurs besoins essentiels. C’est anormal de nos jours. Plutôt que de gérer les flux de réfugiés, les nations devraient s’organiser pour empêcher les situations dramatiques qui obligent des familles entières à se déplacer vers un autre endroit du globe. Chaque pays devrait offrir à sa population des conditions de vie dignes et sécurisantes. Plus facile à dire qu’à faire ! Toute l’organisation mondiale devrait pour cela choisir la paix et l’humanité, les nations devraient favoriser la vie de l’ensemble de leurs citoyens au détriment des luttes de pouvoir toxique ou des autocrates égocentriques. Une gouvernance mondiale devrait-elle protéger les réfugiés et particulièrement les réfugiés climatiques pour leur assurer des conditions de vie dignes ?

Nous avons besoin d’un environnement sain et porteur pour développer la société.
Notre environnement naturel, mais aussi construit, nous aide à nous développer. C’est la raison pour laquelle nous devrions prendre soin des biens collectifs. Ils sont pourtant, parfois, mal traités. Personne ne s’en sent responsable personnellement. Nous prenons mieux soin de nos affaires que des affaires de tous. En éradiquant les sources de frustration sur les besoins primaires des individus et en créant une culture de la responsabilité personnelle dans des territoires à taille humaine, pourrions-nous assurer un meilleur soin de nos biens collectifs ? Les citoyens se sentiraient-ils plus gardiens des lieux et des biens qu’ils utilisent ? Comprendraient-ils mieux leur intérêt à prendre soin de leur environnement ?

Nous avons besoin de croissance collective.
L’éducation de qualité est un levier reconnu pour la croissance collective. De plus, si tous les enfants du monde avaient le droit d’aller à l’école, le problème de surpopulation mondiale disparaîtrait. L’accès à l’éducation entraîne une baisse de la fécondité et une hausse du niveau de vie, c’est une base de développement durable selon un rapport[i] des Nations Unies de 2003. Comment expliquer que nous laissions les populations pauvres s’accroître dans des proportions dangereuses qui favorisent la misère et donc la violence et l’exploitation des êtres humains ? Nous avons des moyens de contraception, nous sommes capables d’éduquer les enfants. Voulons-nous la paix et la prospérité pour tous ?
S’il est difficile d’étudier très précisément les relations de cause à effet entre les facteurs sociaux et la criminalité, les économistes s’accordent à dire que le lien existe. En 2005, Steven Levitt et Stephen Dubner soumettent l’idée que la baisse de la criminalité des années 90, à New-York pourrait être mécaniquement corrélée à la légalisation de l’avortement de 1973. En effet, un enfant non désiré, expliquent-ils dans leur livre « Freakonomics[ii] », a plus de risque de basculer dans la criminalité. Bien sûr, leur thèse a déclenché, aux USA, des polémiques chez les conservateurs comme chez les démocrates, basées sur des réactions morales ou le questionnement de leur méthode. Leur approche me semble pourtant éthiquement recevable car elle cherche à comprendre comment améliorer la dignité et la vie des gens sans jugement moral, sans idéologie ou croyance, mais avec de nouvelles questions sur des réalités existantes. Est-ce que ces questions ont été étudiées par une démarche scientifique empirique depuis ? Si oui, quels en sont les résultats ?
Voulons-nous que nos collectivités financent des études qui s’intéressent aux interactions systémiques dans notre monde socio-économique ? Comment aider nos sociétés à se développer dans toutes ses strates ? Des études scientifiques approfondies pourraient-elles s’intéresser aux facteurs de développement de l’humanité dans la dignité et la paix, dans sa globalité, sans recherche de profit commercial à court terme, mais dans la démarche de la construction d’une économie qui considère les recettes et les coûts directs et indirects, financiers, écologiques et sociaux, de toute pratique ou innovation, partout sur le globe ?

Nous avons besoin de capitaux.
Les capitaux permettent de construire et développer un business. Ces capitaux peuvent-ils être privés quand nous travaillons tous pour les créer et que nous en avons besoin pour développer et prendre soin du bien commun ?

Personne n’aime payer d’impôts.
Pourtant, tout le monde a envie de vivre dans un environnement sécurisant et porteur. Ceux qui travaillent et construisent ont envie de transmettre le fruit de leur labeur pour qu’il perdure au-delà de leur vie terrestre. Notre structure financière est-elle adaptée à nos besoins collectifs ? Pourrions-nous penser différemment notre organisation ?

Nous avons besoin de trouver un sens à notre activité à titre individuel et collectif.
Nos centres d’intérêts individuels peuvent être très différents. Est-ce la clé qui devrait permettre à chacun de s’investir dans un travail qui lui donne envie de se lever le matin, tout en apportant sa pierre à l’édifice collectif ?

Les ordinateurs vont-ils nous permettre, voire nous obliger à développer nos qualités d’humains ?
L’arrivée des robots dans nos environnements professionnels permet peu à peu d’éliminer toutes les tâches rébarbatives ou répétitives peu gratifiantes. Si les ordinateurs n’ont aucune capacité de réflexion, ils ont une aptitude de mémoire et de comparaison qui leur permet un tri de l’information incomparable et un apprentissage fulgurant. Pouvons-nous imaginer un monde dans lequel nous avons le temps de vivre en humains avec nos familles, nos amis, nos collègues et nos concitoyens ? Un monde dans lequel nous ne travaillons pas par nécessité mais par choix. Un monde dans lequel notre objectif est la croissance personnelle et collective en humanité. Un monde qui respecte la dignité de chaque être humain.

Nous avons besoin de communiquer.
L’arrivée d’internet dans nos vies transforme totalement nos échanges. Nous n’avons plus besoin d’un représentant unique pour prendre contact avec nos alter-egos à l’autre bout de la terre et nous reléguer leur réponse. Nous pouvons communiquer directement avec nos interlocuteurs sans intermédiaire, sans déformation du message entre l’émetteur et le récepteur, liée à sa transmission à plusieurs maillons. Cette technologie ouvre des portes et explique certainement que les entreprises recherchent de plus en plus à développer un travail collaboratif et des projets transversaux. Grâce à une communication directe, les collaborateurs deviennent plus motivés et plus efficaces.

Nous avons besoin d’échanger des informations de qualité.
En exacerbant les ressentiments et les frustrations d’individus ou de communautés, des influenceurs peuvent attiser la violence et fabriquer des révoltes ou des conflits. Nous avons l’exemple de génocides dans lesquels les tortionnaires n’ont plus aucun accès à leur propre humanité. Nous voyons également le terrorisme et la violence ordinaire dans les quartiers les plus pauvres de nos pays occidentaux. Quelles informations ont été transmises ? Comment ? Par qui ?
Le phénomène s’amplifie avec internet. Nous recevons des tonnes d’informations, mais de quelle qualité ? Des informations de qualité peuvent nous permettre de construire un monde d’excellence. En revanche, internet, entre les mains de réseaux d’influence manipulatoire qui répandent des informations mensongères est devenu un outil de manipulation des foules d’une puissance inouïe. Comment pouvons-nous mieux réguler la qualité des informations qui circulent sur le net ?

Les algorithmes pourraient grandement nous aider à structurer une organisation sociétale participative.
Nous pourrions envisager un modèle qui s’appuie sur les gens de terrain alliés à des experts, plus équitable dans les opportunités données à chacun, à chaque nation, plus respectueuse de nos différences, qui valorise à titre individuel et collectif, la créativité, le mérite, l’effort et les résultats, la prise de responsabilité et la prise de risque raisonnée.
La capacité de mémorisation, de comparaison et de calcul des ordinateurs peut devenir un outil extraordinaire pour l’aide à la décision en toute impartialité émotionnelle ou relationnelle, elle pourrait nous aider à minimiser les privilèges et les discriminations en réduisant les biais humains. Les machines pourraient par exemple gérer l’attribution d’un marché à une entreprise, d’un logement à une famille, ou prendre la décision d’une libération en justice. Cependant, il faudrait affiner les critères, intégrant par exemple pour l’attribution d’un marché, que nous avons déjà travaillé avec une entreprise, que nous avons créé des liens humains avec leurs collaborateurs et qu’un lien de confiance existe déjà.
Nous sommes des êtres humains et pour le recrutement par exemple, les machines aident déjà à proposer un panel de candidats possible au recruteur. Le choix final se joue heureusement en face à face. Le tri des machines est-il cependant assez ouvert ? Mon CV atypique retient l’attention des recruteurs sans les convaincre. Les machines, peu à peu, pourraient apprendre à sélectionner des candidatures typiques et atypiques pour offrir un panel plus diversifié de candidats, en expliquant les atouts et les limites du profil.
Avec le transhumanisme, des individus veulent améliorer les capacités physiques et mentales des êtres humains grâce aux sciences et aux techniques. Est-ce la bonne solution ou est-ce une fuite en avant ?
Préférons-nous créer des « êtres humains augmentés » en ajoutant des technologies dans nos corps et nos cerveaux ou créer des « êtres humains entiers » en retrouvant notre essence liée à un cœur et une conscience ?

Nous avons besoin de nous connaître nous-même et de connaître l’autre pour être heureux ensemble.
Quel est notre objectif ? Être super performants ou être profondément humains ? Quelle est notre quête ? Pour quoi voulons-nous vivre ? Avant de nous bourrer les cellules de joyaux technologiques, voulons-nous d’abord explorer nos trésors d’humanité ? Voulons-nous mieux nous connaître nous-même ? Apprendre à mieux reconnaître nos besoins fondamentaux pour les satisfaire sainement et comprendre nos motivations pour passer à l’action nous permet de vivre en conscience. Dans son livre « Narcisse n’est pas égoïste[iii] », Fabrice Midal nous explique que nous ne sommes pas assez narcissiques, et que Narcisse n’est pas amoureux de lui-même.
Loin de là, il est le mythe de la vie, de la joie, de l’innocence et nous invite à mieux nous connaître pour nous sentir plus vivant. Comprendre nos besoins fondamentaux et d’humanité, à titre individuel et collectif, pour les satisfaire sainement n’a rien d’égoïste, bien au contraire, cela permet de nous sentir en paix et de réduire la violence.
Narcisse n’est pas amoureux de lui-même, il nous invite à mieux nous connaître nous-même pour répondre sainement à nos besoins, nous sentir en paix et réduire la violence.

[i] Population, éducation et développement – rapport concis – Nation Unies,New-York – 2003
[ii] Freakonomics – Stephen J. Dubner, Steven D. Levitt – Folio – 2007
[iii] Narcisse n’est pas égoïste – Fabrice Midal – Editions Flammarion / Versilio – 2019

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